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29 octobre 2026

Quelle retraite touche une sage-femme libérale en 2026 avec 55 000 € de bénéfice, et combien faut-il épargner pour combler l’écart ?

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Publié le :
29 octobre 2026

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

En résumé…

Une sage-femme libérale qui dégage 55 000 € de bénéfice par an (avant cotisations sociales) pendant 35 ans touche environ 23 800 € bruts par an (environ 1 980 € par mois) de la Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes (CARCDSF), régime de base, régime complémentaire et prestations complémentaires de vieillesse réunis. C’est 43 % de son revenu. Pour retrouver 70 % de son revenu, il manque environ 14 700 € par an, soit un capital d’environ 257 000 € à constituer en 20 ans, avec un effort d’environ 8 600 € par an. Le plan d’épargne retraite (PER) en déduit au moins 4 710 € par an et économise 1 413 € d’impôt : le reste passe par l’assurance-vie et l’immobilier.

1. Les trois régimes d’une sage-femme libérale

Les sages-femmes libérales sont affiliées à la CARCDSF, qui gère trois régimes obligatoires. Les pensions s’additionnent, et chacune se calcule de la même façon : nombre de points acquis × valeur du point. Les cotisations ci-dessous sont celles de 2026, appelées sur les revenus de 2025.

RégimeCotisation 2026Points acquis par anValeur du point 2026
Régime de base des libéraux8,73 % de l’assiette jusqu’à 1 plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS, 48 060 €), puis 1,87 % jusqu’à 5 PASS (240 300 €)Jusqu’à 557 points sur la première tranche et 25 sur la seconde, au prorata de la cotisation (Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales, CNAVPL)0,6599 €
Régime complémentaireForfait de 3 210,60 € + 11,35 % de l’assiette entre 31 239 € (0,65 PASS) et 240 300 € (5 PASS)6 points pour le forfait, plus des points proportionnels à la cotisation (mémento 2025 de la caisse)31,82 €
Prestations complémentaires de vieillesse (PCV)780 € par an, dont 260 € à la charge de la sage-femme et 520 € payés par les caisses primaires d’assurance maladie18 points par an (mémento 2025)6,10 € pour les points acquis depuis 2006 (valeur 2025, retenue par hypothèse pour 2026)

La sage-femme cotise aussi au régime invalidité-décès, 384 € en 2026. Il ouvre l’accès à la prévoyance de la caisse et ne génère pas de pension de retraite. Les PCV sont le troisième étage, que beaucoup oublient de compter : les caisses primaires d’assurance maladie en paient les deux tiers. Pour 260 € versés, la sage-femme acquiert 18 points, soit 110 € de pension annuelle par année cotisée.

Depuis 2026, la réforme de l’assiette sociale modifie le calcul : les cotisations se calculent sur le revenu sans déduction des cotisations sociales, diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %. La CARCDSF indique que cette réforme entre en application pour les cotisations 2026 et modifie leur calcul ; elle ne détaille pas l’abattement sur ses pages publiques. Nous appliquons l’abattement aux trois cotisations qui ouvrent des droits, comme hypothèse de calcul. Pour 55 000 € de bénéfice, l’assiette est donc de 40 700 €.

2. À quel âge et après combien de trimestres le taux plein ?

  • Régime de base : taux plein à 67 ans, ou dès que la durée exigée est atteinte tous régimes confondus. Pour les personnes nées en 1969 et après, l’âge légal est de 64 ans et la durée exigée de 172 trimestres. Chaque trimestre manquant retire 1,25 % de pension, de façon définitive.
  • Régime complémentaire : taux plein à 67 ans. Avant, 1,25 % de pension en moins par trimestre manquant. Dès 62 ans sans minoration en cas d’inaptitude à l’exercice. Pour les femmes, le taux plein s’obtient un an plus tôt par enfant, dans la limite de cinq ans : avec deux enfants, il s’obtient à 65 ans.
  • PCV : pour les sages-femmes nées depuis 1955, le tableau de la caisse fixe l’âge du taux plein à 67 ans.
  • Majoration de 10 % pour trois enfants élevés : elle s’applique au régime de base et au régime complémentaire. Pour les PCV, la caisse la réserve aux chirurgiens-dentistes.

Dans le cas type, la carrière à la caisse compte 35 années de quatre trimestres, soit 140 trimestres, sous les 172 exigés : le taux plein s’obtient donc à 67 ans. Un départ à 64 ans retirerait 15 % (12 trimestres manquants × 1,25 %) sur le régime complémentaire.

3. Le calcul sur 55 000 € de bénéfice pendant 35 ans

L’assiette de 40 700 € reste sous le plafond de la Sécurité sociale : la cotisation de base est de 3 553 € sur la première tranche (maximum 4 196 €) et 761 € sur la seconde (maximum 4 494 €). Les points suivent la cotisation : 471,7 points sur 557 et 4,2 points sur 25. En complémentaire, la part proportionnelle est de 1 074 € (11,35 % de 9 461 €), qui s’ajoute au forfait.

RégimeCalculPension annuelle brute
Base(471,7 + 4,2) points × 35 ans × 0,6599 € = 16 658 points10 992 €
Complémentaire(6 + 2,0) points × 35 ans = 280 points × 31,82 €8 917 €
PCV18 points × 35 ans = 630 points × 6,10 €3 843 €
Total1 979 € par mois23 753 €

Cas type

Situation. Une sage-femme libérale conventionnée à Lyon, installée à 32 ans, 47 ans aujourd’hui, célibataire, sans enfant. Son bénéfice est de 55 000 € par an, stable, avant déduction des cotisations sociales ; l’assiette de ses cotisations est ce bénéfice diminué de l’abattement de 26 %. Elle partira à 67 ans, après 35 ans de cotisations. Les valeurs 2026 sont figées sur toute la carrière et les montants sont en euros constants.

Problème. Elle compte sur la CARCDSF pour l’essentiel de son niveau de vie. Le calcul donne 23 753 € bruts par an, soit 43,2 % de son bénéfice : 10 992 € du régime de base, 8 917 € du régime complémentaire et 3 843 € des PCV. Pour cela, elle cotise en 2026 environ 8 859 € par an à ces trois régimes (base 4 314 €, complémentaire 4 284 €, PCV 260 €), soit 16,1 % de son bénéfice, plus 384 € d’invalidité-décès. Sans les PCV, dont la valeur 2026 du point n’est pas lisible, la pension serait de 19 910 €.

Stratégie. Elle vise 70 % de son revenu, soit 38 500 € par an. Il manque 14 747 € par an pendant 25 ans de retraite (de 67 à 92 ans). À un rendement de 3 % pendant la retraite, ce flux demande un capital de 256 799 € à 67 ans. Pour l’atteindre en 20 ans avec un rendement de 4 % par an, elle doit épargner 8 624 € par an, soit 719 € par mois (15,7 % de son bénéfice). Ces deux rendements sont des hypothèses de calcul, pas des promesses. Elle verse le plancher du plafond sur un PER et place le reste en assurance-vie.

Résultat. Elle verse 4 710 € par an sur son PER : c’est 10 % du plafond de la Sécurité sociale de 2025 (47 100 €), le plancher du plafond de déduction pour un versement en 2026 (BOI-IR-BASE-20-50-20). Son bénéfice imposable de 2025 est au plus de 45 757 € (55 000 € moins les cotisations de la CARCDSF, sans compter les autres cotisations sociales) : 10 % de ce montant reste sous 4 710 €, donc le plancher s’applique. Ce revenu imposable se situe entre 34 289 € et 84 577 € : le versement tombe entièrement dans la tranche à 30 % du barème 2026 (loi n° 2026-103, article 4), et l’impôt passe de 6 831 € à 5 418 €, soit 1 413 € d’économie. L’effort réel est de 3 297 €. Le PER couvre 55 % de l’effort annuel ; elle place les 3 914 € restants en assurance-vie. Les droits non utilisés se reportent cinq ans.

Ce calcul est un ordre de grandeur. Il fige les valeurs de 2026, applique l’abattement de 26 % aux trois cotisations, retient pour les PCV la valeur du point de 2025 (6,10 €) et suppose, pour la part proportionnelle du régime complémentaire, le même prix du point qu’en 2025 (cotisation forfaitaire ÷ 6 points, soit 535,10 € en 2026). Il ne tient pas compte de l’inflation, d’une éventuelle majoration pour trois enfants ni d’un rachat de trimestres. Il suffit à poser le constat : la CARCDSF ne remplace pas votre niveau de vie.

4. Ce que le PER vous permet de déduire

Le plan d’épargne retraite se déduit du revenu imposable dans la limite d’un plafond. Pour une sage-femme libérale, travailleuse non salariée, ce plafond est le plus élevé entre 10 % du bénéfice imposable de l’année précédente (retenu jusqu’à 8 PASS) et 10 % du PASS de l’année précédente. Ce bénéfice s’entend après déduction des cotisations sociales. Pour un versement en 2026, cela donne un plancher de 4 710 € et un maximum de 37 680 € (BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20). Le plancher de 2027 sera de 4 806 € (10 % du PASS 2026). Le détail de la mécanique figure sur notre page plafond de déduction du PER.

Pour la sage-femme du cas type, le plafond de 4 710 € couvre 55 % de l’effort annuel de 8 624 €. Le PER individuel est l’outil de départ ; il ne suffit pas seul. À la retraite, ses pensions de 23 753 € laissent 5 826 € de marge avant d’atteindre le seuil de 29 579 € où le barème passe de 11 % à 30 % : les sorties du PER y sont d’abord imposées à un taux inférieur à celui de l’économie d’impôt de l’époque du versement.

5. Où placer le reste de l’effort

  • L’assurance-vie : épargne disponible à tout moment, avec une fiscalité allégée après huit ans, utile pour la transmission.
  • L’immobilier locatif : revenus complémentaires, avec le statut de loueur en meublé non professionnel pour limiter l’impôt sur les loyers.
  • Les parts de société civile de placement immobilier : exposition à l’immobilier sans gestion, voir notre page dédiée.
  • Les trimestres et les points : le relevé de carrière de la caisse, accessible dans l’espace adhérent, donne vos points réels et remplace toute moyenne.

Questions fréquentes

À quel âge une sage-femme libérale touche-t-elle sa retraite à taux plein ?

À 67 ans pour les trois régimes. Pour le régime de base, le taux plein s’obtient aussi plus tôt si la durée exigée est atteinte (172 trimestres pour les générations nées en 1969 et après). Chaque trimestre manquant retire 1,25 % de pension, définitivement. Pour le régime complémentaire, les femmes avancent le taux plein d’un an par enfant, dans la limite de cinq ans.

Combien coûtent les cotisations retraite de la CARCDSF en 2026 pour une sage-femme ?

Pour un bénéfice de 55 000 € et l’hypothèse d’un abattement de 26 %, environ 8 859 € par an : 4 314 € pour le régime de base, 3 211 € de forfait et 1 074 € de part proportionnelle pour le régime complémentaire, 260 € pour les prestations complémentaires de vieillesse. Le régime invalidité-décès (384 € en 2026) s’ajoute et ne génère pas de pension de retraite.

Les prestations complémentaires de vieillesse existent-elles pour les sages-femmes ?

Oui. Elles coûtent 780 € par an, dont 260 € à la charge de la sage-femme et 520 € payés par les caisses primaires d’assurance maladie, et ouvrent 18 points par an. Dans le cas étudié, ce régime verse environ 3 843 € par an, avec la valeur du point de 2025 retenue par hypothèse.

Le PER suffit-il à combler l’écart ?

Non. À 55 000 € de bénéfice, le plafond de déduction est au moins de 4 710 € par an, alors que l’effort nécessaire est d’environ 8 624 € par an. Le PER se combine avec l’assurance-vie et l’immobilier.

Notre position

Nous partons du relevé de points de votre caisse, pas d’une moyenne. Avec ce relevé, nous mesurons l’écart entre votre pension et votre revenu actuel, puis nous construisons la combinaison PER, assurance-vie et immobilier qui le ferme au coût fiscal le plus bas. Nous ne rédigeons pas d’actes et ne donnons pas de conseil juridique ou comptable : pour la forme d’exercice, la comptabilité ou une cession, nous renvoyons vers votre expert-comptable ou votre avocat. Nous percevons des commissions sur les contrats souscrits via notre cabinet.

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Alexis Sagnier, conseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF. ORIAS 13003497. Mis à jour le 28/10/2026.

Sources officielles consultées

  • CARCDSF, « Montant des cotisations » (cotisations 2026 des trois régimes, PCV et invalidité-décès des sages-femmes) : carcdsf.fr
  • CARCDSF, « Quels régimes composent ma retraite ? » (valeurs du point 2026 du régime de base et du régime complémentaire) : carcdsf.fr
  • CARCDSF, « À quel âge demander ses droits ? » (âge, trimestres, minoration, majoration) : carcdsf.fr
  • CARCDSF, tableau du taux plein PCV des sages-femmes : carcdsf.fr
  • CARCDSF, mémento des sages-femmes 2025 (points acquis par an, valeur du point PCV) : carcdsf.fr
  • CARCDSF, mémento des sages-femmes 2024 (signification des catégories de points PCV, valeur 6,10 € des points acquis depuis 2006) : carcdsf.fr
  • CARCDSF, « Déclaration de revenus » (réforme de l’assiette sociale applicable aux cotisations 2026) : carcdsf.fr
  • Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales, recueil statistique 2025 (557 et 25 points, points proportionnels à la cotisation, taux 8,73 % et 1,87 %) : cnavpl.fr
  • Service-Public.fr Entreprendre, actualité sur la réforme de l’assiette sociale (assiette sans déduction des cotisations, abattement de 26 %) : entreprendre.service-public.gouv.fr
  • impots.gouv.fr, « La réforme de l’assiette sociale » (praticiens conventionnés concernés) : impots.gouv.fr
  • BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20, limites de déduction des cotisations d’épargne retraite (bénéfice imposable de l’année N-1, plancher de 10 % du PASS, report sur cinq ans) : bofip.impots.gouv.fr
  • Loi n° 2026-103 de finances pour 2026, article 4 (barème de l’impôt sur le revenu) ; plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 : 48 060 €.

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Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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