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Au Portugal, un résident fiscal est imposé sur ses revenus mondiaux selon un barème progressif de neuf tranches, de 12,5 % jusqu’à 8 342 € de revenu imposable à 48 % au-delà de 86 634 € (barème de l’IRS en vigueur en 2026). Une taxe de solidarité de 2,5 % puis 5 % s’ajoute au-dessus de 80 000 €. Données vérifiées au 30 octobre 2026.

Beaucoup de Français qui préparent leur départ comparent un « taux portugais » à leur taux français sans avoir lu le barème. Or le barème portugais monte vite : dès 46 566 € de revenu imposable, la tranche marginale atteint 44,6 %, là où la France reste à 30 % jusqu’à 84 577 €. Voici les chiffres exacts, la méthode de calcul, et ce qu’il faut regarder avant de s’expatrier au Portugal.

Qui est imposé au Portugal sur ses revenus mondiaux ?

L’article 15 du code de l’impôt sur le revenu portugais (CIRS) distingue deux cas. Un résident est imposé sur la totalité de ses revenus, y compris ceux obtenus hors du Portugal. Un non-résident n’est imposé que sur les revenus de source portugaise.

L’article 16 du CIRS définit la résidence. Vous êtes résident au Portugal si, dans l’année concernée, vous remplissez l’une de ces conditions :

  • Plus de 183 jours de présence, consécutifs ou non, sur une période de 12 mois commençant ou finissant dans l’année ;
  • Moins de 183 jours, mais un logement disponible à tout moment de cette période dans des conditions qui laissent supposer l’intention de le garder et de l’occuper comme résidence habituelle.

Un jour de présence est un jour qui comprend une nuit sur place. Ce point est traité en détail dans notre page sur la résidence fiscale au Portugal : 183 jours ou logement. Un Français qui s’installe au Portugal peut donc être résident des deux pays pendant une période : la convention fiscale tranche alors le conflit.

Quel est le barème de l’IRS au Portugal en 2026 ?

Le barème figure à l’article 68 du CIRS, dans sa rédaction issue de la loi n° 73-A/2025 du 30 décembre 2025. Chaque taux s’applique uniquement à la fraction du revenu comprise dans sa tranche.

Revenu imposable (€)Taux sur la fraction de la tranche
Jusqu’à 8 34212,5 %
De 8 342 à 12 58715,7 %
De 12 587 à 17 83821,2 %
De 17 838 à 23 08924,1 %
De 23 089 à 29 39731,1 %
De 29 397 à 43 09034,9 %
De 43 090 à 46 56643,1 %
De 46 566 à 86 63444,6 %
Au-delà de 86 63448 %

L’article 68-A du CIRS ajoute une taxe additionnelle de solidarité : aucune jusqu’à 80 000 € ; 2,5 % sur la fraction comprise entre 80 000 € et 250 000 € ; 5 % sur la fraction au-delà de 250 000 € (2,5 % restant dû sur les 170 000 € précédents). En imposition commune d’un couple, le calcul s’applique à la moitié du revenu imposable, puis le résultat est multiplié par deux.

Comment se calcule l’impôt : tranche par tranche

Le texte prévoit une méthode équivalente au calcul par tranches. Le revenu est découpé en deux parts. La première, jusqu’à la limite de la tranche précédente, est taxée au taux moyen de cette tranche (la colonne « taux moyen » du barème). L’excédent est taxé au taux normal de la tranche où se trouve le revenu. Pour 50 000 € de revenu imposable, par exemple, on taxe 46 566 € à 26,472 % et les 3 434 € restants à 44,6 %. Le résultat est le même, à quelques centimes près, que l’addition des neuf tranches.

Retenez deux conséquences pratiques. D’abord, le taux marginal (44,6 % dès 46 566 €) n’est pas votre taux moyen. Ensuite, ce barème s’applique au revenu imposable, c’est-à-dire après les déductions prévues par le CIRS, et avant les déductions à la collecte (personnes à charge, par exemple), que nous n’intégrons pas ici.

Quel est le taux marginal réel avec la taxe de solidarité ?

Au-delà de 80 000 €, taux du barème et taxe de solidarité se cumulent :

Fraction du revenu imposableTaux du barèmeTaxe de solidaritéTaux marginal combiné
De 46 566 € à 80 000 €44,6 %0 %44,6 %
De 80 000 € à 86 634 €44,6 %2,5 %47,1 %
De 86 634 € à 250 000 €48 %2,5 %50,5 %
Au-delà de 250 000 €48 %5 %53 %

Portugal ou France : combien d’impôt sur 30 000, 50 000 ou 100 000 € ?

