Oui. Le donateur peut payer les impôts sur donation à la place du bénéficiaire, sans que ce paiement soit une donation supplémentaire (impots.gouv.fr et service-public.gouv.fr, au 31 octobre 2026). Sur 250 000 € donnés à un enfant, les droits sont de 28 194,35 €. Les payer soi-même coûte 7 048,59 € de moins que de donner plus pour qu’il les règle.
Voici la règle, les barèmes, deux cas chiffrés, la procédure de paiement et les erreurs à éviter.
Qui paie les impôts sur une donation ?
Par défaut, c’est le bénéficiaire, le donataire, qui paie les droits de donation, sauf exonération. Ils sont dus dès le jour de la donation. Le donateur peut toutefois les prendre à sa charge. C’est un choix libre, sans formalité particulière, qui se décide au moment de la donation.
Le donateur peut-il payer les droits sans que cela devienne une nouvelle donation ?
Oui. L’administration fiscale le dit sur impots.gouv.fr : le paiement par le donateur n’est pas considéré comme un supplément de donation. La somme que vous versez à l’administration n’est pas ajoutée à la valeur de la donation, donc elle n’est pas taxée une seconde fois. C’est ce qui rend la prise en charge plus économique que le « donner plus » : voir les cas ci-dessous.
Quel barème s’applique aux droits de donation ?
Les droits dépendent du lien de parenté. En ligne directe (enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant, ascendant), le barème est progressif :
| Part taxable (après abattement) | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 073 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 110 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 933 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 325 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 839 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Pour les autres liens, les taux sont plus lourds. Entre époux ou partenaires de Pacs, le barème va de 5 % à 45 % avec des tranches différentes. Entre frères et sœurs, le taux est de 35 % jusqu’à 24 430 €, puis 45 %. Pour un neveu ou une nièce, il est de 55 %. Pour les autres parents jusqu’au 4e degré, 55 %. Au-delà du 4e degré ou entre personnes non parentes, 60 %.
Quels abattements s’appliquent, et pendant combien de temps ?
Chaque donateur peut donner, à chaque bénéficiaire, une somme exonérée de droits, renouvelable tous les 15 ans :
| Lien avec le donateur | Abattement (par donateur, sur 15 ans) |
|---|---|
| Enfant ou ascendant | 100 000 € |
| Petit-enfant | 31 865 € |
| Arrière-petit-enfant | 5 310 € |
| Époux ou partenaire de Pacs | 80 724 € |
| Frère ou sœur | 15 932 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € |
| Personne en situation de handicap | 159 325 € en plus de l’autre abattement |
Hors de ces cas, il n’y a pas d’abattement. L’abattement parent-enfant se calcule par parent : deux parents peuvent donc donner 100 000 € chacun à un même enfant.
Combien ça change ? Les deux façons de donner 250 000 € net
Un parent veut que son enfant dispose de 250 000 € après impôt. Deux voies existent :
| Le donateur paie les droits | L’enfant paie les droits | |
|---|---|---|
| Somme donnée à l’enfant | 250 000 € | 285 242,94 € |
| Base taxable (après 100 000 €) | 150 000 € | 185 242,94 € |
| Droits | 28 194,35 € (payés par le donateur) | 35 242,94 € (payés par l’enfant) |
| Montant net reçu par l’enfant | 250 000 € | 250 000 € |
| Coût total pour le donateur | 278 194,35 € | 285 242,94 € |
Dans la colonne de droite, le parent doit donner davantage pour que l’enfant ait 250 000 € après impôt, et cette somme supplémentaire est elle-même taxée à 20 %. Dans la colonne de gauche, il paie les droits en plus de la donation : l’écart est de 7 048,59 €.
Cas concret 1 : Hélène donne 250 000 € à son fils
Situation. Hélène, 66 ans, veuve, vit à Lyon. Elle veut aider son fils Thomas, 38 ans, à acheter sa résidence principale. Il n’a jamais reçu de donation de sa mère : son abattement de 100 000 € est intact.
Problème. Une donation de 250 000 € est taxée sur 150 000 €, soit 28 194,35 € de droits. Thomas n’a pas cette somme en réserve : il devrait la prélever sur le prix du logement, et son projet change.
Stratégie. Hélène donne 250 000 € et règle elle-même les droits. Pour une donation notariée, le paiement se fait par virement sur le compte du notaire. Pour un don manuel, la déclaration et le paiement se font en ligne, depuis le 1er janvier 2026, sur l’espace des Finances publiques.
Résultat. Thomas dispose de 250 000 € nets. Hélène a dépensé 278 194,35 €. Si elle avait préféré donner assez d’argent pour que Thomas règle lui-même les droits, il aurait fallu 285 242,94 €. L’économie est de 7 048,59 €, et la donation reste, aux yeux du fisc, de 250 000 €.
Cas concret 2 : un oncle donne 100 000 € à sa nièce, droits à 55 %
Situation. Michel, 70 ans, sans enfant, veut donner 100 000 € à sa nièce Camille. Elle n’a jamais reçu de donation de lui : son abattement de 7 967 € est intact.
Problème. La part taxable est de 92 033 €, taxée à 55 %. Les droits sont de 50 618,15 €. Camille ne recevrait que 49 381,85 € si elle les payait sur la somme donnée.
Stratégie. Michel donne 100 000 € et paie lui-même les 50 618,15 € de droits. Son coût total est de 150 618,15 €. Pour que Camille ait 100 000 € nets en payant elle-même, il lui faudrait donner 212 484,78 €, avec 112 484,78 € de droits.
Résultat. Michel économise 61 866,63 € en payant lui-même. Plus le taux est élevé, plus l’écart est grand : chaque euro net reçu par la nièce coûte 2,12 € au donateur si elle paie elle-même, contre 1,51 € si le donateur paie.
Dans quels cas payer les droits pour le bénéficiaire est-il utile ?
- Le bénéficiaire reçoit un bien qu’il ne veut pas vendre, comme un logement ou des parts de société. Il n’a pas de trésorerie pour les droits.
- Le donateur a de la trésorerie disponible et souhaite réduire son patrimoine, par exemple pour limiter l’IFI ou les droits de succession futurs.
- Le bénéficiaire est un neveu, une nièce ou un tiers, et les droits sont lourds : 55 % pour un neveu ou une nièce après un abattement de 7 967 €, 60 % entre personnes non parentes.
La prise en charge permet au bénéficiaire de recevoir un montant net plus élevé sans que le fisc compte une donation plus grosse. Elle ne se justifie pas si le donateur a besoin de cette trésorerie pour lui-même.
Quand le don est-il déjà exonéré ? Les dons familiaux de sommes d’argent
Avant de payer des droits, vérifiez si le don peut en être exonéré. Deux dispositifs existent pour les sommes d’argent :
| Dispositif | Plafond | Conditions principales |
|---|---|---|
| Don familial de somme d’argent | 31 865 € par donateur et par bénéficiaire | Donateur de moins de 80 ans ; bénéficiaire majeur ou émancipé ; enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant, ou neveu et nièce si le donateur n’a pas de descendants ; renouvelable tous les 15 ans ; chèque, virement ou espèces ; déclaration dans le mois suivant le don |
| Don familial pour un logement neuf ou des travaux de rénovation énergétique | 100 000 € par donateur et par bénéficiaire, 300 000 € par bénéficiaire | Sommes versées à partir du 15 février 2025, dispositif ouvert jusqu’au 31 décembre 2026 ; fonds utilisés au plus tard le dernier jour du 6e mois suivant le versement ; engagement de 5 ans |
Si votre projet entre dans l’un de ces cadres, il n’y a rien à payer sur la part exonérée. Pour tout le reste, la prise en charge des droits par le donateur reste l’option la moins coûteuse quand vous voulez que le bénéficiaire reçoive un montant net précis.
Comment payer concrètement les droits de donation ?
- Donation notariée : le paiement se fait par virement sur le compte du notaire. Un notaire est obligatoire pour une donation immobilière, une donation-partage et une donation entre époux.
- Don manuel : depuis le 1er janvier 2026, la déclaration se fait en ligne sur l’espace des Finances publiques, rubrique « Déclarer un don ou une cession de droits sociaux ». Le formulaire papier 2735, en double exemplaire, reste possible pour certaines exceptions.
- Paiement : en une seule fois, au moment de la déclaration. Dans la pratique, les droits sont dus dès le jour de la donation.
Peut-on différer le paiement des droits d’un don manuel ?
Oui, dans un cas précis. Quand un don manuel de plus de 15 000 € est révélé volontairement à l’administration, avec le formulaire 2734-SD, le bénéficiaire peut opter pour déclarer et payer les droits dans le mois qui suit le décès du donateur. La révélation ne doit pas faire suite à une demande ou à un contrôle de l’administration. Le paiement fractionné ou différé des droits de succession est présenté dans notre page sur le paiement des droits de succession.
Quelles erreurs éviter quand le donateur paie les droits ?
- Oublier le rappel de 15 ans : un abattement déjà utilisé par une donation de moins de 15 ans n’est pas disponible. Le calcul des droits en est modifié.
- Comparer les deux voies sans calcul : plus le taux est élevé, plus l’écart est grand (7 048,59 € à 20 % marginal, 61 866,63 € à 55 %).
- Payer les droits avec une trésorerie dont on a besoin pour soi.
- Oublier la déclaration d’un don manuel : le bénéficiaire doit le déclarer, même si aucun droit n’est dû.
- Ignorer la résidence : si le donateur est domicilié en France, les droits portent sur tous ses biens, en France et à l’étranger. S’il est domicilié hors de France, ils ne portent que sur les biens situés en France, sauf si le bénéficiaire a résidé en France au moins 6 ans sur les 10 dernières années.
Pour connaître vos abattements et votre barème, consultez aussi notre article sur le cerfa 2735 et la déclaration d’un don manuel, la page donation : abattements, rappel de 15 ans, barème, l’article coût d’une donation : abattements, barème et exemple chiffré et celui sur la donation-partage.
Questions fréquentes
Qui paie les droits de donation, le donateur ou le bénéficiaire ?
En principe le bénéficiaire, dès le jour de la donation. Le donateur peut toutefois les prendre à sa charge, sans formalité particulière, et sans que ce paiement soit considéré comme une donation supplémentaire (impots.gouv.fr, au 31 octobre 2026).
Les droits payés par le donateur sont-ils une nouvelle donation ?
Non. L’administration fiscale indique qu’il ne s’agit pas d’un supplément de donation. La somme versée à l’administration n’est pas ajoutée à la valeur des biens donnés.
Quand faut-il payer les droits de donation ?
Immédiatement. Pour un don manuel, le paiement se fait en même temps que la déclaration, en ligne depuis le 1er janvier 2026. Pour une donation notariée, il se fait par virement sur le compte du notaire.
Peut-on différer le paiement des droits d’un don manuel ?
Oui, pour un don manuel de plus de 15 000 € révélé volontairement : le bénéficiaire peut opter pour déclarer et payer dans le mois qui suit le décès du donateur, avec le formulaire 2734-SD.
Quel est l’abattement pour un enfant qui reçoit une donation ?
100 000 € par parent et par enfant, renouvelables tous les 15 ans. Il est de 31 865 € pour un petit-enfant, 15 932 € pour un frère ou une sœur et 7 967 € pour un neveu ou une nièce.
Peut-on donner de l’argent sans droits ?
Oui, jusqu’à 31 865 € par donateur et par bénéficiaire, si le donateur a moins de 80 ans et le bénéficiaire est majeur. Cette exonération se renouvelle tous les 15 ans et le don doit être déclaré dans le mois.
Le donateur peut-il payer les droits d’une donation à un neveu ou à un tiers ?
Oui, la règle est la même pour tous les liens de parenté. L’économie est plus forte à 55 % ou 60 %, puisque la somme à donner en plus pour couvrir les droits est taxée au même taux.
Sources : « Droits de donation – Calcul et paiement » (F14205, vérifié le 15 janvier 2026) et « Droits de donation – Biens imposables et principales exonérations » (F10203), service-public.gouv.fr, consultées le 31 octobre 2026 ; « Ma mère souhaite me consentir une donation mais je ne peux pas payer les droits ; peut-elle les payer pour moi ? » (impots.gouv.fr, modifiée le 15 juillet 2026, consulté le 31 octobre 2026) ; « Don manuel » (impots.gouv.fr) et formulaire 2734-SD (impots.gouv.fr), consultés le 31 octobre 2026.
Ce que fait Balmont Conseil
Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, chiffre les différentes façons de donner avant de signer chez le notaire : somme à donner, droits, qui les paie et dans quel ordre. Nous vérifions les abattements déjà utilisés et l’effet sur votre patrimoine. Pour étudier votre projet, prenez rendez-vous avec le cabinet.










