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Pour comparer deux assurances-vie, regardez d’abord les frais, puis les supports proposés, avant le taux affiché. En 2025, les fonds en euros des contrats individuels ont servi 2,63 % net en moyenne selon l’ACPR, mais l’écart entre le meilleur et le moins bon groupe de contrats atteint 0,99 point. Chiffres vérifiés au 31 octobre 2026.

Pourquoi un classement des meilleures assurances-vie ne suffit-il pas ?

Un classement donne une photographie d’une année pour un profil moyen. Or le contrat qui gagne dépend de ce que vous y mettez, de la durée et des frais qui s’accumulent. L’ACPR le montre : en 2025, la revalorisation nette moyenne des fonds en euros des contrats individuels est de 2,63 %, stable par rapport à 2024. La moitié des encours est revalorisée entre 2,3 % et 2,9 %, et l’écart entre les groupes de contrats extrêmes atteint 0,99 point (0,77 point en 2024).

Un point d’écart par an, sur 20 ans, modifie le capital final d’environ 20 %. Comparer sérieusement, c’est donc comparer des coûts et des conditions, pas seulement des performances passées. Quant au « taux de l’assurance-vie 2026 », il ne sera connu qu’après la clôture de l’année, quand l’ACPR publiera les revalorisations : celui de 2025 a été publié en 2026.

Quels sont les six critères pour comparer des contrats d’assurance-vie ?

CritèreCe qu’il faut regarderRepère chiffré
1. Les fraisFrais sur versements, frais de gestion annuels, frais d’arbitrage, frais d’ouvertureChargement moyen sur encours : 0,63 % en 2025 (ACPR)
2. Le fonds en eurosRendement net sur plusieurs années, pas sur une seule2,63 % net en moyenne en 2025 ; 50 % des encours entre 2,3 % et 2,9 %
3. Les unités de compteVariété des supports, frais des supports en plus des frais du contratRendement annuel moyen net d’environ 2,0 % depuis 2020 (ACPR)
4. La liquiditéRachats partiels possibles, délai de paiementPaiement dans les 2 mois suivant la demande
5. La transmissionClause bénéficiaire adaptée à votre famille152 500 € par bénéficiaire (primes avant 70 ans) ; 30 500 € globalement (après 70 ans)
6. La fiscalitéAncienneté du contrat, montant des versementsAprès 8 ans : abattement de 4 600 € (9 200 € en couple) sur les gains, puis 7,5 % jusqu’à 150 000 € de primes

Quels frais faut-il comparer ?

Quatre catégories de frais sont prélevées sur votre épargne : les frais d’ouverture (fixes), les frais sur chaque versement (fixes ou proportionnels), les frais de gestion pendant toute la durée du contrat, et les frais d’arbitrage sur les sommes déplacées entre supports. Les montants exacts figurent uniquement dans les documents de l’assureur. Demandez-les par écrit avant de signer, y compris pour les unités de compte, qui ajoutent leurs propres frais de fonds.

Le repère à garder en tête est le chargement moyen sur encours de 0,63 % en 2025 pour les contrats individuels. Un contrat très au-dessus de ce niveau doit justifier ce surcoût par des supports ou un service que vous utiliserez réellement. Le détail de chaque ligne de frais est dans notre page sur les frais d’une assurance-vie : entrée, gestion, arbitrage et dans notre article pour comparer les frais de son assurance-vie.

Un autre coût existe à la sortie. Selon service-public.gouv.fr, l’indemnité de rachat d’un rachat total ne peut pas dépasser 5 % de la provision mathématique, et elle est interdite au-delà de 10 ans après la date d’effet du contrat. Un contrat qui prévoit une indemnité de rachat se compare donc aussi sur sa durée de détention prévue.

Combien coûtent vraiment 0,5 point de frais de gestion en plus ?

Le tableau ci-dessous place 80 000 € dans un contrat qui rapporte 3,2 % par an avant frais (hypothèse de calcul), sans frais sur versement, et ne fait varier que les frais de gestion annuels. Les capitaux sont calculés avant fiscalité.

Frais de gestion annuelsCapital après 8 ansCapital après 15 ansCapital après 20 ans
0,50 %99 004 €119 302 €136 301 €
0,63 % (moyenne ACPR 2025)98 006 €117 056 €132 891 €
0,80 %96 714 €114 180 €128 555 €
1,00 %95 213 €110 880 €123 625 €
1,20 %93 733 €107 669 €118 876 €

Entre 0,50 % et 1,20 % de frais de gestion, l’écart atteint 17 425 € après 20 ans, soit 12,8 % du capital du contrat le moins cher. Sur 8 ans, il reste de 5 271 €. Plus la durée est longue, plus le coût des frais pèse : un contrat gardé 20 ans se choisit d’abord sur ses frais.

Fonds en euros ou unités de compte : que compare-t-on ?

Dans un fonds en euros, le capital est garanti par l’assureur, en échange d’un rendement modéré, et les intérêts sont ajoutés chaque année au capital. Les unités de compte ne bénéficient d’aucune garantie : leur valeur monte ou baisse avec les marchés et seul le nombre de parts est garanti. Il existe aussi des fonds euro-croissance, où le capital n’est garanti qu’à partir de 8 ans, en totalité ou à 80 %.

Le marché a tranché en faveur des unités de compte : elles ont représenté 38,3 % des cotisations de 2025 (37,9 % en 2024) et 85 % de la collecte nette, avec 612 milliards d’euros d’encours fin 2025. Cela ne veut pas dire qu’elles conviennent à tout le monde. Un contrat sans fonds en euros de qualité vous prive de la partie sécurisée de votre épargne. Notre page fonds en euros ou unités de compte détaille ce que dit l’AMF.

Que doit proposer un contrat côté unités de compte ?

Selon service-public.gouv.fr, l’assureur doit proposer au moins une unité de compte labellisée ISR, une labellisée Greenfin et une unité de compte solidaire. Ce minimum est une obligation légale : il ne dit rien de la qualité de la gamme. Regardez le nombre de supports réellement accessibles, leurs frais propres et la possibilité d’arbitrer sans coût excessif.

Comment comparer deux fonds en euros ?

  • Prenez la moyenne de plusieurs années, pas le dernier taux : une année exceptionnelle ne se répète pas.
  • Demandez si le taux affiché est net de frais de gestion, et s’il est présenté avant ou après prélèvements sociaux.
  • Vérifiez les conditions d’accès au fonds en euros : un versement minimum ou une part d’unités de compte peut être exigé.
  • Comparez avec la moyenne du marché : 2,63 % net en 2025 pour les contrats individuels.

Comment la fiscalité change-t-elle la comparaison ?

Deux contrats au rendement identique n’ont pas le même rendement après impôt si leurs durées de détention diffèrent. Les règles suivantes s’appliquent aux primes versées depuis le 27 septembre 2017, selon la fiche F22414 de service-public.gouv.fr :

SituationImposition des gains
Contrat de moins de 8 ans12,8 % (prélèvement forfaitaire), ou option pour le barème progressif
Contrat de 8 ans ou plus, primes nettes jusqu’à 150 000 € (tous contrats confondus)Abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple), puis 7,5 %
Contrat de 8 ans ou plus, primes au-delà de 150 000 €Abattement, puis 12,8 % sur la part concernée
Tous les casPrélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains

Une dispense du prélèvement non libératoire existe si le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple). La demande doit parvenir à l’établissement payeur au plus tard le 30 novembre de l’année précédant le paiement. Le calcul complet d’un retrait est dans notre article sur la fiscalité du rachat d’assurance-vie en 2026, et la page sur les prélèvements sociaux précise quand le taux de 17,2 % s’applique.

Faut-il avoir plusieurs contrats d’assurance-vie ?

Plusieurs contrats ne multiplient pas l’abattement fiscal : l’abattement annuel de 4 600 € (9 200 € en couple) s’applique à l’ensemble des contrats d’un même contribuable. Plusieurs contrats servent à autre chose : répartir les risques entre assureurs, séparer les objectifs (épargne disponible, transmission) ou prévoir des clauses bénéficiaires différentes. Pour la transmission, voir notre guide des droits de succession en ligne directe.

Un conseil de méthode : un nouveau contrat repart de zéro pour le décompte des 8 ans. Ne clôturez pas un ancien contrat de plus de huit ans pour un contrat « mieux classé » sans avoir calculé l’impôt et l’ancienneté perdus. Demandez aussi par écrit si un transfert vers un autre contrat du même assureur conserve l’ancienneté fiscale : la réponse dépend du contrat. Le détail des retraits est dans notre article sur la fiscalité du rachat d’assurance-vie.

Cas concret : l’effet des frais sur 80 000 € placés pendant 20 ans

Situation. Philippe, 45 ans, cadre à Lyon, place 80 000 € en assurance-vie pour compléter sa retraite. Il hésite entre deux contrats qui affichent le même rendement brut de 3,2 % par an avant frais (hypothèse de calcul).

Problème. Le contrat A ne prélève aucun frais sur versement et 0,60 % de frais de gestion par an, un niveau proche de la moyenne de 0,63 %. Le contrat B prélève 3 % de frais sur versement et 1,00 % de frais de gestion par an. Sur le papier, ils se ressemblent.

Stratégie. Philippe calcule le capital final à 20 ans, frais déduits, avant fiscalité : contrat A, 80 000 x (1 + 3,2 % – 0,60 %) puissance 20 ; contrat B, 80 000 x (1 – 3 %) x (1 + 3,2 % – 1,00 %) puissance 20.

Résultat. Le contrat A atteint 133 671 € (rendement net de 2,60 % par an). Le contrat B atteint 119 917 € (2,04 % par an). L’écart est de 13 754 €, soit 10,3 % du capital final, uniquement dû aux frais. Cas fictif, hypothèses simplifiées, hors fiscalité et hors évolution des frais.

Deuxième cas : un versement initial et une épargne mensuelle

Situation. Sophie, 38 ans, infirmière libérale à Villeurbanne, ouvre une assurance-vie avec 10 000 € puis verse 300 € par mois pendant 15 ans. Elle a versé 64 000 € au total. Les deux contrats comparés rapportent 3,5 % par an avant frais (hypothèse).

Problème. Le contrat C n’a aucun frais sur versement et 0,60 % de frais de gestion. Le contrat D prélève 2,5 % sur chaque versement et 1,00 % de frais de gestion. Les frais sur versement sont discrets quand on épargne chaque mois : ils s’appliquent pourtant 181 fois.

Stratégie. Sophie calcule les deux capitaux à 15 ans, puis l’impôt d’un rachat total : prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains, et 7,5 % sur les gains après l’abattement de 4 600 € (contrat de plus de 8 ans, primes sous 150 000 €).

Résultat. Le contrat C atteint 82 701 € (18 701 € de gains), le contrat D 77 780 € (13 780 € de gains). Après impôt, Sophie récupère 78 427 € avec le contrat C et 74 721 € avec le contrat D, soit 3 706 € de plus, uniquement grâce aux frais. Cas fictif, versements en fin de mois, hors évolution des frais.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes quand on compare ?

  • Choisir sur le seul taux du dernier fonds en euros publié.
  • Oublier les frais propres des unités de compte, qui s’ajoutent aux frais du contrat.
  • Négliger la clause bénéficiaire : la clause standard ne convient pas à une famille recomposée ou à un projet de transmission précis.
  • Fermer un contrat de plus de 8 ans pour en ouvrir un « mieux classé ».
  • Comparer des contrats sur des durées différentes : le même contrat peut être le meilleur à 8 ans et le moins bon à 20 ans.
  • Confondre abattement par contrat et abattement par contribuable.

Que faire avant de choisir un contrat ?

