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Le PER peut être débloqué pour acheter sa résidence principale, sauf les droits issus de versements obligatoires. Le coût dépend de l’origine des sommes : versements volontaires déduits imposés au barème, versements non déduits exonérés, gains au prélèvement forfaitaire de 31,4 %. Pour un même montant, l’assurance-vie coûte souvent bien moins cher (repères au 31 octobre 2026).

Un achat immobilier demande un apport, et le PER affiche parfois plus de capital que tout le reste de l’épargne. La tentation de le vider est forte, et la loi la permet. Mais « permis » ne veut pas dire « économique » : avant de demander le déblocage, comparez ce qu’il coûte en impôt avec ce que coûterait un retrait sur une assurance-vie.

Peut-on débloquer son PER pour acheter sa résidence principale ?

Oui. L’achat de la résidence principale fait partie des cas de déblocage anticipé du PER, avec une réserve : les droits issus de versements obligatoires restent bloqués (service-public.gouv.fr, fiche F34982, vérifiée le 12 octobre 2026). Le déblocage prend la forme d’un versement unique. La liste complète des cas se trouve dans PER : déblocage anticipé, cas autorisés et démarche.

Les conditions pratiques, issues de la fiche F31622 (vérifiée le 28 mai 2026 pour les cas de déblocage) :

  • le bien doit être acheté en votre nom propre, et non par l’intermédiaire d’une SCI ;
  • vous devez en être propriétaire et y habiter comme résidence principale ;
  • les sommes débloquées doivent figurer dans le plan de financement et être mentionnées dans l’acte comme apport personnel ;
  • un contrat de l’article 83 ne peut pas être débloqué pour cet usage ;
  • pour un PEE, la demande doit en principe intervenir dans les 6 mois suivant l’événement.

Quel PER est concerné : individuel, d’entreprise ou obligatoire ?

Le déblocage ne s’applique pas de la même façon à tous les compartiments :

Compartiment du PERDéblocage pour la résidence principale
Versements volontaires (déduits ou non)Possible
Épargne salariale (participation, intéressement, abondement), jours de congé non prisPossible
Versements obligatoires de l’employeur (PER d’entreprise obligatoire, ex-article 83)Impossible : ces droits sont liquidés en rente viagère

Avant toute démarche, demandez à votre gestionnaire le détail de vos droits par origine : c’est cette répartition qui fixe l’impôt.

Combien coûte le déblocage en impôt ?

Origine des sommesCapital verséGains
Versements volontaires déduits du revenuBarème de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10 % ; pas de prélèvements sociaux pour un PER individuelPrélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % : 12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux
Versements volontaires non déduitsExonéré d’impôt sur le revenuPFU de 31,4 %
Épargne salariale (primes de participation, d’intéressement, abondement)Exonéré d’impôt sur le revenuPFU de 31,4 %

Le PFU de 31,4 % s’applique aux gains perçus à partir du 1er janvier 2026 ; jusqu’au 31 décembre 2025, il était de 30 % (12,8 % + 17,2 %). Une dispense du prélèvement de 12,8 % peut s’appliquer si votre revenu fiscal de référence (celui de 2024 pour une demande en 2026) est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple soumis à imposition commune).

Le point sensible est la première ligne : le capital issu de versements déduits est ajouté à vos autres revenus de l’année du déblocage. Plus la somme est élevée, plus elle monte dans les tranches du barème.

Dans quelle tranche le capital déduit va-t-il être imposé ?

Le barème 2026 (revenus 2025) applique 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % de 11 601 € à 29 579 €, 30 % de 29 580 € à 84 577 €, 41 % de 84 578 € à 181 917 € et 45 % au-delà, par part de quotient familial (service-public.gouv.fr, fiche F1419). Pour un célibataire (1 part) qui retire 40 000 € de capital déduit, l’impôt supplémentaire dépend de son revenu net imposable de l’année :

Revenu net imposable avant le retraitImpôt supplémentaire sur 40 000 €Taux moyen du retrait
42 000 €12 000 €30,0 %
80 000 €15 897 €39,7 %
120 000 €16 400 €41,0 %

Calcul sur le barème 2026 pour une part, avant décote et plafonnement du quotient familial. Plus votre revenu est élevé, plus le retrait est coûteux ; à l’inverse, une année de revenus réduits (congé, création d’entreprise, début de retraite) rend le déblocage moins cher.

Quel est le coût comparé d’un retrait sur assurance-vie ?

