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En résumé…

Un plombier ou un électricien artisan en entreprise individuelle, affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), qui dégage 45 000 € de bénéfice par an pendant 37 ans touche environ 20 500 € bruts par an (environ 1 710 € par mois) à 67 ans : 14 330 € de retraite de base et 6 190 € de retraite complémentaire, soit 46 % de son bénéfice. Pour retrouver 70 % de son bénéfice, il manque environ 11 000 € par an, soit un capital d’environ 191 000 € et une épargne d’environ 9 600 € par an pendant 15 ans (800 € par mois). Le minimum contributif ne joue pas à ce niveau de revenu. Le plafond de déduction du plan d’épargne retraite (PER) est de 4 710 € en 2026 : sous nos hypothèses, un versement au plafond économise 1 413 € d’impôt (tranche à 30 %), et PER plus assurance-vie laissent 16 090 € de plus à 67 ans que l’assurance-vie seule.

1. Plombier ou électricien : quel régime, quelles cotisations en 2026 ?

Le plombier et l’électricien exercent une activité artisanale réglementée, qui exige un diplôme (certificat d’aptitude professionnelle, brevet professionnel ou titre équivalent) ou trois ans d’expérience attestés par la chambre de métiers (fiches de service-public.gouv.fr sur le plombier et sur l’électricien). Leur protection sociale dépend du mode d’exercice : la Sécurité sociale des indépendants (SSI) pour l’entrepreneur individuel et le gérant majoritaire d’une EURL ou d’une SARL, le régime général pour le dirigeant assimilé salarié (président de SAS ou de SASU). Le cas traité ici est celui de l’entrepreneur individuel. Les cotisations sont versées à l’Urssaf, la pension est servie par l’Assurance retraite. Trois étages se calculent chacun à leur façon : la retraite de base (une part du revenu moyen, au prorata des trimestres), la retraite complémentaire des indépendants (des points convertis en pension) et l’invalidité-décès (une prévoyance, sans pension de retraite).

ÉtageCotisation 2026Ce qui génère les droits
Retraite de base17,87 % de l’assiette jusqu’au plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 €), puis 0,72 % au-delà. Cotisation minimale : 967 €Quatre trimestres par an au plus. Pension = 50 % × revenu annuel moyen × trimestres validés ÷ durée de référence
Retraite complémentaire8,1 % jusqu’à 44 286 €, puis 9,1 % jusqu’à 192 240 €Des points : cotisation ÷ 21,726 €. Chaque point verse 1,347 € par an
Invalidité-décès1,30 % de l’assiette jusqu’à 48 060 €Pension d’invalidité de 30 % ou 50 % du revenu annuel moyen des 10 meilleures années, selon la catégorie

L’assiette est le bénéfice moins un abattement forfaitaire de 26 %, sans déduction des cotisations sociales : c’est la réforme de l’assiette sociale, applicable aux cotisations de 2026. Pour 45 000 € de bénéfice, l’assiette est de 33 300 €, sous les seuils de 44 286 € et de 48 060 € : seuls les taux de la première tranche s’appliquent. La cotisation de retraite de base est de 5 951 €, au-dessus du seuil de 1 289 € qui valide les quatre trimestres de l’année (circulaire Cnav 2025-33) ; le revenu cotisé dépasse aussi les 7 212 € exigés pour quatre trimestres.

Cotisation sur 33 300 €TauxMontant par an
Retraite de base17,87 %5 951 €
Retraite complémentaire8,1 %2 697 €
Invalidité-décès1,30 %433 €
Total retraite et invalidité-décès20,2 % du bénéfice9 081 €

Un point de divergence entre les sources : la page de service-public.gouv.fr et la circulaire de l’Assurance retraite du 22 décembre 2025 fixent la limite de la première tranche de la retraite complémentaire à 44 286 € ; une circulaire plus ancienne parle d’un plafond de la Sécurité sociale. Sur ce cas, l’assiette ne dépasse ni l’un ni l’autre : aucun résultat ne change.

2. La carrière retenue et le calcul de la pension

Hypothèse de carrière, écrite noir sur blanc. Le plombier est né en 1974. Il s’est installé à 30 ans, il a 52 ans en 2026 et il part à 67 ans : 22 ans d’activité déjà cotisés, 15 ans à venir, soit 37 ans et 148 trimestres validés. Son bénéfice est de 45 000 € chaque année, en euros constants. Il n’a aucune autre carrière (ni années de salarié, ni trimestres rachetés) : s’il a travaillé comme salarié avant de s’installer, la pension réelle sera plus élevée et l’écart plus faible, ce que seul son relevé de carrière permet de mesurer. Pour sa génération, l’âge légal est de 64 ans et la durée de référence de 172 trimestres.

  • Taux plein automatique : à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres.
  • Avant 67 ans : chaque trimestre manquant par rapport aux 172 requis retire 1,25 % de pension de base, dans la limite de 20 trimestres. Un trimestre au-delà de l’âge légal et de la durée requise ajoute 1,25 % (surcote).
  • Années retenues : la pension de base se calcule sur la moyenne des meilleures années de revenu cotisé, plafonnées chaque année au plafond de la Sécurité sociale, jusqu’à 25 années selon la génération. Le revenu du cas type est constant : le nombre d’années retenues ne change pas le résultat.
ÉtageCalculPension annuelle brute
Retraite de base50 % × 33 300 € × 148 trimestres ÷ 17214 327 €
Retraite complémentaire124,2 points par an × 37 ans = 4 594 points × 1,347 €6 188 €
Total1 710 € par mois20 514 €

La pension représente 45,6 % du bénéfice, alors que l’artisan a cotisé 9 081 € par an pour la retraite et l’invalidité-décès. La retraite de base est amputée du prorata : avec 37 ans de carrière au lieu de 43, soit 148 trimestres sur 172, elle serait de 16 650 € avec une carrière complète, soit 2 323 € de plus par an. Les points de la retraite complémentaire ne sont pas arrondis dans ce calcul (hypothèse de calcul). Un repère tiré des valeurs officielles : un point s’acquiert pour 21,726 € de cotisation et verse 1,347 € par an, soit 6,2 % par an du montant cotisé, et l’euro cotisé revient en pension au bout de 16 ans environ. Le point donne une rente à vie, mais aucun capital à transmettre.

Variante à 64 ans, l’âge légal pour cette génération : la carrière compterait 34 ans et 136 trimestres, soit 36 trimestres manquants. La décote est plafonnée à 20 trimestres, soit 25 % : la retraite de base tomberait à 9 874 € au lieu de 14 327 €, soit 4 453 € de moins par an, sans compter la réduction de la retraite complémentaire, dont le taux n’est pas repris ici. Le cas type retient le départ à 67 ans.

3. Le minimum contributif : pas à ce niveau de revenu

Le minimum contributif est une majoration de la pension de base pour les petites retraites, qui s’applique aux artisans comme aux salariés. En 2026, pour un départ à 67 ans sans la durée requise, son plancher est de 756,29 € par mois (9 075 € par an), réduit au prorata des trimestres détenus : 7 809 € pour 148 trimestres sur 172. Pour un départ avant 67 ans avec la durée requise, le plancher monte à 10 847,22 € par an. Il est réduit lorsque le total des pensions dépasse 1 410,89 € par mois, soit 16 931 € par an (service-public.gouv.fr, janvier 2026).

La retraite de base du cas type, 14 327 €, est supérieure à ces planchers, et le total des pensions, 20 514 €, dépasse le plafond de 16 931 € : aucune majoration n’est versée. Sous les mêmes hypothèses (carrière de 37 ans, revenu constant), la retraite de base ne passerait sous le plancher proratisé de 7 809 € que pour un bénéfice inférieur à environ 24 500 € par an, sous réserve des autres conditions de la fiche. Le minimum contributif protège les petits revenus ; à 45 000 € de bénéfice, l’écart doit se combler par l’épargne.

4. Combien combler : trois objectifs, trois efforts d’épargne

L’objectif de 70 % du revenu est la référence de la série d’articles. Le tableau donne l’effort pour trois niveaux.

ObjectifRevenu visé par anManque par anCapital à 67 ansÉpargne par an pendant 15 ansPar moisPart du bénéfice
50 % du bénéfice22 500 €1 986 €34 577 €1 727 €144 €3,8 %
60 % du bénéfice27 000 €6 486 €112 937 €5 640 €470 €12,5 %
70 % du bénéfice31 500 €10 986 €191 296 €9 554 €796 €21,2 %

Méthode, identique à celle des autres articles de la série : le manque est servi 25 ans, de 67 à 92 ans ; le capital est celui qui finance ce flux à un rendement de 3 % pendant la retraite ; l’épargne est celle qui le constitue en 15 ans à 4 % par an, versements en fin d’année. Ces rendements sont des hypothèses de calcul, pas des promesses. Les montants sont en euros constants, sans inflation. Comme il ne reste que 15 ans pour épargner, l’effort annuel est plus lourd que pour une personne qui dispose de 20 ans.

5. Le PER à 45 000 € de bénéfice : un plafond minimal, mais une tranche à 30 %

Pour un travailleur non salarié, le plafond de déduction est le plus élevé de deux montants : 10 % du bénéfice imposable de l’année précédente (retenu dans la limite de 8 plafonds de la Sécurité sociale) ou 10 % du plafond de la Sécurité sociale de l’année précédente. Pour un versement en 2026, le plancher est de 4 710 € et le maximum de 37 680 € (BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20). Avec un bénéfice imposable de 35 919 € (hypothèse ci-dessous), 10 % ne font que 3 592 € : c’est le plancher qui s’applique. Le plafond de 4 710 € représente 10,5 % du bénéfice et couvre 49 % de l’effort de 9 554 € par an nécessaire pour atteindre 70 %.

Les cotisations d’épargne retraite déjà déduites du bénéfice, notamment celles d’un ancien contrat Madelin, viennent en diminution de ce plafond. Les contrats Madelin ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020 : un nouveau versement passe par le PER individuel. La part de plafond non utilisée se reporte sur les cinq années suivantes (BOFiP du 10 août 2026). Le détail figure sur notre page plafond de déduction du PER.

L’économie d’impôt dépend de la tranche, pas du plafond. Hypothèse de calcul : revenu imposable de 35 919 €, soit le bénéfice moins les seules cotisations de retraite et d’invalidité-décès du tableau ci-dessus, pour une personne seule à une part. Le barème 2026 applique 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % de 11 601 € à 29 579 € et 30 % de 29 580 € à 84 577 € (loi n° 2026-103, article 4).

Tranche du barème 2026Revenu dans la tranche sans PERRevenu dans la tranche avec 4 710 € de PERImpôt sans PERImpôt avec PER
0 % (jusqu’à 11 600 €)11 600 €11 600 €0 €0 €
11 % (11 601 € à 29 579 €)17 979 €17 979 €1 978 €1 978 €
30 % (29 580 € à 84 577 €)6 340 €1 630 €1 902 €489 €
Total35 919 €31 209 €3 880 €2 467 €

Un versement de 4 710 € fait passer l’impôt de 3 880 € à 2 467 € : l’économie est de 1 413 €, soit 30 % du versement, et l’effort réel de 3 297 €. Le versement entier reste dans la tranche à 30 % tant que le revenu imposable dépasse 34 289 €. Cette marge dépend des autres cotisations déductibles (maladie, allocations familiales, contribution sociale généralisée déductible), qui abaissent le revenu imposable réel : le tableau ci-dessous montre l’effet.

Revenu imposable (hypothèse)Économie d’impôt pour 4 710 € versésTaux moyen d’économie
35 919 €1 413 €30 %
34 000 €1 358 €29 %
32 000 €978 €21 %
30 000 €598 €13 %

À 32 000 € de revenu imposable, par exemple, 2 421 € du versement seulement sont déduits à 30 % et le reste à 11 % : l’économie est de 978 €. Le revenu imposable exact se lit sur l’avis d’impôt ; l’expert-comptable le confirme avant tout versement.

6. À la retraite : la sortie du PER retombe à 11 %

Mode de sortie du PERRègle en 2026
Capital : versements déduitsImposés au barème de l’impôt sur le revenu, sans l’abattement de 10 % des pensions et sans prélèvements sociaux.
Capital : gainsPrélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Rente : versements déduitsImposée comme une pension de retraite, avec l’abattement de 10 %. Des prélèvements sociaux s’appliquent sur une fraction de la rente.
Versements non déduitsOption choisie à chaque versement : le capital correspondant aux versements est exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux, les gains restent à 31,4 %.

À 67 ans, le plombier perçoit 20 514 € de pensions. Après l’abattement de 10 % (2 051 €, avec un minimum de 454 € par pensionné et un maximum de 4 439 € par foyer), son revenu imposable est de 18 463 €, pour 755 € d’impôt. Il lui reste 11 116 € par an avant d’atteindre la tranche à 30 %. Des versements déduits retirés en 10 ans (7 065 € par an) restent donc entièrement dans la tranche à 11 % : 30 % à l’entrée, 11 % à la sortie. C’est l’écart de tranche qui fait l’intérêt du PER dans ce cas.

7. PER plus assurance-vie, ou assurance-vie seule : le calcul à effort net identique

L’assurance-vie ne donne rien à l’entrée, reste disponible et allège l’impôt sur les gains après huit ans : abattement de 4 600 € sur les gains pour une personne seule (9 200 € pour un couple), taux de 7,5 % au-delà tant que les primes non remboursées ne dépassent pas 150 000 €, plus 17,2 % de prélèvements sociaux sur les gains (service-public.gouv.fr).

Hypothèse de calculValeur retenue
Artisan52 ans, célibataire (1 part), entreprise individuelle, bénéfice de 45 000 € par an avant cotisations sociales, stable ; aucun autre revenu, aucun contrat de retraite facultatif existant, plafond de PER de 2026 intact
Objectif70 % du bénéfice, soit un effort net de 9 554 € par an pendant 15 ans, de 52 à 67 ans (section 4)
Rendement4 % par an, net de frais, identique pour le PER et l’assurance-vie ; versements en fin d’année. Hypothèse de calcul : aucun rendement n’est assuré
EurosConstants : barème, plafonds, taux et prélèvements de 2026 conservés jusqu’à la sortie
Montage 1 : assurance-vie seulePrime de 9 554 € par an, contrat de plus de 8 ans à la sortie
Montage 2 : PER plus assurance-viePER au plafond de 4 710 € par an (économie de 1 413 €, effort net 3 297 €) et prime d’assurance-vie de 6 257 € par an : même effort net de 9 554 €
Sortie10 retraits annuels égaux de 67 à 76 ans, sans rendement après 67 ans (hypothèse qui isole l’effet de l’impôt) ; pensions de 20 514 €, soit 18 463 € imposables après abattement
MontageCapital à 67 ansImpôt et prélèvements à la sortieNet après impôt
1. Assurance-vie seule191 296 €8 404 €182 891 €
2. PER au plafond94 311 €15 201 €79 110 €
2. Assurance-vie du complément125 278 €5 406 €119 872 €
2. Total PER plus assurance-vie219 589 €20 607 €198 982 €

Le détail : dans le montage 2, le PER retire 70 650 € de versements déduits, imposés à 11 % (7 772 €), et 23 661 € de gains à 31,4 % (7 430 €). Les gains de l’assurance-vie (31 430 €, soit 3 143 € par an de retrait) restent sous l’abattement de 4 600 € : aucun impôt sur le revenu, seulement 5 406 € de prélèvements sociaux. Dans le montage 1, les gains atteignent 47 993 €, soit 4 799 € par an : l’abattement est dépassé, d’où 149 € d’impôt en plus des 8 255 € de prélèvements sociaux. À effort net identique, le montage 2 laisse 16 091 € de plus à 67 ans. Le gain vient de l’économie d’impôt à 30 % à l’entrée, qui finance un versement de PER supérieur à l’effort réel.

Rendement annuel net de frais (hypothèse)Montage 2, net à 67 ansMontage 1, net à 67 ansAvantage du montage 2
2 %176 017 €161 444 €14 573 €
4 %198 982 €182 891 €16 091 €
6 %225 906 €206 288 €19 617 €

Deux limites. Le PER est bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi, alors que l’assurance-vie permet des rachats à tout moment : pour un artisan dont l’activité varie, cette disponibilité compte. Et l’avantage dépend de la tranche : si le revenu imposable tombait à 32 000 €, l’économie ne serait que de 978 € (effort net de 3 732 €) et l’écart se réduirait. Le versement sur le PER se pilote chaque année avec l’expert-comptable.

Cas type

Situation. Un plombier installé à Lyon à 30 ans, 52 ans aujourd’hui, célibataire, sans enfant, en entreprise individuelle. Son bénéfice est de 45 000 € par an, stable. Il partira à 67 ans après 37 ans de cotisations et 148 trimestres, sans autre carrière. Les valeurs 2026 sont figées et les montants sont en euros constants.

Problème. Il compte sur sa pension pour « environ la moitié » de son revenu. Le calcul donne 20 514 € par an, soit 45,6 % de son bénéfice : 14 327 € de retraite de base et 6 188 € de retraite complémentaire. Le minimum contributif ne s’applique pas. Pour retrouver 70 % de son revenu, soit 31 500 €, il manque 10 986 € par an, soit un capital de 191 296 € à 67 ans et une épargne de 9 554 € par an (796 € par mois, 21,2 % du bénéfice) pendant 15 ans. Son plafond de PER est de 4 710 €.

Stratégie. Il verse 4 710 € par an sur son PER, au plafond du minimum légal, et 6 257 € par an en assurance-vie (521 € par mois). Son effort net est de 9 554 € par an : 3 297 € pour le PER après 1 413 € d’économie d’impôt, le reste en assurance-vie. Il fait confirmer son revenu imposable par son expert-comptable avant chaque versement et garde la part de plafond non utilisée, reportable cinq ans (BOFiP BOI-IR-BASE-20-50-20).

Résultat. À 67 ans, le montage PER plus assurance-vie lui laisse 198 982 € net, contre 182 891 € pour la même épargne nette en assurance-vie seule, soit 16 091 € de plus. L’économie d’impôt du PER est de 1 413 € par an, au taux de 30 % du barème 2026 (loi n° 2026-103, article 4) ; ses retraits sont imposés à 11 %.

Ce calcul est un ordre de grandeur. Il fige les valeurs de 2026 sur toute la carrière, retient le revenu cotisé en euros constants, applique l’abattement de 26 % à toute la carrière et suppose les rendements indiqués. Il ne tient pas compte de l’inflation. Il suffit à poser le constat : la Sécurité sociale des indépendants ne remplace pas votre niveau de vie, et à 45 000 € de bénéfice le plafond de PER couvre moins de la moitié de l’effort.

8. D’autres leviers pour le reste de l’effort

  • L’immobilier locatif : revenus complémentaires, avec le statut de loueur en meublé non professionnel pour limiter l’impôt sur les loyers.
  • Les parts de société civile de placement immobilier : exposition à l’immobilier sans gestion, voir notre page dédiée.
  • La vente de l’entreprise ou de la clientèle à la retraite : le prix de cession peut financer une partie du capital à constituer. Les solutions de défiscalisation se choisissent selon la tranche d’imposition.
  • L’invalidité-décès : la pension d’invalidité est de 30 % (catégorie 1) ou 50 % (catégorie 2) du revenu annuel moyen des 10 meilleures années, soit 9 990 € ou 16 650 € par an dans le cas type ; une prévoyance complémentaire se compare à ces montants.

Questions fréquentes

Combien touche un plombier ou un électricien artisan qui gagne 45 000 € par an ?

Après 37 ans de carrière à 45 000 € de bénéfice, environ 20 500 € par an, soit environ 1 710 € par mois : 14 327 € de retraite de base et 6 188 € de retraite complémentaire, soit 46 % du bénéfice. Les valeurs de 2026 sont figées, en euros constants, et la carrière est une hypothèse de calcul.

À quel âge un artisan touche-t-il sa retraite à taux plein ?

À 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres. Avant 67 ans, le taux plein s’obtient avec 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1966. Chaque trimestre manquant retire 1,25 % de pension de base, dans la limite de 20 trimestres. L’âge légal est de 64 ans pour les personnes nées à partir de 1969.

Un plombier ou un électricien peut-il toucher le minimum contributif ?

Pas à ce niveau de revenu. Pour un départ à 67 ans sans la durée requise, le plancher 2026 de la fiche de service-public.gouv.fr est de 756,29 € par mois, réduit au prorata des trimestres détenus, soit 7 809 € par an pour 148 trimestres sur 172. La retraite de base du cas type, 14 327 €, est supérieure à ce plancher : aucune majoration n’est versée.

Combien coûtent les cotisations retraite d’un artisan en 2026 ?

Pour un bénéfice de 45 000 € et une assiette de 33 300 € après l’abattement de 26 % : 5 951 € pour la retraite de base (17,87 %), 2 697 € pour la retraite complémentaire (8,1 %) et 433 € pour l’invalidité-décès (1,30 %), soit 9 081 € par an.

Le PER suffit-il à combler l’écart à 45 000 € de bénéfice ?

Non. Le plafond de déduction est de 4 710 € en 2026 (le minimum légal, car 10 % du bénéfice imposable est inférieur à ce montant), alors que l’effort nécessaire pour atteindre 70 % du bénéfice est d’environ 9 554 € par an sur 15 ans. Sous nos hypothèses, l’économie d’impôt est de 1 413 € au taux de 30 %, et le PER se combine avec l’assurance-vie.

Notre position

Nous partons de votre relevé de carrière et de vos avis de cotisations, pas d’une moyenne, et nous dimensionnons l’épargne sur votre revenu réel et sur le nombre d’années qu’il vous reste. Nous ne rédigeons pas d’actes et ne donnons pas de conseil juridique ou comptable : votre expert-comptable valide le bénéfice imposable et la déduction. Nous mesurons l’écart entre votre pension et votre revenu actuel, puis nous comparons le PER et l’assurance-vie à votre tranche d’imposition, aujourd’hui et à la retraite. Nous percevons des commissions sur les contrats souscrits via notre cabinet.

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Alexis Sagnier, conseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF. ORIAS 13003497. Mis à jour le 28/10/2026.

Sources officielles consultées

  • Service-Public Entreprendre, « Plombier : conditions d’accès et d’exercice en France » (activité artisanale réglementée, protection sociale selon le mode d’exercice) : entreprendre.service-public.gouv.fr
  • Service-Public Entreprendre, « Électricien : conditions d’accès et d’exercice en France » (activité artisanale réglementée, protection sociale selon le mode d’exercice) : entreprendre.service-public.gouv.fr
  • Service-Public Entreprendre, « Régime de retraite de l’entrepreneur individuel » (taux 2026, calcul de la retraite de base, durée de référence, âge légal) : entreprendre.service-public.gouv.fr
  • Service-Public Entreprendre, « Réforme de l’assiette sociale des indépendants » (abattement de 26 %) : entreprendre.service-public.gouv.fr
  • Service-Public, « Assurance retraite » (minimum contributif 2026) : service-public.gouv.fr
  • L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-31 du 22 décembre 2025 (valeur de service 1,347 € et valeur d’acquisition 21,726 € du point, plafond de cotisation de 44 286 €) : legislation.lassuranceretraite.fr
  • L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-33 du 23 décembre 2025 (validation des trimestres des indépendants en 2026) : legislation.lassuranceretraite.fr
  • BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20, limites de déduction des cotisations d’épargne retraite : bofip.impots.gouv.fr
  • Service-Public, « Plan d’épargne retraite » (prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, sortie en capital) : service-public.gouv.fr
  • Service-Public, « Assurance-vie : fiscalité des retraits » : service-public.gouv.fr ; « Abattement de 10 % sur les pensions » : service-public.gouv.fr
  • Service-Public, « Barème de l’impôt sur le revenu 2026 » : service-public.gouv.fr ; loi n° 2026-103 de finances pour 2026, article 4 ; plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 : 48 060 € ; 2025 : 47 100 €.

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Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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