En résumé…
Le PER (plan d’épargne retraite) d’abord, jusqu’à son plafond de déduction, puis l’assurance-vie pour le reste. Un artisan en entreprise individuelle qui dégage 60 000 € de bénéfice par an pendant 35 ans touche environ 25 900 € bruts par an de la Sécurité sociale des indépendants à 67 ans, soit 43 % de son bénéfice. Pour retrouver 70 %, il doit épargner environ 9 430 € par an pendant 20 ans. Son plafond de déduction PER 2026 est de 4 789 € : il couvre 51 % de cet effort et économise 1 437 € d’impôt, car le versement se déduit de la tranche à 30 %. À la retraite, la pension le place dans la tranche à 11 % : les versements déduits, retirés en 10 ans, sont imposés 17,5 % en moyenne. À effort net identique, le PER puis l’assurance-vie laisse 280 834 € nets à 67 ans, contre 261 282 € en assurance-vie seule, soit 19 552 € de plus (rendement de 4 % par an net de frais, hypothèse de calcul).
1. Ce que verse la Sécurité sociale des indépendants à 60 000 € de bénéfice
L’artisan cotise à la Sécurité sociale des indépendants (SSI) sur une assiette égale au bénéfice diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %, sans déduction des cotisations sociales. Pour 60 000 € de bénéfice, l’assiette est de 44 400 €. Elle reste sous le plafond annuel de la Sécurité sociale de 2026 (48 060 €) : le revenu cotisé ouvre donc des droits sur toute son étendue. Le calcul reprend la méthode de la retraite d’un artisan en 2026 : 35 ans de cotisations, 140 trimestres, durée de référence de 172 trimestres, avec un bénéfice de 60 000 € au lieu de 50 000 €.
| Étage | Cotisation 2026 sur 44 400 € | Droit acquis |
|---|---|---|
| Retraite de base | 17,87 % jusqu’à 48 060 € : 7 934 € | Pension = 50 % × revenu annuel moyen × trimestres validés ÷ 172 |
| Retraite complémentaire | 8,1 % jusqu’à 44 286 €, puis 9,1 % : 3 598 € | Des points : cotisation ÷ 21,726 €. Un point verse 1,347 € par an |
| Invalidité-décès | 1,30 % jusqu’à 48 060 € : 577 € | Prévoyance obligatoire, sans pension de retraite |
| Total | 12 109 € par an | Les 4 trimestres de l’année sont validés (seuil de 1 289 € de cotisation de base) |
Un point de divergence entre les sources : la page de service-public.gouv.fr et la circulaire de l’Assurance retraite du 22 décembre 2025 fixent la limite de la première tranche de la retraite complémentaire à 44 286 € ; la circulaire du 4 avril 2025 la décrit comme égale à un plafond de la Sécurité sociale. Sur ce cas, l’écart est de 1,14 € de cotisation par an : il ne change aucun résultat de l’article.
| Étage | Calcul | Pension annuelle brute |
|---|---|---|
| Retraite de base | 50 % × 44 400 € × 140 trimestres ÷ 172 | 18 070 € |
| Retraite complémentaire | 165,6 points par an × 35 ans = 5 796 points × 1,347 € | 7 807 € |
| Total | 2 156 € par mois | 25 876 € |
La pension représente 43,1 % du bénéfice. Pour atteindre 70 % du bénéfice, soit 42 000 € par an, il manque 16 124 € par an pendant 25 ans de retraite. À un rendement de 3 % pendant la retraite, ce flux demande un capital de 280 763 € à 67 ans. Pour le constituer en 20 ans à 4 % par an, l’artisan doit épargner 9 429 € par an, soit 786 € par mois (15,7 % du bénéfice). C’est cet effort que le PER et l’assurance-vie doivent financer.
2. Le plafond de déduction du PER d’un artisan en 2026
Pour un travailleur non salarié, le plafond de déduction d’un versement est le plus élevé de deux montants : 10 % du bénéfice imposable de l’année précédente, retenu dans la limite de 8 plafonds de la Sécurité sociale, ou 10 % du plafond de la Sécurité sociale de l’année précédente. Le plafond retenu est celui de 2025 (47 100 €). Pour un versement en 2026, le minimum est de 4 710 € et le maximum de 37 680 € (BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20). Les cotisations d’épargne retraite facultatives déjà déduites du bénéfice viennent en diminution de ce plafond.
Le bénéfice retenu est le bénéfice imposable, c’est-à-dire après déduction des cotisations sociales obligatoires. Le cas type retient une hypothèse de calcul : seules les cotisations de retraite et d’invalidité-décès du tableau précédent sont déduites (12 109 €). Le bénéfice imposable est alors de 47 891 € et le plafond de 4 789 € (10 % de 47 891 €). Les cotisations de maladie, d’allocations familiales et la contribution sociale généralisée déductible abaissent encore le bénéfice imposable : si le bénéfice imposable tombe à 47 100 € ou moins, le plancher de 4 710 € s’applique. Le plafond de cet artisan se situe donc entre 4 710 € et 4 789 €, soit environ 8 % de son bénéfice.
Ce plafond couvre 51 % de l’effort d’épargne de 9 429 € par an. Le reste ne peut pas se déduire. Le plafond non utilisé d’une année se reporte sur les cinq années suivantes (BOFiP du 10 août 2026) : un artisan qui n’a jamais versé sur un PER dispose d’un plafond cumulé supérieur au plafond de l’année. Le détail de la mécanique figure sur notre page plafond de déduction du PER.
3. L’économie d’impôt par tranches en 2026
L’artisan est célibataire, à une part, sans autre revenu. Son revenu imposable avant versement est de 47 891 €. Le barème 2026 de l’impôt sur le revenu applique 0 % jusqu’à 11 600 €, 11 % de 11 601 € à 29 579 €, 30 % de 29 580 € à 84 577 € et 41 % de 84 578 € à 181 917 € (loi n° 2026-103, article 4).
| Tranche du barème 2026 | Revenu dans la tranche sans PER | Revenu dans la tranche avec PER | Impôt sans PER | Impôt avec PER |
|---|---|---|---|---|
| 0 % (0 € à 11 600 €) | 11 600 € | 11 600 € | 0 € | 0 € |
| 11 % (11 600 € à 29 579 €) | 17 979 € | 17 979 € | 1 978 € | 1 978 € |
| 30 % (29 579 € à 84 577 €) | 18 312 € | 13 523 € | 5 494 € | 4 057 € |
| Total | 47 891 € | 43 102 € | 7 471 € | 6 035 € |
Le versement de 4 789 € retire 4 789 € de la tranche à 30 % : l’impôt passe de 7 471 € à 6 035 €. L’économie est de 1 437 €, soit exactement 30 % du versement. L’effort réel de l’artisan est de 3 352 €. Le versement reste entièrement dans la tranche à 30 % tant que le revenu imposable dépasse 34 368 € : il faudrait 13 523 € de cotisations déductibles supplémentaires pour passer sous ce seuil. L’économie ne porte que sur l’impôt : nous ne retenons aucune baisse de cotisations sociales.
4. La sortie du PER à la retraite
| Mode de sortie | Règle en 2026 |
|---|---|
| Capital : versements déduits | Taxés au barème de l’impôt sur le revenu, sans l’abattement de 10 % des pensions et sans prélèvements sociaux. Le capital peut être versé en une ou plusieurs fois. |
| Capital : gains | Prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % pour les intérêts perçus depuis le 1er janvier 2026 : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux. |
| Capital : versements non déduits | Exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Seuls les gains sont imposés à 31,4 %. |
| Rente : versements déduits | Imposée comme une pension, avec l’abattement de 10 % (plafonné à 4 439 € par foyer pour les revenus 2025). Les prélèvements sociaux de 18,6 % portent sur une fraction de la rente : 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % à partir de 70 ans. |
| Rente : versements non déduits | Régime des rentes viagères à titre onéreux : seule la même fraction (70, 50, 40 ou 30 %) est imposable et soumise aux prélèvements sociaux de 18,6 %. |
À 67 ans, l’artisan perçoit 25 876 € de pensions. Après l’abattement de 10 % (2 588 €), son revenu imposable est de 23 289 €, pour 1 286 € d’impôt. Il lui reste 6 290 € par an dans la tranche à 11 % avant d’atteindre 30 %. C’est ce chiffre qui détermine le coût de la sortie : plus le capital est retiré lentement, plus la part taxée à 11 % augmente.
| Durée du retrait en capital | Versements déduits retirés par an | Impôt sur les versements déduits (total) | Taux moyen |
|---|---|---|---|
| 1 an | 95 782 € | 31 334 € | 32,7 % |
| 5 ans | 19 156 € | 22 759 € | 23,8 % |
| 10 ans | 9 578 € | 16 783 € | 17,5 % |
| 16 ans | 5 986 € | 10 536 € | 11,0 % |
Sur 10 ans, chaque retrait de 9 578 € remplit les 6 290 € de marge à 11 % et place 3 288 € dans la tranche à 30 %. Le taux moyen est de 17,5 %, contre 30 % à l’entrée. Sur 16 ans, toute la sortie reste à 11 %. Retirés en une seule année, les mêmes versements coûtent 32,7 %. Étaler la sortie est le premier levier du PER.
En rente (taux de conversion de 4 % du capital à 67 ans, hypothèse de calcul), le capital du PER de 142 610 € verse 5 704 € par an. La rente s’ajoute à la pension, reste dans la tranche à 11 % et supporte des prélèvements sociaux sur 40 % de son montant : 565 € d’impôt et 424 € de prélèvements sociaux, soit 17,3 % de la rente. Le capital étalé sur 10 ans en retient 77,9 %, la rente 82,7 %. La rente apporte un revenu versé à vie, le capital une disponibilité.
5. L’assurance-vie après huit ans
| Point | Règle en 2026 |
|---|---|
| Contrat de moins de 8 ans | Gains imposés à 12,8 %, sans abattement. |
| Contrat de 8 ans ou plus : abattement | Abattement annuel de 4 600 € sur les gains pour une personne seule (9 200 € pour un couple soumis à imposition commune), unique pour tous les contrats du foyer. |
| Contrat de 8 ans ou plus : taux | 7,5 % après l’abattement, tant que les primes versées et non remboursées en capital, tous contrats confondus, ne dépassent pas 150 000 €. Au-delà, la fraction des gains qui n’en bénéficie pas est imposée à 12,8 %. |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % sur les gains, sans abattement. |
| Avantage à l’entrée | Aucun : le versement ne se déduit pas du revenu. |
Le PER et l’assurance-vie fonctionnent à l’envers l’un de l’autre. Le PER donne l’avantage à l’entrée, au prix d’un impôt à la sortie sur les versements déduits et d’un blocage jusqu’à la retraite. L’assurance-vie ne donne rien à l’entrée, reste disponible à tout moment et allège l’impôt sur les gains après huit ans. La comparaison tient à un seul écart : la tranche d’imposition de l’entrée (30 %) face à celle de la sortie (11 %, puis 30 % pour une partie).
6. Le calcul comparatif à effort net identique
| Hypothèse de calcul | Valeur retenue |
|---|---|
| Artisan | 47 ans, célibataire (1 part), entreprise individuelle, bénéfice de 60 000 € par an avant cotisations sociales, stable ; aucun autre revenu ni contrat de retraite facultatif existant |
| Effort d’épargne | 9 429 € par an pendant 20 ans, de 47 à 67 ans (section 1) |
| Rendement | 4 % par an, net de frais, identique pour le PER et pour l’assurance-vie ; versements en fin d’année (hypothèse de calcul, aucun rendement n’est assuré) |
| Euros | Constants : barème, plafonds, taux et prélèvements de 2026 conservés jusqu’à la sortie ; bénéfice et plafond de déduction constants |
| Économie d’impôt | Comptée l’année du versement et réinvestie en assurance-vie dans le montage B |
| Retraite à 67 ans | Pensions de 25 876 € par an, sans autre revenu : 23 289 € imposables après l’abattement de 10 % |
| Sortie | 10 retraits annuels égaux de 67 à 76 ans, sans rendement après 67 ans (hypothèse qui isole l’effet de l’impôt) : capital du PER et rachats de l’assurance-vie |
| Assurance-vie | Contrat ouvert à 47 ans (donc de plus de 8 ans à la sortie), aucun autre contrat dans le foyer ; prélèvements sociaux de 17,2 % sur les gains ; taux de 7,5 % et de 12,8 % répartis chaque année selon les primes restantes |
Cas type
Situation. Un artisan plombier installé à Lyon à 32 ans, 47 ans aujourd’hui, célibataire, sans enfant, en entreprise individuelle. Son bénéfice est de 60 000 € par an, stable. Il partira à 67 ans après 35 ans de cotisations, sans autre carrière.
Problème. La Sécurité sociale des indépendants lui verse 25 876 € par an (43,1 % du bénéfice). Il vise 70 %, soit 42 000 € : il lui manque 16 124 € par an, soit un capital de 280 763 € et un effort de 9 429 € par an pendant 20 ans. Il hésite entre le PER, qui baisse son impôt tout de suite, et l’assurance-vie, qui reste disponible.
Stratégie. Montage A : 9 429 € par an en assurance-vie. Montage B : 4 789 € par an sur le PER (son plafond), qui lui rend 1 437 € d’impôt, et 6 076 € par an en assurance-vie, soit 3 352 € + 6 076 € = 9 429 € d’effort net, comme le montage A. Montages C et D, pour isoler l’effet du PER : 4 789 € sur le PER contre 3 352 € en assurance-vie, soit le même effort net de 3 352 €. À 67 ans, il retire le PER et l’assurance-vie en 10 ans.
Résultat. Le montage B laisse 280 834 € nets après impôt, contre 261 282 € pour le montage A, soit 19 552 € de plus à effort identique. Pour le même effort net de 3 352 €, le PER laisse 111 123 € et l’assurance-vie 94 189 €. Références : plafond de déduction selon le BOFiP BOI-IR-BASE-20-50-20, barème selon la loi n° 2026-103, article 4.
Capital à 67 ans et impôt de sortie
| Montage | Versements par an | Effort net par an | Capital à 67 ans | dont gains | Impôt et prélèvements à la sortie | Net après impôt |
|---|---|---|---|---|---|---|
| A. Assurance-vie seule | 9 429 € | 9 429 € | 280 763 € | 92 193 € | 19 481 € | 261 282 € |
| B. PER au plafond puis assurance-vie | 4 789 € + 6 076 € | 9 429 € | 323 546 € | 106 241 € | 42 712 € | 280 834 € |
| C. PER seul au plafond | 4 789 € | 3 352 € | 142 610 € | 46 828 € | 31 487 € | 111 123 € |
| D. Assurance-vie seule, même effort que C | 3 352 € | 3 352 € | 99 827 € | 32 780 € | 5 638 € | 94 189 € |
Le détail de la sortie du montage B
| Poste | Base | Taux | Montant |
|---|---|---|---|
| PER : versements déduits retirés | 95 782 € | 11 % puis 30 % (17,5 % en moyenne) | 16 783 € |
| PER : gains (prélèvement forfaitaire unique) | 46 828 € | 31,4 % | 14 704 € |
| Assurance-vie : impôt sur le revenu | 59 413 € | 7,5 % après 4 600 € d’abattement par an | 1 006 € |
| Assurance-vie : prélèvements sociaux | 59 413 € | 17,2 % | 10 219 € |
| Total à la sortie | 323 546 € | 13,2 % du capital | 42 712 € |
Dans le montage A, l’assurance-vie reçoit 188 570 € de primes, au-dessus du seuil de 150 000 € : les premières années de retrait, une part des gains passe à 12,8 %. Dans le montage B, elle reçoit 121 523 € de primes et reste sous le seuil. Les gains annuels de 5 941 € dépassent l’abattement de 4 600 € : l’impôt sur le revenu de l’assurance-vie est de 1 006 € sur toute la sortie, et ce sont les prélèvements sociaux de 17,2 % qui pèsent le plus.
Et si le rendement est de 2 % ou de 6 % ?
| Rendement net de frais | A. Assurance-vie seule | B. PER puis assurance-vie | Écart B − A | C. PER seul | D. Assurance-vie, même effort | Écart C − D |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2 % | 222 119 € | 236 261 € | 14 141 € | 93 117 € | 78 976 € | 14 141 € |
| 4 % | 261 282 € | 280 834 € | 19 552 € | 111 123 € | 94 189 € | 16 934 € |
| 6 % | 310 919 € | 335 918 € | 24 999 € | 134 145 € | 112 870 € | 21 275 € |
Le PER l’emporte dans les trois cas. L’écart augmente avec le rendement, parce que l’économie d’impôt de 1 437 € par an est placée dès la première année. Le résultat repose d’abord sur l’écart entre la tranche d’entrée et la tranche de sortie.
Et si la pension se double de revenus à la retraite ?
Si l’artisan conserve 15 000 € de revenus imposables par an à la retraite (loyers nets, par exemple), ses retraits du PER sont imposés à 30 %, comme à l’entrée. L’impôt sur les versements déduits passe à 28 735 €, soit 30 % de 95 782 €, et le PER seul laisse 99 172 € contre 94 189 € pour l’assurance-vie à effort égal, soit 4 983 € de plus. L’avantage subsiste mais diminue de 11 952 € : il ne vient plus de la baisse de tranche, seulement de l’économie d’impôt placée pendant 20 ans. Chaque point de taux moyen de sortie en plus retire 958 € au PER : l’avantage s’annulerait pour un taux moyen d’environ 35 %.
7. Comment organiser les versements
- Le PER d’abord, jusqu’au plafond. Chaque euro déduit à 30 % coûte 0,70 € à l’artisan. Le plafond de 4 789 € se vérifie chaque année sur le bénéfice imposable de l’année précédente.
- L’économie d’impôt va en assurance-vie. Les 1 437 € récupérés alimentent un contrat disponible, qui reste sous le seuil de 150 000 € de primes.
- Le complément passe par l’assurance-vie. Au-delà du plafond, le PER n’apporte plus de déduction : les 4 639 € par an restants vont en assurance-vie, dont le contrat doit être ouvert tôt pour que l’antériorité de huit ans soit acquise.
- Le capital du PER sort en plusieurs années. Avec 6 290 € de marge par an à 11 %, une sortie sur 16 ans garde tous les retraits à 11 % ; sur 10 ans, le taux moyen est de 17,5 %.
- Les cas de déblocage anticipé du PER sont limités. Décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin des droits au chômage, liquidation judiciaire d’une activité non salariée, achat de la résidence principale. Hors de ces cas, l’argent est bloqué jusqu’à la retraite : la réserve disponible se constitue en assurance-vie.
Au-delà du PER et de l’assurance-vie, l’immobilier prend le relais : voir nos pages SCPI et loueur en meublé non professionnel. Les autres leviers sont réunis sur la page défiscalisation. La page PER individuel détaille le fonctionnement du contrat.
8. Ce que le calcul ne retient pas
- L’inflation et la revalorisation des pensions : tous les montants sont en euros constants de 2026.
- Les cotisations de maladie, d’allocations familiales et la contribution sociale généralisée déductible, qui abaissent le revenu imposable et, au-delà d’un seuil, le plafond de déduction.
- Les frais des contrats et les écarts de rendement entre un PER et une assurance-vie, supposés nuls ici.
- Le calendrier des prélèvements sociaux de l’assurance-vie : ils sont comptés en une fois à la sortie, alors que certains supports les prélèvent chaque année.
- L’évolution du barème, des plafonds et des prélèvements sociaux entre 2026 et la sortie.
- La situation de famille : un couple ou un foyer avec enfants change les parts, les tranches et l’abattement de l’assurance-vie.
Questions fréquentes
Quel est le plafond de déduction du PER d’un artisan en 2026 ?
Le plus élevé de 10 % du bénéfice imposable de 2025 (retenu jusqu’à 8 plafonds de la Sécurité sociale) et de 10 % du plafond de la Sécurité sociale de 2025, soit un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €. Pour un bénéfice de 60 000 € avant cotisations, le cas type atteint 4 789 €. Le plafond non utilisé se reporte sur les cinq années suivantes.
Combien d’impôt un artisan à 60 000 € de bénéfice économise-t-il avec un versement sur le PER ?
1 437 € pour un versement de 4 789 €, soit 30 % : le revenu imposable de 47 891 € se situe dans la tranche à 30 % du barème 2026 (de 29 580 € à 84 577 €) et y reste après le versement. L’effort réel est de 3 352 €.
Faut-il sortir le PER en capital ou en rente ?
Dans le cas type, le capital étalé sur 10 ans conserve 77,9 % de chaque euro sorti, la rente 82,7 % avec un taux de conversion de 4 % (hypothèse de calcul) : la rente reste dans la tranche à 11 % et supporte des prélèvements sociaux sur 40 % de son montant seulement. Un capital étalé sur 16 ans conserve 82,3 %. La rente apporte un revenu versé à vie, le capital une disponibilité. Les deux se combinent.
Quand l’assurance-vie est-elle préférable au PER ?
Quand l’argent doit rester disponible avant la retraite, quand le plafond de déduction est déjà atteint, ou quand le taux moyen de sortie du PER dépasse nettement celui de l’entrée : dans le cas type, l’avantage du PER s’annulerait vers 35 % de taux moyen de sortie. Avec une pension de 25 900 €, la sortie reste à 17,5 % en moyenne sur 10 ans.
Le PER fait-il baisser les cotisations sociales de l’artisan ?
Le calcul ne retient aucune baisse : l’économie vient de l’impôt sur le revenu seul. Service-public.gouv.fr indique que la base des cotisations de l’artisan reprend notamment les primes de contrats d’assurance de groupe et les contributions complémentaires facultatives. Votre expert-comptable confirme le traitement de votre dossier.
Notre position
Nous partons de vos avis d’appel de cotisations, de votre avis d’impôt et de votre relevé de carrière, pas d’une moyenne. Nous ne rédigeons pas d’actes et ne donnons pas de conseil juridique ou comptable : votre expert-comptable valide le bénéfice imposable, le plafond de déduction et les versements. Nous mesurons l’écart entre votre pension et votre revenu actuel, puis nous construisons avec vous la répartition entre PER, assurance-vie et immobilier, ainsi que le calendrier de sortie. Nous percevons des commissions sur les contrats souscrits via notre cabinet.
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Alexis Sagnier, conseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF. ORIAS 13003497. Mis à jour le 28/10/2026.
Sources officielles consultées
- Service-Public Entreprendre, « Régime de retraite de l’entrepreneur individuel » (taux 2026, limite de la première tranche du régime complémentaire, durée de référence, âge légal, calcul de la retraite de base) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Service-Public Entreprendre, « Protection sociale des artisans et commerçants » (invalidité-décès à 1,30 %, assiette de cotisation, abattement de 26 %) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Service-Public Entreprendre, « Réforme de l’assiette sociale des indépendants » (abattement de 26 %, cotisations 2026) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-31 du 22 décembre 2025 (valeur de service 1,347 €, valeur d’acquisition 21,726 € du point et plafond du régime complémentaire de 44 286 €) : legislation.lassuranceretraite.fr
- L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-14 du 4 avril 2025 (taux de 17,87 %, de 8,1 % et de 9,1 %) : legislation.lassuranceretraite.fr
- L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-33 du 23 décembre 2025 (validation des trimestres en 2026, cotisation de 1 289 € pour quatre trimestres) : legislation.lassuranceretraite.fr
- L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2026-01 du 5 janvier 2026 (plafond de la Sécurité sociale 2026 de 48 060 €, retraite personnelle maximale de 24 030 €) : legislation.lassuranceretraite.fr
- BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20, limites de déduction des versements d’épargne retraite (plafond d’un travailleur non salarié, bénéfice retenu, report sur cinq ans) : bofip.impots.gouv.fr
- Service-public.gouv.fr, « Plan d’épargne retraite (PER) : fiscalité à la sortie » (capital, rente, prélèvement forfaitaire de 31,4 %, fractions imposables, cas de déblocage anticipé), vérifié le 12 octobre 2026 : service-public.gouv.fr
- Service-public.gouv.fr, « Assurance-vie : imposition des rachats » (abattement de 4 600 € et 9 200 €, taux de 7,5 % et 12,8 %, seuil de 150 000 €, prélèvements sociaux de 17,2 %), vérifié le 15 avril 2026 : service-public.gouv.fr
- Direction générale des Finances publiques, « Comment sont imposés les produits des contrats d’assurance-vie depuis le 1er janvier 2018 ? », modifié le 20 mars 2026 : impots.gouv.fr
- Service-public.gouv.fr, « Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placements » (taux 2026 : 18,6 % en général, 17,2 % pour l’assurance-vie), vérifié le 30 juin 2026 : service-public.gouv.fr
- Service-public.gouv.fr, « Impôt sur le revenu : tranches et taux d’imposition 2026 » (barème par part, loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 4) : service-public.gouv.fr
- Service-public.gouv.fr, « Déclarer les pensions de retraite » (abattement de 10 % plafonné à 4 439 € par foyer pour les revenus 2025), vérifié le 15 avril 2026 : service-public.gouv.fr



