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Un retraité étranger qui s’installe en France est imposé comme tout résident fiscal : l’impôt sur le revenu porte sur ses pensions du monde entier (article 4 B du CGI), avec un abattement de 10 % plafonné à 4 439 € par foyer et, selon la convention, un crédit d’impôt. Vérifié au 31 octobre 2026.

Un retraité étranger est-il résident fiscal en France ?

Tout dépend de ses liens avec la France, pas de son passeport. L’article 4 B du code général des impôts, commenté au BOFiP, retient quatre critères. Est domicilié fiscalement en France celui qui :

  • y a son foyer ou le lieu de son séjour principal ;
  • y exerce une activité professionnelle, salariée ou non, sauf si elle est accessoire ;
  • y a le centre de ses intérêts économiques ;
  • est agent de l’État exerçant ses fonctions à l’étranger sans y être soumis à un impôt personnel sur l’ensemble de ses revenus.

Un retraité qui vend sa résidence à l’étranger et s’installe à Lyon avec son conjoint remplit le premier critère. Pour un célibataire sans enfant, le lieu de résidence habituelle compte ; le séjour principal s’apprécie sur une présence d’au moins 183 jours par an (service-public.gouv.fr). Un retraité installé en France est alors soumis à une obligation fiscale illimitée : la France l’impose sur l’ensemble de ses revenus, sous réserve des conventions fiscales. Notre article sur la résidence fiscale et l’article 4 B détaille chaque critère.

Sa pension étrangère est-elle imposée en France ?

Oui, en règle générale, sauf si la convention fiscale entre la France et le pays source en décide autrement. L’administration fiscale le rappelle : un résident qui perçoit des revenus de source étrangère doit se référer à la convention conclue avec le pays d’origine, et prendre systématiquement l’attache de l’administration fiscale de cet État pour connaître ses obligations là-bas.

En pratique, trois étapes :

  • déclarer la pension dans l’annexe 2047 (cadre 1 : salaires, traitements, pensions), puis reporter le montant dans la déclaration 2042 ;
  • indiquer le crédit d’impôt éventuel : si la pension a déjà été imposée dans le pays d’origine, les conventions prévoient dans la majorité des cas un crédit d’impôt qui réduit l’impôt français ;
  • reporter les pensions de source étrangère ouvrant droit à un crédit d’impôt égal à l’impôt français dans les lignes 1AL à 1DL de la déclaration.

Les pensions versées par un État étranger à d’anciens agents publics relèvent de règles propres : voyez notre article sur la retraite d’un agent de l’État à l’étranger.

Que se passe-t-il s’il n’existe aucune convention fiscale ?

Sans convention entre la France et votre pays d’origine, tous vos revenus sont imposables en France, même s’ils ont déjà été imposés à l’étranger (fiche service-public « Impôts payés par un étranger en France », vérifiée le 15 avril 2026). Il n’y a alors aucun mécanisme conventionnel pour éviter la double imposition. Vérifiez l’existence d’une convention avant de fixer la date de votre installation, pas après votre première déclaration.

Quel abattement sur la pension ?

Les pensions de retraite de source étrangère bénéficient, comme les pensions françaises, de l’abattement de 10 %. Ses limites, d’après l’administration :

ÉlémentMontant
Taux de l’abattement10 % de la pension
Minimum par titulaire de pension454 €
Maximum par foyer4 439 €

Une fois l’abattement déduit, la base est soumise au barème 2026 (revenus de 2025) : 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % jusqu’à 29 579 €, 30 % jusqu’à 84 577 €, 41 % jusqu’à 181 917 € et 45 % au-delà.

Combien d’impôt pour une pension de 45 000, 60 000 ou 80 000 euros ?

Pour un célibataire, une part, sans autre revenu, l’abattement atteint son plafond de 4 439 € dès 44 390 € de pension. Calcul au barème 2026, avant crédit d’impôt éventuel :

Pension annuelleBase imposableImpôt sur le revenuTaux moyen
45 000 €40 561 €5 272 €11,7 %
60 000 €55 561 €9 772 €16,3 %
80 000 €75 561 €15 772 €19,7 %

Ces montants s’entendent hors décote, qui ne concerne que les impôts très faibles. La CSG et la CRDS s’ajoutent selon votre situation, voir ci-dessous.

Quelles taxes sociales sur la pension : CSG, CRDS, Casa ?

C’est le point qui surprend le plus. Pour une pension de retraite, le taux de CSG dépend du revenu fiscal de référence du foyer. Pour 2026, il se lit sur l’avis d’imposition de 2025 :

Une part, revenu fiscal de référence 2024Taux de CSGTotal CSG + CRDS + Casa
Jusqu’à 13 048 €ExonérationExonération
De 13 049 € à 17 057 €3,8 %4,3 %
De 17 058 € à 26 472 €6,6 %7,4 %
Plus de 26 472 €8,3 %9,1 %

Ces taux décrivent les pensions de retraite en général. Une exception concerne les résidents affiliés à la sécurité sociale obligatoire d’un État de l’Espace économique européen ou de la Suisse, sans être à la charge d’un régime obligatoire français : ils cochent les cases 8SH ou 8SI de la déclaration complémentaire 2042-C. Service-public.gouv.fr précise qu’ils ne sont alors pas soumis à la CSG et à la CRDS sur leurs revenus du patrimoine et de placements, et que seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû. Les revenus qui supportent les contributions sociales se déclarent en cases 8TQ et suivantes. Pour votre pension elle-même, faites confirmer votre situation par votre service des impôts avant la première déclaration. Selon vos revenus du patrimoine, la cotisation subsidiaire maladie peut aussi vous concerner.

