En résumé…
Un agent général d’assurance qui dégage 80 000 € de revenu par an, pour 200 000 € de commissions (hypothèse), pendant 35 ans touche environ 35 200 € bruts par an (environ 2 940 € par mois) à 67 ans de la Caisse d’allocation vieillesse des agents généraux d’assurance (CAVAMAC) : 13 010 € de régime de base et 22 220 € de régime complémentaire, soit 44 % de son revenu. Pour retrouver 70 % de son revenu, il manque environ 20 800 € par an, soit un capital d’environ 362 000 € à constituer, ce qui demande environ 12 100 € d’épargne par an pendant 20 ans. Le plafond de déduction du plan d’épargne retraite (PER) est d’environ 5 820 € en 2026 et couvre 48 % de l’effort : le reste passe par l’assurance-vie et l’immobilier.
1. Le régime d’un agent général d’assurance : la CAVAMAC
La retraite d’un agent général d’assurance est gérée par la CAVAMAC, l’une des dix sections professionnelles de la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL). Elle gère trois régimes : le régime de base libéral (RBL), le régime complémentaire (RCO) et le régime invalidité-décès (RID). Les deux régimes de retraite versent chacun une pension en points : nombre de points acquis × valeur du point. Les taux ci-dessous sont ceux de 2026.
| Régime | Assiette | Cotisation 2026 | Valeur du point 2026 |
|---|---|---|---|
| Régime de base (RBL) | Revenu professionnel de l’année précédente, après un abattement de 26 % | 8,73 % jusqu’à 1 plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS, 48 060 €), puis 1,87 % jusqu’à 5 PASS (240 300 €). Cotisation minimale : 573 € | 0,6599 € : jusqu’à 557 points sur la première tranche et 25 sur la seconde, au prorata de la cotisation |
| Régime complémentaire (RCO) | Commissions et rémunérations brutes de l’année précédente, plafonnées à 625 777 € | 6,30 % qui créent des droits, appelés à 121,6 %, soit 7,66 % au total. Les compagnies mandantes y participent par un concours conventionnel de 2,50 % des commissions plafonnées | 0,4123 € par point servi, 8,1806 € par point acheté (coefficient de référence) |
| Invalidité-décès (RID) | Commissions plafonnées, comme le RCO | 0,57 % | Aucune pension de retraite |
Le régime complémentaire pèse lourd : il se calcule sur les commissions, avant les frais de l’agence (salariés, loyer, logiciels), alors que le régime de base se calcule sur le revenu. D’après le rapport administratif et financier 2026 de la CAVAMAC, l’assiette moyenne du régime complémentaire est de 296 415 € (2025) pour un revenu moyen déclaré de 115 443 € (2024) : le revenu représente environ 39 % des commissions. Pour le cas type, nous retenons 40 % : 80 000 € de revenu pour 200 000 € de commissions. C’est une hypothèse de calcul, qui commande près des deux tiers de la pension.
2. Ce que la réforme de l’assiette change, et ce qu’elle ne change pas
La CAVAMAC applique la nouvelle assiette sociale au seul régime de base : le revenu, sans déduction des cotisations sociales, diminué d’un abattement forfaitaire de 26 % (il ne peut être ni inférieur à 1,76 % du PASS, ni supérieur à 130 % du PASS). Le taux de la première tranche est passé de 8,23 % à 8,73 %, et le nombre de points au plafond de 525 à 557. Le régime complémentaire et le régime invalidité-décès restent assis sur les commissions et ne sont pas concernés.
Pour 80 000 € de revenu, l’assiette du régime de base est de 59 200 €, au-dessus du PASS : la première tranche est cotisée à son maximum, soit 4 196 € pour 557 points, et la seconde, à 1,87 %, représente 1 107 € pour 6,2 points sur 25.
Un repère tiré de ces valeurs : un point de la première tranche coûte 7,53 € de cotisation et verse 0,6599 € par an, soit 8,8 % par an. Un point de la seconde tranche coûte 179,74 € pour le même versement : 0,4 % par an. Au-delà du PASS, la cotisation de base achète très peu de pension.
3. À quel âge et à quelles conditions le taux plein ?
- Régime de base : taux plein à 67 ans. L’âge légal est de 64 ans pour les personnes nées en 1969 et après, avec 172 trimestres exigés.
