Accéder à mon espace client
Prendre rendez-vous
Accéder à mon espace client
Prendre rendez-vous

Quand un vendeur de titres rembourse une partie du prix au titre d’une garantie de passif, le prix de cession servant au calcul de sa plus-value est réduit d’autant. Au 31 octobre 2026, s’il a déjà payé l’impôt, il peut le récupérer par une réclamation, déposée au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle où le versement est devenu définitif. Ce délai est court et il se perd sans bruit.

Qu’est-ce qu’une garantie de passif dans une cession de titres ?

La garantie de passif est une clause de l’acte de cession par laquelle le vendeur s’engage à rembourser tout ou partie du prix à l’acquéreur si une dette antérieure à la vente apparaît dans les comptes de la société cédée, ou si un actif était surévalué. La garantie d’actif net suit la même logique. Le BOFiP (BOI-RPPM-PVBMI-20-10-10-30) précise que la clause peut viser les filiales, les comptes consolidés ou des éléments hors bilan, et que le paiement peut être fait à la société cible plutôt qu’à l’acquéreur : dans ce cas aussi, la plus-value du vendeur est réduite.

Garantie de passif, garantie d’actif net, complément de prix : quelles différences ?

Trois mécanismes se ressemblent dans l’acte, mais ils ne produisent pas le même effet sur l’impôt du vendeur.

  • La garantie de passif couvre une dette qui existait avant la vente et qui n’apparaissait pas dans les comptes.
  • La garantie d’actif net couvre un écart entre la valeur de l’actif net annoncée et celle qui est constatée ensuite : une dette oubliée, mais aussi un actif surévalué.
  • Le complément de prix est un supplément de prix versé au vendeur selon des résultats futurs. Il relève d’un autre régime (BOI-RPPM-PVBMI-20-10-10-20).
MécanismeEffet sur le vendeurQuand agir
Garantie de passif ou d’actif netLe prix de cession est diminué de la somme versée (article 150-0 D, 14 du CGI)Réclamation jusqu’au 31 décembre de la 2e année suivant le versement définitif
Complément de prixImposé l’année de son encaissementDéclaration de l’année du paiement
Accord signé après la vente qui s’écarte de la clauseNon pris en compte pour réduire le prixÀ éviter : prévoir la clause dans l’acte

Quel effet sur la plus-value du vendeur ?

Le prix de cession retenu pour calculer la plus-value (article 150-0 D du CGI) est diminué de toute somme versée au titre de la garantie. Concrètement, une plus-value de 1 000 000 € devient une plus-value de 910 000 € si vous reversez 90 000 €. L’impôt baisse du taux appliqué à la cession : 31,4 % au titre du prélèvement forfaitaire unique 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), soit 28 260 € dans cet exemple. Cette règle ne concerne que les garanties de passif ou d’actif net. Le complément de prix, lui, répond à une autre logique : il est imposé l’année de son encaissement. Ne mélangez pas les deux mécanismes dans vos calculs.

Quelles conditions pour que la réduction soit admise ?

La clause figure dans l’acte. Elle doit être une condition essentielle de la vente, inscrite dans l’acte de cession ou dans une annexe. Les accords et avenants conclus après la vente ne sont pas pris en compte. Le remboursement est effectif et définitif. La dette ou la surévaluation doit être irréversible pour la société. En cas de procès ou d’arbitrage, le versement n’est définitif qu’une fois toutes les voies de recours épuisées.

La réduction a une limite. Elle ne peut dépasser le prix de cession initialement déclaré, ni transformer la plus-value en moins-value. Le point sur les contentieux est décisif : tant qu’un recours est ouvert, le délai de réclamation ne démarre pas. Gardez donc la trace de la date à laquelle la décision est devenue irrévocable.

Que contient une clause de garantie de passif bien rédigée ?

Le texte de la clause décide de ce que l’administration acceptera plus tard. Chaque élément ci-dessous doit pouvoir se rattacher à un versement précis.

  • Le fait générateur. La dette ou l’actif concerné doit trouver son origine avant la date de cession.
  • Le montant et ses limites. Une franchise, un plafond ou un seuil de déclenchement peuvent être prévus. Le versement doit les respecter à la lettre.
  • La durée. La clause fixe jusqu’à quand l’acquéreur peut appeler la garantie.
  • La procédure d’appel. Notification écrite, pièces à fournir, droit du vendeur de discuter la dette ou de contrôler sa défense.
  • Le bénéficiaire du paiement. L’acquéreur ou la société cédée. Le BOFiP admet les deux, avec des preuves différentes.
  • Le mode de règlement. Virement, séquestre, compensation avec une autre créance. Si la clause exclut un mode, ne l’utilisez pas.

Comment récupérer l’impôt déjà payé ?

Deux situations se présentent. Le paiement a lieu l’année de la vente. Vous déclarez directement un prix réduit du montant versé. Il n’y a rien à réclamer. Le paiement a lieu une année postérieure. L’impôt a déjà été établi sur le prix initial. Vous déposez une réclamation pour le faire réduire, jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant celle où le versement est devenu définitif. Exemple du BOFiP : une clause est signée en juin de l’année N, l’impôt est payé l’année N+1, le vendeur rembourse une part du prix l’année N+2. Il a jusqu’au 31 décembre N+4 pour réclamer.

AnnéeÉvénement
NSignature de l’acte de cession avec la clause de garantie
N+1Impôt établi sur le prix initial et payé
N+2Versement au titre de la garantie, définitif
31 décembre N+4Dernier jour pour déposer la réclamation
Pièce à joindreCe qu’elle prouve
Copie de la clause (acte ou annexe)L’existence de la garantie dès la vente
Justificatifs du paiementLe montant, la date et le caractère définitif du versement
Si le paiement va à la société cible : preuve de réception et de traitement fiscalQue la somme est bien entrée dans la société

L’administration peut demander tout autre document utile. Pour la comparaison entre PFU et barème dans la cession initiale, voir notre page cession de titres : PFU ou barème.

Quelles sont les erreurs qui font perdre la réduction ?

  • Régler par un protocole qui s’écarte de la clause. La cour administrative d’appel de Nantes a refusé, le 23 décembre 2025 (n° 25NT00509), la réduction d’impôt à un vendeur dont le protocole d’application ne reprenait pas les conditions de la clause d’origine, notamment le mode de règlement. Le protocole doit renvoyer à la clause et la suivre point par point.
  • Payer un montant forfaitaire global sans le rattacher à une dette ou à un actif précis couvert par la garantie.
  • Classer le dossier à la fin du procès sans noter la date à laquelle la décision devient irrévocable : c’est elle qui lance le délai.
  • Confondre garantie et complément de prix et déduire à tort un prix lié à l’activité future.
  • Oublier la réclamation quand le paiement tombe une année après la vente. Le 31 décembre N+4 ne se prolonge pas.
  • Ne pas conserver les pièces : clause, preuve de paiement, décision de justice, preuve d’encaissement par la société.

Quel effet pour l’acquéreur ?

Symétriquement, lorsque l’acquéreur revendra les titres, les sommes reçues au titre de la clause viennent en diminution de son prix d’acquisition (BOFiP, §140). Le même mécanisme joue donc des deux côtés : le prix est ajusté pour le vendeur et pour l’acheteur. Pour préparer la négociation du prix de départ, voir notre page évaluer son entreprise.

Que prévoir dans la négociation de la clause ?

Trois réflexes évitent les mauvaises surprises fiscales. Faire inscrire la garantie dans l’acte lui-même, pas dans un protocole signé après. Distinguer dans le texte ce qui relève de la garantie (dette antérieure, actif surévalué) de ce qui relève d’un complément ou d’une réduction de prix liée à l’activité future. Prévoir un suivi daté des paiements et des décisions de justice, pour tenir le calendrier de la réclamation.

Si vous vendez aussi pour partir à la retraite, regardez l’abattement de 500 000 € sur la cession de titres avant de signer. Si la société est une SARL, les formalités de la cession figurent sur notre page cession de parts de SARL.

Étapes à suivre quand l’acquéreur appelle la garantie

  1. Relire la clause : fait générateur, franchise, plafond, durée, mode de règlement.
  2. Vérifier que la dette ou la surévaluation relève bien de la garantie et date d’avant la cession.
  3. Négocier le montant. Si l’accord prend la forme d’un protocole, le rattacher expressément à la clause.
  4. Payer selon les modalités prévues, à l’acquéreur ou à la société, et garder la preuve.
  5. Noter la date à laquelle le versement devient définitif, après les éventuels recours.
  6. Déposer la réclamation avant le 31 décembre de la deuxième année suivante, avec les pièces.

Cas concret : un dirigeant lyonnais qui rembourse une partie du prix

Situation. Un dirigeant lyonnais de 55 ans a vendu 100 % des titres de sa SAS 1 200 000 €, pour un prix de revient de 200 000 €. L’acte contient une garantie de passif. Il a payé 314 000 € d’impôt (1 000 000 € de plus-value × 31,4 %), sans abattement dans cette hypothèse.

Problème. Deux ans plus tard, un redressement social antérieur à la vente est mis au jour. L’acquéreur appelle la garantie : le dirigeant doit lui reverser 90 000 €. Il considère que cette somme est une perte sèche.

Stratégie. Le versement est définitif l’année N+2. Il dépose une réclamation avant le 31 décembre N+4, avec la clause, la preuve de paiement et l’accord sur le montant.

Résultat. Le prix de cession passe de 1 200 000 € à 1 110 000 €, la plus-value de 1 000 000 € à 910 000 €. À 31,4 %, l’impôt passe de 314 000 € à 285 740 €, soit 28 260 € restitués. Le coût net de la garantie tombe de 90 000 € à 61 740 €. Sans réclamation avant l’échéance, ces 28 260 € restent acquis à l’État.

Autre cas : que se passe-t-il quand la garantie dépasse la plus-value ?

Situation. Une cheffe d’entreprise de 48 ans a vendu sa société 600 000 €, pour un prix de revient de 500 000 €. La plus-value est de 100 000 €. Elle a payé 31 400 € d’impôt (100 000 € × 31,4 %).

Problème. L’acquéreur appelle la garantie et obtient 150 000 €, soit plus que la plus-value.

Stratégie. Elle réclame la réduction dans le délai, mais le BOFiP interdit de créer une perte nette : la réduction s’arrête au montant de la plus-value.

Résultat. La plus-value tombe à zéro et les 31 400 € d’impôt sont restitués. Les 50 000 € restants ne donnent aucune restitution supplémentaire. Le coût net de la garantie est de 118 600 € (150 000 € moins 31 400 €). La garantie coûte donc beaucoup plus cher que dans le premier cas : elle mérite d’être plafonnée dans l’acte.

Ce que fait Balmont Conseil

Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, revoit avec vous le calendrier fiscal du prix et des garanties avant la signature d’une cession, afin d’anticiper chaque année les sommes à régler et les démarches à tenir. Nous replaçons ensuite le produit de la vente dans votre stratégie patrimoniale. Pour faire ce point, prenez rendez-vous avec Alexis Sagnier.

Questions fréquentes

Une garantie de passif réduit-elle l’impôt sur la plus-value ?

Oui. Toute somme versée au titre de la garantie diminue le prix de cession retenu pour votre plus-value, sans pouvoir dépasser le prix déclaré ni créer une moins-value.

Dans quel délai réclamer l’impôt après un paiement de garantie ?

Jusqu’au 31 décembre de la deuxième année suivant celle où le versement est devenu définitif. Si le paiement est définitif en N+2, la réclamation peut être déposée jusqu’au 31 décembre N+4.

La clause peut-elle être ajoutée après la vente ?

Non. Selon le BOFiP, la clause doit figurer dans l’acte de cession ou dans une annexe. Les accords et avenants ultérieurs ne sont pas pris en compte pour réduire le prix.

Que se passe-t-il si le paiement fait l’objet d’un procès ?

Le versement n’est considéré comme définitif qu’une fois toutes les voies de recours épuisées. Le délai de réclamation court à partir de cette date.

Faut-il prouver que la société a bien reçu l’argent ?

Oui, si le paiement est fait à la société cible plutôt qu’à l’acquéreur : joignez la preuve de réception et de son traitement fiscal par la société.

Faut-il déposer une réclamation si je paie la garantie l’année de la vente ?

Non. Vous déclarez directement un prix de cession diminué de la somme versée. La réclamation ne sert que lorsque l’impôt a déjà été établi sur le prix initial, c’est-à-dire quand le paiement intervient une année postérieure.

Quelle différence fiscale entre garantie de passif et complément de prix ?

La garantie de passif diminue le prix de cession du vendeur. Le complément de prix, lui, est imposé l’année de son encaissement. Les deux mécanismes obéissent à deux documents distincts du BOFiP et ne se compensent pas.

Qu’en est-il pour l’acquéreur qui reçoit la somme ?

Les sommes reçues au titre de la clause diminuent son prix d’acquisition. Quand il revendra les titres, sa plus-value sera calculée sur ce prix réduit.

Sources : BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-20-10-10-30, clause de garantie de passif (bofip.impots.gouv.fr, version en vigueur depuis le 20 décembre 2019, consulté le 31 octobre 2026) ; BOFiP BOI-RPPM-PVBMI-20-10-10-20, complément de prix de cession (bofip.impots.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026) ; « Plus-value de cession de valeurs mobilières » (service-public.gouv.fr, fiche F21618, vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; « Prélèvement forfaitaire unique » (service-public.gouv.fr, fiche F34982, vérifiée le 12 octobre 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; décision de la cour administrative d’appel de Nantes du 23 décembre 2025, n° 25NT00509, rapportée par un commentaire de cabinet d’avocats, consulté le 31 octobre 2026.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
✕