Comment déclarer ses revenus l’année de l’arrivée ?

Trois règles pratiques, tirées des fiches de service-public :

  • Première déclaration en France : elle se fait sur papier si vous n’étiez pas rattaché à la déclaration de vos parents l’année précédente. Les années suivantes, la déclaration en ligne est obligatoire si votre résidence principale a un accès internet. À défaut, la majoration est de 0,2 % de l’impôt, avec un minimum de 60 €.
  • Revenus à inscrire : pour un résident sans revenus de source française avant son arrivée, la fiche « Retour d’expatriation » retient l’ensemble des revenus de source française ou étrangère depuis la date d’arrivée jusqu’au 31 décembre. Par analogie, un retraité étranger déclare ses revenus de source française et étrangère à compter de sa date d’arrivée ; confirmez-le avec le service des impôts de votre nouveau domicile.
  • Justificatifs : conservez-les 3 ans.

La déclaration des revenus de 2026 s’ouvre en avril 2027. Tant que vous n’êtes pas résident, la France n’impose que les revenus d’origine française.

Quels comptes et contrats à l’étranger faut-il déclarer ?

Un résident fiscal déclare chaque année les comptes bancaires, contrats d’assurance-vie ou de capitalisation et comptes d’actifs numériques ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger. L’amende est de 1 500 € par compte non déclaré, et de 10 000 € par compte si le pays n’a pas de convention de lutte contre la fraude fiscale avec la France. Le compte qui reçoit votre pension étrangère en fait partie. Un retraité qui garde son compte d’origine doit donc l’inscrire dès sa première déclaration.

Quels autres impôts un retraité étranger paie-t-il en France ?

  • Taxe foncière : due par tout propriétaire d’un bien en France au 1er janvier, pour chaque bien.
  • Taxe d’habitation : due sur les résidences secondaires disponibles au 1er janvier.
  • IFI : un résident fiscal y est assujetti si son patrimoine immobilier net, en France et à l’étranger, dépasse 1,3 million d’euros.

Le retraité résident garde son patrimoine immobilier d’origine dans l’assiette de l’IFI : c’est un point à chiffrer avant la vente ou le maintien du bien à l’étranger.

Cas concret : un retraité étranger de 66 ans à Annecy

Situation. Thomas, 66 ans, célibataire, ancien cadre dans un pays hors de France, s’installe à Annecy. Il perçoit une pension privée étrangère de 45 000 € par an et n’a pas d’autre revenu.

Problème. Il croit qu’une pension étrangère « n’a rien à faire » dans une déclaration française, et il ignore ce que la France lui prend.

Stratégie. Dès son arrivée, Thomas fait trois choses : il confirme dans la convention fiscale entre la France et son pays quel État peut imposer sa pension, il déclare la pension dans l’annexe 2047, et il applique l’abattement de 10 %.

Résultat.

  • L’abattement théorique est de 4 500 € (10 % de 45 000 €), ramené au plafond de 4 439 € par foyer.
  • Base imposable : 45 000 € – 4 439 € = 40 561 €.
  • Impôt avant crédit éventuel : (29 579 € – 11 600 €) x 11 % + (40 561 € – 29 579 €) x 30 % = 1 978 € + 3 295 € = 5 272 €, soit un taux moyen de 11,7 % de la pension.
  • Si la convention réserve l’imposition à son pays d’origine, un crédit d’impôt égal à l’impôt français neutralise ces 5 272 € ; si elle attribue l’imposition à la France, l’impôt est dû en France seulement.

Thomas connaît son impôt avant de s’installer, pas à la réception de l’avis.

Deuxième cas : un couple de retraités, deux pensions, deux parts

Situation. Mark et Elena, 68 et 65 ans, mariés, s’installent à Lyon. Mark perçoit 48 000 € de pension étrangère par an, Elena 42 000 €. Ils n’ont pas d’autre revenu.

Problème. L’abattement de 10 % semble leur donner 9 000 € de déduction. Le plafond est de 4 439 € par foyer, pas par personne.

Stratégie. Ils appliquent le plafond du foyer, partagent la base sur deux parts et vérifient la convention pour chaque pension.

Résultat.

  • Revenu brut : 48 000 € + 42 000 € = 90 000 €. Abattement : 4 439 € (plafond du foyer).
  • Base imposable : 85 561 €, soit 42 780,50 € par part.
  • Impôt par part : (29 579 € – 11 600 €) x 11 % + (42 780,50 € – 29 579 €) x 30 % = 1 977,69 € + 3 960,45 € = 5 938,14 €. Pour deux parts : 11 876 €, soit 13,2 % du revenu brut.

Sans le plafond, ils auraient déduit à tort 4 561 € de plus.

Les erreurs fréquentes d’un retraité qui s’installe en France

  • Ne pas déclarer la pension étrangère parce qu’elle est déjà imposée dans le pays d’origine : le crédit d’impôt n’existe que si la pension figure dans la déclaration.
  • Appliquer le plafond de 4 439 € à chaque conjoint au lieu du foyer.
  • Oublier le compte bancaire étranger qui reçoit la pension.
  • Se fier à la nationalité plutôt qu’à la résidence fiscale.
  • Négliger l’IFI si le patrimoine immobilier mondial dépasse 1,3 million d’euros.

Que préparer avant de s’installer en France ?

  • Lire la convention fiscale applicable et noter quel pays imposera chaque pension.
  • Contacter l’administration fiscale du pays source pour connaître les formalités de départ.
  • Vérifier son affiliation à la sécurité sociale pour savoir si les cases 8SH ou 8SI s’appliquent.
  • Faire le point sur ses placements : un résident fiscal peut ouvrir un PEA sans condition de nationalité, seul le domicile fiscal compte.

Si le retraité ne devient pas résident fiscal français, il relève du régime des non-résidents : lisez notre article sur les non-résidents et le taux minimum, et notre page sur la retraite française d’un non-résident. Pour comparer les destinations, voyez aussi six pays comparés pour un retraité français.

Ce que fait Balmont Conseil

Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne les familles internationales qui s’installent en France ou qui la quittent : lecture de la convention fiscale, calendrier de déclaration, choix des enveloppes de placement et organisation de la transmission. Nous vous recevons avant votre arrivée. Prendre rendez-vous.

FAQ

Un retraité étranger paie-t-il des impôts en France ?

Oui, s’il est résident fiscal français : il est imposé sur ses pensions françaises et étrangères, sous réserve de la convention fiscale. La nationalité n’entre pas dans les critères de l’article 4 B du CGI.

Quel est l’abattement sur une pension étrangère ?

L’abattement de 10 % s’applique, avec un minimum de 454 € par titulaire et un maximum de 4 439 € par foyer, d’après l’administration fiscale. Il concerne aussi les pensions de source étrangère ouvrant droit à un crédit d’impôt.

Faut-il payer la CSG sur une pension étrangère ?

Cela dépend de votre affiliation. Si vous relevez de la sécurité sociale d’un État de l’EEE ou de la Suisse, sans être à la charge d’un régime français, vous cochez les cases 8SH ou 8SI. Sinon, les revenus soumis aux contributions sociales se déclarent en cases 8TQ. Faites confirmer le traitement de votre pension par votre service des impôts.

Comment éviter la double imposition de ma pension ?

Les conventions fiscales prévoient dans la majorité des cas un crédit d’impôt. Déclarez le revenu brut dans l’annexe 2047 et indiquez le crédit d’impôt dans la déclaration complémentaire 2042-C, selon que ce crédit correspond à l’impôt étranger ou à l’impôt français.

Que se passe-t-il si mon pays n’a pas de convention avec la France ?

Tous vos revenus sont imposables en France, même s’ils ont déjà été imposés à l’étranger. Aucun crédit d’impôt conventionnel ne s’applique. Vérifiez l’existence de la convention avant de vous installer.

Faut-il déclarer son compte bancaire étranger ?

Oui, dès que votre domicile fiscal est en France. L’amende est de 1 500 € par compte non déclaré, et de 10 000 € si le pays n’a pas de convention de lutte contre la fraude fiscale avec la France.

Comment déclarer la première année en France ?

Sur papier si vous n’étiez pas rattaché à la déclaration de vos parents l’année précédente. Vous déclarez les revenus de source française et étrangère perçus depuis votre date d’arrivée jusqu’au 31 décembre.

Sources : « Mes revenus de source étrangère sont-ils imposables en France ? » et « Comment seront imposés mes revenus perçus de l’étranger ? » (impots.gouv.fr, consultés le 30 octobre 2026) ; « Pensions, Retraites » (impots.gouv.fr, modifié le 8 avril 2026, consulté le 30 octobre 2026) ; BOI-IR-CHAMP-10, « Personnes imposables et domicile fiscal » (bofip.impots.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026) ; « Impôts payés par un étranger en France » (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Retour d’expatriation » (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Déclaration 2026 des revenus 2025 encaissés à l’étranger » (service-public.gouv.fr, vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « CSG et CRDS sur les revenus d’activité et de remplacement » (service-public.gouv.fr, vérifié le 1er juin 2026, consulté le 30 octobre 2026) ; « Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placements » (service-public.gouv.fr, vérifié le 30 juin 2026, consulté le 30 octobre 2026) ; « Quel est le barème de l’impôt sur le revenu ? » (service-public.gouv.fr, vérifié le 15 avril 2026, consulté le 30 octobre 2026) ; « Plan d’épargne en actions (PEA) » (service-public.gouv.fr, vérifié le 22 mai 2026, consulté le 30 octobre 2026).

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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