Au 31 octobre 2026, en gestion libre vous choisissez vos supports ; en gestion pilotée, l’assureur suit un profil prudent, équilibré ou dynamique, avec 50 %, 30 % ou 20 % minimum de supports à faible risque (30, 20 ou 10 % si l’horizon dépasse 10 ans), selon service-public.gouv.fr. Vous pouvez demander à passer en gestion pilotée à tout moment.
Ce choix pèse sur le risque porté, sur les frais et sur le temps que vous y consacrez. Voici les règles chiffrées de chaque profil, ce que coûte la délégation, les questions à poser avant de signer et deux calculs sur 100 000 € pour décider.
Quelle différence entre gestion libre et gestion pilotée en assurance-vie ?
Gestion libre : vous répartissez vous-même votre épargne entre le fonds en euros et les unités de compte, et vous décidez des arbitrages. L’AMF le formule ainsi : vous avez la possibilité de répartir vous-même votre épargne. L’assureur n’a pas de mandat de gestion à votre place.
Gestion pilotée : vous confiez la répartition à un gestionnaire, qui suit un profil de risque défini à l’avance. L’AMF parle de confier la répartition des actifs à votre intermédiaire selon votre profil de risque. Selon service-public.gouv.fr, elle porte sur des unités de compte, et l’assureur détermine votre profil d’investissement selon vos objectifs et votre durée de placement. Vous gardez la propriété du contrat et la possibilité de verser ou de racheter ; vous déléguez les arbitrages.
| Critère | Gestion libre | Gestion pilotée |
|---|---|---|
| Qui décide de la répartition ? | Vous | Le gestionnaire, dans le cadre du profil |
| Qui fait les arbitrages ? | Vous | Le gestionnaire |
| Plancher de supports à faible risque | Aucun plancher légal | Oui : 50 %, 30 % ou 20 % selon le profil |
| Temps à y consacrer | Suivi régulier | Revue périodique du profil |
| Frais | Frais du contrat et des supports | Frais du contrat et des supports, plus le coût du mandat à lire dans la notice |
| Garantie du capital | Fonds en euros garanti ; unités de compte sans garantie de valeur | Idem : la valeur des unités de compte n’est pas garantie |
Quelles règles chiffrées encadrent les profils de gestion pilotée ?
Selon la fiche F15274, chaque profil impose un minimum de supports à faible risque, qui baisse quand l’horizon dépasse 10 ans :
| Profil | Minimum de supports à faible risque | Si l’horizon dépasse 10 ans | Capital-investissement (private equity) |
|---|---|---|---|
| Prudent | 50 % | 30 % | Non mentionné |
| Équilibré | 30 % | 20 % | 4 % minimum |
| Dynamique | 20 % | 10 % | 8 % minimum |
Ces seuils sont des planchers de prudence imposés au gestionnaire. Ils ne fixent ni un rendement, ni un niveau de frais. Sur 100 000 € versés, ils se traduisent ainsi :
| Profil | Supports à faible risque minimum (horizon de 10 ans ou moins) | Supports à faible risque minimum (horizon supérieur à 10 ans) | Part maximale en supports plus risqués (horizon supérieur à 10 ans) |
|---|---|---|---|
| Prudent | 50 000 € | 30 000 € | 70 000 € |
| Équilibré | 30 000 € | 20 000 € | 80 000 € |
| Dynamique | 20 000 € | 10 000 € | 90 000 € |
Pour comprendre les supports concernés, voir fonds en euros ou unités de compte.
La gestion pilotée coûte-t-elle plus cher ?
Les frais d’un contrat se répartissent en frais de dossier, frais d’entrée sur chaque versement, frais de gestion annuels et frais d’arbitrage (fiche F15274). La finance pour tous les situe en moyenne ainsi : entrée de 0 % à 5 %, arbitrage de 0 % à 1 %, gestion annuelle d’environ 0,4 % à 1 %. Les frais des supports eux-mêmes figurent dans le document d’informations clés (DIC) de chaque fonds.
La finance pour tous ne chiffre pas le surcoût propre à la gestion sous mandat. La notice du contrat doit l’indiquer : cherchez la ligne des frais de gestion du mandat et précisez si les arbitrages réalisés par le gestionnaire sont facturés. Pour comparer, voir les frais d’entrée, de gestion et d’arbitrage et comment comparer les frais de son assurance-vie.
Gestion libre ou pilotée : qui devrait choisir quoi ?
- La gestion libre convient si vous avez le temps et la discipline de suivre vos supports, et si vous savez ce que vous détenez.
- La gestion pilotée convient si vous préférez déléguer, si votre horizon est long et si vous acceptez que la répartition soit décidée selon un profil, pas selon votre humeur du moment.
- Aucun des deux ne garantit un rendement. Seul le fonds en euros est garanti en capital ; les unités de compte portent un risque de perte (fiche F15274).
Autre point utile : la gestion pilotée existe aussi pour le PER, avec des profils et des règles liés à l’horizon de départ en retraite (voir PER en gestion pilotée).
Peut-on changer de mode de gestion en cours de contrat ?
Selon service-public.gouv.fr, en gestion libre vous pouvez demander à passer en gestion pilotée à tout moment. Les conditions pratiques (frais, profils proposés, éventuel délai) figurent dans la notice du contrat : demandez-les avant d’activer la délégation. Les opérations de versement, de rachat et d’arbitrage sont expliquées dans notre page versements, rachats et arbitrages en assurance-vie.
Cas concret n° 1 : 100 000 € sur un horizon de 15 ans
Situation. Un couple lyonnais de 57 ans place 100 000 € sur une assurance-vie pour compléter sa retraite, avec un horizon de 15 ans. Il hésite entre un profil équilibré en gestion pilotée et une gestion libre.
Problème. Il ne veut pas suivre ses supports chaque mois, mais il craint de payer une délégation dont il ne mesure pas le coût.
Calcul. En gestion pilotée, profil équilibré, horizon supérieur à 10 ans : au moins 20 % de supports à faible risque, soit 20 000 € au minimum. Au plus 80 000 € peuvent donc être investis sur des supports plus risqués. Le profil équilibré inclut aussi du capital-investissement, à hauteur d’au moins 4 % : la fiche ne précise pas la base de calcul, le pourcentage exact se lit dans la notice du mandat. En gestion libre, aucun plancher légal ne s’impose : la répartition dépend de vos choix.
Stratégie. Demander à l’assureur la notice du mandat, relever la ligne de frais supplémentaires et comparer au contrat en gestion libre. Prenons une hypothèse d’illustration de 0,30 point de frais en plus pour la gestion pilotée : 300 € par an sur 100 000 €, soit 4 500 € sur 15 ans sans tenir compte de la capitalisation.
Résultat. Pour que la délégation soit neutre financièrement, le portefeuille piloté doit rapporter au moins 0,30 point de plus par an que la gestion libre. Si le couple ne suit pas ses supports, la délégation a un sens ; s’il les suit, la gestion libre lui coûte 4 500 € de moins sur la période, et davantage avec la capitalisation (voir cas n° 2). Le surcoût de 0,30 point est une hypothèse. Cas fictif.
Cas concret n° 2 : ce que coûte la délégation avec la capitalisation
Le surcoût d’un mandat ne s’additionne pas simplement : il réduit chaque année la base qui produit des rendements. Hypothèse : 100 000 € placés 15 ans, rendement brut de 4 % par an en gestion libre (hypothèse de calcul, pas une prévision), et un surcoût de mandat prélevé chaque année.
| Surcoût annuel du mandat | Valeur finale en gestion libre | Valeur finale avec mandat à rendement brut identique | Écart sur 15 ans |
|---|---|---|---|
| 0,20 point | 180 094 € | 174 969 € | 5 126 € |
| 0,30 point | 180 094 € | 172 457 € | 7 637 € |
| 0,50 point | 180 094 € | 167 535 € | 12 559 € |
| 0,80 point | 180 094 € | 160 397 € | 19 698 € |
Avec 0,30 point, l’écart est de 7 637 € et non de 4 500 €. La délégation se justifie si la gestion pilotée apporte plus que son surcoût, ou si elle évite des erreurs de comportement que vous commettriez seul. Ce tableau mesure le prix du mandat, pas la qualité du gestionnaire.
Quelles questions poser avant d’activer la gestion pilotée ?
- Quels profils sont proposés, et quels sont les minimums de supports à faible risque de chacun ?
- Quel est le coût propre au mandat, en pourcentage par an, en plus des frais de gestion du contrat ?
- Les arbitrages réalisés par le gestionnaire sont-ils facturés ?
- Quels supports sont utilisés, et quels sont leurs frais (lisez le DIC de chacun) ?
- Comment le profil est-il révisé quand l’horizon se rapproche ?
- Comment mettre fin au mandat et revenir en gestion libre ?
Les erreurs fréquentes entre gestion libre et gestion pilotée
- Choisir le profil selon l’humeur du moment. Le profil doit refléter votre horizon et votre capacité à supporter une baisse, pas le dernier titre de presse.
- Croire que la gestion pilotée garantit le capital. Seul le fonds en euros l’est ; les unités de compte portent un risque de perte.
- Ne regarder que les frais du contrat. Il faut ajouter les frais des supports et le coût du mandat.
- Déléguer sans relire la notice. Le surcoût et la base de calcul du capital-investissement ne se lisent que là.
- Rester en gestion libre sans la suivre. Une gestion libre non suivie n’a ni profil ni plancher : la répartition dérive.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la gestion pilotée en assurance-vie ?
L’assureur ou un gestionnaire délégué répartit votre épargne selon un profil prudent, équilibré ou dynamique. Chaque profil impose un minimum de supports à faible risque : 50 %, 30 % ou 20 %, et 30 %, 20 % ou 10 % si l’horizon dépasse 10 ans.
Peut-on passer de la gestion libre à la gestion pilotée ?
Oui. Selon service-public.gouv.fr, vous pouvez en faire la demande à tout moment. Les frais applicables et les profils proposés figurent dans la notice : demandez-les à l’assureur avant d’activer la délégation.
La gestion pilotée garantit-elle le capital ?
Non. Seul le fonds en euros est garanti en capital. En gestion pilotée, une partie du contrat est investie en unités de compte, avec un risque de perte, dans la limite des planchers du profil choisi.
Quels frais s’ajoutent en gestion pilotée ?
Les frais de gestion annuels d’un contrat vont d’environ 0,4 % à 1 % selon La finance pour tous. Le coût propre au mandat n’est pas chiffré par cette source : il figure dans la notice du contrat.
La gestion pilotée convient-elle à un horizon court ?
Les planchers de supports à faible risque sont plus élevés quand l’horizon est de 10 ans ou moins : 50 %, 30 % ou 20 % selon le profil. Un horizon court appelle une part importante de sécurité, quelle que soit la gestion.
Quelle part minimale de supports à faible risque pour 100 000 € ?
Avec un horizon supérieur à 10 ans : 30 000 € en profil prudent, 20 000 € en profil équilibré, 10 000 € en profil dynamique. Avec un horizon de 10 ans ou moins : 50 000 €, 30 000 € ou 20 000 €.
Faut-il privilégier la gestion libre si l’on sait choisir ses supports ?
Si vous avez le temps de suivre vos supports et la discipline de ne pas arbitrer sous le coup de l’émotion, la gestion libre évite le coût du mandat. Sinon, la délégation structure la répartition, à condition d’en connaître le prix.
Ce que fait Balmont Conseil
Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, lit avec vous la notice du mandat et la grille de frais, compare gestion libre et gestion pilotée sur votre horizon, puis construit la répartition entre fonds en euros et unités de compte. Pour en parler, prenez rendez-vous avec Balmont Conseil.
Sources : service-public.gouv.fr, fiche F15274 « Contrat d’assurance-vie : fonctionnement » (vérifiée le 25 septembre 2026) ; AMF, « Investir dans une assurance-vie » (6 avril 2022) ; La finance pour tous, « Quels sont les frais prélevés » (mise à jour du 28 juillet 2025), consultés le 31 octobre 2026.