Le tableau compare le barème portugais 2026 au barème français 2026 (revenus 2025, une part : 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % jusqu’à 29 579 €, 30 % jusqu’à 84 577 €, 41 % jusqu’à 181 917 €, 45 % au-delà). Les montants portent sur un revenu imposable donné, pour une personne seule, sans décote ni réduction, et hors cotisations sociales.

Revenu imposableImpôt au Portugal (taxe de solidarité incluse)Taux moyenImpôt en FranceTaux moyen
30 000 €6 260,15 €20,87 %2 103,99 €7,01 %
50 000 €13 858,28 €27,72 %8 103,99 €16,21 %
100 000 €37 112,73 €37,11 %24 800,52 €24,80 %

Sur la seule lecture des barèmes, l’IRS pèse davantage que l’impôt français à tous les niveaux de revenu comparés. La comparaison laisse de côté la situation de famille (quotient familial en France, imposition commune et déductions à la collecte au Portugal). Ce n’est donc pas le barème qui rend le Portugal attractif pour un salarié ordinaire : ce sont les régimes spéciaux, le coût de la vie, ou la nature de vos revenus. Nos articles sur le régime IFICI et sur l’ancien statut de résident non habituel détaillent ces régimes.

Et à 20 000, 70 000 ou 150 000 € de revenu imposable ?

Revenu imposableImpôt au PortugalImpôt en FranceÉcart
20 000 €3 343,47 € (16,72 %)924,00 € (4,62 %)2 419,47 €
70 000 €22 778,28 € (32,54 %)14 103,99 € (20,15 %)8 674,29 €
150 000 €62 362,73 € (41,58 %)45 300,52 € (30,20 %)17 062,21 €

Même base de calcul : personne seule, sans décote ni déduction à la collecte. L’écart en euros croît avec le revenu, mais pèse le plus en proportion sur les revenus modestes : à 20 000 €, l’IRS représente plus de trois fois l’impôt français.

Que ne montre pas cette comparaison ?

  • Les cotisations sociales : absentes de tous les chiffres ci-dessus.
  • Les déductions à la collecte : elles réduisent l’IRS après le calcul du barème.
  • Les régimes spéciaux : ils se préparent avant l’installation.
  • Votre patrimoine français : voir les placements à garder ou à sortir.

Que prévoit la convention fiscale entre la France et le Portugal ?

Devenir résident portugais ne coupe pas tous les liens avec la France. La convention fiscale franco-portugaise répartit le droit d’imposer, selon la doctrine administrative (BOFiP) :

  • Salaires (article 16) : imposés dans l’État de résidence, sauf si l’emploi est exercé dans l’autre État. Une exception de 183 jours existe sous trois conditions cumulées (séjour inférieur à 183 jours, employeur non résident de l’État d’exercice, rémunération non supportée par un établissement stable qu’y a l’employeur) ;
  • Pensions privées (article 19) : imposables uniquement dans l’État de résidence ; pensions publiques (article 20) : imposables dans l’État qui les verse, sauf si le bénéficiaire n’a que la nationalité de l’autre État ;
  • Dividendes (article 11) : imposables dans l’État de résidence, avec une retenue à la source de 15 % maximum dans l’État de la source ;
  • Intérêts (article 12) : imposables dans l’État de résidence, retenue plafonnée à 12 % (10 % pour certaines obligations françaises) ;
  • Redevances (article 13) : retenue plafonnée à 5 % ;
  • Plus-values (article 14) : sur un bien immobilier, imposables là où il se trouve ; sur les autres biens, uniquement dans l’État de résidence du vendeur.

Le détail est dans notre page sur la convention fiscale France – Portugal. Pour préparer le départ côté français, voir aussi Quitter la France pour le Portugal : NIF, adresse fiscale.

Cas concret : Julien, cadre lyonnais muté à Porto

Situation. Julien, 44 ans, célibataire, cadre à Lyon, accepte une mission de longue durée à Porto. Il estime son revenu imposable portugais à 50 000 € par an, après déductions.

Problème. Il suppose que « le Portugal est moins taxé que la France » et compte financer un achat immobilier avec la différence. Il n’a jamais calculé son IRS.

Stratégie. Avant de signer, il compare les deux barèmes sur la même base, vérifie s’il peut prétendre à un régime spécial à l’arrivée (ce qui se joue avant l’installation) et fait chiffrer la part variable de sa rémunération, qui tombe dans la tranche à 44,6 % dès 46 566 €.

Résultat. Sur 50 000 € de revenu imposable, l’IRS ressort à 13 858,28 € (27,72 %) contre 8 103,99 € avec le barème français (16,21 %), soit 5 754,29 € de plus par an avant déductions à la collecte. Il décide d’attendre la confirmation de son éligibilité à un régime spécial avant de s’engager sur l’achat. Ce calcul est simplifié : il ignore les déductions à la collecte, les cotisations sociales et les mécanismes propres à chaque pays.

Cas concret n° 2 : Claire et Mathieu, un couple installé à Lisbonne

Situation. Claire et Mathieu, mariés, sans enfant à charge, quittent Lyon pour Lisbonne. Leur revenu imposable commun est estimé à 100 000 €.

Problème. Ils pensent que l’imposition commune adoucit la facture, comme le quotient en France.

Stratégie. Ils appliquent la règle du couple : IRS sur la moitié du revenu, soit 50 000 €, puis multiplié par deux.

Résultat. 13 858,28 € × 2 = 27 716,56 € d’IRS, soit 27,72 %. En France, deux parts de 50 000 € donnent 8 103,99 € × 2 = 16 207,98 € (16,21 %). L’écart est de 11 508,58 € par an en défaveur du Portugal. Calcul simplifié : sans déduction ni cotisation sociale.

Ce que fait Balmont Conseil

Notre cabinet lyonnais, en activité depuis bientôt 14 ans, accompagne les Français qui s’installent au Portugal ou en reviennent : comparaison d’impôt sur vos revenus réels, choix de la date de départ, organisation de vos contrats d’assurance-vie et de vos placements avant l’installation. Pour étudier votre situation, prenez rendez-vous sur notre page contact.

FAQ

Quel est le taux maximal d’IRS au Portugal en 2026 ?

Le taux marginal le plus élevé est de 48 % au-delà de 86 634 € de revenu imposable. La taxe additionnelle de solidarité s’y ajoute : 2,5 % de 80 000 € à 250 000 €, puis 5 % au-delà de 250 000 €.

À partir de quand est-on résident fiscal au Portugal ?

Dès que vous dépassez 183 jours de présence sur 12 mois, ou que vous disposez d’un logement dans des conditions qui laissent supposer l’intention de l’occuper comme résidence habituelle (article 16 du CIRS). La résidence court dès le premier jour du séjour.

Un résident portugais paie-t-il l’impôt sur ses revenus français ?

Oui, un résident est imposé au Portugal sur ses revenus mondiaux (article 15 du CIRS). La convention franco-portugaise répartit ensuite le droit d’imposer, par catégorie de revenu, pour éviter la double imposition.

Le Portugal est-il moins imposé que la France ?

Pas sur la lecture des barèmes : à revenu imposable égal, l’impôt portugais est plus élevé pour une personne seule dans les trois exemples chiffrés ci-dessus. L’écart peut se réduire avec un régime spécial, des déductions ou des revenus d’une autre nature.

Faut-il quitter la France officiellement avant de s’installer ?

Le départ se prépare des deux côtés : adresse fiscale et numéro fiscal portugais côté Portugal, déclarations et changement de situation côté France. Notre page « Quitter la France pour le Portugal » détaille les démarches.

Comment l’IRS d’un couple marié est-il calculé ?

Le calcul s’applique à la moitié du revenu imposable commun, puis le résultat est multiplié par deux. Pour 100 000 € de revenu commun, cela donne 27 716,56 € d’IRS, avant déductions à la collecte.

Quel est le taux marginal au-dessus de 80 000 € ?

De 80 000 € à 86 634 € : 44,6 % + 2,5 % = 47,1 %. De 86 634 € à 250 000 € : 48 % + 2,5 % = 50,5 %. Au-delà de 250 000 € : 48 % + 5 % = 53 %.

Sources : articles 15, 16, 68 et 68-A du code de l’impôt sur le revenu portugais (CIRS), Portal das Finanças, info.portaldasfinancas.gov.pt, consultés le 30 octobre 2026 ; loi n° 73-A/2025 du 30 décembre 2025 (mention portée sur l’article 68 du CIRS), consultée le 30 octobre 2026 ; BOFiP, « Convention fiscale entre la France et le Portugal – Règles d’imposition des différentes catégories de revenus » (BOI-INT-CVB-PRT-10-20), bofip.impots.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026 ; « Barème de l’impôt sur le revenu 2026 (revenus 2025) » (fiche F1419, service-public.gouv.fr, vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 30 octobre 2026). Ajout : barème de l’article 68 du CIRS relu sur le Portal das Finanças (rédaction de la loi n° 73-A/2025), consulté le 1er novembre 2026.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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