En résumé…
L’EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) à l’impôt sur les sociétés (IS), avec tout le bénéfice versé en rémunération. Pour un consultant à 100 000 € de chiffre d’affaires et 20 000 € de charges, soit 80 000 € de bénéfice, elle laisse 46 497 € en poche après cotisations et impôt sur le revenu, contre 44 799 € en entreprise individuelle (EI) et 40 282 € en société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) si tout est versé en salaire. L’écart de 1 698 € avec l’EI vient de la déduction de 10 % que les gérants d’EURL appliquent à leur rémunération. La retraite est la même qu’en EI (30 167 € par an après 35 ans). La SASU ne rattrape l’EURL qu’en réduisant le salaire et en sortant des dividendes : avec 24 000 € de salaire, elle verse 46 132 € en poche, mais la retraite tombe à 13 479 €. Rejoindre la retraite de l’EI demande 3 945 € d’épargne par an : il reste 42 187 €, soit 4 311 € de moins que l’EURL. Calcul 2026 sur les hypothèses de la section 1, qui s’appliquent à tous les chiffres.
1. Les hypothèses du calcul
Le cas type porte sur un consultant dont l’activité est une profession libérale non réglementée. Il relève du régime des travailleurs non salariés (TNS) pour les cotisations (Urssaf) et de l’Assurance retraite pour la pension : la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse (Cipav) n’assure qu’une liste limitative de professions, qui comprend les ingénieurs-conseils mais pas les consultants en organisation, en gestion ou en informatique. Si votre relevé de carrière mentionne la Cipav, les taux de cette page ne s’appliquent pas.
- Activité : 100 000 € de chiffre d’affaires hors taxes par an, 20 000 € de charges déductibles hors cotisations sociales, soit 80 000 € de bénéfice avant rémunération du dirigeant. Le plafond de la micro-entreprise pour une activité libérale est de 83 600 € en 2026 : à 100 000 €, le régime réel s’applique.
- Situation personnelle : célibataire, une part de quotient familial, sans autre revenu, sans versement sur un plan d’épargne retraite (PER). Barème de l’impôt sur le revenu (IR) 2026, sur les revenus 2025, décote comprise.
- Distribution complète : tout ce que l’entreprise gagne est versé dans l’année, en rémunération ou en dividendes. Ce que la société garde, l’EI ne le garde pas : ce choix fait l’objet de la section 8.
- Seuils de cotisations : hypothèse, les seuils exprimés en euros s’appliquent à l’assiette après l’abattement de 26 % (59 200 € ici). La circulaire Cnav 2025-14 le dit pour la retraite de base et la retraite complémentaire ; les pages consultées ne le disent pas pour la maladie et les allocations familiales. La section 3 chiffre l’autre lecture.
- SASU : taux d’un salarié cadre sans assurance chômage. Hypothèses : accident du travail à 1 % (le taux réel est notifié à l’entreprise), pas de réduction générale de cotisations (section 7), pas de contrat de prévoyance ni de mutuelle, pas de frais de comptabilité ou de formalités propres aux sociétés.
- Retraite : 35 ans de carrière au même niveau, valeurs 2026 figées, euros constants, durée de référence de 172 trimestres (génération 1966 et suivantes), avec un prorata et sans minoration. C’est un ordre de grandeur pour comparer les statuts, pas une prévision.
