En résumé…
Un chirurgien-dentiste libéral qui gagne 100 000 € de bénéfice par an pendant 35 ans touche environ 43 600 € bruts par an de la Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes (CARCDSF), tous régimes confondus (base, complémentaire et prestations complémentaires de vieillesse, appelées aussi avantage social vieillesse), soit 44 % de son revenu. Pour retrouver 70 % de son revenu, il manque environ 26 400 € par an, soit un capital d’environ 460 000 € à constituer en 20 ans. Le plafond de déduction du plan d’épargne retraite (PER) couvre 10 000 € de versements par an à ce niveau de revenu, sur les 15 500 € d’effort annuel : le reste passe par l’assurance-vie.
1. Les trois régimes de retraite d’un chirurgien-dentiste libéral
La CARCDSF verse trois pensions qui s’additionnent. Chacune se calcule de la même façon : nombre de points acquis × valeur du point. Les cotisations ci-dessous sont celles de 2026, appelées sur le revenu de 2025.
| Régime | Cotisation 2026 | Points acquis par an (barème 2025, dernier publié) | Valeur du point 2026 |
|---|---|---|---|
| Régime de base des libéraux | 8,73 % du revenu jusqu’à 1 plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS, 48 060 €), puis 1,87 % jusqu’à 5 PASS (240 300 €) | Jusqu’à 525 points sur la première tranche, jusqu’à 25 points sur la seconde | 0,6599 € |
| Régime complémentaire | Forfait de 3 210,60 € + 11,35 % du revenu entre 31 239 € et 240 300 € | 6 points pour le forfait, plus des points proportionnels au revenu (12,22 points pour 100 000 € de revenu) | 31,82 € |
| Prestations complémentaires de vieillesse (ASV) | Forfait de 1 663,60 € à la charge du praticien + 0,725 % du revenu jusqu’à 240 300 € | 10 points pour le forfait, plus des points proportionnels au revenu (0,82 point pour 100 000 € de revenu) | 28,8321 € (points acquis depuis 2006) |
La page 2026 de la caisse donne les cotisations et les valeurs du point, mais pas le nombre de points par année. Pour les points, nous retenons le barème du mémento 2025, valeurs 2025, dernières publiées. Les valeurs du point, elles, sont celles de 2026.
Les prestations complémentaires de vieillesse, souvent appelées avantage social vieillesse (ASV), sont le troisième étage. L’Assurance maladie prend en charge les deux tiers du forfait pour les praticiens qui exercent dans le cadre conventionnel : le forfait de 1 663,60 € achète 10 points, celui du régime complémentaire (3 210,60 €) en achète 6. C’est une pension que beaucoup oublient de compter dans leur projection.
2. À quel âge et après combien de trimestres le taux plein ?
- Régime de base : taux plein à 67 ans, ou dès que le nombre de trimestres exigé est atteint. Pour un chirurgien-dentiste né en 1969 ou après, l’âge légal de départ est de 64 ans et la durée exigée de 172 trimestres, selon le tableau publié par la caisse. Un trimestre manquant coûte 1,25 % de pension, de façon définitive.
- Régime complémentaire et prestations complémentaires de vieillesse : taux plein à 67 ans. Partir avant, c’est 1,25 % de pension en moins par trimestre manquant, de façon définitive.
- Majoration de 10 % pour les praticiens qui ont eu ou élevé au moins trois enfants.
- Départ sans minoration avant 67 ans : possible dès 62 ans en cas d’inaptitude à l’exercice. Pour le régime complémentaire, les mères gagnent un an d’avance par enfant, dans la limite de cinq ans.
Un praticien qui part à 64 ans subit sur le régime complémentaire et sur les prestations complémentaires de vieillesse une minoration de 15 % (12 trimestres manquants × 1,25 %). Ces deux pensions représentent 72 % du total dans le cas ci-dessous.
3. Le calcul sur 100 000 € de bénéfice pendant 35 ans
| Régime | Points par an | Points sur 35 ans | Valeur du point 2026 | Pension annuelle brute |
|---|---|---|---|---|
| Base | 535,4 | 18 739 | 0,6599 € | 12 366 € |
| Complémentaire | 18,22 | 638 | 31,82 € | 20 292 € |
| Prestations complémentaires de vieillesse | 10,82 | 379 | 28,8321 € | 10 919 € |
| Total | 43 576 € |
Cas type
Situation. Un chirurgien-dentiste conventionné installé à Lyon à 32 ans, 47 ans aujourd’hui, célibataire. Son bénéfice est de 100 000 € par an, stable. Il partira à 67 ans, après 35 ans de cotisations.
Problème. Il compte sur « la moitié » de son revenu. Le calcul donne 43 576 € bruts par an, soit 43,6 % de son bénéfice : 12 366 € du régime de base, 20 292 € du régime complémentaire, 10 919 € des prestations complémentaires de vieillesse. Pour cela, il cotise en 2026 au plus 19 469 € par an à ces trois régimes (régime de base 6 066 €, complémentaire 11 015 €, prestations complémentaires 2 389 €), soit 19,5 % de son bénéfice.
Stratégie. Il vise 70 % de son revenu, soit 70 000 € par an. Il manque 26 424 € par an pendant 25 ans de retraite (de 67 à 92 ans). À un rendement de 3 % pendant la retraite, ce flux demande un capital de 460 120 € à 67 ans. Pour l’atteindre en 20 ans avec un rendement de 4 % par an, il doit épargner 15 452 € par an, soit 1 288 € par mois. Il répartit l’effort entre un PER à hauteur de son plafond et de l’assurance-vie pour le reste.
Résultat. Il verse 10 000 € par an sur son PER, soit 10 % de son bénéfice. L’économie d’impôt est de 4 100 € (tranche à 41 %) : l’effort réel est de 5 900 €. Il verse les 5 452 € restants en assurance-vie. À 67 ans, ses pensions de 43 576 € restent sous le seuil de 84 577 € de la tranche à 41 % : les sommes retirées du PER sont imposées à un taux inférieur à 41 % tant que le total de ses revenus reste sous ce seuil.
Ce calcul est un ordre de grandeur. Il fige les valeurs du point de 2026 et le barème de points de 2025, ne tient pas compte de l’inflation, ni de la majoration de 10 % pour trois enfants, ni du rachat de trimestres, et suppose les rendements indiqués. Il suffit à poser le constat : la CARCDSF ne remplace pas votre niveau de vie.
4. Ce que le PER vous permet de déduire
Le plan d’épargne retraite se déduit du revenu imposable dans la limite d’un plafond. Pour un travailleur non salarié, ce plafond est le plus élevé entre 10 % du bénéfice imposable de l’année précédente (retenu jusqu’à 8 PASS) et 10 % du PASS. Le plafond de la sécurité sociale retenu est celui de l’année précédente (47 100 € en 2025) : pour un versement en 2026, cela donne un plancher de 4 710 € et un maximum de 37 680 €, selon le Bulletin officiel des finances publiques (BOI-IR-BASE-20-50-20). La part du plafond non utilisée se reporte sur les cinq années suivantes. Le détail de la mécanique figure sur notre page plafond de déduction du PER.
Le barème de l’impôt sur le revenu 2026 applique 41 % entre 84 577 € et 181 917 € par part (loi n° 2026-103, article 4). À 100 000 € de revenu imposable pour une personne seule, chaque euro déduit économise donc 0,41 €. Pour ce chirurgien-dentiste, le plafond est de 10 000 € : il couvre 65 % de l’effort annuel de 15 452 €. Le PER individuel est l’outil de départ ; il ne suffit pas seul.
5. Où placer le reste de l’effort
- L’assurance-vie : épargne disponible à tout moment, avec une fiscalité allégée après huit ans, utile pour la transmission.
- L’immobilier locatif : revenus complémentaires, avec le statut de loueur en meublé non professionnel pour limiter l’impôt sur les loyers.
- Les parts de société civile de placement immobilier : exposition à l’immobilier sans gestion, voir notre page dédiée.
- La vente du cabinet : le prix de cession peut financer une partie de la retraite, voir notre article sur la gestion de patrimoine d’un professionnel de santé libéral.
Questions fréquentes
À quel âge un chirurgien-dentiste touche-t-il sa retraite à taux plein ?
À 67 ans pour les trois régimes. Pour le régime de base, le taux plein s’obtient aussi plus tôt si le nombre de trimestres exigé est atteint (172 pour les générations nées en 1969 et après). Chaque trimestre manquant retire 1,25 % de pension, définitivement.
Combien coûtent les cotisations retraite de la CARCDSF en 2026 ?
Pour un revenu de 100 000 € en 2025, au plus 19 469 € : 4 196 € pour la première tranche du régime de base et 1 870 € pour la seconde, 3 211 € de forfait et 7 804 € de part proportionnelle pour le régime complémentaire, 1 664 € de forfait et 725 € de part proportionnelle pour les prestations complémentaires de vieillesse. Le régime invalidité-décès (1 235 € en 2026) s’ajoute et ne génère pas de pension de retraite.
L’avantage social vieillesse existe-t-il toujours ?
Oui, sous le nom de prestations complémentaires de vieillesse. Le chirurgien-dentiste y cotise un forfait de 1 663,60 € en 2026, l’Assurance maladie prenant en charge le reste du forfait pour les praticiens conventionnés. Dans le cas étudié, ce régime verse environ 10 919 € par an.
Le PER suffit-il à combler l’écart ?
Non. À 100 000 € de bénéfice, le plafond de déduction est de 10 000 € par an, alors que l’effort nécessaire est d’environ 15 452 € par an. Le PER se combine avec l’assurance-vie et l’immobilier.
Notre position
Nous partons du relevé de points de votre caisse, pas d’une moyenne. Avec ce relevé, nous mesurons l’écart entre votre pension et votre revenu actuel, puis nous construisons la combinaison PER, assurance-vie et immobilier qui le ferme au coût fiscal le plus bas. Nous percevons des commissions sur les contrats souscrits via notre cabinet.
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Alexis Sagnier, conseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF. ORIAS 13003497. Mis à jour le 28/10/2026.
Sources officielles consultées
- CARCDSF, « Montant des cotisations » (cotisations 2026 des trois régimes, plafond annuel de la Sécurité sociale 2026) : carcdsf.fr
- CARCDSF, « Quels régimes composent ma retraite ? » (valeurs du point 2026 du régime de base et du régime complémentaire) : carcdsf.fr
- CARCDSF, tableau de valeur du point au 1er janvier 2026, chirurgiens-dentistes (prestations complémentaires de vieillesse) : carcdsf.fr
- CARCDSF, mémento chirurgiens-dentistes 2025 (points acquis par an, barème 2025) : carcdsf.fr
- CARCDSF, « À quel âge demander ses droits ? » (âge, trimestres, minoration, majoration) : carcdsf.fr
- Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales, « Régimes complémentaires et prévoyance » (prise en charge par l’Assurance maladie des praticiens conventionnés) : cnavpl.fr
- BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20, limites de déduction des cotisations d’épargne retraite : bofip.impots.gouv.fr
- Loi n° 2026-103 de finances pour 2026, article 4 (barème de l’impôt sur le revenu) ; plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 : 48 060 €.








