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Fiscalité et résidence

Vivre au Kenya : résidence à 183 jours, barème de 10 à 35 % et impôt de 15 % sur les plus-values immobilières

Cette page rapporte ce que publient l’administration fiscale kényane (Kenya Revenue Authority, KRA), le Parlement du Kenya, le BOFiP et impots.gouv.fr. L’Income Tax Act définit le résident par un foyer permanent au Kenya et une présence dans l’année, ou, sans foyer, par 183 jours ou plus dans l’année, ou une moyenne de plus de 122 jours sur trois ans. Le barème des salaires va de 10 % à 35 %, avec des tranches en vigueur depuis le 1er juillet 2023. Les gains sur un bien situé au Kenya sont imposés à 15 % du gain net. La Constitution limite à 99 ans le bail d’un non-citoyen.

La loi de finances 2026 (Finance Act, 2026), applicable pour l’essentiel depuis le 1er juillet 2026, crée un impôt sur les loyers des non-résidents. La page signale chaque point que les sources lues ne confirment pas.

Résidence fiscale : l’article 2 de l’Income Tax Act

La KRA publie l’Income Tax Act (Cap. 470) dans la version à jour au 1er juillet 2026, avec la mention que la loi n° 19 de 2026 comporte des modifications non encore intégrées. Pour une personne physique, la définition de « resident » à l’article 2 vise :

  • la personne qui a un foyer permanent au Kenya et qui y a été présente pendant une période quelconque de l’année de revenu considérée ;
  • ou, sans foyer permanent au Kenya, la personne présente 183 jours ou plus au total dans l’année de revenu ;
  • ou, sans foyer permanent, la personne présente au Kenya dans l’année et dans chacune des deux années précédentes pour des périodes dont la moyenne dépasse 122 jours par an.

Le texte lu de la loi de finances 2026 ne modifie pas cette définition. Entre la France et le Kenya, l’article 4 § 2 de la convention départage une double résidence dans cet ordre, d’après le texte consolidé publié par impots.gouv.fr : le foyer d’habitation permanent puis le centre des intérêts vitaux, le séjour habituel, la nationalité, puis l’accord des autorités compétentes.

Impôt sur le revenu : barème et allègements

La KRA publie les tranches annuelles suivantes, en vigueur depuis le 1er juillet 2023 (Finance Act 2023). Le texte lu de la loi de finances 2026 ne les modifie pas.

Fraction du revenu annuel (KES)Taux
les premiers 288 00010 %
les 100 000 suivants25 %
les 5 612 000 suivants30 %
les 3 600 000 suivants32,5 %
au-delà de 9 600 00035 %

La réduction personnelle est de 2 400 KES par mois (28 800 KES par an) et vise les résidents. La réduction d’assurance est de 15 % des primes, plafonnée à 60 000 KES par an. L’Affordable Housing Levy est de 1,5 % du salaire mensuel brut. À compter du 1er janvier 2027, la loi de finances 2026 fixe le dépôt de la déclaration des particuliers au dernier jour du quatrième mois suivant la fin de l’année de revenu.

Dividendes, intérêts et honoraires : retenues à la source

La page de la KRA sur la retenue à la source, qui ne porte pas de date, donne les taux ci-dessous.

RevenuRésidentNon-résident
Dividendes10 %15 %
Intérêts bancaires15 %15 %
Redevances5 %20 %
Honoraires de gestion5 %20 %
Honoraires professionnels5 %20 %

La ligne des dividendes ajoute que le taux est nul pour une société résidente détenant plus de 12,5 % du capital, et de 5 % pour les dividendes résidents « qualifiants » et pour les citoyens de la Communauté d’Afrique de l’Est. Un billet de la KRA du 30/11/2020 indique 5 % pour les résidents et 10 % pour les non-résidents : les deux pages ne concordent pas, et le taux applicable se confirme dans l’Income Tax Act. Pour un non-résident sans établissement stable, la retenue est en général libératoire.

Plus-values : 15 % du gain net

La KRA indique un taux de 15 % du gain net, impôt libératoire. Il vise les gains tirés du transfert d’un bien situé au Kenya, et, depuis le 1er juillet 2023, la cession de parts d’entités étrangères dont plus de 20 % de la valeur provient d’immeubles kényans, ainsi que la cession par un non-résident de plus de 20 % du capital d’une société kényane. L’impôt est dû à la première des deux dates suivantes : encaissement du prix complet ou enregistrement de l’acte de transfert.

Exonérations citées par la KRA :

  • la résidence privée, si le propriétaire y a vécu sans interruption pendant les trois ans précédant le transfert ;
  • les transferts entre époux, y compris entre ex-époux dans un accord de divorce ou de séparation, et au profit de la famille proche ;
  • les transferts d’un représentant personnel aux bénéficiaires pendant l’administration d’une succession.

La loi de finances 2026 ajoute une exonération pour les transferts vers un fonds immobilier (REIT) enregistré auprès de la KRA, et une disposition sur les cessions de parts par des non-résidents dont la valeur provient du Kenya.

Immobilier : bail de 99 ans, loyers et droits

Acquisition par un non-citoyen. L’article 65 de la Constitution du Kenya (texte publié par le Parlement) réserve aux non-citoyens la détention de terres en leasehold, pour 99 ans au plus. Toute clause donnant une durée plus longue est réputée accorder 99 ans. Une société n’est considérée comme citoyenne que si elle est détenue entièrement par des citoyens.

Loyers d’un résident. L’impôt sur les loyers résidentiels (Monthly Rental Income) est de 7,5 % du loyer brut depuis le 1er janvier 2024, impôt libératoire sans déduction de charges. Il vise les loyers annuels de plus de 288 000 KES (seuil fixé par le Finance Act 2020) et jusqu’à 15 millions KES, et les personnes résidentes ; les bailleurs non résidents en sont exclus. Le paiement est dû avant le 20 du mois suivant. Une section de la même page cite 10 % : le taux se confirme auprès de la KRA.

Loyers d’un non-résident. La loi de finances 2026 insère un article 6B : un impôt sur les loyers des non-résidents, libératoire, au taux de la Third Schedule, avec inscription simplifiée et dépôt avant le 20 du mois suivant, sauf si un résident perçoit le loyer pour le compte du non-résident et retient l’impôt. La page non datée de la KRA sur la retenue à la source indique 30 % pour le loyer d’un immeuble payé à un non-résident. Le texte lu de la loi ne chiffre pas ce taux.

Les pages de la KRA lues ne donnent pas les taux du droit de timbre sur les transferts immobiliers.

Succession, donation et régimes particuliers

Les pages lues de la KRA ne décrivent pas d’impôt sur les successions ni sur les donations : ce point n’est pas détaillé ici. Elles ne décrivent pas non plus de régime pour les nouveaux résidents ou les retraités. L’exonération des transferts d’un représentant personnel aux bénéficiaires, citée plus haut, concerne l’impôt sur les plus-values.

Articulation avec la convention franco-kényane

La convention a été signée à Nairobi le 4 décembre 2007 et elle est entrée en vigueur le 1er novembre 2010. Le texte consolidé intègre la convention multilatérale, en vigueur le 1er janvier 2019 pour la France et le 1er mai 2025 pour le Kenya.

RevenuRègle
Dividendes (art. 10 § 2)Retenue à la source plafonnée à 8 % si le bénéficiaire est une société détenant au moins 25 % du capital, 10 % dans les autres cas (BOFiP)
Intérêts (art. 11 § 2)Plafond de 12 % du brut
Redevances (art. 12 § 2)Plafond de 10 % du brut
Gains (art. 13)Immeubles : État de situation ; actions dont plus de 50 % de la valeur provient d’immeubles situés dans l’autre État (365 jours avant la cession, § 1 b) : cet autre État ; autres biens (§ 4) : État de résidence du cédant
Pensions (art. 18)Pensions privées imposables dans l’État de résidence

Le départ de France relève du domicile fiscal et de l’exit tax : voir les pages liées plus bas.

Ce que cette page ne traite pas

Elle ne détaille ni le taux d’imposition des loyers des non-résidents, ni les droits de timbre, ni les cotisations sociales, ni les titres de séjour et visas, ni l’imposition des revenus de source étrangère d’un résident. Balmont Conseil n’est pas un cabinet d’avocats ni un fiscaliste local : la fiscalité locale se valide avec un professionnel installé au Kenya. Ce qui relève de la France, notamment la déclaration de départ et les comptes à déclarer, est traité dans nos pages sur le domicile fiscal et l’exit tax.

Ce qui change selon votre cas

  • Le nombre de jours passés au Kenya, l’existence d’un foyer permanent et la présence sur les deux années précédentes.
  • La nature des revenus : salaire, dividendes, intérêts, loyers, plus-value.
  • La qualité de résident ou de non-résident, qui détermine les retenues et les allègements.
  • Votre situation de résidence en France et au Kenya, année par année.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Qui est résident fiscal au Kenya ?

Selon l’article 2 de l’Income Tax Act, la personne qui a un foyer permanent au Kenya et y a été présente dans l’année, ou, sans foyer, présente 183 jours ou plus, ou plus de 122 jours en moyenne sur trois ans.

Quel est le taux sur les plus-values immobilières ?

La KRA indique 15 % du gain net, impôt libératoire, avec une exonération de la résidence privée occupée pendant les trois ans précédant le transfert.

Un étranger peut-il acheter un terrain au Kenya ?

L’article 65 de la Constitution limite un non-citoyen à un leasehold de 99 ans au plus.

Quel plafond la convention fixe-t-elle sur les dividendes ?

8 % pour une société détenant au moins 25 % du capital, 10 % dans les autres cas, d’après le BOFiP.

Faire le point avant de vous installer

Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et l’étranger. Pour faire le point sur votre situation avant un départ vers le Kenya, prenez rendez-vous.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles