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Publié le :
30 octobre 2026

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Une prime de départ volontaire à la retraite est imposable en totalité et soumise aux cotisations et à la CSG-CRDS dès le premier euro ; seule une mise à la retraite décidée par l’employeur ouvre une exonération partielle. Pour amortir l’impôt de l’année du départ, le levier principal est un versement volontaire sur un plan d’épargne retraite (PER) : en 2026, il est déductible dans la limite de 10 % de vos revenus d’activité 2025, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €. Voici ce qui est taxé, comment utiliser le PER et l’épargne salariale, et un calcul chiffré.

Prime de départ : ce qui est imposé

SituationImpôt sur le revenu
Départ volontaire, hors plan socialImposable en totalité, déclaré comme un salaire l’année suivant la perception
Départ volontaire dans le cadre d’un plan socialTotalement exonéré
Mise à la retraite par l’employeurExonéré à hauteur de la plus élevée de trois valeurs : l’indemnité légale ou conventionnelle ; la moitié de l’indemnité perçue ; deux fois la rémunération brute annuelle de l’année précédente. Les deux dernières valeurs sont limitées à 5 plafonds de la Sécurité sociale (235 500 € en 2025)

Source : impots.gouv.fr, « Indemnités de retraite » (modifié le 8 avril 2026, consulté le 30/10/2026).

Côté cotisations, l’Urssaf précise que l’indemnité de départ volontaire est intégralement soumise aux cotisations sociales et à la CSG-CRDS. Pour une mise à la retraite, ces prélèvements sont dus sur la totalité du montant au-delà de 10 plafonds de la Sécurité sociale, et dès 5 plafonds pour un mandataire social (Urssaf, page du 11 avril 2024, consultée le 30/10/2026).

Si la prime fait bondir votre impôt de l’année, vous pouvez demander le système du quotient : l’administration ajoute un quart du revenu exceptionnel à vos revenus habituels, puis multiplie le supplément d’impôt par quatre. Le montant imposable se déclare case 0XX, et non dans les cases de salaires (impots.gouv.fr, même page). Le quotient lisse l’impôt ; le PER, lui, le réduit.

Le PER : déduire jusqu’à 10 % de vos revenus d’activité

Les versements volontaires sur un PER individuel se déduisent de votre revenu global ; un PER d’entreprise collectif accepte aussi des versements volontaires, déductibles selon les mêmes règles. Ils se déclarent dans la rubrique « Charges déductibles, épargne-retraite » de la déclaration 2042.

RègleEn 2026
Plafond de déductionLe plus élevé de deux montants : 10 % de vos revenus d’activité 2025, limités à 37 680 € ; ou 4 710 €
Plafond réduit parCertaines sommes versées par l’employeur : cotisations obligatoires de type article 83, abondements
Plafonds non utilisésIls s’ajoutent : ceux de 2024 jusqu’en 2027, ceux de 2025 jusqu’en 2028, puis cinq ans pour ceux non utilisés à partir de 2026
ÂgeVersements déductibles avant 70 ans ; après 70 ans, ils restent possibles mais ne sont plus déductibles depuis le 1er janvier 2026

Source : service-public.gouv.fr, fiches « PER individuel » et « PER d’entreprise collectif » (vérifiées le 12 octobre 2026) ; impots.gouv.fr, « Épargne retraite » (modifié le 7 avril 2026), consultés le 30/10/2026.

Le calendrier joue pour vous. Le plafond 2026 se calcule sur vos revenus d’activité 2025, une année complète de salaire, alors que la prime de départ alourdit l’impôt 2026. Vous cumulez ainsi un plafond établi sur une année pleine de salaire et une année d’imposition alourdie par la prime. Les plafonds non utilisés sont à vérifier sur votre avis d’impôt : notre article sur les plafonds PER non utilisés détaille leur durée de vie.

À la sortie : ce que le PER coûte

VersementsSortie en capitalSortie en rente
DéduitsLe capital versé est imposé au barème, sans abattement de 10 % ni prélèvements sociaux ; les gains subissent le prélèvement forfaitaire de 31,4 %Imposée comme une pension après abattement de 10 % ; prélèvements sociaux de 18,6 % sur une fraction selon l’âge (30 % après 69 ans)
Non déduits (vous y avez renoncé)Capital versé exonéré ; seuls les gains sont taxés, à 31,4 %Seule une fraction est imposable, selon l’âge au premier versement

Source : service-public.gouv.fr, « PER individuel » (vérifiée le 12 octobre 2026, consultée le 30/10/2026).

La déduction est donc un report d’impôt, utile surtout si votre tranche à la sortie est plus basse que celle de l’année de la prime. Dans l’exemple ci-dessous : 41 % cette année, 30 % à la sortie. Notre article Madelin ou PER compare les mécanismes de déduction.

Épargne salariale : ce qu’il faut vérifier avant de partir

  • PEE. En quittant l’entreprise, y compris pour la retraite, vous conservez votre plan d’épargne entreprise. Vous ne pouvez plus y verser, sauf votre dernière participation ou intéressement. Les sommes sont débloquables à tout moment en cas de fin du contrat de travail ; le retrait est exonéré d’impôt sur le revenu, mais les gains supportent les prélèvements sociaux (service-public.gouv.fr, fiche F2142, vérifiée le 1er janvier 2026).
  • PER d’entreprise collectif. Il peut recevoir vos versements volontaires, votre participation et votre intéressement, ainsi que les droits d’un compte épargne-temps ou jusqu’à 10 jours de repos non pris par an.

Avant de signer votre solde de tout compte, demandez à l’employeur le solde de votre compte épargne-temps, vos jours de repos et la date de votre dernier versement de participation. Notre article sur l’épargne salariale et l’indemnité de fin de carrière présente le sujet côté entreprise.

Exemple chiffré : 15 000 € sur un PER

Un salarié quitte volontairement son entreprise en 2026 avec une prime de 60 000 €, imposable en totalité. Ses revenus d’activité 2025 s’élèvent à 90 000 € : son plafond de déduction est de 9 000 € (10 %), auquel s’ajoutent 6 000 € de plafonds non utilisés, soit 15 000 €. Son foyer est dans la tranche à 41 %.

ÉtapeMontant
Plafond 2026 (10 % de 90 000 €)9 000 €
Plafonds non utilisés reportés6 000 €
Versement volontaire sur le PER15 000 €
Impôt économisé en 2026 (15 000 € x 41 %)6 150 €
Impôt à la sortie en capital, si tranche à 30 % (15 000 € x 30 %)4 500 €

Situation. Un cadre de 62 ans, 31 ans d’ancienneté, part volontairement avec une prime de 60 000 €. Problème. La prime s’ajoute à son salaire 2026 : une part importante est taxée à 41 %, sans exonération puisque le départ est volontaire. Stratégie. Il verse 15 000 € sur un PER avant le 31 décembre 2026, soit son plafond 2026 et ses plafonds non utilisés, et déclare la déduction. Résultat. 6 150 € d’impôt en moins en 2026 ; à la sortie en capital, ces 15 000 € seront imposés au barème, soit 4 500 € dans la tranche à 30 %, hors gains.

Les taux de 41 % et de 30 % sont des hypothèses d’illustration : votre situation se simule avec votre avis d’impôt. Vous préparez un départ ? Un rendez-vous de conseil patrimonial permet de caler le montant et la date des versements avant la clôture de l’année.

Questions fréquentes

La prime de départ à la retraite est-elle toujours imposable ?

Non. Elle est exonérée dans le cadre d’un plan social, et partiellement exonérée en cas de mise à la retraite par l’employeur. Un départ volontaire hors plan social est imposable en totalité.

Peut-on renoncer à la déduction des versements sur un PER ?

Oui. Le capital versé est alors exonéré à la sortie et seuls les gains sont taxés, à 31,4 % pour un retrait en capital depuis le 1er janvier 2026.

Que devient mon PEE quand je pars à la retraite ?

Vous le conservez. Vous ne pouvez plus y verser, sauf votre dernière participation ou intéressement, et vous pouvez demander le déblocage à tout moment en cas de fin du contrat de travail.

Peut-on déduire un versement sur un PER après 70 ans ?

Non, depuis le 1er janvier 2026 : les versements restent possibles après 70 ans, mais ils ne sont plus déductibles du revenu imposable.

Sources : impots.gouv.fr, « Indemnités de retraite » et « Épargne retraite » ; service-public.gouv.fr, fiches F36526 (PER individuel et PER d’entreprise collectif) et F2142 (PEE) ; Urssaf, « Les indemnités de retraite » (11 avril 2024) ; consultés le 30/10/2026.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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