Non : le président de SASU n’a pas droit à l’assurance chômage. Son mandat social, même rémunéré, n’ouvre aucun droit et la société ne cotise pas pour lui. Au 31 octobre 2026, France Travail exclut aussi l’associé unique de SASU qui cumule un contrat de travail avec son mandat. Il doit organiser lui-même sa protection.
Cette règle surprend souvent, car le président de SASU est « assimilé salarié » et relève du régime général. Voici ce que disent les sources officielles, ce qui peut subsister de droits acquis avant la création, ce que couvre l’ATI et comment construire une protection qui tienne.
Le président de SASU a-t-il droit au chômage ?
La fiche officielle de service-public.fr sur la SASU (vérifiée le 21 février 2026) est nette : le président est assimilé salarié et relève du régime général, mais il n’a pas droit à l’assurance chômage et ne paie pas la cotisation chômage. Ses cotisations sont celles d’un cadre, moins l’assurance chômage. La même règle s’applique au président d’une SAS.
La fiche ajoute que le président peut, s’il le souhaite, souscrire une assurance chômage complémentaire. C’est un contrat privé : ses conditions et son coût dépendent de l’assureur.
Pour le reste de la protection sociale du président (santé, retraite, prévoyance), voir notre page sur la rémunération et les cotisations du président de SAS.
Pourquoi un mandat social, même rémunéré, n’ouvre-t-il pas de droits ?
L’Unédic explique que le dirigeant agit sans lien de subordination. Elle écrit qu’un mandat social, même rémunéré, ne permet pas d’ouvrir des droits à l’assurance chômage. Le chômage indemnise la perte d’un emploi salarié subordonné, pas la fin d’une fonction de direction.
La conséquence est concrète. Si la société est liquidée ou si vous êtes révoqué de la présidence, vous n’avez aucune allocation à demander au titre de ce mandat, quel que soit le salaire que vous receviez.
Un contrat de travail peut-il ouvrir des droits ?
En principe, un dirigeant peut être couvert s’il cumule son mandat avec un vrai contrat de travail. France Travail exige trois éléments :
- des tâches techniques, distinctes de la direction ;
- un travail fourni contre une rémunération distincte de celle du mandat ;
- un lien de subordination juridique : l’employeur peut diriger et contrôler le travail.
Mais ce cumul ne vaut pas pour tous les statuts. Le tableau de France Travail pour les dirigeants et associés est le suivant :
| Statut | Contrat de travail en plus du mandat |
|---|---|
| Président associé unique de SASU | Exclu |
| Président de SAS, associé unique ou majoritaire | Exclu |
| Président de SAS, associé minoritaire | Étude possible par France Travail |
| Gérant majoritaire ou égalitaire de SARL | Exclu |
| Gérant minoritaire de SARL | Étude possible par France Travail |
Sans contrat de travail, France Travail n’étudie pas la situation. Pour un président de SASU, créer un contrat de travail pour obtenir des droits ne fonctionne donc pas : l’associé unique reste exclu même avec un contrat. La fiche « Revenus du dirigeant d’une société » de service-public.fr indique que le président ne peut bénéficier de l’assurance chômage que dans le cadre d’un contrat de travail s’il en a un. La règle de France Travail est plus stricte pour l’associé unique, et c’est elle qui compte. Vous pouvez demander à France Travail de vérifier votre situation avant tout événement.
Que couvre l’ATI, et un président de SASU peut-il y prétendre ?
L’allocation des travailleurs non salariés (ATI) est un forfait versé après une cessation d’activité. La fiche officielle de service-public.fr (vérifiée le 1er avril 2026) fixe ses conditions :
| Critère | Règle |
|---|---|
| Ancienneté | Au moins 2 ans d’activité non salariée sans interruption, dans une seule et même entreprise |
| Revenu | Plus de 10 000 € sur l’une des 2 dernières années d’activité |
| Ressources personnelles | Moins de 651,69 € par mois pour une personne seule |
| Cause de cessation | Liquidation ou redressement judiciaire (inscription dans les 12 mois du jugement), ou activité économiquement non viable (baisse d’au moins 30 % des revenus, attestée par un tiers de confiance) |
| Montant | 26,30 € par jour, minimum 19,73 € par jour, pendant 182 jours |
Sur 182 jours, le forfait maximal représente 4 786,60 € (26,30 × 182) et le minimum 3 590,86 € (19,73 × 182). C’est un filet, pas un revenu de remplacement. La fiche cite parmi les bénéficiaires des dirigeants de société, sans trancher le cas du président de SASU, assimilé salarié. La liste des activités concernées est tenue par France Travail. Faites confirmer votre cas par écrit avant de compter dessus. Le détail du dispositif est dans notre page sur l’ATI.
Et si vous touchiez le chômage avant de créer la société ?
C’est une situation différente, car il s’agit de droits acquis avant la création. La fiche de service-public.fr pour la création d’entreprise (vérifiée le 29 septembre 2026) décrit les règles générales pour un demandeur d’emploi inscrit avant la création :
- cumul partiel : l’allocation d’aide au retour à l’emploi est réduite de 70 % du revenu tiré de l’activité (règle détaillée pour les micro-entrepreneurs) ;
- plafond de cumul : 60 % des droits restants à la date de création ou de reprise, après quoi le versement s’arrête ;
- maintien exceptionnel : si l’activité n’a procuré aucun revenu depuis la création, dividendes compris, on peut demander à l’instance paritaire régionale de poursuivre le versement, dans les 6 mois suivant le mois où les 60 % sont atteints ;
- alternative : renoncer aux allocations mensuelles contre un capital (l’Arce) égal à 60 % des droits restants.
Ces règles se confirment auprès de France Travail pour votre société et votre statut, car la fiche les décrit surtout pour l’entreprise individuelle.
Exemple chiffré avec des hypothèses : Mehdi, 38 ans, inscrit à France Travail, a 540 jours d’allocation restants à 58 € par jour, soit 31 320 € de droits. S’il crée sa SASU, le plafond de cumul est de 60 % : 324 jours, soit 18 792 €. S’il choisit l’Arce, il perçoit un capital de 60 % de ses droits restants : 18 792 €. Les deux voies portent sur 18 792 € au maximum : le cumul les verse mois par mois, avec une allocation réduite de 70 % du revenu de l’activité, l’Arce les verse en capital.
Rémunération ou dividendes : qu’est-ce qui protège le mieux ?
Le choix entre salaire et dividendes change votre fiscalité, mais pas vos droits au chômage : aucun des deux n’en ouvre pour le président. La fiche « Revenus du dirigeant d’une société » de service-public.fr décrit ainsi les deux voies :
| Critère | Rémunération du mandat | Dividendes |
|---|---|---|
| Imposition | Traitements et salaires, barème de l’impôt sur le revenu | Prélèvement forfaitaire de 31,4 % (12,8 % d’impôt, 18,6 % de prélèvements sociaux), ou barème avec abattement de 40 % |
| Cotisations sociales | Oui, régime des assimilés salariés | Non |
| Droits au chômage | Aucun | Aucun |
Une rémunération soumise à cotisations alimente la protection du régime général, mais pas le chômage. Des dividendes évitent les cotisations, mais ne construisent aucune protection. Pour comparer les structures, voyez aussi SASU ou EURL : comment choisir et le statut social du gérant de SARL et du président de SAS.
Quelles solutions pour se protéger quand on préside une SASU ?
Trois leviers existent, du plus simple au plus sophistiqué :
- la réserve de précaution : au 31 octobre 2026, le Livret A (plafond 22 950 €) et le LDDS (plafond 12 000 €) rapportent 1,7 % depuis le 1er août 2026, sans impôt ni prélèvements sociaux ;
- l’assurance chômage privée, que la fiche officielle présente comme facultative, à comparer sur le délai de carence, la durée d’indemnisation et les exclusions ;
- l’ATI, l’allocation chômage des non-salariés : France Travail renvoie les dirigeants sans contrat de travail vers cette allocation, versée pendant 6 mois si toutes les conditions sont remplies. Faites confirmer votre cas avant de compter dessus.
Pour les caractéristiques des livrets, voir notre page sur le Livret A en 2026.
Cas concret : une réserve de précaution de 34 950 €
Situation. Léa, 44 ans, ancienne cadre, préside à Lyon sa SASU de conseil dont elle est l’associée unique. Ses dépenses personnelles sont de 3 200 € par mois.
Problème. Elle pense être couverte par le chômage si l’activité s’arrête. Ce n’est pas le cas : président associé unique, elle est exclue du régime, avec ou sans contrat de travail.
Stratégie. Elle remplit d’abord les deux livrets exonérés : 22 950 € sur le Livret A et 12 000 € sur le LDDS, soit 34 950 €. Elle ajoute une assurance chômage privée si ses conditions lui conviennent, et vérifie son éligibilité à l’ATI auprès de France Travail.
Résultat. Une réserve de 34 950 € couvre 10,9 mois de dépenses (34 950 / 3 200). Elle rapporte 594,15 € d’intérêts par an au taux de 1,7 %, sans impôt ni prélèvements sociaux. Placée sur des livrets ordinaires, au taux moyen de 0,79 % en août 2026 selon la Banque de France (donnée provisoire), la même somme rapporterait 276 € bruts, soit 189 € après le prélèvement forfaitaire de 31,4 %.
Second cas : financer sa réserve avec des dividendes
Situation. Karim, 39 ans, préside sa SASU de développement informatique à Villeurbanne. Il dépense 2 800 € par mois et veut douze mois de dépenses en réserve : 33 600 €.
Problème. Sa réserve doit sortir de sa société vers son patrimoine personnel. Il ne touche aucun chômage en cas d’arrêt, donc cette somme est son seul filet.
Stratégie. Il place les 33 600 € sur le Livret A et le LDDS, dont les plafonds cumulés (34 950 €) suffisent. Il se les verse en dividendes, soumis au prélèvement forfaitaire de 31,4 %.
Résultat. Pour recevoir 33 600 € nets, la société doit distribuer 33 600 / 0,686 = 48 979,59 € de dividendes. Le prélèvement coûte 15 379,59 €. Ensuite, la réserve rapporte 571,20 € par an à 1,7 %, sans impôt. Karim sait que sa protection a un prix : un tiers environ du dividende distribué part en prélèvements. Il compare ce coût à celui d’une assurance chômage privée avant de trancher.
Quelles erreurs éviter ?
- Croire que les cotisations salariales couvrent le chômage. Le président cotise comme un cadre, hors assurance chômage.
- Se faire embaucher par sa propre société pour ouvrir des droits. L’associé unique de SASU reste exclu, avec ou sans contrat.
- Compter sur l’ATI sans confirmation. Faites vérifier votre statut par France Travail avant tout événement.
- Oublier le plafond de cumul de 60 % quand on crée sa société en étant inscrit à France Travail.
- Verser des dividendes sans réserve. Ils ne créent aucun droit et supposent d’avoir constitué soi-même le filet.
Ce que fait Balmont Conseil
Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, construit avec les présidents de SAS et de SASU la protection que leur statut ne leur donne pas : niveau de rémunération, réserve de précaution, prévoyance et placement du reste de la trésorerie personnelle. Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil pour chiffrer la couverture dont vous avez besoin.
Questions fréquentes
Un président de SASU touche-t-il le chômage après la fermeture de sa société ?
Non, pas au titre de son mandat. Le président n’est pas affilié à l’assurance chômage, et l’Unédic précise qu’un mandat social, même rémunéré, n’ouvre pas de droits. Seuls des droits acquis avant la création peuvent subsister.
Le président de SASU cotise-t-il à l’assurance chômage ?
Non. Selon service-public.gouv.fr, il ne paie pas la cotisation chômage, et la société ne cotise pas pour lui. Il peut seulement souscrire une assurance chômage privée complémentaire, facultative.
Peut-on cumuler un contrat de travail et la présidence d’une SASU ?
Pour l’assurance chômage, cela ne change rien : France Travail classe le président associé unique de SASU parmi les cas exclus, même avec un contrat de travail. Le cumul peut être étudié pour un président de SAS minoritaire.
Peut-on garder son chômage en créant une SASU ?
Oui, dans certaines limites. Pour un demandeur d’emploi inscrit avant la création, la fiche de service-public.fr prévoit un cumul partiel plafonné à 60 % des droits restants. Les modalités pour une société se confirment auprès de France Travail.
Quelle assurance prendre pour compenser l’absence de chômage ?
Une assurance chômage privée des dirigeants, facultative, que l’on compare sur le délai de carence, la durée et le montant d’indemnisation. Elle se complète par une réserve d’épargne disponible, par exemple Livret A et LDDS.
Quel est le montant de l’ATI ?
26,30 € par jour pendant 182 jours, soit 4 786,60 € au maximum, avec un minimum de 19,73 € par jour. Il faut notamment avoir exercé au moins 2 ans dans la même entreprise et avoir dégagé plus de 10 000 € de revenu sur l’une des 2 dernières années.
Quelle différence entre l’ARE et l’ATI ?
L’ARE est l’allocation de l’assurance chômage des salariés. L’ATI est un forfait journalier de 26,30 € pour 182 jours, réservé aux non-salariés qui cessent leur activité après liquidation, redressement ou perte de viabilité économique.
Sources : service-public.gouv.fr (Entreprendre), fiche « Cotisations sociales de la SASU », vérifiée le 21 février 2026, et fiche équivalente pour la SAS, consultées le 31 octobre 2026 ; service-public.gouv.fr (Entreprendre), fiche « Revenus du dirigeant d’une société » (F36065), consultée le 31 octobre 2026 ; service-public.gouv.fr (Entreprendre), fiche F23994 sur l’assurance chômage des non-salariés (ATI), vérifiée le 1er avril 2026, consultée le 31 octobre 2026 ; Unédic, « Je suis dirigeant(e) et salarié(e) de mon entreprise, ai-je droit aux allocations chômage ? », consultée le 31 octobre 2026 ; France Travail, « Entreprises, vérifiez les droits à l’assurance chômage de vos dirigeants ou associés » et FAQ « Je suis dirigeant(e) d’entreprise, associé(e) : puis-je prétendre à l’allocation chômage ? », consultées le 31 octobre 2026 ; service-public.gouv.fr (Entreprendre), « Peut-on créer une entreprise et continuer à percevoir le chômage ? » (F36613), consultée le 31 octobre 2026 ; ministère de l’Économie, communiqué du 15 juillet 2026 sur les taux de l’épargne réglementée, consulté le 31 octobre 2026 ; Banque de France, taux moyen des livrets ordinaires, août 2026 (donnée provisoire), consulté le 31 octobre 2026.