2. Ce qui change entre les trois statuts
| Entreprise individuelle au réel | EURL à l’impôt sur les sociétés | SASU | |
|---|---|---|---|
| Impôt sur le bénéfice | Impôt sur le revenu sur tout le bénéfice, retiré ou non | Impôt sur les sociétés (IS) sur le résultat après rémunération : 15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà | Impôt sur les sociétés, mêmes taux |
| Statut social du dirigeant | Travailleur non salarié | Gérant : travailleur non salarié | Président : assimilé salarié du régime général, sans assurance chômage |
| Base des cotisations | Le bénéfice | La rémunération nette, augmentée des dividendes qui dépassent 10 % du capital social | La rémunération brute ; les dividendes n’y entrent pas |
| Imposition de ce que vous percevez | Bénéfice au barème, sans déduction de 10 % | Rémunération en traitements et salaires, avec la déduction de 10 % (minimum 509 €, maximum 14 555 € pour les revenus 2025) ; dividendes au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % | Salaire avec la déduction de 10 % ; dividendes au PFU de 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux |
Une EI au réel peut aussi opter pour l’IS en demandant son assimilation à une EURL (article 1655 sexies du code général des impôts, ou CGI) : demande écrite au service des impôts des entreprises avant la fin du 3e mois d’exercice, option irrévocable, renonciation possible jusqu’au mois qui précède le premier acompte d’IS du 5e exercice suivant. Elle garde alors le statut TNS et la rémunération relève des traitements et salaires. Vous obtenez les avantages fiscaux de l’EURL sans créer de société.
3. Les cotisations d’un travailleur non salarié sur 80 000 € de bénéfice
Depuis la réforme de l’assiette sociale, entrée en vigueur en avril 2026, les cotisations se calculent sur le revenu sans déduction des cotisations, diminué d’un abattement de 26 %. Pour 80 000 € de bénéfice, l’assiette est de 59 200 €. Les taux 2026 d’une profession libérale non réglementée (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 8 octobre 2026) donnent :
| Cotisation | Taux 2026 | Montant |
|---|---|---|
| Maladie-maternité et indemnités journalières | Taux progressif, 6,68 % + 0,50 % pour les indemnités journalières | 4 248 € |
| Retraite de base | 17,87 % jusqu’à 48 060 €, puis 0,72 % | 8 669 € |
| Retraite complémentaire | 8,1 % jusqu’à 48 060 €, puis 9,1 % jusqu’à 192 240 € | 4 907 € |
| Invalidité-décès | 1,30 % jusqu’à 48 060 € | 625 € |
| Allocations familiales | Taux progressif de 0 % à 3,10 % entre 52 866 € et 67 284 € : 1,36 % | 806 € |
| Contribution sociale généralisée et contribution pour le remboursement de la dette sociale | 9,70 % de l’assiette | 5 742 € |
| Contribution à la formation professionnelle | Forfait, 0,25 % du plafond de la Sécurité sociale | 120 € |
| Total | 31,4 % du bénéfice | 25 117 € |
Les cotisations et 4 026 € de contribution sociale généralisée (6,8 % de l’assiette) se déduisent du revenu imposable : 56 600 € au lieu de 80 000 €. Le taux maladie se lit sur la fiche « artisans et commerçants » de service-public.gouv.fr, car la fiche des professions libérales ne chiffre pas le barème : nous le retenons comme barème commun des travailleurs non salariés, ce qui est une hypothèse. Le plafond de la première tranche de la retraite complémentaire est de 48 060 € sur service-public.gouv.fr (fiche artisans et commerçants) et de 44 286 € dans la circulaire Cnav 2025-31 : le second ajouterait 38 € de cotisation, sans effet sur les conclusions.
Autre lecture des seuils. Si les seuils du barème maladie et des allocations familiales s’appliquaient au bénéfice de 80 000 € avant abattement, les cotisations passeraient de 25 117 € à 26 487 €, soit 1 371 € de plus pour tous les statuts de TNS (EI et EURL). Le net passerait alors à 43 840 € en EI et à 45 497 € en EURL, contre 42 675 € au mieux en SASU après rattrapage de la retraite : le classement ne change pas. Les cotisations de la SASU ne dépendent pas de ces seuils.
4. Les cotisations du président de SASU : un salarié cadre sans chômage
Le président de SASU est assimilé salarié : ses charges sont celles d’un salarié cadre, sauf l’assurance chômage (service-public.gouv.fr). Les taux 2026 du régime général et de la retraite complémentaire Agirc-Arrco (le régime des salariés du privé) sont, sur le salaire brut, les suivants. Nous retenons les taux pleins de 13 % (maladie) et de 5,25 % (allocations familiales), puisque la réduction générale n’est pas appliquée :
- Part employeur : maladie 13 % (7 % pour les salaires inférieurs à 2,25 fois le salaire minimum de croissance, ou SMIC, chez les employeurs éligibles à la réduction générale), vieillesse 8,55 % jusqu’à 48 060 € et 2,11 % sur la totalité, allocations familiales 5,25 % (3,45 % jusqu’à 3,3 SMIC chez les mêmes employeurs), solidarité autonomie 0,30 %, dialogue social 0,16 %, fonds national d’aide au logement 0,10 %, retraite complémentaire 4,72 % + 1,29 % de contribution d’équilibre jusqu’à 48 060 € puis 12,95 % + 1,62 %, cotisation à l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) 0,036 %, et 1 % d’accident du travail (hypothèse).
- Part salarié : vieillesse 6,9 % jusqu’à 48 060 € et 0,4 % sur la totalité, retraite complémentaire 3,15 % + 0,86 % jusqu’à 48 060 € puis 8,64 % + 1,08 %, Apec 0,024 %, contribution sociale généralisée et contribution pour le remboursement de la dette sociale 9,7 % sur 98,25 % du brut.
- Au-delà de 48 060 € : contribution d’équilibre technique de 0,21 % (employeur) et 0,14 % (salarié).
Pour que la société dépense 80 000 €, le salaire brut maximal est de 58 518 € : les charges patronales en prennent 21 482 € (36,7 % du brut). Le salarié paie 6 590 € de cotisations et 5 577 € de contribution sociale généralisée et de contribution pour le remboursement de la dette sociale. Les prélèvements sociaux totaux sont de 33 649 €, soit 42,1 % de 80 000 €, contre 31,4 % en TNS.
5. Le résultat : qui garde le plus ?
| Sur 80 000 € de bénéfice | EI au réel | EURL à l’IS, tout en rémunération | SASU, tout en salaire | SASU, 24 000 € de salaire et dividendes |
|---|---|---|---|---|
| Rémunération brute | Sans objet | 80 000 € | 58 518 € | 24 000 € |
| Cotisations et contributions sociales | 25 117 € | 25 117 € | 33 649 € | 13 771 € |
| Impôt sur les sociétés | 0 € | 0 € | 0 € | 7 559 € |
| Impôt sur le revenu | 10 084 € | 8 386 € | 6 069 € | 79 € |
| Prélèvement forfaitaire sur dividendes | 0 € | 0 € | 0 € | 12 459 € |
| En poche | 44 799 € | 46 497 € | 40 282 € | 46 132 € |
| Retraite par an après 35 ans | 30 167 € | 30 167 € | 31 425 € | 13 479 € |
| Épargne annuelle pour rejoindre la retraite de l’EI | 0 € | 0 € | −298 € | 3 945 € |
| En poche après cet effort | 44 799 € | 46 497 € | 40 580 € | 42 187 € |
La ligne « épargne annuelle » convertit l’écart de retraite en effort : il faut un capital de 290 594 € à la retraite pour verser 16 688 € de plus par an pendant 25 ans à 3 %, soit 3 945 € à épargner chaque année pendant 35 ans à 4 %. Ces rendements sont des hypothèses de calcul, communes à toute la série de nos articles. Un montant négatif (SASU en tout salaire) signifie une retraite supérieure à celle de l’EI.
Cas type
Situation. Un consultant de 45 ans, célibataire, facture 100 000 € par an, dont 20 000 € de frais, en entreprise individuelle au réel. Son bénéfice de 80 000 € est stable.
Problème. Il verse 25 117 € de cotisations et paie 10 084 € d’impôt, ce qui lui laisse 44 799 €. Il se demande si la SASU, dont il a beaucoup entendu parler pour ses dividendes sans cotisations, lui laisserait davantage.
Stratégie. Il compare trois montages sur la même base. En EURL à l’IS, ou en EI avec l’option de l’article 1655 sexies du CGI, il se verse les 80 000 € en rémunération : les cotisations sont identiques, mais l’article 62 du CGI lui ouvre la déduction forfaitaire de 10 % (5 660 €), ce qui ramène l’impôt à 8 386 €. En SASU, tout en salaire, les charges patronales de 21 482 € ramènent le salaire brut à 58 518 €. En SASU avec 24 000 € de salaire, la société paie 7 559 € d’IS et verse 39 677 € de dividendes, soumis à 12 459 € de prélèvement forfaitaire.
Résultat. L’EURL laisse 46 497 € en poche, soit 1 698 € de plus que l’EI, avec la même retraite de 30 167 €. La SASU à 24 000 € de salaire verse 46 132 €, mais sa retraite est de 13 479 € et il faudrait épargner 3 945 € par an pour la ramener au niveau de l’EI : le net corrigé tombe à 42 187 €. L’avantage de l’EURL sur l’EI (1 698 € par an) est à comparer aux frais de comptabilité et de formalités de la société, que le calcul n’inclut pas.
6. La retraite acquise selon le statut
La retraite de base vaut 50 % du revenu annuel moyen (25 meilleures années, plafonné chaque année au plafond de la Sécurité sociale de 48 060 €) × trimestres validés ÷ 172. Un trimestre se valide avec 150 heures de SMIC, soit 1 803 € de revenu cotisé. En TNS, la retraite complémentaire convertit la cotisation en points, à 21,726 € le point, et chaque point verse 1,347 € par an. En SASU, les points Agirc-Arrco se calculent sur 6,20 % de la tranche 1 et 17 % de la tranche 2, à 20,1877 € le point (valeur d’achat du 1er janvier 2026), et chaque point verse 1,4386 € par an (depuis le 1er novembre 2025).
| Après 35 ans à 80 000 € de bénéfice | Retraite de base | Points | Retraite complémentaire | Total par an |
|---|---|---|---|---|
| EI ou EURL, TNS | 19 559 € | 225 par an | 10 608 € | 30 167 € |
| SASU, tout en salaire (58 518 €) | 19 559 € | 236 par an | 11 866 € | 31 425 € |
| SASU, 24 000 € de salaire | 9 767 € | 74 par an | 3 711 € | 13 479 € |
| SASU, 7 212 € de salaire (4 trimestres) | 2 935 € | 22 par an | 1 115 € | 4 050 € |
Le TNS plafonne sa retraite de base au plafond de la Sécurité sociale, comme le salarié : à 59 200 € d’assiette, 11 140 € ne génèrent aucun droit de base, mais génèrent des points complémentaires. Le président qui se verse 58 518 € de salaire acquiert 31 425 € de pension, soit 1 258 € de plus que le TNS, au prix de 8 532 € de prélèvements sociaux supplémentaires par an. Le président qui se verse seulement 7 212 € valide ses quatre trimestres mais n’acquiert que 4 050 € de pension. Sans salaire du tout, il ne valide aucun trimestre : 44 075 € en poche, aucune pension.
7. SASU : le bon niveau de salaire
| Salaire brut | Coût pour la société | Dividendes versés | En poche | Retraite par an | Épargne pour rejoindre l’EI | En poche après cet effort |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 7 212 € | 9 846 € | 56 866 € | 44 717 € | 4 050 € | 6 175 € | 38 543 € |
| 15 000 € | 20 477 € | 48 892 € | 45 410 € | 8 424 € | 5 140 € | 40 270 € |
| 24 000 € | 32 764 € | 39 677 € | 46 132 € | 13 479 € | 3 945 € | 42 187 € |
| 36 000 € | 49 146 € | 26 226 € | 44 986 € | 20 218 € | 2 352 € | 42 634 € |
| 48 060 € | 65 610 € | 12 232 € | 42 681 € | 26 991 € | 751 € | 41 930 € |
| 58 518 € | 80 000 € | 0 € | 40 282 € | 31 425 € | −298 € | 40 580 € |
La trésorerie la plus haute (46 147 €) correspond à un salaire d’environ 23 500 € : à ce niveau, l’impôt sur le revenu du salaire est quasi nul. Un dividende subit 41,7 % de prélèvements cumulés quand l’IS est à 15 % (puis 31,4 % de prélèvement forfaitaire sur ce qui reste), et 48,6 % quand l’IS est à 25 %, sans cotisations dans les deux cas. Une fois la retraite ramenée au niveau de l’EI, le meilleur net est de 42 675 € pour 39 962 € de salaire, soit 3 823 € de moins que l’EURL.
Le point que nous ne pouvons pas trancher : la réduction générale dégressive unique. Depuis le 1er janvier 2026, cette réduction de cotisations patronales s’applique aux rémunérations inférieures à 3 SMIC (65 629 € par an). Service-public.gouv.fr indique qu’il faut un contrat de travail et un employeur qui cotise à l’assurance chômage, et ne dit rien du président de SASU. Nous ne l’avons pas appliquée. Pour mesurer ce que l’on perd si elle s’appliquait, nous avons recalculé avec sa formule officielle (coefficient de 2 % + 37,81 % × [½ × (3 × SMIC annuel ÷ salaire − 1)]1,75, SMIC annuel de 21 876,40 €) et en retenant la réduction maximale : le meilleur net de la SASU monterait à 46 212 € pour 22 627 € de salaire, soit 285 € de moins que l’EURL. Même dans cette borne haute, la SASU ne dépasse pas l’EURL ; elle l’égale à quelques centaines d’euros près. Si vous avez un salaire de président à fixer, faites confirmer ce droit par l’Urssaf avant de bâtir le montage sur cette réduction.
8. Comment décider
- Vous vivez de votre rémunération et visez une retraite complète : l’EURL à l’IS, ou l’EI avec option pour l’IS, donne 46 497 € en poche et 30 167 € de retraite. L’EI sans option garde la simplicité, au prix de 1 698 € par an.
- Vous voulez la meilleure protection sociale : la SASU en tout salaire donne 31 425 € de retraite, soit 1 258 € de plus que le TNS, mais 4 517 € de moins en poche que l’EI. Ce montant s’obtient avec 42,1 % de prélèvements sociaux, contre 31,4 % en TNS.
- Vous laissez l’argent dans la société : un dividende ne se paie que quand il est versé. Une société à l’IS impose le résultat à 15 % jusqu’à 42 500 €, puis 25 % ; le prélèvement forfaitaire de 31,4 % porte le cumul à 41,7 % si tout sort. La SASU ou l’EURL peuvent avoir un sens si la société finance des investissements, ou si vous voulez décider du moment des dividendes.
- Vous avez une retraite par ailleurs (conjoint, carrière salariée longue, patrimoine) : le salaire minimal de 7 212 € de la SASU et ses dividendes donnent 44 717 € en poche, au prix de 4 050 € de pension acquise par an.
- Vous exercez une profession de la Cipav (ingénieur-conseil) : taux et valeur du point différents, calcul à refaire.
9. Le PER, et que faire de la différence
Le PER se déduit du revenu imposable à hauteur du plus élevé entre 10 % du revenu professionnel de l’année précédente (retenu dans la limite de 8 plafonds de la Sécurité sociale) et 10 % du plafond de l’année précédente, soit 4 710 € minimum et 37 680 € maximum pour un versement en 2026. Le revenu retenu est le bénéfice après cotisations pour l’EI (5 660 € de plafond ici), la rémunération après cotisations et déduction de 10 % pour le gérant d’EURL (5 094 € de plafond), le salaire net imposable pour le président de SASU. Les plafonds non utilisés se reportent sur cinq ans (BOFiP du 10 août 2026). Le BOFiP ne mentionne pas les dividendes dans ce calcul.
Le PER est plus utile à un TNS qu’à un président de SASU à bas salaire : un versement de 5 660 € fait économiser 1 698 € d’impôt en EI (tranche à 30 %), alors qu’avec 24 000 € de salaire le versement ne fait économiser que 79 €, l’impôt sur le salaire étant de 79 € et les dividendes restant hors barème. Le détail figure sur la page plafond de déduction du PER. Le PER individuel, les parts de société civile de placement immobilier (SCPI) et le statut de loueur en meublé non professionnel sont les pistes habituelles pour employer la différence.
Questions fréquentes
À 100 000 € de chiffre d’affaires, un consultant peut-il rester en micro-entreprise ?
Le plafond de la micro-entreprise pour une activité libérale est de 83 600 € de chiffre d’affaires hors taxes en 2026, à respecter sur les deux années précédentes. Avec 100 000 € par an, le régime réel s’applique : le bénéfice se calcule en déduisant les charges réelles, ici 20 000 €, et les cotisations portent sur 80 000 € de bénéfice, après l’abattement de 26 %.
Les dividendes d’une SASU sont-ils soumis aux cotisations sociales ?
Non. La fiche de l’administration fiscale sur la SASU précise que les dividendes ne sont pas une rémunération mais des revenus de capitaux mobiliers, non soumis aux cotisations sociales. Ils supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt, 18,6 % de prélèvements sociaux), ou, sur option, le barème avec un abattement de 40 %. Ce prélèvement s’ajoute à l’impôt sur les sociétés payé par la société.
Les dividendes d’une EURL sont-ils soumis aux cotisations sociales ?
Oui, pour la part qui dépasse 10 % du capital social : service-public.gouv.fr indique que les cotisations du gérant sont calculées sur sa rémunération nette augmentée des dividendes qui dépassent 10 % du capital de l’EURL. Cette règle limite l’avantage des dividendes en EURL par rapport à la SASU.
Le président de SASU a-t-il droit au chômage ?
Non. Il n’est pas affilié à l’assurance chômage et ne verse pas la contribution correspondante. Il peut souscrire une assurance chômage complémentaire à titre facultatif. Le gérant d’EURL, travailleur non salarié, n’est pas non plus couvert.
Peut-on être imposé à l’impôt sur les sociétés sans créer de société ?
Oui. L’entrepreneur individuel au régime réel peut demander son assimilation à une EURL (article 1655 sexies du code général des impôts). Il adresse une demande écrite au service des impôts des entreprises avant la fin du 3e mois d’exercice. L’option est irrévocable, avec une possibilité de renonciation jusqu’au mois précédant le premier acompte d’impôt sur les sociétés du 5e exercice suivant.
Notre position
Nous n’intervenons ni sur le choix de la forme juridique, ni sur les statuts, ni sur la comptabilité, ni sur le calcul des cotisations ou la fixation du salaire du président : c’est le travail de votre avocat et de votre expert-comptable. Notre rôle commence après : l’emploi de ce que vous gardez, la retraite à reconstituer et la fiscalité de l’épargne, avec le PER, l’assurance-vie, les SCPI et l’immobilier. Nous percevons des commissions sur les contrats souscrits via notre cabinet.
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Alexis Sagnier, conseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF. ORIAS 13003497. Mis à jour le 28/10/2026.
Sources officielles consultées
- Service-Public Entreprendre, « Protection sociale du professionnel libéral » (taux 2026 de la profession libérale non réglementée, vérifiée le 8 octobre 2026) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Service-Public Entreprendre, « Protection sociale du commerçant et de l’artisan » (barème maladie-maternité et allocations familiales, abattement de 26 %) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Service-Public Entreprendre, « Réforme de l’assiette sociale » (abattement de 26 %, avril 2026) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Service-Public Entreprendre, « Micro-entrepreneur : dépassement des seuils » (plafond de 83 600 € pour une activité libérale) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Service-Public Entreprendre, « Contribution à la formation professionnelle » (0,25 % du plafond de la Sécurité sociale) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Cipav, « Affiliation » (liste limitative des professions affiliées) : lacipav.fr
- L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-14 du 4 avril 2025 (assiette après abattement de 26 %, taux de 17,87 % et de 8,1 % / 9,1 %) : legislation.lassuranceretraite.fr
- L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-31 du 22 décembre 2025 (point de la retraite complémentaire des travailleurs non salariés : 21,726 € et 1,347 €) : legislation.lassuranceretraite.fr
- L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-33 du 23 décembre 2025 (validation des trimestres : 150 heures de SMIC, 12,02 €) : legislation.lassuranceretraite.fr
- Service-Public Entreprendre, « Retraite de l’entrepreneur individuel » (formule de la retraite de base, durée de référence de 172 trimestres) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Service-Public Entreprendre, « Retraite complémentaire du travailleur non salarié » (points arrondis à l’entier inférieur) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- CLEISS, « Taux de cotisations de sécurité sociale et de chômage en France » (taux salariés et employeurs au 1er janvier 2026) : cleiss.fr
- Agirc-Arrco, circulaire 2025-16 SG-DRJ, paramètres au 1er janvier 2026 (valeur d’achat 20,1877 €, valeur de service 1,4386 €, taux) : agirc-arrco.fr
- Service-Public Entreprendre, « Cotisations sociales de la SASU » (président assimilé salarié, sans assurance chômage) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Service-Public Entreprendre, « Réduction générale dégressive unique » (formule 2026, seuil de 3 SMIC) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Service-Public Entreprendre, « Imposition de la SASU » (impôt sur les sociétés à 15 % et 25 %, prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Service-Public Entreprendre, « EURL » (cotisations du gérant, dividendes au-delà de 10 % du capital) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Service-Public Entreprendre, « Dividendes du gérant majoritaire » (prélèvement forfaitaire unique, option pour le barème avec abattement de 40 %) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Service-Public Entreprendre, « Entrepreneur individuel : option pour l’impôt sur les sociétés » (article 1655 sexies du CGI, délai, irrévocabilité) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Direction générale des finances publiques, fiche « La société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) », mars 2025 : impots.gouv.fr
- impots.gouv.fr, « Je suis gérant d’une société, puis-je bénéficier des frais réels ? » (déduction de 10 % des gérants de l’article 62 du CGI) : impots.gouv.fr
- impots.gouv.fr, simulateur de l’impôt 2026, aide « frais professionnels » (déduction de 10 % : 509 € minimum, 14 555 € maximum pour les revenus 2025) : impots.gouv.fr
- BOFiP, BOI-RSA-GER-20 (rémunérations des gérants de l’article 62, déduction des cotisations puis de 10 %) : bofip.impots.gouv.fr
- Service-Public, « CSG et CRDS sur les revenus d’activité » (CSG de 9,2 %, dont 6,8 % déductible, CRDS de 0,5 %, assiette de 98,25 %) : service-public.gouv.fr
- Service-Public, « Impôt sur le revenu : barème » (revenus 2025, imposés en 2026) : service-public.gouv.fr
- BOFiP, BOI-IR-LIQ-20-20-30 (décote de 897 € et de 45,25 % pour un célibataire) : bofip.impots.gouv.fr
- BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20 (plafond de déduction des versements d’épargne retraite, report sur cinq ans), version du 10/08/2026 : bofip.impots.gouv.fr