  • Demandez la liste complète des frais, support par support.
  • Vérifiez l’historique du fonds en euros sur plusieurs années.
  • Rédigez une clause bénéficiaire adaptée à votre famille dès l’ouverture.
  • Calculez l’effet des frais sur la durée prévue, comme dans les deux cas ci-dessus.
  • Gardez en tête qu’une renonciation reste possible après la signature : voir notre page sur le délai de renonciation de 30 jours.

Ce que fait Balmont Conseil

Nous comparons avec vous les contrats ligne à ligne : frais, supports, clause bénéficiaire, conditions de rachat et fiscalité attendue. Nous les confrontons à votre objectif, que ce soit un complément de revenus, une transmission ou un projet à l’étranger. Notre cabinet, à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne les familles et les dirigeants dont la situation est parfois internationale. Prenez rendez-vous avec le cabinet.

FAQ

Quelle est la meilleure assurance-vie en 2026 ?

Il n’existe pas de meilleur contrat pour tous. L’écart de performance entre groupes de contrats atteint 0,99 point en 2025. Le bon contrat est celui dont les frais, les supports et la clause bénéficiaire correspondent à votre objectif et à votre durée de placement.

Quel est le taux de l’assurance-vie en 2026 ?

Il n’est pas encore connu : les rendements d’une année sont publiés l’année suivante. Pour 2025, le taux net moyen des fonds en euros des contrats individuels est de 2,63 % selon l’ACPR, avec des écarts entre contrats.

Quels frais sont normaux sur une assurance-vie ?

Le repère officiel est le chargement moyen sur encours de 0,63 % en 2025 pour les contrats individuels. Les frais sur versement, d’arbitrage et d’ouverture s’ajoutent selon les contrats : demandez-les par écrit avant de signer.

Mon argent est-il garanti sur une assurance-vie ?

Sur le fonds en euros, le capital est garanti par l’assureur. Sur les unités de compte, la valeur varie avec les marchés et peut baisser. Le niveau de garantie dépend donc de la répartition que vous choisissez.

En combien de temps récupère-t-on son argent ?

L’assureur doit payer dans les 2 mois suivant la demande de rachat. Les rachats partiels sont possibles, dans la limite de la valeur de rachat du contrat. Après 8 ans, les gains bénéficient d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule.

Combien d’impôt paie-t-on sur un rachat après 8 ans ?

Les gains bénéficient d’un abattement de 4 600 € (9 200 € en couple), puis sont taxés à 7,5 % si vos primes nettes ne dépassent pas 150 000 €, et à 12,8 % au-delà. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent sur l’ensemble des gains.

Une assurance-vie plus ancienne est-elle toujours préférable ?

Elle l’est souvent pour la fiscalité, car l’abattement et le taux de 7,5 % exigent 8 ans d’ancienneté. Un ancien contrat aux frais élevés se compare toutefois à un nouveau contrat : chiffrez l’impôt perdu et l’économie de frais sur la durée restante.

Peut-on cumuler plusieurs assurances-vie ?

Oui. L’abattement annuel s’applique à l’ensemble de vos contrats et non à chacun. Plusieurs contrats servent à répartir les assureurs, à séparer les objectifs ou à prévoir des clauses bénéficiaires différentes.

Sources : « Revalorisation 2025 des contrats d’assurance-vie et de capitalisation », Analyses et synthèses n° 180, 2025 (acpr.banque-france.fr, consulté le 30 octobre 2026) ; « L’assurance-vie en 2025 », Analyses et synthèses n° 179, 2026 (acpr.banque-france.fr, consulté le 30 octobre 2026) ; « Contrat d’assurance-vie : fonctionnement », fiche F15274 (service-public.gouv.fr, vérifiée le 25 septembre 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Comment sont imposés les revenus d’un contrat d’assurance-vie ? », fiche F22414 (service-public.gouv.fr, vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Je suis bénéficiaire d’une assurance-vie, comment la déclarer ? » (impots.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026). Calculs : méthode d’intérêts composés, hypothèses indiquées dans chaque cas.

Pour comparer deux contrats avec vos chiffres, prenez rendez-vous avec Balmont Conseil.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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