La moucharaka (musharaka) est un contrat de partenariat utilisé en finance islamique. Deux parties ou plus apportent chacune des capitaux, parfois du travail, à une entreprise ou à un projet. Les profits sont partagés selon un ratio fixé à l’avance, et les pertes sont supportées en proportion des apports.
Comment ça marche
Le principe financier
Le financeur ne prête pas à intérêt : il devient associé. Sa rémunération n’est pas un intérêt fixé d’avance, mais une part des résultats réels de l’opération. Si le projet ne dégage aucun résultat, il n’y a pas de rémunération. Cette règle découle de l’interdiction de l’intérêt (riba) dans les principes de la finance islamique.
Un exemple chiffré (profil fictif)
Une entreprise a besoin de 100 000 €. Elle en apporte 40 000 et l’établissement financier 60 000. Les parties conviennent de partager le profit à 50 % chacune. Si le profit est de 20 000 €, chacun reçoit 10 000 €. Si la perte est de 20 000 €, elle est répartie selon les apports : 8 000 € pour l’entreprise (40 %), 12 000 € pour l’établissement (60 %).
Différence avec la finance conventionnelle
Dans un prêt classique, le prêteur reçoit des intérêts et le capital, que le projet réussisse ou non. Dans la moucharaka, le financeur partage le risque économique. Un financement dit « dégressif » (moucharaka moutanakissa) prévoit en outre le rachat progressif de la part du financeur par l’autre partenaire.
Points de vigilance
- Le partage du profit est fixé par ratio, jamais par somme garantie, et les pertes suivent les apports.
- En droit français, ce montage doit s’inscrire dans un contrat existant (société, convention d’indivision, financement) ; les termes du contrat priment sur son nom.
- Les produits proposés sous cette appellation varient selon les établissements : il faut lire le contrat et les frais.
- L’avis d’un comité de conformité religieuse propre à chaque établissement ne remplace pas l’analyse juridique et fiscale du contrat.
Termes voisins
moudaraba, mourabaha, sukuk, zakat, compte courant d’associé, financement participatif.
À consulter aussi dans le lexique
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Voir aussi
Source officielle
Définition établie à partir des textes et de la doctrine administrative en vigueur au 4 novembre 2026.