- Régime complémentaire : taux plein à 67 ans. Un départ avant 67 ans retire 1,25 % de pension par trimestre manquant, définitivement. Seule l’inaptitude à tout travail permet de partir sans minoration dès l’âge minimum.
- Cessation d’activité : pour liquider le régime complémentaire, il faut avoir cessé toute activité ouvrant la qualité d’adhérent (règlement du régime complémentaire, article 2). La retraite se prépare donc avec la cession ou la transmission de l’agence.
- Majoration : 10 % de la pension complémentaire pour un adhérent ayant eu au moins trois enfants. Elle n’est pas retenue dans le cas type.
Dans le cas type, la carrière compte 35 années de quatre trimestres, soit 140 trimestres, sous les 172 exigés pour un départ plus tôt : le taux plein s’obtient donc à 67 ans. Un départ à 64 ans retirerait 12 trimestres × 1,25 % = 15 % de pension complémentaire, soit 3 333 € par an.
4. Le calcul sur 80 000 € de revenu pendant 35 ans
| Régime | Calcul | Pension annuelle brute |
|---|---|---|
| Base (RBL) | (557,0 + 6,2) points par an × 35 ans = 19 711 points × 0,6599 € | 13 007 € |
| Complémentaire (RCO) | 6,30 % × 200 000 € = 12 600 € ÷ 8,1806 € = 1 540 points par an × 35 ans = 53 900 points × 0,4123 € | 22 223 € |
| Total | 2 936 € par mois | 35 230 € |
Cas type
Situation. Un agent général d’assurance installé à Lyon à 32 ans, 47 ans aujourd’hui, célibataire, sans enfant, en nom propre. Ses commissions sont de 200 000 € par an et son revenu de 80 000 €, avant cotisations sociales, stables. Il partira à 67 ans, après 35 ans de cotisations et 140 trimestres, sans trimestre racheté. Les valeurs 2026 sont figées et les montants sont en euros constants.
Problème. Il compte sur la CAVAMAC pour l’essentiel de son niveau de vie. Le calcul donne 35 230 € bruts par an, soit 44,0 % de son revenu : 13 007 € du régime de base et 22 223 € du régime complémentaire (63 % de la pension). Pour cela, il cotise en 2026 jusqu’à 21 763 € par an : 5 303 € de régime de base, 15 320 € de régime complémentaire appelés à 7,66 % et 1 140 € d’invalidité-décès. Le concours conventionnel des compagnies (5 000 € à 2,50 %) n’est pas déduit : la page de taux de la CAVAMAC ne détaille pas sa répartition avec la cotisation appelée, ce montant est donc un maximum.
Stratégie. Il vise 70 % de son revenu, soit 56 000 € par an. Il manque 20 770 € par an pendant 25 ans de retraite (de 67 à 92 ans). À un rendement de 3 % pendant la retraite, ce flux demande un capital de 361 672 € à 67 ans. Pour l’atteindre en 20 ans avec un rendement de 4 % par an, il doit épargner 12 146 € par an, soit 1 012 € par mois (15,2 % de son revenu). Ces deux rendements sont des hypothèses de calcul, pas des promesses. Il verse le plafond sur un PER et place le reste en assurance-vie.
Résultat. Nous retenons un revenu imposable de 58 237 € (revenu moins les cotisations de retraite et d’invalidité-décès ci-dessus, hypothèse de calcul). Dix pour cent de ce montant donnent 5 824 €, au-dessus du minimum légal de 4 710 € : son plafond de déduction est d’environ 5 824 € (BOI-IR-BASE-20-50-20). Le versement tombe entièrement dans la tranche à 30 % du barème 2026 (de 29 579 € à 84 577 €, loi n° 2026-103, article 4) : l’économie d’impôt est de 1 747 €, l’effort réel de 4 077 €. Il verse les 6 322 € restants en assurance-vie.
Ce calcul est un ordre de grandeur. Il fige les valeurs de 2026 sur toute la carrière, y compris le coefficient de référence et la valeur du point du régime complémentaire, applique l’abattement de 26 % à toute la carrière du régime de base et suppose un rapport constant de 40 % entre revenu et commissions. Il ne tient pas compte de l’inflation. Il suffit à poser le constat : même bien payée, la CAVAMAC ne remplace pas votre niveau de vie.
La sensibilité à l’hypothèse sur les commissions est forte, à revenu égal :
| Commissions | Revenu en part des commissions | Pension complémentaire | Pension totale | En part du revenu |
|---|---|---|---|---|
| 150 000 | 53 % | 16 667 | 29 674 | 37 % |
| 200 000 | 40 % | 22 223 | 35 230 | 44 % |
| 250 000 | 32 % | 27 779 | 40 786 | 51 % |
Plus l’agence a de charges pour un revenu donné, plus la pension complémentaire est élevée, mais plus le coût de la cotisation l’est aussi. Le relevé de points de la CAVAMAC remplace toute hypothèse.
5. Ce que rapporte l’euro cotisé au régime complémentaire
Le coefficient de référence est de 8,1806 € et le point sert 0,4123 € par an : le rendement du régime est de 5,04 % par an, comme l’annonce la CAVAMAC. L’euro de cotisation créatrice de droits revient en pension au bout de 19,8 ans. Mais la cotisation est appelée à 121,6 % et la fraction au-delà de 100 % n’ouvre aucun droit supplémentaire (règlement du régime complémentaire, décret n° 67-1169, article 2). Pour un euro réellement appelé, le rendement tombe à 4,14 %, soit 24,1 ans de pension pour le récupérer. C’est une rente à vie, sans capital à transmettre : à comparer avec un placement libre, dont le capital reste dans le patrimoine.
6. Ce que le PER vous permet de déduire
Le plan d’épargne retraite se déduit du revenu imposable dans la limite d’un plafond. Pour un travailleur non salarié, ce plafond est le plus élevé entre 10 % du bénéfice imposable de l’année précédente (retenu jusqu’à 8 plafonds de la Sécurité sociale) et 10 % du plafond de la Sécurité sociale. Le plafond retenu est celui de l’année précédente (47 100 € en 2025) : pour un versement en 2026, cela donne un plancher de 4 710 € et un maximum de 37 680 €, selon le Bulletin officiel des finances publiques (BOI-IR-BASE-20-50-20). Les droits non utilisés se reportent cinq ans. Le détail de la mécanique figure sur notre page plafond de déduction du PER.
Pour cet agent, le plafond d’environ 5 824 € couvre 48 % de l’effort annuel de 12 146 €. Un point mérite attention : ses pensions de 35 230 € dépassent le seuil de 29 579 € du barème 2026. 5 651 € de pension seraient donc déjà imposés à 30 %, avant tout abattement sur les pensions, non retenu ici. Une sortie du PER s’ajouterait à ce revenu : à cette hauteur, l’économie d’impôt de 30 % à l’entrée n’est pas compensée par un taux plus bas à la sortie, et le PER est d’abord un report d’impôt. Le PER individuel reste l’outil de départ ; il se combine avec d’autres supports.
7. Où placer le reste de l’effort
- L’assurance-vie : épargne disponible à tout moment, avec une fiscalité allégée après huit ans, utile pour la transmission.
- L’immobilier locatif : revenus complémentaires, avec le statut de loueur en meublé non professionnel pour limiter l’impôt sur les loyers.
- Les parts de société civile de placement immobilier : exposition à l’immobilier sans gestion, voir notre page dédiée.
- La transmission de l’agence : la cessation d’activité conditionne le versement du régime complémentaire. Les conditions et le prix se traitent avec votre expert-comptable et votre avocat, en amont de la date de départ. Les solutions de défiscalisation se choisissent selon la tranche d’imposition.
Questions fréquentes
Quel régime de retraite pour un agent général d’assurance ?
La CAVAMAC, section professionnelle de la CNAVPL, gère son régime de base libéral (RBL), son régime complémentaire (RCO) et son régime invalidité-décès (RID). Les pensions de base et complémentaire s’additionnent et se calculent en points.
À quel âge un agent général d’assurance touche-t-il sa retraite à taux plein ?
À 67 ans pour le régime de base comme pour le régime complémentaire. L’âge minimum de départ est de 64 ans pour les personnes nées en 1969 et après. Un départ anticipé retire 1,25 % de pension complémentaire par trimestre manquant jusqu’à 67 ans. Il faut avoir cessé toute activité d’agent général pour liquider le régime complémentaire.
Comment se calculent les points du régime complémentaire ?
Le nombre de points est égal à la cotisation créatrice de droits (6,30 % des commissions brutes plafonnées) divisée par le coefficient de référence de 8,1806 € en 2026, arrondi à l’entier le plus proche. Avec 200 000 € de commissions, cela donne 1 540 points par an. Chaque point sert 0,4123 € par an.
Les compagnies d’assurance cotisent-elles pour la retraite de l’agent ?
Les compagnies mandantes participent financièrement au régime complémentaire par un concours conventionnel de 2,50 % des commissions brutes plafonnées en 2026. La page de taux de la CAVAMAC ne détaille pas la répartition de ce concours avec la cotisation appelée de 7,66 %.
Le PER suffit-il à combler l’écart ?
Non. À 80 000 € de revenu, le plafond de déduction est d’environ 5 824 € par an, alors que l’effort nécessaire est d’environ 12 146 € par an. Le PER se combine avec l’assurance-vie et l’immobilier.
Notre position
Nous partons de votre relevé de points de la CAVAMAC et de vos avis de cotisations, pas d’une moyenne. Nous ne rédigeons pas d’actes et ne donnons pas de conseil juridique ou comptable : votre expert-comptable valide le revenu, les commissions et la déduction, et votre avocat intervient sur la transmission de l’agence. Nous mesurons l’écart entre votre pension et votre revenu actuel, puis nous construisons la combinaison PER, assurance-vie et immobilier qui le ferme au coût fiscal le plus bas. Nous percevons des commissions sur les contrats souscrits via notre cabinet.
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Alexis Sagnier, conseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF. ORIAS 13003497. Mis à jour le 28/10/2026.
Sources officielles consultées
- CAVAMAC, « Régime de retraite de base RBL, taux de cotisations 2026 » (8,73 % et 1,87 %, 557 et 25 points, cotisation minimale) : cavamac.fr
- CAVAMAC, « Régimes complémentaire RCO et invalidité-décès RID, taux de cotisations 2026 » (6,30 %, 2,50 %, 121,6 %, 7,66 %, 0,57 %, plafond de 625 777 €) : cavamac.fr
- CAVAMAC, conseil d’administration du 4 décembre 2025 (point RCO à 0,4123 €, coefficient de référence de 8,1806 €, rendement de 5,04 %) : cavamac.fr
- CAVAMAC, « Réforme de l’assiette des cotisations » (abattement de 26 % sur le régime de base, régimes RCO et RID inchangés) : cavamac.fr
- CAVAMAC, « Revalorisation des retraites de base : + 0,9 % au 1er janvier 2026 » : cavamac.fr
- CAVAMAC, conditions de départ du régime de base (âge légal, durée d’assurance, taux plein à 67 ans) : cavamac.fr
- CAVAMAC, conditions de départ du régime complémentaire (taux plein à 67 ans, minoration de 1,25 % par trimestre) : cavamac.fr
- CAVAMAC, textes réglementaires applicables au 1er juillet 2026 (calcul des points, taux d’appel, cessation d’activité, majorations) : cavamac.fr
- CAVAMAC, rapport administratif et financier 2026 (assiette moyenne du régime complémentaire, revenu moyen déclaré) : cavamac.fr
- Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales, liste des dix sections professionnelles dont la CAVAMAC : cnavpl.fr
- Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales, recueil statistique 2025 (points attribués au prorata de la cotisation) : cnavpl.fr
- Cipav, « Comment est calculée la retraite », fiche pratique 2026 (valeur du point du régime de base de 0,6599 €) : lacipav.fr
- Service-Public Entreprendre, actualité sur la réforme de l’assiette sociale (assiette sans déduction des cotisations, abattement de 26 %) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20, limites de déduction des cotisations d’épargne retraite (bénéfice imposable de l’année N-1, plancher de 10 % du PASS, report sur cinq ans) : bofip.impots.gouv.fr
- Loi n° 2026-103 de finances pour 2026, article 4 (barème de l’impôt sur le revenu) ; plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 : 48 060 € ; 2025 : 47 100 €.