Pour un contrat d’assurance-vie, seuls les gains sont imposés, et le taux dépend de l’ancienneté du contrat (service-public.gouv.fr, fiche F22414, vérifiée le 15 avril 2026) :

  • Contrat de moins de 8 ans : prélèvement de 12,8 % sur les gains.
  • Contrat de 8 ans et plus : abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) sur les gains, puis 7,5 % si le total des primes versées reste sous 150 000 €, 12,8 % au-delà.
  • Prélèvements sociaux : 17,2 % sur les gains d’assurance-vie en 2026 (fiche F2329, vérifiée le 30 juin 2026).

Le capital versé n’est jamais imposé : il est restitué sans impôt. Détail dans la fiscalité d’un rachat selon l’ancienneté et le rachat d’assurance-vie en 2026.

Cas concret : 60 000 € d’apport, PER ou assurance-vie ?

Situation. Camille, 38 ans, célibataire, achète sa résidence principale et a besoin de 60 000 € d’apport. Elle dispose d’un PER (50 000 € de versements volontaires déduits, 10 000 € de gains) et d’une assurance-vie de plus de 8 ans (50 000 € de primes, 10 000 € de gains).

Problème. Le PER est son plus gros contenant et le déblocage est autorisé. Elle veut savoir lequel puiser en premier.

Stratégie. On calcule l’impôt de chaque sortie. Pour le PER, hypothèse : le capital de 50 000 € est imposé à un taux moyen de 30 % en plus de ses autres revenus de l’année ; les gains de 10 000 € subissent le PFU de 31,4 %. Pour l’assurance-vie, les gains de 10 000 € bénéficient de l’abattement de 4 600 €, le solde de 5 400 € est taxé à 7,5 %, et les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent à l’ensemble des gains.

Résultat. Retrait de 60 000 € sur le PER : 15 000 € + 3 140 € = 18 140 € d’impôt, soit 41 860 € nets. Retrait de 60 000 € sur l’assurance-vie : 405 € + 1 720 € = 2 125 € d’impôt, soit 57 875 € nets. Écart : 16 015 € en faveur de l’assurance-vie. Cas fictif, avec un taux moyen supposé de 30 % pour le PER.

Ce chiffre ne dit pas que le PER était un mauvais choix : la déduction obtenue à l’entrée a déjà réduit l’impôt des années de versement. Il dit seulement où puiser en premier pour financer l’apport.

Deuxième cas : et si les versements n’ont pas été déduits ?

Situation. Marc, 41 ans, célibataire, a un revenu net imposable de 42 000 €. Il a besoin de 48 000 € pour l’apport. Son PER contient 40 000 € de versements et 8 000 € de gains. Son assurance-vie de plus de 8 ans contient 40 000 € de primes et 8 000 € de gains.

ScénarioImpôt et prélèvementsSomme nette
PER, versements déduits12 000 € (capital, barème) + 2 512 € (PFU sur 8 000 € de gains) = 14 512 €33 488 €
PER, versements non déduits2 512 € (PFU sur les gains seuls)45 488 €
Assurance-vie de plus de 8 ans255 € + 1 376 € de prélèvements sociaux = 1 631 €46 369 €
Assurance-vie de moins de 8 ans2 400 € (12,8 % + 17,2 % sur 8 000 €)45 600 €

Le résultat renverse l’ordre habituel dans un seul cas : si les versements n’ont pas été déduits, le PER coûte à peu près autant qu’une assurance-vie récente. Retenez la règle : le coût du PER dépend d’abord de ce que vous avez déduit à l’entrée. Un déblocage ne se décide qu’avec le détail des versements par origine.

Dans quels cas le PER reste-t-il la bonne source ?

  • Versements non déduits : le capital sort sans impôt, seuls les gains sont taxés.
  • Épargne salariale logée dans le PER : le capital est exonéré d’impôt sur le revenu.
  • Absence d’autre épargne mobilisable : mieux vaut débloquer un PER que renoncer à l’achat ou s’endetter plus cher.
  • Revenus faibles l’année du déblocage : le capital déduit est imposé à un taux plus bas.

À l’inverse, si vous avez déduit vos versements à un taux élevé et que votre revenu est confortable, vider le PER avant la retraite revient à perdre l’avantage de l’entrée. Voir aussi la sortie du PER à la retraite pour comparer.

Comment demander le déblocage ?

  • Réunir les justificatifs : compromis de vente ou acte notarié.
  • Signer la déclaration sur l’honneur de restituer la somme débloquée si l’achat n’a pas lieu.
  • Adresser la demande à l’organisme qui gère le plan, qui applique la fiscalité.
  • Faire figurer la somme dans le plan de financement, puis dans l’acte, comme apport personnel.

Quelles erreurs éviter avant de débloquer son PER ?

  • Débloquer sans connaître l’origine des sommes. L’écart d’impôt peut dépasser 12 000 € pour 40 000 € de capital.
  • Acheter par une SCI. L’acquisition par société exclut le déblocage.
  • Viser une résidence secondaire ou un investissement locatif. Seule la résidence principale ouvre le cas de déblocage.
  • Oublier l’effet de tranche. Un retrait de 40 000 € s’ajoute à vos revenus et peut vous faire passer dans la tranche à 30 % ou 41 %.
  • Compter sur un versement de l’employeur obligatoire. Ces droits restent bloqués.

Ce que fait Balmont Conseil

Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans. Nous chiffrons avec vous l’origine de chaque somme (PER, assurance-vie, épargne salariale), le coût fiscal de chaque sortie possible et l’ordre dans lequel puiser pour financer l’apport. Nous préparons la demande et les justificatifs avant la signature du compromis. Le rendez-vous se prend sur la page de contact.

FAQ

Peut-on débloquer son PER pour acheter une résidence secondaire ?

Non. Seule l’acquisition de la résidence principale fait partie des cas de déblocage anticipé. Un bien acquis via une SCI est également exclu : l’achat doit être fait directement par le titulaire du plan.

Le déblocage du PER est-il imposé ?

Oui, selon l’origine des sommes. Le capital issu de versements déduits est imposé au barème sans abattement de 10 %. Les versements non déduits sont exonérés. Les gains subissent le PFU de 31,4 % pour la période commençant le 1er janvier 2026.

Quel délai pour demander le déblocage ?

Pour un PEE, la demande doit intervenir en principe dans les 6 mois suivant l’événement. Une déclaration sur l’honneur de restituer la somme en cas de non-achat est demandée. Pour un PER, le délai se confirme auprès de l’organisme gestionnaire.

Quelles sommes restent bloquées ?

Les droits issus de versements obligatoires restent bloqués, même pour l’achat de la résidence principale. Les versements volontaires et l’épargne salariale peuvent être débloqués.

Vaut-il mieux puiser dans l’assurance-vie ou dans le PER ?

Dans le cas chiffré ci-dessus, où les versements du PER ont été déduits, l’assurance-vie de plus de 8 ans coûte nettement moins cher en impôt. Le résultat dépend de votre revenu de l’année et de l’ancienneté du contrat : le calcul doit être fait avant de demander le déblocage.

Que se passe-t-il si l’achat n’a finalement pas lieu ?

Le titulaire signe une déclaration sur l’honneur de restituer les sommes débloquées si l’achat ne se fait pas. Conservez le compromis, la déclaration et les justificatifs de versement pour documenter la restitution.

Un PER d’entreprise obligatoire peut-il servir d’apport ?

Non. Les droits issus de versements obligatoires sont liquidés en rente viagère et restent bloqués pour l’achat de la résidence principale. Si la rente mensuelle ne dépasse pas 110 €, elle peut être convertie en capital avec l’accord de l’assureur.

Le déblocage fait-il perdre l’avantage fiscal obtenu à l’entrée ?

En partie. Le capital issu de versements déduits est imposé au barème au moment de la sortie. Vous récupérez l’économie d’impôt à l’entrée, puis vous payez l’impôt à la sortie, au taux de l’année du déblocage.

Sources : « Plan d’épargne retraite (PER) » (service-public.gouv.fr, fiche F34982, vérifiée le 12 octobre 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Déblocage anticipé de l’épargne salariale : dans quels cas » (service-public.gouv.fr, fiche F31622, vérifiée le 28 mai 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Impôt sur le revenu : comment sont imposés les revenus d’un contrat d’assurance-vie » (service-public.gouv.fr, fiche F22414, vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Prélèvements sociaux (CSG, CRDS…) sur les revenus du patrimoine et de placements » (service-public.gouv.fr, fiche F2329, vérifiée le 30 juin 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Barème de l’impôt sur le revenu » (service-public.gouv.fr, fiche F1419, consultée le 31 octobre 2026).

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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