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Au 31 octobre 2026, un prêt entre particuliers dépassant 5 000 € sur l’année doit être déclaré aux impôts avec le formulaire 2062, même s’il est sans intérêts. Les intérêts éventuels sont imposables chez le prêteur : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 %, sauf option pour le barème progressif. Un écrit est obligatoire au-delà de 1 500 €.

Un prêt familial doit-il être déclaré aux impôts ?

Oui, dès que le total prêté ou emprunté dépasse 5 000 € sur l’année, en un ou plusieurs prêts. C’est la règle de service-public.fr (fiche F1059, vérifiée le 1er janvier 2026), que l’on soit prêteur ou emprunteur. Les prêts bancaires sont dispensés. Les points à retenir :

  • Formulaire : le contrat de prêt se déclare sur le formulaire n° 2062, un formulaire par prêt. L’annexe 2062 A sert quand il y a plusieurs prêts de moins de 5 000 € ou plusieurs prêteurs ou emprunteurs.
  • Qui déclare : l’emprunteur en priorité. Le prêteur est aussi concerné s’il dépasse le seuil et que l’emprunteur ne déclare pas.
  • Quand : en même temps que la déclaration de revenus. Un prêt de 2026 se déclare au printemps 2027. Tous les prêts de l’année sont à déclarer, y compris ceux remboursés avant le 31 décembre.
  • Coût : la déclaration est gratuite. Des sanctions sont prévues en cas d’absence de déclaration, de déclaration tardive ou erronée.

Le formulaire se remplit en ligne dans la rubrique « Déclarations annexes » de la déclaration de revenus (impots.gouv.fr, page mise à jour le 15 juillet 2026). Il mentionne les parties, la date, la durée, le capital et les intérêts.

Comment le seuil de 5 000 € se calcule-t-il quand on prête en plusieurs fois ?

Le seuil s’apprécie sur l’année civile, tous prêts confondus. La fiche officielle donne l’exemple de 3 500 € prêtés en mars et de 3 000 € prêtés en juillet : le total de 6 500 € dépasse 5 000 €, donc les deux prêts se déclarent avec la déclaration de revenus de l’année. Fractionner un prêt en plusieurs virements ne dispense de rien.

Situation dans l’annéeTotal prêtéDéclaration
Un prêt de 4 000 €4 000 €Non, sous le seuil
Deux prêts de 3 500 € et 3 000 €6 500 €Oui, formulaire 2062
Un prêt de 60 000 € sans intérêts60 000 €Oui, même à 0 %
Un prêt de 8 000 € remboursé en décembre8 000 €Oui, le remboursement ne change rien

Quelles informations faut-il fournir sur le prêt ?

Pour chaque prêt, la déclaration demande des éléments précis. Préparez-les avant de signer :

  • la date et le montant du prêt ;
  • les conditions : durée, taux d’intérêt ou gratuité ;
  • les noms et adresses du prêteur et de l’emprunteur ;
  • l’échéancier, en cas de remboursement échelonné, même si le prêt est sans intérêts.

L’annexe 2062 peut être saisie en ligne par n’importe quel membre du foyer fiscal qui a conclu le prêt. Avec plusieurs prêteurs ou plusieurs emprunteurs, l’annexe 2062 A indique la part de chacun.

Faut-il un écrit pour prêter de l’argent à ses enfants ?

Oui, au-delà de 1 500 € : l’article 1359 du Code civil impose un écrit (service-public.fr, actualité du 13 octobre 2026). En dessous, l’écrit n’est pas obligatoire mais il reste fortement recommandé : il prouve la remise des fonds, distingue le prêt d’une donation et facilite le recouvrement. La reconnaissance de dette doit comporter le montant de la somme due, les modalités de remboursement et la signature du débiteur. Elle peut être signée sous seing privé ou établie par un notaire.

Ajoutez dans le contrat la date, l’identité des parties, la durée, le taux (ou la gratuité) et le montant des mensualités. Pour donner une date certaine au contrat à l’égard des tiers, vous pouvez le faire enregistrer pour 125 €, démarche facultative. Si vous passez par un notaire, il transmet le contrat au service de l’enregistrement au plus tard le 15 février de l’année suivant la conclusion du prêt.

Vaut-il mieux prêter avec ou sans intérêts ?

Le prêt lui-même n’est pas imposable. Seuls les intérêts le sont. Un prêt sans intérêts ne produit donc aucun revenu à déclarer côté prêteur, mais il reste soumis à la déclaration du contrat au-delà de 5 000 €. Un prêt avec intérêts donne lieu à une imposition :

  • les intérêts des prêts consentis entre particuliers sont déclarés avec les revenus de capitaux mobiliers, ligne 2TR de la déclaration (brochure pratique impots.gouv.fr, revenus 2025) ;
  • ils sont soumis au prélèvement forfaitaire de 12,8 %, auquel s’ajoutent 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % au total ;
  • le prêteur peut opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu (case 2OP), ce qui peut être plus avantageux si sa tranche marginale est faible. Le détail figure dans notre article sur le PFU et l’option pour le barème.

Une précaution : les brochures fiscales mentionnent encore une exonération « en faveur des prêts familiaux ». Il s’agit de l’article 157, 9° sexies du CGI, qui ne concernait que les prêts conclus entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2007 consentis à un descendant pour acheter ou construire sa résidence principale (BOFiP, BOI-RPPM-RCM-10-10-50). Elle ne s’applique pas aux prêts d’aujourd’hui.

Combien coûtent et rapportent les intérêts d’un prêt familial de 60 000 € ?

Voici le calcul pour 60 000 € remboursés en 120 mensualités constantes, avec un impôt de 31,4 % sur les intérêts :

TauxMensualitéIntérêts totauxImpôt à 31,4 %Intérêts nets pour le prêteur
0 %500,00 €0 €0 €0 €
2 %552,08 €6 249,69 €1 962,40 €4 287,29 €
3 %579,36 €9 523,74 €2 990,45 €6 533,28 €

Les taux de 2 % et 3 % sont des hypothèses de calcul, pas des taux de marché. Pour l’emprunteur, l’écart entre 0 % et 3 % est de 79,36 € par mois. Pour le prêteur, 3 % rapportent 6 533,28 € nets sur dix ans, à déclarer chaque année avec ses autres revenus.

Exemple chiffré : Hélène et Marc prêtent 60 000 € à leur fille Léa

Situation. Hélène et Marc, 58 ans, veulent aider leur fille Léa, 29 ans, à acheter son premier appartement à Paris. Ils disposent de 60 000 € sur un contrat qui rapporte peu. Léa a obtenu un accord de principe de sa banque pour financer le reste, mais il lui manque cet apport.

Problème. Ils hésitent entre un prêt sans intérêts, un prêt avec intérêts et un virement sans rien d’écrit. Sans écrit, impossible de prouver ce qui a été prêté, ni d’établir la déclaration du contrat. Et un virement de 60 000 € qui ne figure nulle part est facile à contester.

Stratégie. Ils rédigent une reconnaissance de dette signée avec le montant, la durée de 10 ans, le taux de 2 % et un tableau de remboursement de 120 mensualités. Léa déclare le contrat de prêt sur le formulaire 2062 en même temps que sa déclaration de revenus. Hélène et Marc déclarent leurs intérêts avec leurs revenus de capitaux mobiliers.

Résultat. Léa rembourse 552,08 € par mois, soit 52,08 € de plus qu’avec un prêt à 0 %. Hélène et Marc encaissent 6 249,69 € d’intérêts en dix ans, paient 1 962,40 € d’impôt et de prélèvements sociaux, et gardent 4 287,29 € net. Le prêt est écrit, déclaré, et le montant de la mensualité de Léa est connu pour son budget : elle l’ajoutera à celle de son crédit bancaire.

Deuxième exemple : 30 000 € prêtés à un fils pour un apport, sur 5 ans ou sur 7 ans

Situation. Sophie, 61 ans, prête 30 000 € à son fils Thomas, 31 ans, pour compléter l’apport de son premier achat. Elle hésite sur la durée et sur le taux.

Problème. Une durée courte pèse sur le budget de Thomas, qui doit déjà rembourser sa banque. Une durée longue allonge le temps pendant lequel Sophie déclare des intérêts.

Stratégie. Ils comparent quatre scénarios avec un impôt de 31,4 % sur les intérêts. Les taux de 0 % et 2 % sont des hypothèses de calcul.

Durée et tauxMensualitéIntérêts totauxImpôt à 31,4 %Intérêts nets pour Sophie
5 ans à 0 %500,00 €0 €0 €0 €
5 ans à 2 %525,83 €1 549,97 €486,69 €1 063,28 €
7 ans à 0 %357,14 €0 €0 €0 €
7 ans à 2 %383,02 €2 173,94 €682,62 €1 491,32 €

Résultat. Ils retiennent 7 ans à 2 % : Thomas rembourse 383,02 € par mois, soit 142,81 € de moins qu’avec 5 ans à 2 %. Sophie encaisse 1 491,32 € nets d’intérêts sur la durée du prêt. Le total prêté dépasse 5 000 € : Thomas déclare le contrat sur le formulaire 2062 avec la déclaration de revenus de l’année du prêt, échéancier joint.

Quelles erreurs éviter avec un prêt familial ?

  • Croire qu’un prêt sans intérêts échappe à la déclaration. Au-delà de 5 000 € sur l’année, il se déclare, échéancier à l’appui.
  • Oublier les intérêts côté prêteur. Ils vont ligne 2TR avec les revenus de capitaux mobiliers, même quand le montant est modeste.
  • Compter sur l’ancienne exonération. Elle ne vise que les prêts conclus en 2006 et 2007.
  • Prêter sans écrit. Au-delà de 1 500 €, l’écrit est obligatoire ; en dessous, il protège le prêteur comme l’emprunteur.
  • Mélanger prêt et don. Un virement sans contrat peut s’interpréter comme une aide donnée : si vous donnez, déclarez-le comme tel, voyez notre article sur le cerfa 2735 et la déclaration d’un don manuel.
  • Ne pas conserver les preuves de remboursement. Gardez l’échéancier et les relevés de virement : ils étayent la déclaration et le contrat.

Prêt familial ou don : quelle différence ?

Un prêt se rembourse, un don non. L’écrit sert précisément à distinguer les deux, en particulier à l’égard de l’administration et des autres enfants. Si vous préférez donner, c’est une autre stratégie qui obéit à d’autres règles : le coût fiscal dépend du lien de parenté et des abattements, que nous détaillons dans l’article sur le coût d’une donation en 2026. Avant de choisir, regardez comment l’aide s’insère dans l’ensemble de vos placements. Pour le crédit principal que l’emprunteur devra obtenir, les garanties demandées par les banques sont détaillées dans notre article sur les garanties d’un prêt immobilier.

Ce que fait Balmont Conseil

Nous chiffrons avec vous l’effort de trésorerie du prêteur et la mensualité supportable pour l’emprunteur, puis nous vous mettons en relation avec nos partenaires bancaires pour construire le financement principal. Nous vérifions aussi que l’aide familiale s’accorde avec le reste de votre patrimoine. Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, vous reçoit pour en parler : prenez rendez-vous.

FAQ

À partir de quel montant faut-il déclarer un prêt entre particuliers ?

Au-delà de 5 000 € prêtés ou empruntés sur l’année, en un ou plusieurs prêts. La déclaration se fait sur le formulaire 2062, joint à la déclaration de revenus, et elle est gratuite.

Un prêt familial sans intérêts doit-il être déclaré ?

Oui, si le montant dépasse 5 000 €. L’absence d’intérêts évite l’imposition de revenus chez le prêteur, mais ne dispense pas de déclarer le contrat de prêt.

Les intérêts d’un prêt entre parents et enfants sont-ils imposables ?

Oui. Ils sont soumis au prélèvement forfaitaire de 12,8 % et aux prélèvements sociaux de 18,6 %, soit 31,4 %, sauf option pour le barème. L’exonération des prêts familiaux ne vise que les prêts conclus en 2006 et 2007.

Faut-il un écrit pour un prêt familial ?

Oui, au-delà de 1 500 € (article 1359 du Code civil). L’écrit mentionne le montant, les modalités de remboursement et porte la signature du débiteur. En dessous de 1 500 €, il reste recommandé.

Faut-il enregistrer le contrat de prêt ?

Ce n’est pas obligatoire. L’enregistrement coûte 125 € et donne une date certaine au contrat à l’égard des tiers. Un notaire transmet le contrat au service de l’enregistrement au plus tard le 15 février de l’année suivante.

Que contient la déclaration d’un prêt familial ?

La date et le montant du prêt, ses conditions (durée, taux), les noms et adresses du prêteur et de l’emprunteur, et l’échéancier en cas de remboursement échelonné, même sans intérêts. Un formulaire 2062 est rempli par prêt.

Que faire si l’on prête plusieurs fois dans l’année à la même personne ?

Additionnez tous les prêts de l’année. Si le total dépasse 5 000 €, tous se déclarent. Pour plusieurs prêts de moins de 5 000 € ou plusieurs prêteurs ou emprunteurs, l’annexe 2062 A indique la part de chacun.

Un prêt remboursé avant la fin de l’année doit-il être déclaré ?

Oui. Tous les prêts accordés ou contractés dans l’année entrent dans le calcul du seuil, y compris ceux déjà remboursés avant le 31 décembre.

Sources : service-public.fr, fiche F1059 « Doit-on déclarer aux impôts un prêt d’argent entre particuliers ? » (vérifiée le 1er janvier 2026), consultée le 31 octobre 2026 ; service-public.fr, actualité A17903 « Prêt d’argent : dans quels cas une reconnaissance de dette doit-elle être rédigée ? » (13 octobre 2026), consultée le 30 octobre 2026 ; impots.gouv.fr, « Un proche m’a prêté de l’argent, dois-je le déclarer ? » (modifiée le 15 juillet 2026), consultée le 30 octobre 2026 ; impots.gouv.fr, brochure pratique de la déclaration de revenus 2026, revenus de capitaux mobiliers (lignes 121 à 136), consultée le 30 octobre 2026 ; BOFiP-Impôts, BOI-RPPM-RCM-10-10-50 (11 février 2014) et BOI-RPPM-PVBMI-40-30-65 (15 juillet 2013), consultés le 30 octobre 2026.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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