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Fiscalité et résidence

Vivre en Jamaïque : seuil de 1 902 360 dollars jamaïcains, impôt de 25 % puis 30 % au-delà de 6 millions, transfer tax de 2 %

Cette page rapporte ce que publient l’administration fiscale jamaïcaine (Tax Administration Jamaica, TAJ), le service d’information du gouvernement (Jamaica Information Service, JIS) et impots.gouv.fr. Depuis le 1er avril 2026, le seuil annuel d’imposition est de 1 902 360 dollars jamaïcains (J$). L’impôt est de 25 % au-delà de ce seuil, puis de 30 % sur la part du revenu dépassant 6 millions de J$. La TAJ définit surtout le non-résident : un non-ressortissant de passage, sans intention de s’installer, qui séjourne moins de six mois ou 183 jours dans l’année d’imposition.

La cession d’un immeuble supporte une transfer tax de 2 % de la valeur de marché, et le gouvernement a annoncé en mars 2025 un taux unique de 15 % sur les dividendes. Le critère de résidence des personnes physiques n’est pas défini en dehors de ces cas.

Résidence : ce que publie la TAJ

Le document « Non-residents and Income Tax » de la TAJ, révisé en décembre 2025, définit le non-résident et non le résident. Un non-ressortissant est non-résident s’il visite la Jamaïque temporairement, sans intention de s’y établir, et y séjourne moins de six mois ou 183 jours dans l’année d’imposition. Un Jamaïcain peut aussi être non-résident dans certains cas : emploi à temps plein à l’étranger sous contrat d’au moins un an, ou émigration définitive avec un logement conservé en Jamaïque mais sans visite pendant l’année d’imposition. Le document ne mentionne pas le domicile.

Un article du JIS daté du 24 février 2004 cite le directeur général de l’administration fiscale : les personnes qui vivent en Jamaïque mais travaillent à l’étranger paient l’impôt sur leurs revenus mondiaux et déposent une déclaration avant le 15 mars. Cette source est ancienne et ne dit pas comment un nouvel arrivant devient résident.

Entre la France et la Jamaïque, l’article 4 § 2 de la convention départage une double résidence dans cet ordre, d’après le texte publié par impots.gouv.fr : foyer d’habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, puis accord des autorités compétentes.

Impôt sur le revenu : seuil et taux en 2026

L’avis technique de la TAJ n° 042025/01/IT-TA, daté du 5 avril 2025, fixe le seuil annuel à 1 799 376 J$ depuis le 1er avril 2025 et à 1 902 360 J$ depuis le 1er avril 2026. Le JIS a confirmé ce second montant le 14 avril 2026. Le revenu au-delà du seuil est imposé comme suit, d’après le document de la TAJ sur les taux 2013-2028.

Fraction du revenu annuel imposable (J$)Taux
jusqu’au seuil de 1 902 360 (depuis le 1er avril 2026)0 %
du seuil à 6 000 00025 %
au-delà de 6 000 000 (500 000 par mois)30 %

Pour l’année civile 2026, la TAJ et le JIS indiquent un seuil effectif de 1 876 614 J$, compte tenu de la date de changement du 1er avril. Le document de la TAJ donne la série suivante, avec l’abattement de 250 040 J$ prévu pour les personnes de 65 ans et plus et pour les pensionnés.

AnnéeSeuil effectif (J$)Abattement âge ou pension (J$)
20241 650 090207 530
20251 774 554250 040
20261 876 614250 040
20271 978 212250 040
20282 003 496250 040

Pour les non-résidents, la TAJ indique un taux par défaut de 25 % en l’absence de convention ; lorsqu’une convention existe, ses taux s’appliquent, et si elle donne à la Jamaïque le droit d’imposer sans fixer de taux, 25 % s’appliquent. Les loyers versés à un propriétaire non-résident subissent une retenue de 25 % par le payeur.

Dividendes et revenus du capital

Le JIS rapporte que la ministre des Finances a annoncé le 11 mars 2025, à l’ouverture du débat budgétaire 2025-2026, un taux unique de 15 % sur les dividendes. Les résidents, sociétés comme particuliers, étaient déjà à 15 % ; les sociétés non-résidentes étaient à 33 1/3 % et les particuliers non-résidents à 25 %. L’article ne donne pas de date d’effet.

La convention franco-jamaïcaine plafonne la retenue à la source sur les dividendes à 10 % du brut si le bénéficiaire est une société détenant au moins 10 % des droits de vote, et à 15 % dans les autres cas (article 10 § 2). Les intérêts (article 11) et les redevances ou rémunérations de services techniques (article 12) sont plafonnés à 10 %. Les gains sur biens autres qu’immobiliers sont imposables seulement dans l’État de résidence du cédant (article 13 § 4).

Le traitement des plus-values d’un particulier et de l’intérêt perçu par un résident n’est pas détaillé ici.

Immobilier : transfer tax et droit de timbre

La page « Rates and Fees » de la TAJ, qui ne porte pas de date, indique pour un acte de vente ou de transfert d’immeuble :

  • une transfer tax de 2 % de la valeur de marché ;
  • un droit de timbre de 5 000 J$ si le prix est de 500 000 J$ ou plus, de 100 J$ s’il est de 499 999 J$ ou moins ;
  • un dépôt de l’acte dans les 30 jours de sa date, sous peine d’une pénalité de 100 % du droit de timbre et de la transfer tax, le cas échéant.

