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Le capital investi est la somme que vous avez réellement versée sur un placement. Pour juger son rendement, calculez un taux annualisé (le TRI), qui tient compte de la date de chaque versement et des frais. Exemple au 30 octobre 2026 : 35 000 € versés en trois fois, 49 000 € aujourd’hui, soit 3,98 % par an.

Qu’appelle-t-on capital investi ?

Le capital investi est le total de vos versements : 20 000 € en 2016 puis 10 000 € en 2020 font 30 000 € de capital investi, quel que soit le cours du jour. Il se distingue de la valeur actuelle du placement. La différence entre les deux est votre gain, ou votre perte, tant que vous n’avez pas vendu.

Deux précisions utiles. D’abord, sur une assurance-vie, des frais d’entrée peuvent être prélevés sur chaque versement, à la souscription comme en cours de contrat : le montant réellement investi est alors inférieur à ce que vous avez versé. Ensuite, l’assureur vous informe chaque année de la valeur de rachat de votre contrat, ce qui permet de rapprocher cette valeur de vos versements. Pour l’impôt, la logique est la même : sur un rachat, l’imposition porte sur les produits, c’est-à-dire la différence entre les sommes remboursées et les primes versées (article 125-0 A du CGI). Le calcul de la part de gains est détaillé dans notre page sur le rachat partiel d’une assurance-vie.

Pourquoi le gain en pourcentage est-il trompeur ?

Un gain de 40 % ne dit rien sans la durée, et il dit encore moins si vous avez versé de l’argent à des dates différentes. Quatre calculs donnent quatre réponses pour le même placement :

MéthodeCalculRésultat pour l’exemple
Gain cumulé14 000 € de gain / 35 000 € versés+40 %
Division par la durée40 % / 10,6 ans3,76 % par an (inexact)
Taux sur la durée totale(49 000 / 35 000)^(1/10,6) – 13,22 % par an (inexact)
TRI (taux de rendement interne)Tient compte de chaque date de versement3,98 % par an

Les deux calculs approximatifs se trompent pour la même raison : ils traitent les 35 000 € comme s’ils avaient tous été investis le premier jour. Or 15 000 € ne sont entrés qu’en 2020 et 2023.

Comment calculer le TRI d’un placement soi-même ?

Le TRI est le taux unique qui, appliqué à chaque versement depuis sa date, reproduit la valeur finale. Vous n’avez pas à le résoudre à la main :

  • dans un tableur, saisissez les versements en nombres négatifs avec leur date, puis la valeur actuelle en nombre positif à la date du jour ;
  • appliquez la fonction TRI.PAIEMENTS (XIRR dans les versions anglaises) sur ces deux colonnes ;
  • le résultat est un taux annuel, comparable à celui d’un livret ou d’un fonds en euros.

Pour comprendre la mécanique des intérêts qui se capitalisent, voir les intérêts composés : formule et exemples.

Quelle est la formule du TRI ?

Le TRI est le taux r qui annule la somme de tous vos flux, chacun ramené à la date du premier versement : chaque flux est divisé par (1 + r) élevé à la puissance « jours écoulés ÷ 365 ». Vos versements sont des flux négatifs, la valeur du jour ou un retrait est un flux positif.

Dès qu’il y a plus de deux flux, aucune formule simple ne donne r : le tableur le cherche par approximations successives. Avec deux flux seulement, un versement et une valeur finale, le TRI se confond avec le taux composé : (valeur finale ÷ versement) élevé à la puissance (365 ÷ jours), moins 1.

Quel effet les frais ont-ils sur le rendement de votre capital investi ?

L’Autorité des marchés financiers rappelle que les frais peuvent avoir un impact non négligeable sur le rendement. Elle distingue les frais d’entrée, prélevés une fois, et les frais récurrents, prélevés chaque année sur la valeur du placement ; sur une assurance-vie, les frais de gestion dépassent parfois 1 % par an. Voici l’effet sur 100 000 € placés à 5 % brut par an, avec 2 % de frais d’entrée et 1 % de frais annuels (hypothèses d’école, avant impôt) :

DuréeValeur sans fraisValeur après fraisÉcartRendement annuel net
5 ans127 628 €119 232 €8 396 €3,58 %
10 ans162 889 €145 064 €17 825 €3,79 %
20 ans265 330 €214 730 €50 600 €3,89 %

Sur 20 ans, l’écart représente un cinquième de la valeur sans frais. Les frais sont le seul élément du rendement que vous connaissez à l’avance.

Cas concret : Julien, 52 ans, a-t-il vraiment gagné 4 % par an ?

Situation. Julien, chef d’entreprise lyonnais de 52 ans, a alimenté un contrat en trois fois : 20 000 € le 15 mars 2016, 10 000 € le 16 mars 2020 et 5 000 € le 15 mars 2023. Sa valeur de rachat au 30 octobre 2026 est de 49 000 €.

Problème. Son gain est de 14 000 € sur 35 000 € versés, soit +40 %. Il divise par les 10,6 ans écoulés depuis le premier versement et retient 3,8 % par an.

Stratégie. Il saisit dans un tableur ses trois versements avec leur date, en négatif, et la valeur actuelle en positif, puis applique la fonction TRI.PAIEMENTS.

Résultat. Le TRI de Julien est de 3,98 % par an, et non 3,76 % ni 3,22 %. Avec la division simple, il aurait sous-estimé son rendement de 0,22 point, soit environ 77 € par an sur 35 000 €. Surtout, il dispose désormais d’un chiffre exact, comparable à celui de n’importe quel autre contrat calculé de la même façon.

Cas concret n° 2 : Camille compare un versement unique et des versements mensuels

Situation. Camille, 47 ans, cadre à Lyon, détient deux contrats ouverts le 15 janvier 2019. Sur le contrat A, elle a versé 60 000 € en une fois. Sur le contrat B, elle verse 500 € le 15 de chaque mois : 94 versements, soit 47 000 € au 15 octobre 2026. Au 30 octobre 2026, A vaut 78 000 € et B vaut 56 000 €.

Problème. A affiche +30 % (18 000 € de gain), B seulement +19,1 % (9 000 € de gain). Camille en conclut que A rapporte plus.

Stratégie. Elle saisit chaque versement à sa date dans le tableur et applique la fonction TRI.PAIEMENTS aux deux contrats.

ContratVerséValeur au 30/10/2026GainGain en %TRI
A : versement unique60 000 €78 000 €18 000 €+30,0 %3,42 % par an
B : 500 € par mois47 000 €56 000 €9 000 €+19,1 %4,44 % par an

Résultat. Le contrat B a fait mieux : 4,44 % par an contre 3,42 %, avec un gain en pourcentage presque deux fois plus faible. Ses versements, entrés en moyenne bien plus tard que les 60 000 € de A, ont eu moins de temps pour produire du gain, ce que le pourcentage brut ne voit pas. Le classement par gain cumulé aurait donné la conclusion inverse.

Comment calculer le rendement réel après inflation ?

Le rendement réel mesure ce que votre capital gagne en pouvoir d’achat. Sa formule : (1 + TRI) ÷ (1 + inflation) − 1. L’Insee mesure une hausse des prix à la consommation de 0,9 % en moyenne annuelle en 2025, contre 2,0 % en 2024 (Informations rapides du 15 janvier 2026).

Avec le TRI de 3,98 % de Julien, le rendement réel est de 3,05 % par an si l’inflation est de 0,9 %, et de 1,94 % si elle est de 2,0 %. Pour un TRI calculé sur dix ans, comparez-le à l’inflation cumulée de la même période, pas à celle d’une seule année : ces deux chiffres donnent seulement l’ordre de grandeur de l’écart. Pour situer ce rendement parmi les autres supports, voir notre page où placer son argent selon son objectif.

Que vérifier sur votre relevé avant de juger un placement ?

  • le montant total versé, avec la date de chaque versement ;
  • les frais prélevés sur les versements et ceux de gestion, annuels ;
  • la valeur de rachat ou la valeur liquidative à la date du jour ;
  • la part en fonds en euros et en unités de compte, car la valeur de ces dernières varie avec les marchés et seul leur nombre est garanti par l’assureur.

Quelles erreurs faussent le calcul du rendement ?

  • Oublier un versement ou lui donner une mauvaise date : le TRI dépend de chaque date, un seul flux faux déplace le résultat.
  • Omettre les retraits partiels : un retrait est un flux positif, à saisir à sa date. Sans lui, le TRI est sous-estimé.
  • Comparer un TRI brut de frais à un TRI net de frais : seules deux mesures faites sur la même base se comparent (voir les frais d’entrée, de gestion et d’arbitrage).
  • Annualiser une période courte : sur quelques mois, le TRI extrapole une variation qui ne se répétera pas. Il se lit sur plusieurs années.
  • Oublier l’impôt : le TRI du relevé est avant fiscalité. Sur un rachat d’assurance-vie, l’impôt porte sur les produits et réduit le rendement que vous encaissez.

Ce que fait Balmont Conseil

Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, reconstitue avec vous l’historique de vos versements, calcule le rendement réel, net de frais, de chaque contrat ou compte, et le met en regard de votre objectif et de votre horizon. Vous repartez avec des chiffres comparables entre eux, pas avec des pourcentages d’affichage. Pour en parler : prendre rendez-vous.

Questions fréquentes sur le capital investi

Quelle est la différence entre capital investi et capital initial ?

Le capital initial est le premier versement. Le capital investi additionne tous les versements effectués, y compris ceux faits en cours de vie du placement. Pour un calcul de rendement, c’est le capital investi, daté, qui compte.

Le capital investi comprend-il les frais ?

Cela dépend du relevé. Sur une assurance-vie, les frais d’entrée sont déduits de chaque versement : vérifiez si le chiffre affiché est le montant versé ou le montant réellement investi après frais.

Un gain de 40 % en 10 ans correspond-il à 4 % par an ?

Non, sauf si tout a été versé le premier jour. En capitalisant, 40 % en 10 ans donnent environ 3,4 % par an. Avec des versements échelonnés, seul le TRI donne le taux exact.

Comment savoir si le rendement bat l’inflation ?

Comparez le TRI net de frais au taux d’inflation de la même période, publié par l’Insee. Le rendement réel est l’écart entre les deux : un TRI inférieur à l’inflation signifie que votre pouvoir d’achat a baissé malgré le gain affiché.

Le capital investi est-il imposé au moment d’un rachat ?

Non. Sur une assurance-vie, l’impôt porte sur les produits, c’est-à-dire sur la différence entre les sommes remboursées et les primes versées. La part de capital contenue dans un rachat n’est pas imposée.

Le TRI peut-il être négatif ?

Oui. Si la valeur actuelle est inférieure à la somme des versements, le taux qui annule les flux est négatif : le placement a fait perdre du capital, même si chaque année a été positive à un moment.

Faut-il inclure les retraits dans le calcul du TRI ?

Oui. Chaque retrait est un flux positif, saisi à sa date, comme la valeur actuelle. Un retrait oublié fait baisser le TRI affiché.

Peut-on comparer le TRI d’une SCPI et celui d’une assurance-vie ?

Oui, à condition de saisir les mêmes types de flux : versements, sommes perçues et valeur de sortie, nette de frais. Voir notre page sur le fonctionnement et le rendement d’une SCPI.

Sources : service-public.gouv.fr, fiche F15274 (assurance-vie : fonctionnement du contrat, frais et information annuelle), consultée le 30 octobre 2026 ; Autorité des marchés financiers, guide « Les frais liés à vos investissements financiers » (octobre 2023), consulté le 30 octobre 2026 ; Légifrance, article 125-0 A du Code général des impôts, consulté le 30 octobre 2026 ; Insee, Informations rapides du 15 janvier 2026, indice des prix à la consommation, moyenne annuelle 2025, consulté le 31 octobre 2026. Calculs de l’auteur.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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