Accéder à mon espace client
Prendre rendez-vous
Accéder à mon espace client
Prendre rendez-vous

Au 30 octobre 2026, un immeuble de rapport, immeuble entier détenu par un seul propriétaire et loué logement par logement, dépasse presque toujours 15 000 € de loyers par an : le régime réel est alors obligatoire. Les intérêts d’emprunt et les travaux d’entretien sont déductibles, et un déficit foncier jusqu’à 10 700 € s’impute sur le revenu global.

Qu’est-ce qu’un immeuble de rapport ?

C’est un immeuble qui appartient à une seule personne ou à un seul foyer, sans division en lots de copropriété, et dont les logements sont loués. On parle de monopropriété. L’acheteur ne devient pas copropriétaire : il décide seul des travaux, de la politique de loyers et du choix des locataires, et il ne partage pas les décisions avec un syndic ou une assemblée.

La contrepartie est la concentration. Un appartement dans un immeuble en copropriété représente une ligne de patrimoine ; un immeuble entier représente un seul bien, une seule toiture, une seule chaudière, une seule ville. Avec six logements, la vacance d’un lot coûte un sixième des loyers, mais un sinistre sur le bâti touche tout le monde à la fois.

Immeuble entier ou appartements en copropriété : que choisir ?

CritèreImmeuble entier (monopropriété)Appartements en copropriété
Décisions de travauxVous seulAssemblée générale et syndic
Nombre de biensUn seul bâti, une seule toitureUn lot par appartement, possibilité de répartir sur plusieurs immeubles
Risque sur le bâtiConcentré : un sinistre touche tous les logements à la foisRéparti : un sinistre touche d’abord l’immeuble où se trouve le lot
Régime fiscal des loyersRéel presque toujours obligatoire (plus de 15 000 € de loyers)Micro-foncier possible sous 15 000 € de loyers
Ticket d’entréeÉlevé : emprunt importantProgressif : un lot à la fois

La monopropriété convient à un investisseur qui accepte de piloter lui-même le bâti et qui dispose d’un patrimoine assez large pour absorber un sinistre ou un gros chantier.

Quel régime fiscal s’applique aux loyers d’un immeuble entier ?

Le micro-foncier s’applique de plein droit quand les loyers bruts ne dépassent pas 15 000 € par an : l’administration retient alors un abattement forfaitaire de 30 % et ne laisse déduire ni travaux ni intérêts. Au-delà de 15 000 €, le régime réel est obligatoire (service-public.gouv.fr, fiche F1991 vérifiée le 15 avril 2026). Six logements à 600 € par mois font 43 200 € de loyers par an, soit près de trois fois le seuil.

Au régime réel, le revenu imposable est égal aux loyers moins les dépenses justifiées et déductibles :

  • les réparations et l’entretien, les frais de gestion et l’assurance ;
  • les intérêts d’emprunt ;
  • certains impôts, comme la taxe foncière.

Les travaux d’agrandissement ou de transformation ne sont pas déductibles. Quand l’option pour le réel est exercée alors que les loyers sont inférieurs à 15 000 €, elle engage pour trois ans. Le revenu foncier net est ensuite imposé au barème de l’impôt sur le revenu, avec les prélèvements sociaux de 17,2 % pour les revenus fonciers en 2026 (service-public.gouv.fr, fiche F2329).

Tranche de revenu par part (revenus 2025)Taux
Jusqu’à 11 600 €0 %
De 11 601 € à 29 579 €11 %
De 29 580 € à 84 577 €30 %
De 84 578 € à 181 917 €41 %
Au-delà de 181 917 €45 %

Un investisseur dans la tranche à 41 % qui perçoit des revenus fonciers nets les voit donc taxés à 41 % plus 17,2 %, soit 58,2 % au total. C’est pourquoi la déduction des intérêts et des travaux compte autant dans le calcul de rentabilité.

Comment fonctionne le déficit foncier sur un immeuble à rénover ?

Quand les dépenses dépassent les loyers, le déficit provenant des charges autres que les intérêts d’emprunt s’impute sur le revenu global, dans la limite de 10 700 € par an. La part qui dépasse 10 700 €, et la part due aux intérêts, se déduisent des revenus fonciers des dix années suivantes. L’administration peut remettre en cause la déduction si le bien cesse d’être loué dans les trois ans suivant l’année de l’imputation, sauf cas listés comme le licenciement, l’invalidité ou le décès. Notre article sur le déficit foncier et les travaux déductibles détaille les travaux admis, et notre page déficit foncier : plafond, report et obligation de location précise le report et l’obligation de louer.

Le DPE peut-il bloquer la location d’un immeuble ancien ?

Oui, et c’est le premier point à vérifier avant d’acheter. Pour les baux signés, renouvelés ou reconduits entre 2025 et 2027, seuls les logements classés A à F peuvent être loués : la classe G est interdite depuis 2025. À partir de 2028, la classe F l’est aussi, puis la classe E à partir de 2034 (service-public.gouv.fr, fiche F35978 vérifiée le 21 mars 2025). Dans un immeuble ancien, il faut prévoir le budget des travaux de rénovation énergétique dans le prix d’achat, lot par lot.

Un immeuble de rapport fait-il entrer dans l’IFI ?

L’IFI concerne les foyers dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1 300 000 € au 1er janvier. Les immeubles loués sont taxables, avec leurs dépendances (garages, parkings, caves), et les dettes justifiées se déduisent. Une fois le seuil franchi, le barème commence à 800 000 € : 0,50 % de 800 001 € à 1 300 000 €, 0,70 % de 1 300 001 € à 2 570 000 €, 1 % jusqu’à 5 000 000 €, 1,25 % jusqu’à 10 000 000 €, 1,50 % au-delà. Une décote joue entre 1 300 000 € et 1 400 000 € (17 500 € moins 1,25 % du patrimoine net). L’impôt dépend donc moins du prix de l’immeuble que du reste de votre patrimoine immobilier : voir notre article sur l’IFI 2026, seuil et barème.

Comment financer l’achat d’un immeuble entier ?

Un immeuble de rapport s’achète presque toujours avec un emprunt, car les montants sont élevés. Les intérêts sont déductibles des revenus fonciers au régime réel, et l’emprunt vient réduire la valeur taxable à l’IFI. Les frais d’acquisition s’ajoutent au prix : le détail figure dans notre article sur les frais de notaire et droits de mutation. La banque regarde l’ensemble de votre situation : revenus, apport, loyers attendus, état du bâti et DPE de chaque lot.

Quel rendement attendre d’un immeuble de rapport ?

Le rendement brut divise les loyers annuels par le prix d’achat. Il flatte le résultat, parce qu’il ignore les charges et la vacance. Pour l’immeuble de six logements à 720 000 € de l’exemple ci-dessous :

ÉtapeCalculRendement
Rendement brut43 200 € / 720 000 €6,00 %
Après charges courantes (taxe foncière, assurance, entretien : 8 000 €)(43 200 − 8 000) / 720 000 €4,89 %
Après un mois de vacance par logement (3 600 € de loyers perdus)(43 200 − 8 000 − 3 600) / 720 000 €4,39 %

Ces rendements s’entendent avant impôt, avant intérêts d’emprunt et hors frais d’acquisition. Comparez ensuite le rendement net de charges au taux de votre emprunt : si l’écart est mince, l’opération ne tient que grâce aux loyers futurs et au déficit foncier.

Quelles sont les étapes d’achat d’un immeuble entier ?

  1. Auditer l’immeuble avant toute offre : DPE de chaque lot, baux en cours, loyers réels, charges, taxe foncière, état de la toiture et des parties communes.
  2. Signer l’avant-contrat (promesse ou compromis). L’acquéreur non professionnel d’un logement d’habitation dispose de 10 jours calendaires pour se rétracter, à compter du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée qui lui notifie l’acte. Le dépôt de garantie représente en principe environ 10 % du prix et reste sur le compte séquestre du notaire (service-public.gouv.fr, fiche F2965 vérifiée le 10 avril 2026).
  3. Obtenir le financement pendant la durée de la condition suspensive de prêt. Si le prêt est refusé, le dépôt de garantie est restitué.
  4. Signer l’acte authentique chez le notaire et payer les frais d’acquisition avec le solde du prix.

À la revente, la plus-value suit les règles des particuliers : voir plus-value immobilière des particuliers, abattements et exonération en 2026.

Cas concret : six appartements à Lyon, 720 000 €

Situation. Claire, cadre dirigeante lyonnaise de 47 ans, célibataire, a un revenu imposable de 120 000 € (tranche à 41 %) et 1 150 000 € de patrimoine immobilier net par ailleurs. Elle achète un immeuble de six appartements pour 720 000 €, financé par un emprunt de 576 000 €, dont il reste 560 000 € au 1er janvier. Loyers : 600 € par mois et par logement, soit 43 200 € par an (rendement brut de 6 %).

Problème. La première année, elle engage 50 000 € de travaux de réparation, paie 8 000 € de charges (taxe foncière, assurance, entretien courant) et 18 000 € d’intérêts d’emprunt. Elle veut savoir ce que cela change à son impôt, et si l’immeuble la fait entrer dans l’IFI.

Stratégie. Les loyers dépassent 15 000 € : elle est au régime réel. Le résultat foncier est de 43 200 − 8 000 − 50 000 − 18 000 = − 32 800 €. Hors intérêts, le déficit est de 14 800 € ; elle en impute 10 700 € sur son revenu global.

Résultat. Son impôt baisse de 10 700 € × 41 % = 4 387 €. Il reste 22 100 € de déficit (4 100 € d’excédent plus 18 000 € d’intérêts) à déduire des loyers des dix années suivantes : dès l’année 2, avec 17 200 € de revenu foncier avant report, le report l’efface et laisse 4 900 € à reporter encore. Côté IFI, son patrimoine net atteint 1 150 000 + (720 000 − 560 000) = 1 310 000 €, au-dessus du seuil : IFI de 2 570 € moins 1 125 € de décote, soit 1 445 €. L’immeuble réduit son impôt sur le revenu de 4 387 € et la fait entrer dans l’IFI pour 1 445 €. Les deux chiffres se calculent avant de signer.

Deuxième cas : un petit immeuble de deux logements, micro-foncier ou réel ?

Situation. Thomas, 52 ans, lyonnais, taxé à 41 %, achète un petit immeuble de deux logements loués 600 € par mois chacun : 14 400 € de loyers par an, sous le seuil de 15 000 €.

Problème. Il peut rester au micro-foncier ou opter pour le réel. Ses charges (taxe foncière, assurance, entretien) et ses intérêts d’emprunt s’élèvent à 6 500 € par an, soit 45 % des loyers.

Stratégie. Au micro-foncier, l’abattement de 30 % laisse un revenu imposable de 10 080 € (14 400 × 70 %). Au réel, le revenu imposable est de 7 900 € (14 400 − 6 500).

Résultat. À 41 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 58,2 %, l’imposition annuelle est de 5 867 € au micro-foncier et de 4 598 € au réel : 1 269 € d’économie par an. Règle simple : le réel l’emporte dès que charges et intérêts dépassent 30 % des loyers, puisque le micro-foncier retient 30 % forfaitairement. L’option engage pour trois ans.

Quelles erreurs éviter avant d’acheter un immeuble entier ?

  • Acheter sur le rendement brut sans chiffrer la vacance, la taxe foncière et le budget de travaux.
  • Négliger le DPE de chaque logement : un lot classé G ne peut plus être loué, et les classes F puis E suivront en 2028 et 2034.
  • Compter un déficit foncier sans prévoir de louer pendant les trois années suivant l’imputation.
  • Oublier l’IFI : un seul immeuble peut faire basculer un patrimoine immobilier au-dessus de 1 300 000 €.
  • Mettre tous ses fonds dans un seul bâti, une seule ville et un seul emprunt : un sinistre ou une vacance touche alors tout le revenu.

Ce que fait Balmont Conseil

Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, construit le plan de financement et de travaux avant l’achat : déficit foncier, calendrier de déduction des intérêts, effet sur votre IFI et sur le reste de votre patrimoine. Pour le financement, nous vous mettons en relation avec nos partenaires bancaires. Prenez rendez-vous avec Alexis Sagnier pour étudier votre projet.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un immeuble de rapport ?

Un immeuble entier, détenu par un seul propriétaire, dont les logements sont loués. Il n’y a pas de copropriété : le propriétaire décide seul des travaux et des loyers, et supporte seul les risques.

Quel régime fiscal choisir pour un immeuble de rapport ?

Le régime réel, obligatoire dès que les loyers dépassent 15 000 € par an. Il permet de déduire les intérêts d’emprunt, les charges et les travaux d’entretien, ce que le micro-foncier interdit.

Combien peut-on déduire en déficit foncier ?

Le déficit hors intérêts s’impute sur le revenu global jusqu’à 10 700 € par an. L’excédent et la part des intérêts se reportent sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Faut-il payer l’IFI avec un immeuble de rapport ?

Seulement si le patrimoine immobilier net du foyer dépasse 1 300 000 € au 1er janvier. L’immeuble loué est taxable, l’emprunt restant dû se déduit, et une décote joue entre 1 300 000 € et 1 400 000 €.

Peut-on louer un immeuble ancien classé G au DPE ?

Non pour les baux signés, renouvelés ou reconduits depuis 2025 : seuls les logements classés A à F peuvent être loués. La classe F sera interdite à partir de 2028 et la classe E à partir de 2034.

Quel rendement un immeuble de rapport peut-il offrir ?

Le rendement brut d’un immeuble de six logements à 720 000 € loué 43 200 € par an est de 6 %. Après 8 000 € de charges et un mois de vacance par logement, il tombe à 4,39 % avant impôt et avant intérêts d’emprunt.

De combien de temps dispose-t-on pour se rétracter après la promesse de vente ?

De 10 jours calendaires pour un acquéreur non professionnel d’un logement d’habitation, à compter du lendemain de la première présentation de la lettre recommandée qui notifie l’acte. La rétractation se notifie au vendeur par lettre recommandée avec accusé de réception.

Sources : « Impôt sur le revenu : revenus fonciers d’une location vide » (service-public.gouv.fr, fiche F1991 vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; « Quel est le barème de l’impôt sur le revenu ? » (service-public.gouv.fr, fiche F1419 vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; « Calcul de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) » (service-public.gouv.fr, fiche F138 vérifiée le 6 mars 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; « Impôt sur la fortune immobilière : personnes et biens concernés » (service-public.gouv.fr, fiche F563 vérifiée le 6 mars 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; « Logement à louer décent » (service-public.gouv.fr, fiche F35978 vérifiée le 21 mars 2025, consultée le 30 octobre 2026) ; « Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et les placements » (service-public.gouv.fr, fiche F2329 vérifiée le 30 juin 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Promesse de vente » (service-public.gouv.fr, fiche F2965 vérifiée le 10 avril 2026, consultée le 31 octobre 2026).

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
✕