Un avis de la TAJ publié le 3 avril 2019 présente la réduction de la transfer tax de 5 % à 2 % pour les transferts entre vivants, applicable aux actes datés à compter du 1er avril 2019. La FAQ de la TAJ sur le droit de timbre et la transfer tax mentionne encore un taux de 4 % depuis le 1er août 2009 : les deux pages ne concordent pas, et la FAQ n’est pas datée. Selon cette FAQ, le vendeur paie la transfer tax avant le transfert du bien, en vertu de la loi sur la transfer tax.

L’acquisition d’un bien en Jamaïque par un étranger et ses conditions ne sont pas détaillées ici.

Successions

D’après la FAQ de la TAJ, la transfer tax s’applique aussi au décès, sur la succession, à partir des valeurs de marché au jour du décès. La résidence principale est exonérée, pour un seul bien ; un bien détenu conjointement n’est imposé que sur la moitié du défunt, sauf s’il s’agit de la résidence principale. Les frais médicaux, les frais funéraires, les dettes et les prêts hypothécaires sont admis en déduction. Des intérêts de 6 % par an courent sur l’impôt dû un an après le décès, et un paiement échelonné est possible.

La FAQ ne donne pas de seuil en montant. L’avis du 3 avril 2019 portait à 10 millions de J$ le seuil des successions, taux nul en deçà ; le montant actuel n’est pas confirmé ici. L’article 2 de la convention franco-jamaïcaine vise les impôts sur le revenu ; pour la Jamaïque, sa liste cite l’impôt sur le revenu (income tax) et l’impôt sur les transferts (transfer tax), dont le rapport avec la transfer tax décrite ci-dessus n’est pas détaillé ici. Les successions n’y figurent pas parmi les impôts visés.

Articulation avec la convention France-Jamaïque

D’après le texte de la convention publié par impots.gouv.fr :

  • salaires : imposables dans l’État de résidence si le séjour dans l’autre État n’excède pas 183 jours dans l’année fiscale, sous deux autres conditions liées à l’employeur (article 15 § 2) ;
  • pensions privées : imposables seulement dans l’État de résidence (article 18) ; pensions de sécurité sociale : dans l’État qui les verse ;
  • immeubles : gains imposables dans l’État de situation (article 13 § 1) ;
  • double imposition : crédit d’impôt en France, égal à l’impôt jamaïcain payé dans la limite de l’impôt français correspondant, et déduction de l’impôt payé en France sur l’impôt jamaïcain (article 22).

Le détail figure sur notre page consacrée à la convention France-Jamaïque. Le départ de France relève de l’exit tax et du domicile fiscal.

Ce que cette page ne traite pas

Elle ne détaille ni la définition du résident, ni l’imposition des revenus de source étrangère d’un résident, ni les plus-values des particuliers, ni les cotisations sociales, ni la taxe sur les biens et services, ni l’impôt foncier, ni l’acquisition immobilière par un étranger, ni les titres de séjour. Ces sujets relèvent de la loi jamaïcaine et se vérifient auprès de la TAJ. Balmont Conseil n’est pas un cabinet d’avocats ni un fiscaliste local : la fiscalité locale se valide avec un professionnel installé en Jamaïque. Ce qui relève de la France, notamment la déclaration de départ et les comptes à déclarer, est traité dans nos pages sur le domicile fiscal et l’exit tax.

Ce qui change selon votre cas

  • Le nombre de jours passés en Jamaïque dans l’année d’imposition et l’intention de s’y établir.
  • La nature des revenus : salaires, pension, dividendes, loyers, produit d’une cession d’immeuble.
  • L’âge et le statut de pensionné, qui ouvrent un abattement de 250 040 J$.
  • Votre résidence fiscale en France et en Jamaïque, année par année.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Quel est le seuil d’imposition en Jamaïque en 2026 ?

La TAJ fixe le seuil annuel à 1 902 360 J$ depuis le 1er avril 2026 ; le seuil effectif pour l’année civile 2026 est de 1 876 614 J$. Au-delà, l’impôt est de 25 %, puis de 30 % sur la part dépassant 6 millions de J$.

Qui est non-résident selon la TAJ ?

Un non-ressortissant qui visite la Jamaïque temporairement, sans intention de s’y établir, et y séjourne moins de six mois ou 183 jours dans l’année d’imposition.

Quelle est la transfer tax sur la vente d’un immeuble ?

La page des taux de la TAJ indique 2 % de la valeur de marché, plus un droit de timbre de 5 000 J$ pour un prix de 500 000 J$ ou plus.

Quel plafond la convention fixe-t-elle sur les dividendes ?

10 % du brut pour une société détenant au moins 10 % des droits de vote, 15 % dans les autres cas (article 10 § 2), d’après impots.gouv.fr.

Faire le point avant de vous installer

Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et l’étranger. Pour faire le point sur votre situation avant un départ vers la Jamaïque, prenez rendez-vous.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles