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Au 31 octobre 2026, la déduction de 10 % s’applique par défaut à vos salaires, avec un minimum de 509 € et un maximum de 14 555 € par personne. Les frais réels ne valent le coup que s’ils dépassent ce forfait : pour 62 000 € de salaire, il faut justifier plus de 6 200 € de dépenses.

Beaucoup de salariés laissent le forfait s’appliquer sans comparer. C’est souvent le bon choix. Mais pour un cadre qui roule beaucoup, déjeune sur son lieu de travail ou vit loin de son bureau, il peut coûter plusieurs centaines d’euros. Voici comment comparer en dix minutes, avec les chiffres de la déclaration 2026 (revenus 2025).

Quelle est la différence entre la déduction de 10 % et les frais réels ?

Chaque salarié a le choix entre deux façons de retrancher ses frais professionnels de son salaire avant le calcul de l’impôt sur le revenu. Le choix se fait personne par personne, pas par foyer.

  • La déduction forfaitaire de 10 % : appliquée automatiquement, sans justificatif et sans démarche.
  • Les frais réels : vous déduisez vos dépenses réelles, à condition qu’elles dépassent le forfait, qu’elles servent votre activité, qu’elles aient été payées sur l’année et que vous puissiez les prouver.
Repère (revenus 2025, déclaration 2026)Montant
Déduction forfaitaire : minimum par personne509 €
Déduction forfaitaire : maximum par personne14 555 €
Salaire à partir duquel le maximum est atteint145 550 €
Durée de conservation des justificatifs3 ans

À partir de quand les frais réels sont-ils plus avantageux ?

La règle est simple : dès que vos frais justifiés dépassent 10 % de votre salaire net imposable, ou le plafond de 14 555 € pour les salaires élevés. Trois profils y gagnent le plus souvent :

  • le salarié qui fait de longs trajets en voiture entre son domicile et son travail ;
  • le cadre en double résidence pour des raisons professionnelles, ou qui multiplie les déplacements ;
  • le salarié bien payé : au-delà de 145 550 € de salaire, le forfait est bloqué à 14 555 €, donc les frais réels deviennent plus faciles à battre.

À l’inverse, pour un salaire modeste avec peu de frais, le forfait gagne presque toujours. Et il est souvent trop vite écarté : sur un salaire de 62 000 €, le forfait vaut déjà 6 200 €, ce qui représente beaucoup de kilomètres à justifier.

Le tableau ci-dessous donne le nombre de kilomètres professionnels par an à partir duquel le seul trajet domicile-travail dépasse le forfait. Il s’applique à une voiture thermique de 5 chevaux fiscaux, hors stationnement et péage.

Salaire net imposableForfait de 10 %Kilomètres par an pour battre le forfait
25 000 €2 500 €3 931 km
35 000 €3 500 €5 896 km
50 000 €5 000 €10 098 km
80 000 €8 000 €18 501 km
120 000 €12 000 €28 103 km

Un repère pour lire ce tableau : avec 220 jours travaillés et la limite de 40 km par trajet, le déplacement domicile-travail plafonne à 17 600 km par an, soit 7 678 € en 5 CV. À 80 000 € de salaire, ce plafond ne suffit donc plus : il faut ajouter d’autres frais (repas, double résidence, déplacements professionnels) pour battre le forfait de 8 000 €.

Quels frais peut-on déduire en frais réels ?

Service-public cite les catégories suivantes :

  • le trajet domicile-travail et les frais d’usage du véhicule ;
  • les repas et les déplacements professionnels ;
  • les vêtements spéciaux, la formation, les locaux et équipements ;
  • le télétravail ;
  • la double résidence, sauf si elle relève de la convenance personnelle.

Deux précisions comptent. En cas de covoiturage, seule la part qui reste à votre charge après partage des frais est déductible. Et les indemnités ou remboursements versés par votre employeur pour ces frais doivent être ajoutés à votre rémunération imposable : vous les réintégrez, puis vous déduisez l’ensemble de vos frais.

Comment calculer les frais de trajet avec le barème kilométrique ?

L’administration publie un barème kilométrique, inchangé depuis 2023 : celui de la déclaration 2026 reprend les montants de l’arrêté du 27 mars 2023. La lettre d représente la distance professionnelle parcourue sur l’année, en kilomètres. Pour une voiture thermique, hybride ou à hydrogène :

Puissance fiscaleJusqu’à 5 000 kmDe 5 001 à 20 000 kmAu-delà de 20 000 km
3 CV et moinsd × 0,529(d × 0,316) + 1 065d × 0,370
4 CVd × 0,606(d × 0,340) + 1 330d × 0,407
5 CVd × 0,636(d × 0,357) + 1 395d × 0,427
6 CVd × 0,665(d × 0,374) + 1 457d × 0,447
7 CV et plusd × 0,697(d × 0,394) + 1 515d × 0,470

Trois règles à connaître. D’abord, le trajet domicile-travail est pris en compte dans la limite de 40 km aller. Au-delà, il faut justifier l’éloignement par des circonstances liées à l’emploi (par exemple une mutation ou la difficulté de trouver un poste près de chez soi) et joindre une note explicative à la déclaration. Ensuite, un seul aller-retour par jour est retenu en principe. Enfin, les frais de stationnement et de péage s’ajoutent au barème, sur justificatifs.

Les véhicules 100 % électriques ont leur propre barème : les frais de déplacement sont majorés de 20 %. Pour une 5 CV électrique, la première tranche passe ainsi de 0,636 à 0,763 € du kilomètre.

Comment calculer les frais de repas ?

Les repas pris sur le lieu de travail sont déductibles lorsque vos horaires ou l’éloignement de votre domicile vous empêchent de rentrer manger chez vous. Pour la déclaration 2026, l’administration évalue un repas pris au domicile à 5,45 €. Ce montant est réévalué chaque année.

  • Avec justificatifs précis : vous déduisez la différence entre le prix payé et 5,45 €. Un repas de 12,00 € donne 6,55 € déductibles.
  • Sans justificatif détaillé : les frais supplémentaires sont évalués à 5,45 € par repas.
  • Cantine sur place ou à proximité : la déduction reste possible si vous avez les justificatifs, pour la différence entre le prix payé et 5,45 €.
  • Titres-restaurant : dans tous les cas, vous retranchez la part financée par l’employeur.

Sur 220 repas par an à 12,00 €, la déduction atteint 1 441 €. C’est l’un des postes qui font basculer un dossier vers les frais réels.

Et le télétravail, la double résidence, la formation ?

Ces frais figurent dans la liste des dépenses admises, sur justificatifs. Pour le télétravail, l’allocation versée par l’employeur est exonérée dans la limite de 2,70 € par jour, soit 59,40 € par mois et 626,40 € par an pour les revenus de 2024, d’après service-public. Si vous optez pour les frais réels, ce que l’employeur vous rembourse s’ajoute à votre salaire imposable et vous déduisez ensuite vos frais réellement supportés. La double résidence n’est admise que si elle tient à des raisons professionnelles, et non à une convenance personnelle.

Peut-on mélanger forfait et frais réels ?

Non. Vous ne pouvez pas appliquer le forfait à une partie de vos salaires et les frais réels à l’autre. En revanche, chacun des deux membres d’un couple marié ou pacsé choisit l’option qui lui convient. Les frais réels se déclarent sur la ligne dédiée, avec le détail dans une note annexe, et les justificatifs restent chez vous, sans être joints.

Quel impact sur la tranche d’imposition ?

Chaque euro de frais réels supplémentaire réduit votre revenu imposable, donc il est économisé à votre taux marginal. Le barème 2026 (revenus 2025), pour une part, est le suivant :

Revenu imposable (1 part)Taux
Jusqu’à 11 600 €0 %
De 11 601 € à 29 579 €11 %
De 29 580 € à 84 577 €30 %
De 84 578 € à 181 917 €41 %
Au-delà de 181 917 €45 %

Un cadre dans la tranche à 30 % économise donc 30 centimes par euro de frais réels au-delà du forfait ; dans la tranche à 41 %, 41 centimes. Les réductions et crédits d’impôt, eux, agissent après le calcul de l’impôt : voir réduction ou crédit d’impôt : restitution, imputation et report. Pour situer votre tranche, notre guide du barème de l’impôt sur le revenu 2026 détaille le calcul, tranche par tranche.

Comment déclarer ses frais réels ?

Aucune demande préalable n’est nécessaire. Vous reportez le total de vos frais réels sur la ligne dédiée de la déclaration de revenus, et vous en détaillez la nature et le montant dans une note annexe. Les frais doivent avoir été payés pendant l’année concernée. Vous gardez les justificatifs trois ans, prêts à être présentés si l’administration vous les demande : kilomètres parcourus, usage professionnel du véhicule, factures et tickets.

Cas concret : un cadre lyonnais qui fait 38 km par trajet

  • Situation. Marc, 52 ans, célibataire, cadre à Lyon, perçoit 62 000 € de salaire net imposable. Il vit à 38 km de son bureau et s’y rend 210 jours par an avec une voiture de 5 CV.
  • Problème. Il laisse le forfait s’appliquer chaque année sans se poser de question : 10 % de 62 000 € = 6 200 € de déduction, soit un revenu imposable de 55 800 €.
  • Stratégie. Il calcule ses frais réels. Distance : 2 × 38 × 210 = 15 960 km. Barème 5 CV : (15 960 × 0,357) + 1 395 = 7 092,72 €. Il y ajoute 480 € de stationnement justifié, soit 7 572,72 € de frais réels. Ce montant dépasse le forfait de 1 372,72 €.
  • Résultat. Son revenu imposable passe de 55 800 € à 54 427,28 €. L’impôt sur le revenu tombe de 9 843,99 € à 9 432,17 €, soit 411,82 € d’économie par an, qui correspond à 1 372,72 € × 30 %. En contrepartie, il doit conserver ses justificatifs 3 ans.

Le seuil de bascule de Marc, hors stationnement, est d’environ 13 459 km par an : en dessous, le forfait de 6 200 € l’emporte.

Deuxième cas : quand le trajet seul ne suffit pas, les repas font basculer

  • Situation. Julie, 41 ans, célibataire, perçoit 48 000 € de salaire net imposable. Elle habite à 20 km de son bureau, y va 220 jours par an avec une voiture de 4 CV, et déjeune sur place pour 12,00 € par repas, avec justificatifs. Elle n’a pas de cantine à proximité.
  • Problème. Le forfait lui donne 4 800 € de déduction. Elle pense que ses frais ne le battent pas.
  • Stratégie. Distance : 2 × 20 × 220 = 8 800 km. Barème 4 CV : (8 800 × 0,340) + 1 330 = 4 322 €. Le trajet seul reste sous le forfait. Elle ajoute ses repas : 220 × (12,00 − 5,45) = 1 441 €. Total : 5 763 €.
  • Résultat. Ses frais réels dépassent le forfait de 963 €. Son impôt passe de 6 063,99 € à 5 775,09 €, soit 288,90 € d’économie par an (963 € × 30 %). Le trajet seul aurait laissé 478 € d’avance au forfait : c’est l’addition des postes qui fait la différence.

Ces deux cas sont fictifs. Ils supposent que les justificatifs sont complets et que les conditions de déduction des repas sont remplies.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes ?

  • Oublier de réintégrer les remboursements de l’employeur. Indemnités kilométriques, primes de transport ou forfait télétravail s’ajoutent à votre salaire imposable avant la déduction.
  • Dépasser 40 km aller sans note explicative. Au-delà, l’éloignement doit être justifié par une circonstance liée à l’emploi.
  • Compter plusieurs allers-retours par jour. En principe, un seul est retenu.
  • Appliquer le mauvais barème. Une voiture électrique bénéficie d’une majoration de 20 %.
  • Déduire des dépenses non payées sur l’année ou non justifiées. Les frais doivent être payés sur l’année et prouvés.
  • Raisonner par foyer. Chaque membre du couple choisit pour lui-même : l’un peut garder le forfait pendant que l’autre passe aux frais réels.
  • Jeter les justificatifs. Ils se gardent trois ans.

Ce que fait Balmont Conseil

Notre cabinet, à Lyon depuis bientôt 14 ans, aide les dirigeants, les cadres et les familles à relier leur déclaration de revenus à leur stratégie patrimoniale : revenu imposable, tranche, placements et transmission. Nous vous aidons à voir où se situe votre vrai levier. Prenez rendez-vous avec Alexis Sagnier.

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FAQ

Faut-il prévenir l’administration pour passer aux frais réels ?

Non, il suffit de renseigner le total des frais réels sur la ligne dédiée de la déclaration de revenus et d’en détailler la nature et le montant dans une note annexe. Les frais doivent avoir été payés sur l’année concernée.

Faut-il joindre les justificatifs à sa déclaration ?

Non. Vous les conservez pendant 3 ans, prêts à être présentés si l’administration vous les demande. Il faut pouvoir prouver les kilomètres parcourus, l’usage professionnel du véhicule et le paiement des dépenses sur l’année.

Le télétravail permet-il de déduire des frais réels ?

Oui, service-public le cite parmi les frais admis, sur justificatifs. Les allocations de l’employeur pour le télétravail sont exonérées dans une limite journalière : 2,70 € par jour pour les revenus de 2024, d’après service-public.

Que se passe-t-il si mon employeur me rembourse une partie de mes frais ?

Les remboursements et indemnités de l’employeur pour frais professionnels s’ajoutent à votre rémunération imposable. Vous déduisez alors la totalité des frais réels supportés, remboursement inclus, et non seulement la part restée à votre charge.

Peut-on déduire plusieurs allers-retours par jour ?

En principe, un seul aller-retour par jour est retenu pour le trajet domicile-travail. Des contraintes particulières, que vous devez pouvoir justifier, peuvent permettre d’en déduire davantage.

Comment déduire ses repas en frais réels ?

Vous déduisez la différence entre le prix payé et 5,45 €, valeur d’un repas pris à domicile pour la déclaration 2026. Sans justificatif détaillé, les frais supplémentaires sont évalués à 5,45 € par repas. Les titres-restaurant financés par l’employeur sont retranchés.

Mon conjoint et moi devons-nous choisir la même option ?

Non. Le choix se fait personne par personne. Chaque membre du foyer retient l’option la plus favorable pour ses propres salaires, mais sans pouvoir mélanger les deux sur ses revenus.

Une voiture électrique change-t-elle le calcul ?

Oui. Les frais de déplacement avec un véhicule 100 % électrique sont majorés de 20 % par rapport au barème des véhicules thermiques. Pour une 5 CV, la première tranche passe de 0,636 à 0,763 € du kilomètre.

Sources : « Impôt sur le revenu : frais professionnels, forfait ou frais réels » (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Barème de l’impôt sur le revenu 2026 » (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; « Frais de repas » (impots.gouv.fr, consulté le 31 octobre 2026) ; barème kilométrique applicable aux revenus 2025, fixé par l’arrêté du 27 mars 2023 (cité par service-public.gouv.fr, consulté le 31 octobre 2026) ; « Aide-mémoire impôt sur le revenu 2026 » (impots.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026) ; « Frais de transport » et « Existe-t-il une limite liée à l’éloignement de mon travail et de mon domicile ? » (impots.gouv.fr, consultés le 30 octobre 2026).

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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