Accéder à mon espace client
Prendre rendez-vous
Accéder à mon espace client
Prendre rendez-vous

Au 31 octobre 2026, un dividende est taxé à 31,4 % (PFU : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou au barème après un abattement de 40 %. Le gérant majoritaire de SARL ou d’EURL cotise en plus sur la part de ses dividendes qui dépasse 10 % du capital ; le président de SAS, non.

Comment un dividende est-il imposé en 2026 ?

Deux options existent, et la première s’applique d’office.

  • Le prélèvement forfaitaire unique (PFU). 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %), soit 31,4 % pour les revenus perçus en 2026, contre 30 % en 2025.
  • Le barème progressif, sur option (case 2OP de la déclaration n° 2042). Le dividende est ajouté à vos autres revenus après un abattement de 40 %. Une partie de la CSG, 6,8 points, devient déductible du revenu global. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus.

Le barème est plus favorable si vous êtes non imposable ou imposé à 11 % ; à partir de 30 %, le PFU est plus avantageux. L’option est globale : elle s’applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers et à vos plus-values sur titres de l’année.

PFU ou barème : lequel choisir pour un dividende ?

Le choix se joue sur votre tranche marginale d’imposition. Voici le coût total d’un dividende de 20 000 € selon la tranche, impôt et prélèvements sociaux compris (la CSG déductible n’est pas retenue ici) :

Tranche marginaleBarème : impôt (60 % × tranche)Barème : prélèvements sociauxBarème : totalPFU : totalMeilleur choix
0 % (non imposable)0 €3 720 €3 720 €6 280 €Barème
11 %1 320 €3 720 €5 040 €6 280 €Barème
30 %3 600 €3 720 €7 320 €6 280 €PFU
41 %4 920 €3 720 €8 640 €6 280 €PFU
45 %5 400 €3 720 €9 120 €6 280 €PFU

Le point d’équilibre se situe à une tranche d’environ 21 % (12,8 % ÷ 60 %), ou 24 % si l’on tient compte de la CSG déductible. Comme le barème n’a pas de tranche entre 11 % et 30 %, la règle se réduit à deux lignes : barème jusqu’à 11 %, PFU à partir de 30 %. La CSG déductible réduit le coût du barème de 150 € à 11 % et de 408 € à 30 % sur ce dividende : cela ne change pas le résultat dans ces deux cas. Notre page dividendes ou plus-value : PFU ou barème approfondit ce choix.

Deux précisions de service-public.gouv.fr. Si vous ne choisissez rien, le PFU s’applique. Et pour les revenus 2026 déclarés en 2027 et les suivants, vous pouvez renoncer à l’option pour le barème, dans le délai de réclamation ou en cas de contrôle.

Comment éviter l’acompte de 12,8 % sur vos dividendes ?

Au versement, un acompte de 12,8 % est prélevé. Vous pouvez en être dispensé si votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à un seuil, par une attestation sur l’honneur remise avant le 30 novembre de l’année précédant le versement. Les seuils sont de 50 000 € (personne seule) et 75 000 € (couple) pour les revenus 2025, et de 25 000 € (personne seule) et 50 000 € (couple) pour les revenus 2026, d’après service-public.gouv.fr. Pour des dividendes versés en 2027, la date limite est le 30 novembre 2026. La dispense ne concerne pas les prélèvements sociaux.

Pourquoi le statut du dirigeant change-t-il l’imposition des dividendes ?

Parce que la fiscalité du dividende est la même pour tous, mais pas les cotisations sociales. Un dirigeant non salarié, comme le gérant majoritaire de SARL, cotise sur ses revenus professionnels. La loi soumet donc à cotisations une partie de ses dividendes. Le président de SAS, lui, relève du régime des salariés : ses dividendes ne supportent pas de cotisations sociales.

Statut du dirigeantImpôt et prélèvements sociaux (PFU ou barème)Cotisations sociales sur les dividendes
Gérant majoritaire de SARLOuiOui, sur la part au-delà de 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants
Gérant associé unique d’EURLOuiOui, même règle des 10 %
Président de SAS ou SASUOuiNon

Pour comparer ces statuts sur l’ensemble de la rémunération, voir nos pages sur le gérant de SARL ou le président de SAS et le choix entre SASU et EURL.

Qu’est-ce que la règle des 10 % ?

L’article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale soumet aux cotisations sociales la part des dividendes perçus par un dirigeant non salarié, dans une société à l’impôt sur les sociétés, qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant. Pour apprécier ce seuil, on additionne ce que détiennent en pleine propriété ou en usufruit le dirigeant, son conjoint, son partenaire pacsé et leurs enfants mineurs.

Deux points se déduisent de ce texte. Le seuil dépend de ce que les associés ont apporté à la société, pas du bénéfice ni du montant distribué. Et plus l’apport est faible par rapport aux dividendes versés, plus la fraction soumise à cotisations est grande.

Service-public.gouv.fr résume la règle ainsi pour le gérant majoritaire de SARL, qui détient plus de 50 % des parts : ses dividendes ne sont pas soumis à cotisations tant qu’ils ne dépassent pas 10 % du capital social.

Comment calculer la part de dividendes soumise aux cotisations ?

La formule est directe : dividendes perçus – 10 % × (capital social + primes d’émission + comptes courants). Exemple pour une SARL de 10 000 € de capital, avec 30 000 € en compte courant d’associé, qui distribue 60 000 € :

  • seuil : 10 % × (10 000 + 30 000) = 4 000 € ;
  • fraction soumise aux cotisations : 60 000 – 4 000 = 56 000 € ;
  • part du dividende hors cotisations : 6,7 %.

Le même calcul s’applique quand le gérant ne détient pas toutes les parts. Seconde illustration : un gérant détient 60 % d’une SARL au capital de 50 000 €, soit 30 000 € de capital, et 20 000 € en compte courant. La société distribue 100 000 €, dont il reçoit 60 000 €.

  • seuil : 10 % × (30 000 + 20 000) = 5 000 € ;
  • fraction soumise aux cotisations : 60 000 – 5 000 = 55 000 €, soit 91,7 % de ses dividendes ;
  • le seuil de 5 000 € pèse peu : le levier se trouve dans le niveau des apports, pas dans le montant distribué.

Et le président de SAS ou de SASU ?

Selon service-public.gouv.fr, les dividendes du président de SAS ne supportent pas de cotisations sociales. Il reste redevable de l’impôt (PFU ou barème) et des prélèvements sociaux de 18,6 %. La contrepartie est que le dividende ne crée aucun droit à protection sociale : seule la rémunération en crée. Pour un dirigeant qui doit aussi cotiser pour sa retraite et sa protection, le sujet est donc l’équilibre entre salaire et dividendes. Notre article sur le choix salaire ou dividendes détaille cet arbitrage, et notre page sur la rémunération du président de SAS en donne le cadre.

Qui décide de verser un dividende, et à quel moment ?

La décision de distribuer les bénéfices ou de les mettre en réserve est prise en assemblée générale, lors de l’approbation des comptes. Il en va de même de la rémunération du gérant au titre de son mandat : elle est décidée en assemblée générale ordinaire, et le gérant ne peut pas la fixer seul. Dans une EURL ou une SASU, c’est l’associé unique qui prend la décision.

Le calendrier d’un dividende suit donc cinq étapes :

  1. clôture des comptes et calcul du bénéfice distribuable ;
  2. décision d’affectation du résultat en assemblée, qui fixe le montant du dividende ;
  3. demande de dispense d’acompte, avant le 30 novembre de l’année précédant le versement ;
  4. versement : acompte de 12,8 % et prélèvements sociaux de 18,6 % retenus à la source, sauf dispense pour l’acompte ;
  5. déclaration l’année suivante : les revenus 2026 se déclarent en 2027, avec le choix du PFU ou du barème. Les établissements payeurs fournissent les justificatifs de la déclaration récapitulative (IFU) ; si un montant prérempli est inexact, c’est à vous de le corriger.

Cas concret : la même distribution en EURL et en SASU

Situation. Karim, 45 ans, dirige à Lyon une société de conseil qui dégage un bénéfice de 70 000 €. Il souhaite se verser 50 000 € de dividendes.

Problème. Karim a créé une EURL dont il est l’associé unique et le gérant, avec un capital de 20 000 € et aucun compte courant. Il pense que ses 50 000 € de dividendes ne supportent que le PFU.

Stratégie. On applique la règle des 10 % : seuil de 10 % × 20 000 = 2 000 €. On compare avec la même distribution dans une SASU.

Résultat. En EURL, 48 000 € des 50 000 € (96 %) entrent dans l’assiette des cotisations des non-salariés, en plus de l’impôt. En SASU, 0 € entrent dans l’assiette des cotisations. Autre levier : porter le capital de l’EURL à 100 000 € relève le seuil à 10 000 € et ramène la fraction soumise à 40 000 €, au prix d’un blocage de 80 000 € de fonds supplémentaires dans la société. Cas fictif, donné à titre d’illustration ; le taux de cotisation applicable à la fraction soumise dépend de la situation de chacun.

Quelles erreurs commettent le plus souvent les dirigeants ?

  • Calculer les 10 % sur le bénéfice. Le seuil dépend des apports (capital, primes d’émission, comptes courants), pas du résultat ;
  • Oublier les apports du conjoint, du partenaire pacsé et des enfants mineurs. Ils comptent dans l’assiette du seuil ;
  • Verser un dividende sans décision d’assemblée. La distribution suit l’approbation des comptes ;
  • Manquer la date du 30 novembre. Sans attestation remise à temps, l’acompte de 12,8 % est prélevé, même si votre revenu vous en dispensait ;
  • Appliquer les anciens seuils de dispense. Pour les revenus 2026, ils sont de 25 000 € et 50 000 € ;
  • Opter pour le barème sur un seul revenu. L’option est globale : elle couvre tous vos revenus de capitaux mobiliers et vos plus-values sur titres de l’année.

Que faire avant de voter une distribution ?

  1. Calculez le seuil de 10 % avec les chiffres exacts de votre bilan : capital, primes d’émission, comptes courants d’associés.
  2. Additionnez ce que détiennent votre conjoint ou partenaire pacsé et vos enfants mineurs.
  3. Comparez le coût total du dividende et celui d’une rémunération sur le même montant.
  4. Choisissez PFU ou barème pour la déclaration, et demandez la dispense d’acompte avant le 30 novembre si vous y avez droit.

Ce que fait Balmont Conseil

Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne les dirigeants dans l’arbitrage entre rémunération, dividendes et épargne personnelle : calcul du seuil de 10 %, comparaison des statuts, choix entre PFU et barème, puis placement des sommes distribuées. Nous travaillons avec votre expert-comptable sur les chiffres de la société. Pour en parler, prenez rendez-vous.

FAQ

Quel est le taux d’imposition d’un dividende en 2026 ?

31,4 % avec le PFU (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux). Avec l’option pour le barème, le dividende est taxé après un abattement de 40 %, avec 6,8 points de CSG déductibles.

Le gérant majoritaire de SARL paie-t-il des cotisations sur ses dividendes ?

Oui, sur la fraction qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des sommes versées en compte courant, en plus de l’impôt et des prélèvements sociaux sur les revenus du capital.

Le président de SAS cotise-t-il sur ses dividendes ?

Non. Selon service-public.gouv.fr, les dividendes du président de SAS ne supportent pas de cotisations sociales. Il paie l’impôt et les prélèvements sociaux de 18,6 %.

Les 10 % se calculent-ils sur le bénéfice de la société ?

Non. Ils se calculent sur les apports : capital social, primes d’émission et sommes versées en compte courant d’associé, y compris ceux de votre conjoint, partenaire pacsé et enfants mineurs.

Comment être dispensé de l’acompte de 12,8 % sur les dividendes ?

En remettant une attestation sur l’honneur avant le 30 novembre de l’année précédant le versement. Revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année inférieur à 25 000 € (personne seule) ou 50 000 € (couple) pour les revenus 2026.

Faut-il choisir le PFU ou le barème pour un dividende ?

Le barème si votre tranche marginale est de 11 % ou moins, le PFU à partir de 30 %. Pour un dividende de 20 000 €, le barème coûte 5 040 € à 11 % et 7 320 € à 30 %, contre 6 280 € avec le PFU.

Peut-on renoncer à l’option pour le barème ?

Oui, pour les revenus 2026 déclarés en 2027 et les suivants : la renonciation est possible dans le délai de réclamation ou en cours de contrôle, d’après service-public.gouv.fr.

Qui décide de la distribution d’un dividende ?

L’assemblée générale, lors de l’approbation des comptes. Pour une EURL ou une SASU, c’est l’associé unique qui prend la décision.

Sources : « Impôt sur le revenu – Revenus d’épargne et de placement » (service-public.gouv.fr, fiche F2613, vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Prélèvements sociaux (CSG, CRDS…) sur les revenus du patrimoine et de placements » (service-public.gouv.fr, fiche F2329, vérifiée le 30 juin 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Revenus du dirigeant d’une société » (entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche F36065, vérifiée le 26 avril 2024, consultée le 31 octobre 2026) ; article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale, tel que rappelé par la question écrite n° 24467 de l’Assemblée nationale (questions.assemblee-nationale.fr, consultée le 30 octobre 2026).

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
✕