En résumé…
Une orthophoniste libérale conventionnée qui dégage 50 000 € de revenu professionnel par an (avant cotisations sociales) pendant 35 ans touche environ 17 100 € bruts par an de la CARPIMKO, la caisse de retraite des auxiliaires médicaux, à 67 ans : 9 993 € du régime de base, 5 788 € du régime complémentaire et au moins 1 286 € de l’avantage social vieillesse (ASV). C’est 34 % de son revenu, et jusqu’à 38 % avec le maximum d’ASV. Pour retrouver 70 % de son revenu, il manque environ 17 900 € par an, soit un capital d’environ 312 000 € à constituer en 22 ans, ou environ 9 118 € d’épargne par an. Le plan d’épargne retraite (PER) en déduit 4 710 € par an, le minimum de plafond accessible à tout travailleur non salarié en 2026, et fait économiser 1 413 € d’impôt ; le reste de l’effort passe par l’assurance-vie et l’immobilier.
1. Les quatre régimes de la CARPIMKO en 2026
Une orthophoniste libérale cotise à quatre régimes à la fois auprès de la CARPIMKO, la caisse des auxiliaires médicaux : infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes. Trois régimes fonctionnent par points et servent une retraite : le régime de base, le régime complémentaire et l’ASV (avantage social vieillesse), réservé aux affiliés conventionnés avec l’Assurance maladie. Le quatrième, le régime invalidité-décès, protège en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès.
| Régime | Cotisation 2026 | Ce que le régime donne |
|---|---|---|
| Base | 8,73 % de l’assiette jusqu’à 48 060 € (un plafond annuel de la Sécurité sociale, ou PASS), plus 1,87 % de l’assiette jusqu’à 240 300 € | Jusqu’à 557 points par an sur la première tranche et 25 sur la seconde, au prorata de la cotisation ; le point vaut 0,6599 € par an |
| Complémentaire | 8,70 % de l’assiette, comprise entre 24 030 € et 144 180 € (soit de 2 091 € à 12 544 € de cotisation) | Des points en fonction de la cotisation, 30 au maximum selon la caisse ; le point vaut 21,48 € par an |
| ASV (conventionnés) | Un forfait de 671 € (224 € à la charge de l’orthophoniste, 447 € à la charge de l’Assurance maladie), plus 0,40 % de l’assiette conventionnée (0,16 % pour elle, 0,24 % pour l’Assurance maladie) | 24,5 points pour la partie forfaitaire, jusqu’à 34,10 points de plus pour la partie proportionnelle ; le point vaut 1,50 € par an |
| Invalidité-décès | Un forfait de 1 022 €, quel que soit le revenu | Indemnités journalières, rente d’invalidité, capital décès, rentes |
Deux changements datent de cette année. Le premier concerne la base de calcul. Depuis la réforme de l’assiette sociale, les cotisations se calculent sur le revenu professionnel sans déduction des cotisations sociales, diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %. Pour 50 000 € de revenu, l’assiette est donc de 37 000 €. La caisse mentionne aussi un plafond de cette assiette à 130 % du PASS (61 230 € en 2025) : le cas type reste en dessous.
Le second concerne les taux. Le régime de base passe de 8,23 % à 8,73 % sur la première tranche, avec un plafond qui monte de 47 100 € à 48 060 €. Le régime complémentaire n’a plus de forfait : en 2025, il demandait 2 312 € fixes plus 3 % du revenu, en 2026 il demande 8,70 % de l’assiette, de façon proportionnelle. Plus le revenu monte, plus la cotisation et les droits montent.
Les règles de calcul sont communes à toutes les professions de la caisse. Pour une orthophoniste, le point qui change le résultat est le conventionnement avec l’Assurance maladie : la caisse réserve l’ASV aux affiliés conventionnés et fait prendre en charge par l’Assurance maladie une partie de leur cotisation ASV. Le cas type suppose un exercice entièrement conventionné.
2. À quel âge et avec quelle réduction
- Régime de base et régime complémentaire : l’âge légal va de 62 à 64 ans selon la génération, et le taux plein s’obtient à 67 ans sans condition de durée, ou plus tôt avec le nombre de trimestres exigé pour sa génération (172 pour les générations 1966 à 1973, selon le tableau de la CNAVPL). Chaque trimestre manquant retire 1,25 % de la pension de base, dans la limite de 25 %, et la réduction est définitive. Un trimestre cotisé au-delà du nombre exigé ajoute 0,75 %.
- ASV : on peut la demander dès 60 ans, le taux plein est à 65 ans. Partir plus tôt réduit la pension de 25 % à 60 ans, 20 % à 61 ans, 15 % à 62 ans, 10 % à 63 ans et 5 % à 64 ans. Il n’y a pas de surcote.
- Trois enfants ou plus : la pension de base et la pension complémentaire sont majorées de 10 %.
3. Le calcul sur un revenu de 50 000 €
Cas type
Situation. Une orthophoniste libérale conventionnée, 45 ans, célibataire, sans enfant, installée à 32 ans. Son revenu professionnel est de 50 000 € par an, stable, avant déduction des cotisations sociales, et tout son revenu relève de la convention. Elle partira à 67 ans, après 35 ans de cotisations, dont 13 déjà accomplis. Les valeurs de 2026 sont figées sur toute la carrière et les montants sont en euros constants.
Problème. Elle ne sait pas ce que sa caisse lui versera. Son assiette sociale est de 50 000 € × (1 − 26 %) = 37 000 €. Le calcul donne : régime de base : cotisation de 3 230 € sur la première tranche (8,73 % × 37 000 €), soit 428,8 points sur 557 au prorata de la cotisation maximale de 4 196 €, et 692 € sur la seconde tranche, soit 3,8 points sur 25. Cela fait 432,7 points par an, 15 143 points en 35 ans, × 0,6599 € = 9 993 €. Régime complémentaire : sa cotisation 2026 est de 8,70 % × 37 000 € = 3 219 €. Nous retenons une hypothèse, car la caisse ne publie pas la règle d’attribution : les points sont proportionnels à la cotisation et atteignent 30 par an, le maximum affiché par la caisse, à la cotisation maximale de 12 544 €. Cela donne 7,7 points par an, soit 269 points en 35 ans, × 21,48 € = 5 788 €. ASV : la partie forfaitaire seule donne 24,5 points × 35 ans × 1,50 € = 1 286 € ; avec le maximum de la partie proportionnelle, on atteint 3 077 €. Total : 17 067 € bruts par an, soit 34 % de son revenu (jusqu’à 18 857 €, soit 38 %, avec le maximum d’ASV). Pour cela, elle verse en 2026 3 922 € au régime de base, 3 219 € au régime complémentaire, 283 € pour l’ASV (224 € + 0,16 % de l’assiette) et 1 022 € pour l’invalidité-décès, soit 8 446 € par an (16,9 % de son revenu). L’Assurance maladie règle de son côté 536 € de cotisation ASV (447 € + 0,24 % de l’assiette). Les cotisations de l’URSSAF, qui s’ajoutent, ne sont pas chiffrées ici.
Stratégie. Elle vise 70 % de son revenu, soit 35 000 € par an. Il manque 17 933 € par an pendant 25 ans de retraite (de 67 à 92 ans). À un rendement de 3 % pendant la retraite, ce flux demande un capital de 312 268 € à 67 ans. Pour l’atteindre en 22 ans (de 45 à 67 ans) avec un rendement de 4 % par an, elle doit épargner 9 118 € par an, soit 760 € par mois (18,2 % de son revenu). Ces deux rendements sont des hypothèses de calcul, pas des promesses. Nous retenons la partie forfaitaire de l’ASV seule, pour ne pas surestimer sa pension. Elle verse 4 710 € par an sur un PER. C’est 10 % du plafond de la Sécurité sociale de 2025 (47 100 €), le plancher du plafond de déduction pour un versement en 2026 : 10 % de son bénéfice imposable de 2025, environ 4 155 €, serait inférieur, donc le plancher s’applique. Elle place les 4 408 € restants en assurance-vie. Pour l’impôt, son revenu imposable, après déduction des cotisations sociales obligatoires, se trouve dans la tranche à 30 % du barème 2026 (de 29 579 € à 84 577 € par part). Nous le repérons à environ 41 554 € (50 000 € moins les cotisations de la caisse). Il reste dans cette tranche tant qu’il dépasse 34 289 € : les cotisations de l’URSSAF, non chiffrées ici, devraient le réduire de plus de 7 265 € pour que le versement sorte de cette tranche.
Résultat. Son impôt baisse de 1 413 € (de 5 570 € à 4 157 € sur le repère de 41 554 €), soit 30 % du versement. L’effort réel sur le PER est de 3 297 €, et l’effort total de l’année, après économie d’impôt, de 7 705 €. À 67 ans, elle dispose de 17 067 € de pension et d’un capital qui lui verse les 17 933 € manquants.
Le relevé de points de la caisse donne le chiffre exact de la pension de chaque régime. Ce calcul pose l’ordre de grandeur : la CARPIMKO remplace environ un tiers du revenu d’une orthophoniste à 50 000 €, pas 70 %.
4. Le régime invalidité-décès : ce qu’il verse, et l’écart qui reste
Le forfait de 1 022 € est dû par tous les affiliés, jusqu’à l’âge du taux plein du régime de base (de 65 à 67 ans selon l’année de naissance), puis facultatif jusqu’à 70 ans. Les montants sont forfaitaires : ils ne dépendent ni de la profession ni du revenu.
| Événement | Ce que verse la CARPIMKO |
|---|---|
| Arrêt de travail | 55,44 € bruts par jour à partir du 91e jour d’arrêt, jusqu’à la fin de la 3e année ; l’Assurance maladie couvre les jours 4 à 90 |
| Invalidité à partir de la 4e année | 20 160 € bruts par an pour une invalidité totale, 10 080 € pour une invalidité partielle |
| Décès | Capital de 54 432 € avec conjoint et enfants à charge, 36 288 € avec conjoint seul, 18 144 € sans bénéficiaire à charge |
| Après le décès | Rente de survie du conjoint de 10 080 € par an jusqu’à 65 ans, rente d’éducation de 7 560 € par an par enfant |
L’indemnité journalière représente environ 20 236 € par an, et la rente d’invalidité totale 20 160 € : soit 40 % d’un revenu de 50 000 €. L’écart de revenu existe donc aussi pendant l’activité, et pas seulement à la retraite. Il se traite par un contrat de prévoyance, que nous étudions avec la retraite. Pour une célibataire sans enfant, le capital décès est de 18 144 €.
5. Ce que le PER permet de déduire
Le plan d’épargne retraite se déduit du revenu imposable. Pour un travailleur non salarié, le plafond de l’année N est le plus élevé entre 10 % du bénéfice imposable de l’année N-1 (retenu jusqu’à 8 fois le plafond de la Sécurité sociale) et 10 % du plafond de la Sécurité sociale de l’année N-1, selon le Bulletin officiel des finances publiques (BOI-IR-BASE-20-50-20). Pour un versement en 2026, le plancher est de 4 710 € (10 % de 47 100 €) et le maximum de 37 680 €. En 2027, le plancher passera à 4 806 € (10 % de 48 060 €). Un bénéfice imposable de 2025 supérieur à 47 100 € ouvre un plafond plus haut, à 10 % de ce bénéfice. Le plafond non utilisé se reporte sur les cinq années suivantes. Le détail figure sur notre page plafond de déduction du PER et loi de finances 2026.
Le barème de l’impôt sur le revenu 2026 applique 11 % de 11 600 € à 29 579 € par part, 30 % de 29 579 € à 84 577 € par part, puis 41 % jusqu’à 181 917 € par part. Pour une personne seule dans la tranche à 30 %, chaque euro déduit économise 0,30 €. Pour un couple marié ou pacsé, le revenu imposable se divise sur deux parts, ce qui peut ramener la tranche marginale à 11 % : le calcul de la tranche précède toujours le choix du montant versé. Le PER individuel reste l’outil de départ ; il ne couvre pas seul l’écart.
6. Où placer le reste de l’effort
- L’assurance-vie : épargne disponible à tout moment, avec une fiscalité allégée après huit ans, utile pour la transmission.
- L’immobilier locatif : des loyers qui s’ajoutent à la pension, avec le statut de loueur en meublé non professionnel pour limiter l’impôt sur les loyers.
- Les parts de SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) : exposition à l’immobilier sans gestion, voir notre page dédiée.
- La prévoyance : un contrat qui complète les 55,44 € par jour et la rente d’invalidité de la caisse.
- Le calcul de l’écart d’un médecin suit la même méthode, détaillée dans notre article sur la gestion de patrimoine d’un médecin.
Questions fréquentes
À quel âge une orthophoniste libérale touche-t-elle sa retraite CARPIMKO à taux plein ?
À 67 ans, ou plus tôt si elle a validé le nombre de trimestres exigé pour sa génération, avec un âge légal de 62 à 64 ans. Chaque trimestre manquant retire 1,25 % de la pension de base, jusqu’à 25 %, définitivement. L’ASV se demande dès 60 ans, avec une réduction de 25 % à 60 ans qui tombe à 5 % à 64 ans, et son taux plein est à 65 ans.
Combien coûtent les cotisations CARPIMKO d’une orthophoniste libérale en 2026 ?
Pour 50 000 € de revenu professionnel, l’assiette sociale est de 37 000 € après l’abattement de 26 % : 3 922 € au régime de base (8,73 % jusqu’à 48 060 €, 1,87 % jusqu’à 240 300 €), 3 219 € au régime complémentaire (8,70 %), 283 € pour l’ASV et 1 022 € pour l’invalidité-décès, soit 8 446 € au total. Les cotisations de l’URSSAF s’y ajoutent.
Quelle part de la cotisation ASV l’Assurance maladie prend-elle en charge ?
Pour une orthophoniste conventionnée, l’Assurance maladie règle 447 € de la cotisation forfaitaire de 671 € et 0,24 % de l’assiette conventionnée sur les 0,40 % dus, soit 536 € sur 819 € à 50 000 € de revenu. L’orthophoniste règle le reste : 283 €. La caisse réserve l’ASV aux affiliés conventionnés.
Que verse la CARPIMKO en cas d’arrêt maladie ?
55,44 € bruts par jour à partir du 91e jour d’arrêt, jusqu’à la fin de la 3e année. L’Assurance maladie verse ses propres indemnités pour les jours 4 à 90. Au-delà, la rente d’invalidité totale est de 20 160 € bruts par an. Ces montants sont forfaitaires et ne dépendent ni de la profession ni du revenu.
Pourquoi la cotisation de retraite change-t-elle en 2026 ?
La réforme de l’assiette sociale s’applique aux cotisations 2026 et à la régularisation de 2025. Les cotisations se calculent sur le revenu sans déduction des cotisations sociales, après un abattement de 26 %. Le régime de base passe à 8,73 % sur la première tranche, et le régime complémentaire à 8,70 % proportionnels, sans forfait.
Notre position
Nous partons du relevé de points de votre caisse, pas d’une moyenne. Avec ce relevé, nous mesurons l’écart entre votre pension et votre revenu actuel, puis nous construisons la combinaison PER, assurance-vie, immobilier et prévoyance qui le ferme au coût fiscal le plus bas. Nous ne rédigeons pas d’actes et ne donnons pas de conseil juridique ou comptable : le statut de votre exercice et vos comptes relèvent de votre expert-comptable. Nous percevons des commissions sur les contrats souscrits via notre cabinet.
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Alexis Sagnier, conseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF. ORIAS 13003497. Mis à jour le 28/10/2026.
Sources officielles consultées
- CARPIMKO, « Mes cotisations s’adaptent à mes revenus » (cotisations 2026 des quatre régimes) : carpimko.com
- CARPIMKO, « 2026 : évolution de l’assiette des cotisations sociales et retraites » (assiette sociale, abattement de 26 %, taux et bornes 2025 et 2026, ASV des praticiens conventionnés) : carpimko.com
- CARPIMKO, « Comment ma retraite libérale est-elle calculée ? » (points par an, valeurs du point 2026, décote, surcote, majoration pour enfants) : carpimko.com
- CARPIMKO, « Âge de ma retraite » (âge légal, taux plein, ASV) : carpimko.com
- CARPIMKO, « En cas d’incapacité ou d’invalidité » et « En cas de décès » (indemnités journalières, rente d’invalidité, capital décès, rentes) : carpimko.com
- CARPIMKO, « Mes garanties invalidité-décès » (cotisation de 1 022 € en 2026, âge limite) : carpimko.com
- CARPIMKO, statuts du régime complémentaire d’assurance vieillesse (article 1 : ensemble des auxiliaires médicaux, dont les orthophonistes) : carpimko.com
- CNAVPL, « Comprendre sa retraite » (points maximum du régime de base, calcul au prorata de la cotisation, valeur du point, taux plein à 67 ans, âge légal et trimestres par génération) : cnavpl.fr
- CNAVPL, « Recueil statistique de l’assurance vieillesse des professions libérales » (557 points et 25 points en 2025 et 2026) : cnavpl.fr
- La retraite en clair, « La retraite complémentaire des auxiliaires médicaux (CARPIMKO) » (professions affiliées, ASV pour les praticiens conventionnés) : la-retraite-en-clair.fr
- Service-Public.fr Entreprendre, « Travailleurs indépendants : réforme de l’assiette sociale et du barème des cotisations » (assiette sans déduction des cotisations, abattement de 26 %) : entreprendre.service-public.gouv.fr
- Bulletin officiel des finances publiques, BOI-IR-BASE-20-50-20, limites de déduction des cotisations d’épargne retraite (plafond des travailleurs non salariés, plafond de l’année N-1, report sur cinq ans) : bofip.impots.gouv.fr
- Bulletin officiel des finances publiques, BOI-IR-LIQ-20-10, détermination de l’impôt brut (barème applicable aux revenus 2025) : bofip.impots.gouv.fr










