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Quitter la France pour le Mexique : deux tests de résidence, puis l’exit tax et son sursis de paiement

Partir au Mexique ne suffit pas à sortir du domicile fiscal français : il suffit d’un seul critère de l’article 4 B pour y rester. Le Mexique applique de son côté son propre test, fondé d’abord sur le logement. Si vous êtes redevable de l’exit tax, la notice 2074-ETD des transferts de 2025 cite le Mexique dans sa liste d’États du sursis de paiement automatique. Cette page ne traite ni le barème mexicain, ni les conditions détaillées du titre de résident, ni les successions.

Deux administrations, deux tests de résidence

En France. L’article 4 B du CGI retient trois familles de critères : personnels, professionnels, économiques. Il suffit que l’un soit rempli pour être domicilié en France. Un séjour de plus de six mois dans l’année n’est pas un critère absolu. Si vous exercez dans plusieurs pays, le BOFiP retient comme activité principale celle à laquelle vous consacrez le plus de temps effectif ; si ce critère ne peut être appliqué, celle qui procure la plus grande part de vos « revenus mondiaux ».

Au Mexique. Le Código Fiscal de la Federación (article 9) retient comme résident la personne physique qui a établi sa « casa habitación » au Mexique. Si elle dispose aussi d’un logement dans un autre pays, elle reste résidente quand son centre d’intérêts vitaux est au Mexique. Ce centre est réputé s’y trouver notamment quand plus de 50 % de ses revenus de l’année civile ont leur source au Mexique, ou quand elle y a le centre principal de ses activités professionnelles. Le texte prévoit aussi une présomption de résidence pour les personnes de nationalité mexicaine, qui admet la preuve contraire : les binationaux doivent la regarder de près.

Quand les deux se rencontrent. La convention France-Mexique départage une personne résidente des deux États : foyer d’habitation permanent, puis centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, enfin accord amiable des autorités. Ce texte l’emporte sur le domicile fiscal de droit interne. Il est décrit dans notre page sur la convention.

Les 180 jours sans visa, puis le titre de résident

France Diplomatie indique qu’aucun visa de court séjour n’est exigé pour entrer au Mexique. Le séjour touristique est limité à 180 jours, sans activité rémunérée ni bénévole. Un visa est nécessaire pour travailler ou étudier. La page n’est pas datée (consultée le 18/10/2026) : à relire avant le départ.

La Ley de Migración (article 52) distingue le visiteur sans permission d’activité rémunérée, limité à 180 jours ininterrompus, le résident temporaire, pour quatre ans au plus, avec possibilité de permis de travail sur offre d’emploi, et le résident permanent, pour une durée indéfinie. L’Institut national de migration (INM) précise deux délais : le titulaire d’un visa de résident temporaire l’échange contre son document migratoire dans les 30 jours naturels suivant son entrée ; les résidents notifient à l’INM tout changement de domicile, de lieu de travail ou d’état civil dans les 90 jours naturels. La même page prévoit le passage du statut temporaire au statut permanent, notamment pour les retraités ou pensionnés qui reçoivent leurs revenus de l’étranger. Les conditions de revenus ou d’épargne ne sont pas détaillées ici, faute de source lue.

Votre dernière année de résident français

La page de l’administration sur le départ à l’étranger (modifiée le 25 juin 2026) demande de signaler votre nouvelle adresse à votre centre des finances publiques. Pour l’année du départ, la déclaration 2042 reprend vos revenus jusqu’à la date du départ ; les revenus de source étrangère passent par la 2047. Le formulaire 2042-NR ne doit comporter que vos revenus de source française imposables en France, sur la période de non-résidence. L’IFI suit ensuite les règles de l’impôt sur le revenu et se gère auprès du service des impôts des particuliers non-résidents. La page invite aussi à contacter l’administration fiscale du pays de résidence : au Mexique, la procédure d’inscription et le calendrier n’ont pas été lus.

Exit tax : le Mexique dans la liste de la notice 2074-ETD des transferts de 2025

L’exit tax s’applique à qui a été domicilié fiscalement en France au moins six des dix années précédant le transfert, et détient soit au moins 50 % des bénéfices sociaux d’une société, soit des titres de valeur globale de 800 000 € : la notice 2074-ETD écrit « supérieure à 800 000 euros », la fiche grand public « au moins 800 000 € ». L’écart de rédaction se règle sur votre dossier.

Le taux est de 12,8 % pour l’impôt sur le revenu, plus des prélèvements sociaux de 17,2 % pour les transferts de 2025 et de 18,6 % pour les départs de 2026. Si les titres sont conservés, l’impôt est dégrevé à l’expiration de 2 ans (valeur globale inférieure à 2,57 millions d’euros) ou de 5 ans (valeur supérieure).

Pour le paiement, l’administration distingue un sursis automatique d’un sursis accordé sur demande. Dans sa section « Cas n° 1 », la notice 2074-ETD cite, outre les États membres de l’Union européenne, une liste d’États pour les transferts à compter du 1er janvier 2025. Le Mexique y figure. Le sursis automatique suppose que l’État ait conclu avec la France une convention d’assistance administrative et une convention d’assistance au recouvrement, et qu’il ne soit pas non coopératif au sens de l’article 238-0 A du CGI. Le Mexique n’est pas parmi les 11 États de la liste des États non coopératifs (arrêté du 15 avril 2026). Cette liste et celle de la notice se relisent à la date de votre départ.

Ce qui reste imposable en France après le départ

Un non-résident n’est imposable en France que sur ses revenus de source française, sous réserve des conventions. Le texte de la convention précise la répartition.

RevenuRègle de la convention
Loyers d’un immeuble en FranceImposables en France, où l’immeuble se trouve (article 6)
Dividendes d’une société françaiseImposables aussi en France, plafonnés à 15 % du brut pour un résident du Mexique autre qu’une société détenant au moins 10 % (article 10 § 2 b)
Gains sur un immeuble ou sur une société à prépondérance immobilière en FranceImposables en France (article 13 §§ 1 et 2)
Gains sur d’autres titresImposables seulement dans l’État de résidence du cédant (article 13 § 5)
Pensions privéesImposables seulement dans l’État de résidence (article 18)
Pensions et rémunérations publiques françaisesImposables seulement dans l’État payeur (article 19 § 1)

Le prélèvement interne sur les dividendes d’un non-résident est de 12,80 % au 1er janvier 2026, sous réserve des conventions. Pour les autres revenus de source française, le taux minimum des non-résidents est de 20 % jusqu’à 29 579 € et de 30 % au-delà (revenus perçus en 2025). Une option pour le taux moyen existe si elle est plus favorable, à condition de déclarer les revenus de source française et étrangère du foyer.

Revenus de source française après le départ : exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Marc, cadre fictif, s’installe au Mexique. Il garde en France un appartement loué ; ses loyers nets imposables atteignent 36 000 € dans l’année. Hypothèses : revenus perçus en 2025 (année visée par le seuil de 29 579 €), personne seule.

Problème. Il veut estimer l’impôt français sur ces loyers une fois non-résident.

Stratégie. Il applique le taux minimum des non-résidents : 20 % jusqu’à 29 579 €, 30 % au-delà.

Résultat. La première tranche donne 29 579 € × 20 % = 5 915,80 €. La seconde porte sur 6 421 € × 30 % = 1 926,30 €. L’impôt calculé au seul taux minimum s’élève à 7 842,10 €, soit 21,78 % du revenu. Avec 25 000 € de loyers, l’impôt serait de 5 000 €. Ce calcul ne tient compte ni des prélèvements sociaux, ni de l’option pour le taux moyen, ni de l’impôt mexicain. Le montant de 36 000 € est une hypothèse.

Quitter la France pour le Mexique : ce qui change selon votre cas

  • Vos liens avec la France : foyer, activité principale, centre des intérêts économiques.
  • Votre nationalité, si elle est aussi mexicaine.
  • Le niveau et la nature de vos titres, pour l’exit tax et le choix du sursis.
  • La nature de vos revenus restant en France : loyers, dividendes, pensions, gains.
  • Votre statut migratoire au Mexique et sa date.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Que reste-t-il imposable en France quand on s’installe au Mexique ?

Les revenus de source française, sous réserve de la convention : loyers d’immeubles français, dividendes (plafond de 15 % pour un particulier), gains sur immeubles français. Les pensions privées relèvent de l’État de résidence.

Le sursis de paiement de l’exit tax est-il automatique pour le Mexique ?

La notice 2074-ETD des transferts de 2025 cite le Mexique dans sa liste du sursis automatique, sous les conditions qu’elle fixe. Relisez la notice en vigueur à la date du départ.

Faut-il un visa pour s’installer au Mexique ?

France Diplomatie indique qu’aucun visa de court séjour n’est exigé, pour 180 jours sans activité rémunérée. Pour travailler, un visa est nécessaire. Le titre de résident se demande auprès de l’INM.

Quel formulaire déclare mes revenus l’année du départ ?

La 2042 jusqu’à la date du départ, la 2047 pour les revenus de source étrangère et la 2042-NR pour les seuls revenus de source française de la période de non-résidence.

Ma nationalité mexicaine change-t-elle ma résidence fiscale ?

Le code fiscal fédéral présume résidentes les personnes de nationalité mexicaine, avec preuve contraire possible. Le sujet se traite au cas par cas.

Faire le point avant de partir

Balmont Conseil, cabinet installé à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne des dirigeants et des familles dont le patrimoine ou l’activité relie la France et le Mexique. Pour faire le point avant votre départ, prenez rendez-vous. Le droit mexicain se fait valider par un professionnel local.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles