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Valider un trimestre de retraite : le seuil de 1 803 € en 2026

En 2026, un trimestre de retraite de base est validé quand votre revenu annuel brut soumis à cotisations atteint 1 803 €. Ce seuil est égal à 150 fois le Smic horaire brut en vigueur au 1er janvier de l’année, soit 12,02 € au 1er janvier 2026. Il faut 3 606 € pour 2 trimestres, 5 409 € pour 3 et 7 212 € pour 4. Le maximum est de 4 trimestres par année civile.

Cette page traite le salarié du secteur privé et le micro-entrepreneur. Elle ne traite ni les artisans et commerçants hors micro-entreprise, ni les professions libérales au régime réel, ni les exploitants agricoles, ni la situation des personnes qui résident à l’étranger.

Le seuil de 1 803 € et son calcul

Selon la fiche officielle de service-public.gouv.fr, le seuil se calcule ainsi : Smic horaire brut en vigueur au 1er janvier de l’année, multiplié par 150 heures. Il se recalcule donc chaque année.

Trimestres validésRevenu annuel brut soumis à cotisations (2026)
11 803 €
23 606 €
35 409 €
47 212 €

Trois points à retenir :

  • Le maximum est de 4 trimestres par année civile. Gagner davantage que 7 212 € n’en ajoute pas un cinquième.
  • Un maximum de 2 trimestres en un mois. Les cotisations sont calculées chaque mois dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € brut en 2026), et l’Assurance retraite valide au maximum 2 trimestres en un mois.
  • Le seuil est calculé sur 150 heures depuis 2014. De 1972 à 2013, selon la même fiche, le revenu minimum était le Smic horaire brut en vigueur au cours de chaque période travaillée, multiplié par 200 heures.

Un exemple de lecture : un salarié qui perçoit 7 000 € brut dans l’année valide 3 trimestres. Il lui manque 212 € pour le quatrième.

Les périodes sans cotisation qui valident aussi des trimestres

Certaines périodes sont assimilées à des périodes cotisées. Le tableau reprend les fiches officielles F1761 (salarié du secteur privé) et F31249 (chômage et retraite) ; la durée du chômage indemnisé vient de la seconde.

SituationUn trimestre validé pour
Maladie ou accident du travail (indemnités journalières)chaque période d’indemnisation de 60 jours
Maternité (indemnités journalières)chaque période d’indemnisation de 90 jours
Service national90 jours d’incorporation
Chômage indemnisé50 jours de chômage, consécutifs ou non
Stages de formation, notamment pour demandeurs d’emploichaque période de 50 jours de stage
Chômage partiel (depuis le 1er mars 2020)220 heures indemnisées
Invaliditéchaque trimestre civil comprenant 3 mensualités de pension d’invalidité
Aidant d’un adulte handicapé (incapacité d’au moins 80 %)30 mois, dans la limite de 8 trimestres

La même règle d’invalidité s’applique à une rente d’accident du travail avec une incapacité permanente d’au moins 66 %.

Une confusion à éviter : les « 50 jours » ne valent pas pour la maladie

Un trimestre n’est pas validé tous les 50 jours d’arrêt maladie ou de congé maternité. Ce n’est pas ce que disent les fiches officielles. Le chiffre de 50 jours concerne le chômage et les stages. Pour la maladie, c’est 60 jours. Pour la maternité, c’est 90 jours.

Le chômage en détail

  • Le chômage indemnisé donne droit à 1 trimestre tous les 50 jours, dans la limite de 4 trimestres par année civile. Les allocations visées incluent l’ARE, l’ASS et l’indemnité d’activité partielle. Les périodes de différé d’indemnisation et de délai d’attente comptent aussi.
  • Le chômage non indemnisé qui suit une période indemnisée est pris en compte dans la limite d’un an. La limite passe à 5 ans si trois conditions sont réunies : avoir au moins 55 ans à la fin de l’indemnisation, avoir cotisé au moins 20 ans (80 trimestres) tous régimes de base confondus, et ne pas avoir de droit auprès d’une nouvelle caisse de retraite de base.
  • Pour une personne sans aucune indemnisation dans sa carrière, la première période de chômage non indemnisé est prise en compte dans la limite d’un an et demi (6 trimestres) à partir de 2011, et d’un an (4 trimestres) avant 2011.
  • Avant 1980, toutes les périodes de chômage, indemnisées ou non, sont prises en compte.
  • L’inscription à France Travail à la fin des études ne donne droit à aucun droit à la retraite.

Les enfants

Les trimestres accordés au titre des majorations pour enfants ne sont pas imputés sur une année en particulier. Leurs règles font l’objet d’une autre page.

L’année du départ

Si vous partez en cours d’année, le décompte des cotisations s’arrête au dernier jour du trimestre civil qui précède la date d’admission à la retraite. La fiche donne un exemple : pour un départ au 1er septembre, le décompte s’arrête au 30 juin. Même si le salaire de l’année valide 4 trimestres, seuls 2 sont retenus.

Les périodes non cotisées de l’année du départ obéissent à une limite voisine : elles ne peuvent pas faire compter plus de trimestres que ceux qui se sont effectivement écoulés. La fiche cite un arrêt pour accident du travail du 1er janvier au 30 juin, avec un départ au 1er juillet : seuls 2 trimestres sont retenus.

Le micro-entrepreneur : un calcul à partir du chiffre d’affaires

Le micro-entrepreneur ne peut pas acquérir plus de 4 trimestres par an. Pour 2026, la fiche d’entreprendre.service-public.gouv.fr décrit la méthode :

  1. on applique au chiffre d’affaires le taux de versement forfaitaire ;
  2. on applique au résultat le taux de répartition de la retraite de base ;
  3. on divise par 17,87 %, taux de cotisation de la retraite de base pour 2026 : on obtient le revenu cotisé ;
  4. on divise le revenu cotisé par 1 803 € et on arrondit à l’entier inférieur.
Activité (2026)Taux de versement forfaitaireTaux de répartition, retraite de base
Vente de marchandises12,3 %43,45 %
Prestations de services (BIC)21,2 %43,45 %
Profession libérale hors Cipav25,6 % (depuis le 1er janvier 2026)46,40 %

Les professions libérales affiliées à la Cipav suivent une autre règle. En 2026, leur chiffre d’affaires annuel doit atteindre 2 792 € pour 1 trimestre, 5 584 € pour 2, 8 376 € pour 3 et 11 168 € pour 4.

Exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Camille est consultante, en profession libérale hors Cipav, et exerce en micro-entreprise. Son chiffre d’affaires 2026 est de 8 000 € (hypothèse du profil fictif).

Problème. Elle pense qu’un chiffre d’affaires de 8 000 € lui fait valider 4 trimestres, parce qu’il dépasse 7 212 €. Or le seuil de 1 803 € s’applique à un revenu cotisé, pas au chiffre d’affaires.

Stratégie. Appliquer la méthode de la fiche officielle, étape par étape. Le cabinet fait le point avec elle sur son statut, ses revenus de l’année et son relevé de carrière.

Résultat.

ÉtapeCalculMontant
Versement forfaitaire8 000 € × 25,6 %2 048,00 €
Cotisation de retraite de base2 048 € × 46,40 %950,27 €
Revenu cotisé950,27 € ÷ 17,87 % (calcul sur montants non arrondis)5 317,69 €
Trimestres5 317,69 € ÷ 1 803 € = 2,95, arrondi à l’entier inférieur2 trimestres

Camille valide 2 trimestres, et non 4. Avec un chiffre d’affaires de 12 000 €, le même calcul donne 4,42 : elle validerait 4 trimestres, le maximum annuel.

Ce profil est fictif. Les montants intermédiaires sont arrondis au centime pour l’affichage, mais le calcul est fait sur les montants non arrondis (partir de 950,27 € saisi tel quel donnerait 5 317,68 €, sans changer le nombre de trimestres). Il suppose les taux 2026 de la fiche officielle. Il illustre la mécanique. Il ne présage pas de votre situation.

Ce qui change selon votre cas

  • Votre statut : salarié, micro-entrepreneur ou Cipav n’obéissent pas à la même règle. Les autres statuts ne sont pas traités ici.
  • Votre année de validation : le seuil est recalculé chaque année avec le Smic du 1er janvier.
  • Vos périodes sans cotisation : maladie, maternité, chômage, invalidité, stages ont chacune leur durée.
  • Votre année de départ : le décompte s’arrête au dernier trimestre civil écoulé.
  • Votre résidence : la situation des personnes qui résident à l’étranger n’est pas traitée sur cette page.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Combien faut-il gagner pour valider un trimestre de retraite en 2026 ?

1 803 € de revenu annuel brut soumis à cotisations, soit 150 fois le Smic horaire brut de 12,02 € au 1er janvier 2026 (service-public.gouv.fr, fiche F1761).

Combien de trimestres peut-on valider par an ?

Au maximum 4 par année civile. Pour 4 trimestres, il faut 7 212 € en 2026.

Un arrêt maladie valide-t-il des trimestres ?

Oui, s’il donne lieu à des indemnités journalières : 1 trimestre par période d’indemnisation de 60 jours. C’est 90 jours pour la maternité, et 50 jours pour le chômage indemnisé.

Le micro-entrepreneur valide-t-il autant de trimestres qu’un salarié ?

Il ne peut pas dépasser 4 trimestres par an, comme le salarié. Le nombre se calcule à partir du chiffre d’affaires avec la méthode décrite plus haut.

Où vérifier mes trimestres ?

La fiche officielle sur le chômage renvoie au relevé de carrière de l’espace personnel de l’Assurance retraite.

Faire le point sur vos trimestres

Le nombre de trimestres validés se lit sur votre relevé de carrière, avec vos revenus réels. Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, pour faire le point.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles