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Fiscalité et résidence

Vivre aux Fidji : résidence à 183 jours sur 12 mois, impôt de 18 % à 39 % au-delà de 30 000 dollars, plus-values à 10 %

Cette page rapporte ce que publient l’administration fiscale des Fidji (Fiji Revenue and Customs Service, FRCS) et le BOFiP. L’Income Tax Act 2015 considère comme résident un individu qui réside aux Fidji, qui y est domicilié sauf lieu d’habitation permanent à l’étranger, ou qui y est présent 183 jours sur une période de 12 mois. Pour un résident, le barème publié par le FRCS est nul jusqu’à 30 000 dollars fidjiens, puis va de 18 % à 39 % selon la tranche. La plus-value est imposée à 10 %.

Le BOFiP ne liste aucune convention fiscale entre la France et les Fidji, ni accord bilatéral d’échange de renseignements. Le FRCS ne cite pas la France parmi les onze accords de double imposition de sa page de législation.

Résidence fiscale : quatre critères

L’article 6 de l’Income Tax Act 2015, dans la version révisée au 1er août 2025 publiée par le FRCS, définit l’individu résident. Le texte de l’article 6 et celui de l’article 14(3)(a) sont les mêmes dans la version révisée au 1er avril 2022. Il suffit de remplir un des quatre critères suivants :

  • l’individu réside aux Fidji ;
  • il y est domicilié, sauf s’il a un lieu d’habitation permanent à l’étranger ;
  • il y est présent pendant 183 jours au total sur toute période de 12 mois ;
  • il est un employé du gouvernement en poste à l’étranger.

Les alinéas 2 et 3 de l’article 6 limitent la résidence à une partie de l’année pour l’année d’arrivée ou de départ, en se référant à la présence aux Fidji. Selon l’article 14(3)(a), le revenu brut d’une personne résidente comprend les revenus tirés de toutes sources, aux Fidji et à l’étranger.

Impôt sur le revenu : barème des résidents

La page « Tax rates and codes » du FRCS publie, pour les particuliers résidents, le barème suivant, qui s’applique à compter de l’année d’imposition 2024 « jusqu’à modification » par les règlements. Les montants sont en dollars fidjiens.

Revenu imposableImpôt
0 à 30 000nul
30 001 à 50 00018 % de la part au-delà de 30 000
50 001 à 270 0003 600 + 20 % de la part au-delà de 50 000
270 001 à 300 00047 600 + 33 % de la part au-delà de 270 000
300 001 à 350 00057 500 + 34 % de la part au-delà de 300 000
350 001 à 400 00074 500 + 35 % de la part au-delà de 350 000
400 001 à 450 00092 000 + 36 % de la part au-delà de 400 000
450 001 à 500 000110 000 + 37 % de la part au-delà de 450 000
500 001 à 1 000 000128 500 + 38 % de la part au-delà de 500 000
au-delà de 1 000 000318 500 + 39 % de la part au-delà de 1 000 000

Pour les non-résidents, la même page publie un barème qui commence à 20 % dès le premier dollar jusqu’à 270 000, puis reprend les taux de 33 % à 39 % des mêmes tranches que le tableau ci-dessus.

Le résumé des mesures fiscales du budget 2026-2027, publié par le FRCS en juin 2026, ne liste aucune mesure sur les taux ou les seuils de l’impôt sur le revenu des particuliers. Selon la page du FRCS sur l’impôt des particuliers, mise à jour le 2 février 2026, la retenue PAYE est un prélèvement final : la plupart des salariés n’ont pas à déposer de déclaration, sauf notamment en cas d’emplois multiples ou d’emploi sur une partie de l’année.

Retenues à la source

La page « Tax rates and codes » du FRCS donne, pour l’année 2026, les taux de retenue suivants.

Nature du paiementTaux 2026
Intérêts versés à un résident (retenue finale)10 %
Intérêts versés à un non-résident10 %
Redevances, honoraires de gestion, montants de ressources naturelles et services professionnels versés à un non-résident15 %
Primes d’assurance versées à un non-résident3 %

Pour la retenue sur les intérêts payés aux résidents, la page du FRCS précise qu’elle est de 10 % depuis le 1er août 2018 et qu’elle constitue un impôt final : pour un particulier résident, les intérêts bruts sont imposés à 10 % hors barème, sans déduction ni crédit. Un certificat d’exemption peut être demandé, depuis le 1er août 2021, par les particuliers dont le revenu brut annuel est de 30 000 dollars ou moins. L’exemption pour les intérêts inférieurs à 1 000 dollars a été supprimée le 1er janvier 2024.

Le traitement fiscal des dividendes n’est pas détaillé ici.

Plus-values : impôt de 10 %

La page du FRCS sur la capital gains tax (CGT), mise à jour le 13 août 2025, indique que l’impôt est de 10 % depuis le 1er mai 2011, calculé sur le prix hors TVA de l’actif. Le vendeur le déclare lui-même.

  • Un résident est imposé sur ses plus-values sur des actifs en capital, que l’actif soit aux Fidji ou à l’étranger ; un non-résident l’est seulement sur les actifs fidjiens imposables.
  • Exonérations : la plus-value d’un particulier résident ou d’un citoyen fidjien qui ne dépasse pas 30 000 dollars ; la plus-value sur un premier logement ou une résidence principale d’un particulier résident ou d’un citoyen ; les actions cotées à la South Pacific Stock Exchange.
  • La déclaration est due dans le mois suivant la cession. Les pénalités sont de 20 % de l’impôt dû en cas de retard de déclaration et de 25 % en cas de retard de paiement.

Selon le guide du FRCS d’avril 2025, un certificat de CGT, demandé en ligne via le portail TPOS, est obligatoire pour transférer un actif en capital, et un bien acquis, rénové puis vendu en moins de deux ans est imposé comme un revenu et non selon la CGT.

Articulation avec la France : pas de convention listée

La liste du BOFiP des conventions fiscales (BOI-ANNX-000306), qui couvre les accords en vigueur au 1er janvier 2026, ne comporte aucune ligne pour les Fidji. La liste des accords bilatéraux d’échange de renseignements en matière fiscale (BOI-ANNX-000307, version du 21 juin 2019) n’en comporte pas non plus. Le BOFiP renvoie au site de l’OCDE pour les États couverts par la convention multilatérale d’assistance administrative, que cette page ne détaille pas.

Sans convention, aucun texte conventionnel ne départage une double résidence. La France applique son droit interne : d’après le BOFiP (BOI-IR-CHAMP-10, version du 28 juillet 2016), l’article 4 B du CGI retient comme domicile fiscal le foyer ou le lieu de séjour principal en France, l’exercice d’une activité professionnelle en France, ou le centre des intérêts économiques en France. Pour les revenus de valeurs mobilières de source étrangère, le BOFiP (BOI-RPPM-RCM-20-10-20-60, version du 29 décembre 2016) indique que les revenus provenant d’un État sans convention ne donnent lieu à aucune imputation sur l’impôt français : ils sont soumis à l’impôt français pour leur montant net d’impôt étranger. Ils se déclarent sur l’imprimé 2047, joint à la déclaration 2042.

Côté fidjien, la page « Laws and Regulations » du FRCS recense onze accords de double imposition : Qatar, Inde, Australie, Japon, Corée, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Singapour, Émirats arabes unis et Royaume-Uni. La France n’y figure pas, et la page ne précise pas si ces accords sont tous en vigueur. Le départ de France relève de l’exit tax et du domicile fiscal, traités dans nos pages sur ces sujets.

Ce que cette page ne traite pas

Elle ne détaille ni la fiscalité des dividendes, ni l’acquisition d’un bien par un étranger, ni les droits de timbre, ni les droits de succession et de donation, ni les cotisations sociales, ni la TVA, ni les régimes éventuels pour les nouveaux résidents, ni les titres de séjour. Ces sujets relèvent de la loi fidjienne et se vérifient auprès du FRCS. Balmont Conseil n’est pas un cabinet d’avocats ni un fiscaliste local : la fiscalité locale se valide avec un professionnel installé aux Fidji. Ce qui relève de la France, notamment la déclaration de départ et les comptes à déclarer, est traité dans nos pages sur le domicile fiscal et l’exit tax.

Ce qui change selon votre cas

  • Le nombre de jours passés aux Fidji sur toute période de 12 mois, le domicile et l’existence d’un lieu d’habitation permanent à l’étranger.
  • La nature des revenus : salaire soumis au PAYE final, intérêts, redevances, plus-values, loyers.
  • Le statut du bien cédé : résidence principale, montant de la plus-value, durée de détention avant la vente.
  • Votre résidence fiscale en France et aux Fidji, année par année.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Quand est-on résident fiscal aux Fidji ?

L’article 6 de l’Income Tax Act 2015 retient quatre critères : résider aux Fidji, y être domicilié sauf lieu d’habitation permanent à l’étranger, y être présent 183 jours sur une période de 12 mois, ou être un employé du gouvernement en poste à l’étranger.

Quel est le barème de l’impôt sur le revenu d’un résident ?

Le FRCS publie un barème nul jusqu’à 30 000 dollars fidjiens, puis 18 % de 30 001 à 50 000, 20 % jusqu’à 270 000, et de 33 % à 39 % au-delà, à compter de l’année d’imposition 2024.

Quel est le taux de l’impôt sur les plus-values ?

10 %, selon le FRCS, avec notamment une exonération pour la résidence principale d’un particulier résident ou d’un citoyen et pour une plus-value ne dépassant pas 30 000 dollars.

Existe-t-il une convention fiscale entre la France et les Fidji ?

Le BOFiP ne liste aucune convention pour les Fidji (annexe BOI-ANNX-000306, accords en vigueur au 1er janvier 2026), ni accord bilatéral d’échange de renseignements. Le FRCS ne cite pas la France dans sa liste d’accords de double imposition.

Faire le point avant de vous installer

Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et l’étranger. Pour faire le point sur votre situation avant un départ vers les Fidji, prenez rendez-vous.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles