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Fiscalité et résidence

Vivre au Guyana : résident au-delà de 183 jours, impôt de 25 % puis 35 % en 2026, plus-values à 20 %, impôt sur le patrimoine net

Cette page rapporte ce que publient la Guyana Revenue Authority (GRA) et le BOFiP. L’Income Tax Act (chapitre 81:01) traite comme résidente la personne qui réside de façon permanente ou a l’intention de le faire, ou qui séjourne plus de 183 jours dans l’année. D’après le GRA, l’impôt sur le revenu est depuis le 1er janvier 2026 de 25 % jusqu’à 3 360 000 G$ de revenu imposable et de 35 % au-delà, après une déduction personnelle de 1 680 000 G$ ou du tiers du revenu si ce montant est plus élevé. Les plus-values sont imposées à 20 % et les loyers versés à un non-résident subissent une retenue de 20 %.

Le GRA publie aussi un impôt annuel sur le patrimoine net des particuliers, nul jusqu’à 40 000 000 G$. Aucune convention fiscale entre la France et le Guyana ne figure dans les listes du BOFiP. Les montants sont en dollars du Guyana (G$).

Résidence fiscale : ce que dit l’Income Tax Act

Le texte consolidé de l’Income Tax Act établi par le GRA (fichier daté d’avril 2026 dans son adresse, dont la couverture porte la mention « (DRAFT) ») et l’édition des Laws of Guyana autorisée par le L.R.O. 1/2012 (ministère des Affaires juridiques) définissent à l’article 2 la personne physique « resident in Guyana » dans deux cas :

  • elle réside de façon permanente dans le pays, ou y réside en ayant l’intention de s’y établir de façon permanente, sous réserve des absences temporaires que le Commissioner-General juge raisonnables ;
  • elle réside dans le pays plus de 183 jours dans l’année.

La foire aux questions du GRA reprend le seuil de 183 jours pour les résidents temporaires sans revenu, dispensés de demander un numéro d’identification fiscale (TIN).

L’article 5 charge à l’impôt les revenus « accruing in or derived from Guyana or elsewhere, and whether received in Guyana or not ». Une réserve limite l’impôt aux sommes reçues dans le pays pour certains revenus d’activité de source étrangère et pour la personne qui n’est pas « ordinarily resident » ou qui n’est pas domiciliée dans le pays. Cette réserve n’est pas détaillée davantage ici.

Impôt sur le revenu : 25 % puis 35 % depuis 2026

L’avis du GRA du 26 février 2026 applique à compter du 1er janvier 2026 l’« Income Tax (Amendment) Act No. 3 of 2026 ». L’Act n° 3 de 2026 publié par le Parlement du Guyana (Official Gazette, Legal Supplement du 17 février 2026) porte le titre « The Fiscal Enactments (Amendment) Act 2026 » ; son texte n’est pas détaillé ici.

Revenu imposable annuelTaux
jusqu’à 3 360 000 G$25 %
au-delà de 3 360 000 G$35 %

Le même avis donne les montants suivants :

  • déduction personnelle : 1 680 000 G$ par an, ou le tiers du revenu de toutes provenances (hors revenus soumis à retenue) si ce montant est plus élevé ; pour un salarié, 140 000 G$ par mois ;
  • cotisations d’assurance nationale (NIS) : 5,6 % du salaire brut, plafonnées à 15 680 G$ par mois pour un salaire brut plafonné à 280 000 G$ ;
  • déduction par enfant de moins de 18 ans : 10 000 G$ par mois pour un salarié, 120 000 G$ par an pour un non-salarié.

Pour 2025, l’avis du GRA fondé sur l’Income Tax (Amendment) Act n° 2 de 2025 indique 25 % jusqu’à 3 120 000 G$ et 35 % au-delà, ramenés de 28 % et 40 %, avec une déduction personnelle de 1 560 000 G$. Le texte consolidé de la loi reprend les taux de 25 % (article 36) et de 35 % (article 36A) et le seuil de 3 360 000 G$.

Retenues à la source sur les non-résidents et sur les intérêts

L’article 39 de la loi prévoit une retenue, au taux de la troisième annexe, sur :

  • les distributions brutes faites à une personne non résidente ;
  • les autres paiements bruts faits à un non-résident qui n’exerce pas d’activité dans le pays, dont, d’après l’article 40, les intérêts, loyers, redevances et frais de gestion ;
  • les intérêts des comptes d’épargne ouverts auprès de banques et d’autres établissements financiers, pour toute personne, résidente ou non ;
  • les intérêts des prêts garantis par des obligations et les escomptes sur bons du Trésor.

D’après le GRA, la retenue sur les intérêts de comptes d’épargne n’est pas due lorsque les intérêts totaux d’un particulier ne dépassent pas 10 000 G$ par an. Sa foire aux questions fixe à 20 % du montant brut la retenue sur les loyers d’un bailleur non résident, prélevée par le locataire ou l’agent. Les taux applicables aux distributions, intérêts, redevances et frais de gestion figurent dans la troisième annexe, dont le texte n’est pas détaillé ici.

Plus-values : 20 %

La page du GRA sur l’impôt sur les plus-values (mise à jour le 2 février 2026) indique que le gain net imposable est taxé à 20 %. Le gain net est le gain net en capital diminué des moins-values nettes, avec déduction des frais d’acquisition, d’amélioration et de transaction non déjà déduits au titre de l’impôt sur le revenu. Sont exonérés :

  • les gains traités comme un profit ou un revenu au titre de l’Income Tax Act ;
  • les opérations réalisées plus de 25 ans après l’acquisition de l’actif ;
  • les gains reçus dans les 12 mois suivant un changement de propriété, qui relèvent alors de l’impôt sur le revenu ;
  • les gains n’excédant pas 500 000 G$.

L’impôt se déclare avec la déclaration de revenus et se paie au plus tard le 30 avril. La page ne mentionne pas les non-résidents.

Impôt annuel sur le patrimoine net des particuliers

D’après le GRA, l’impôt foncier des particuliers (Property Tax Act, chapitre 81:21) porte sur le patrimoine net, c’est-à-dire la valeur des biens détenus au 31 décembre, immeubles, biens mobiliers, placements et argent compris, diminuée des dettes. Un résident est imposé sur ses biens situés au Guyana et à l’étranger, un non-résident sur ses seuls biens situés au Guyana. La déclaration est due au plus tard le 30 avril de l’année suivante, pour les patrimoines nets supérieurs à 40 000 000 G$.

Patrimoine netTaux
les premiers 40 000 000 G$nul
les 20 000 000 G$ suivants0,5 %
au-delà de 60 000 000 G$0,75 %

La page du GRA sur l’impôt des particuliers porte la mention « Updated/Published: 2 February, 2026 » ; la page des taux et du calcul ne porte pas de date.

Droit sur les ventes d’immeubles et succession

Le Tax Act (chapitre 80:01), dans la version consolidée du 30 octobre 2020 publiée par le GRA, prévoit à l’article 13 un droit de 2 % de la valeur du bien sur les actes de cession d’immeubles. Il n’est pas dû sur les ventes aux enchères publiques ni sur certains transferts, par exemple d’un exécuteur testamentaire à l’ayant droit. Les modifications postérieures à 2020 ne sont pas détaillées ici.

Le GRA indique que l’Estate Duty Act a été abrogé en avril 1991 par la loi n° 6 de 1991 et remplacé par un droit de procédure (process fee) calculé sur la valeur des biens du défunt au Guyana. Pour une personne domiciliée au Guyana, les biens mobiliers situés à l’étranger sont inclus. Le droit est nul jusqu’à 100 000 G$ de valeur brute et de ½ de 1 % au-delà ; la page ne précise pas si ce taux s’applique à l’ensemble ou à l’excédent.

Articulation avec la France : pas de convention listée

Le BOFiP tient deux listes. La liste des conventions fiscales conclues par la France (BOI-ANNX-000306, version en vigueur depuis le 29/04/2026, qui recense les accords en vigueur au 1er janvier 2026) ne mentionne pas le Guyana. La liste des accords d’échange de renseignements en matière fiscale (BOI-ANNX-000307, version en vigueur depuis le 21/06/2019) ne le mentionne pas non plus.

Sans convention, le droit interne français s’applique. Le site service-public.gouv.fr (page vérifiée le 01/01/2026) rappelle les critères du domicile fiscal de l’article 4 B du CGI : résidence habituelle du foyer, lieu de séjour principal d’au moins 183 jours, activité principale, centre des intérêts économiques. La brochure de l’impôt sur le revenu publiée par impots.gouv.fr indique : « En l’absence de convention fiscale, les revenus sont imposables en France, sans élimination d’une éventuelle double imposition en France ». Pour les revenus de valeurs mobilières étrangères provenant d’un État sans convention, le BOFiP précise qu’ils ne donnent lieu à aucune imputation sur l’impôt français et sont imposés pour leur montant net d’impôt étranger (CGI, art. 122). Le formulaire 2047 et le domicile fiscal sont traités dans nos pages sur les revenus étrangers et sur le domicile fiscal.

Ce que cette page ne traite pas

Elle ne détaille ni l’imposition des dividendes perçus par un résident, ni les taux de la retenue sur les distributions et les intérêts, ni l’achat d’un bien par un étranger, ni les régimes réservés aux retraités ou aux nouveaux résidents, ni la TVA, ni les titres de séjour. Ces points relèvent de la loi du Guyana et se vérifient auprès du GRA et des administrations compétentes. Balmont Conseil n’est pas un cabinet d’avocats ni un fiscaliste local : la fiscalité locale se valide avec un professionnel installé au Guyana. Ce qui relève de la France, notamment la déclaration de départ et les comptes à déclarer, est traité dans nos pages sur le domicile fiscal et l’exit tax.

Ce qui change selon votre cas

  • Le nombre de jours passés au Guyana dans l’année, l’intention de vous y établir et votre statut de résident ou de non-résident.
  • La nature de vos revenus : salaire, activité non salariée, intérêts, loyers, distributions, plus-values.
  • Le montant et la localisation de votre patrimoine net, au Guyana et à l’étranger.
  • Votre situation de résidence en France et au Guyana, année par année.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

À partir de combien de jours est-on résident au Guyana ?

L’article 2 de l’Income Tax Act retient la personne qui réside plus de 183 jours dans l’année, ou qui réside de façon permanente ou a l’intention de le faire.

Quel est le taux d’impôt sur le revenu en 2026 ?

Le GRA indique 25 % jusqu’à 3 360 000 G$ de revenu imposable et 35 % au-delà, après une déduction personnelle de 1 680 000 G$ ou du tiers du revenu.

Quel impôt sur les plus-values ?

Le GRA indique 20 % du gain net imposable, avec une exonération pour les gains n’excédant pas 500 000 G$ et pour les opérations faites plus de 25 ans après l’acquisition.

La France a-t-elle une convention fiscale avec le Guyana ?

Aucune convention ni aucun accord d’échange de renseignements ne figure pour le Guyana dans les listes du BOFiP en vigueur depuis le 29/04/2026 et le 21/06/2019.

Faire le point avant de vous installer

Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et l’étranger. Pour faire le point sur votre situation avant un départ vers le Guyana, prenez rendez-vous.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles