Le taux de remplacement est le rapport entre la première pension et le dernier salaire. Pour un salarié du privé à carrière complète, il vaut 69 % jusqu’à 48 060 € de salaire brut, puis 61 % à 90 000 € et 57,5 % à 150 000 €, car la pension de base est plafonnée (calcul au 30 octobre 2026).
La retraite moyenne dit peu de chose de ce que vous toucherez. Ce qui compte, c’est l’écart entre votre salaire actuel et votre future pension, et cet écart grandit avec le salaire.
Qu’est-ce que le taux de remplacement ?
C’est la pension divisée par le dernier salaire, en brut ou en net. Un taux de 60 % signifie que, pour 100 € gagnés en fin de carrière, vous toucherez 60 € de retraite. Le reste du niveau de vie doit venir de l’épargne, d’un revenu du patrimoine ou d’une retraite supplémentaire.
Que mesure l’OCDE pour la France ?
Le Panorama des pensions 2025 de l’OCDE donne les taux de remplacement nets d’un salarié qui part à l’âge normal (65 ans pour la France), pour les hommes :
| Salaire (multiple du salaire moyen) | France | Moyenne OCDE |
|---|---|---|
| 0,5 fois | 66,1 % | 75,4 % |
| 1 fois | 70,0 % | 63,2 % |
| 2 fois | 58,9 % | 52,9 % |
La France se place au-dessus de la moyenne OCDE pour le salaire moyen et pour le double du salaire moyen, et en dessous pour les bas salaires. Entre un et deux fois le salaire moyen, le taux perd 11 points. Le calcul ci-dessous retrouve cette pente avec les règles françaises de 2026.
Que disent les statistiques françaises sur le taux de remplacement réel ?
La DREES, service statistique du ministère de la Santé, a mesuré le taux de remplacement des retraités de la génération 1946 : la pension rapportée au salaire net moyen de fin de carrière. Le taux médian est de 74,0 % pour les hommes et de 72,5 % pour les femmes. Pour les carrières complètes, il monte à 75,0 % et 74,7 %. La dispersion est forte : 10 % des retraités touchent moins de 53,4 % de leur salaire net moyen de fin de carrière, et 10 % plus de 92,5 %.
- Le taux de remplacement baisse, en général, quand le salaire monte.
- Les anciens salariés du privé ont des taux légèrement plus élevés que ceux du public.
- Entre les générations 1936 et 1946, le taux médian recule de 7,3 points dans le public et de 3,4 points dans le privé.
Cette étude date de 2015 et porte sur des retraités nés en 1946 : lisez-la comme un ordre de grandeur et non comme une prévision pour les départs de 2026. Elle confirme la pente que montrent l’OCDE et le calcul ci-dessous.
Taux de remplacement brut, net, dernier salaire ou moyenne : quelle définition retenir ?
Quatre définitions circulent. L’OCDE compare des montants nets pour un salarié type. La DREES rapporte la pension nette au salaire net moyen de fin de carrière. Les simulateurs rapportent souvent la pension brute au dernier salaire brut. Notre calcul compare des montants bruts et un salaire constant sur toute la carrière. Avant de comparer deux chiffres, vérifiez que le salaire de référence et le caractère brut ou net sont les mêmes.
Comment la retraite est-elle calculée ?
- Retraite de base : salaire annuel moyen des 25 meilleures années, plafonné au plafond de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026), multiplié par 50 % et par le rapport entre vos trimestres et le nombre requis. Le taux plein exige 172 trimestres pour les assurés nés à partir de 1966. La pension de base maximale est donc de 48 060 € × 50 % ÷ 12, soit 2 002,50 € par mois.
- Retraite complémentaire Agirc-Arrco : chaque année, vous acquérez des points : 6,20 % du salaire jusqu’à 48 060 € et 17 % de la partie comprise entre 48 060 € et 384 480 €, divisés par le prix d’achat du point (20,1877 € en 2026). La pension est le nombre de points multiplié par la valeur du point, 1,4386 € aujourd’hui. Les retraites complémentaires sont revalorisées de 1,4 % au 1er novembre 2026, ce qui porte le point à environ 1,4587 €.
Pourquoi le taux baisse-t-il quand le salaire monte ?
Parce que la retraite de base s’arrête au plafond. Au-dessus, seule la complémentaire progresse, et elle ne compense qu’une partie de l’écart. Carrière complète de 43 ans, salaire constant en euros 2026, taux plein, valeur du point de 1,4386 € :
| Salaire brut annuel | Base par mois | Complémentaire par mois | Total par mois | Taux de remplacement |
|---|---|---|---|---|
| 30 000 € | 1 250 € | 475 € | 1 725 € | 69,0 % |
| 48 060 € | 2 002,50 € | 761 € | 2 763 € | 69,0 % |
| 70 000 € | 2 002,50 € | 1 713 € | 3 716 € | 63,7 % |
| 90 000 € | 2 002,50 € | 2 581 € | 4 584 € | 61,1 % |
| 150 000 € | 2 002,50 € | 5 186 € | 7 189 € | 57,5 % |
La retraite de base pèse la moitié du salaire jusqu’au plafond, puis seulement 27 % à 90 000 € et 16 % à 150 000 €. C’est la part qui manque au-dessus du plafond que l’épargne doit remplacer.
Cas concret : un cadre lyonnais à 90 000 € brut
Situation. Nicolas, cadre à Lyon, est né en 1970. Il gagne 90 000 € brut par an (7 500 € par mois) et aura cotisé 43 ans à ce niveau, en euros constants, avec 172 trimestres à 64 ans.
Problème. Sa retraite de base est plafonnée à 2 002,50 € par mois. Ses 21 533 points Agirc-Arrco donnent 2 581 € par mois. Total : 4 584 € brut, soit un taux de remplacement de 61,1 %.
Stratégie. Nicolas veut conserver 75 % de son salaire, soit 5 625 € par mois. Il lui manque 1 041 € par mois. Il constitue pendant sa carrière un capital dont il tirera ce complément, en visant une durée de 20 ans.
Résultat. À 2,5 % net par an, 1 041 € par mois pendant 20 ans demandent un capital d’environ 197 000 € au moment du départ. Sur 25 ans, il faut environ 233 000 €. Hypothèses : salaire constant, aucun coefficient de minoration, pas de majoration pour enfants, pensions brutes. Cas fictif, donné à titre d’illustration.
Cas concret n° 2 : une directrice financière à 150 000 € brut
Situation. Claire, directrice financière à Lyon, est née en 1970. Elle gagne 150 000 € brut par an (12 500 € par mois). Comme pour Nicolas, on suppose 43 ans de carrière à ce niveau, en euros constants, avec 172 trimestres et un taux plein.
Problème. Sa retraite de base est plafonnée à 2 002,50 € par mois, soit 16 % de son salaire. Ses 43 259 points Agirc-Arrco donnent 5 186 € par mois. Total : 7 189 € brut, soit un taux de remplacement de 57,5 %. Au-dessus du plafond de la Sécurité sociale, chaque euro de salaire supplémentaire ne crée plus de droits à la retraite de base. Notre page sur le calcul de la retraite de base détaille cette mécanique.
Stratégie. Claire fixe un objectif de 75 % de son salaire, soit 9 375 € par mois. Il lui manque 2 186 € par mois. Elle prévoit de les tirer d’un capital sur 20 ans, ou sur 25 ans si elle préfère un versement plus étalé.
Résultat. À 2,5 % net par an, il faut environ 413 700 € au départ pour 20 ans de versements, ou 488 900 € pour 25 ans. Ce capital représente 2,8 fois son salaire annuel brut. Mêmes hypothèses que pour Nicolas : salaire constant, aucun coefficient de minoration, pas de majoration pour enfants, pensions brutes. Cas fictif, donné à titre d’illustration.
Comment combler l’écart ?
Trois leviers, dans cet ordre : vérifier son relevé de carrière et ses trimestres, travailler sur la date de départ (voir notre page sur la décote et la surcote et l’âge de départ par génération), puis constituer le capital manquant. Plus votre salaire dépasse le plafond, plus ce troisième levier pèse. Nos pages sur la sortie du PER à la retraite et sur les rachats d’assurance-vie montrent comment un capital se transforme en revenu.
Quel capital prévoir selon le salaire ?
Pour atteindre 75 % du salaire brut, avec les hypothèses du calcul ci-dessus (carrière complète de 43 ans, 2,5 % net par an, capital épuisé à la fin de la période) :
| Salaire brut annuel | Pension totale par mois | Manque pour 75 % | Capital pour 20 ans | Capital pour 25 ans |
|---|---|---|---|---|
| 70 000 € | 3 716 € | 659 € | 124 700 € | 147 400 € |
| 90 000 € | 4 584 € | 1 041 € | 197 000 € | 232 800 € |
| 150 000 € | 7 189 € | 2 186 € | 413 700 € | 488 900 € |
Le capital à constituer croît plus vite que le salaire, parce que la retraite de base reste figée au plafond. À 150 000 €, il est 2,1 fois plus élevé qu’à 90 000 €, alors que le salaire n’a augmenté que de 67 %.
Ce que fait Balmont Conseil
Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, calcule avec vous votre taux de remplacement à partir de votre relevé de carrière, point par point, puis bâtit le capital qui comble l’écart avec le niveau de vie que vous visez. Prenez rendez-vous avec le cabinet pour un premier échange.
FAQ
Quel est le taux de remplacement moyen en France ?
L’OCDE le situe à 70,0 % en net pour un salarié au salaire moyen qui part à 65 ans, et à 58,9 % pour un salaire double. Il diminue donc quand le salaire dépasse la moyenne.
Quelle est la retraite de base maximale en 2026 ?
2 002,50 € par mois, soit 50 % du plafond annuel de la Sécurité sociale de 48 060 €, pour un taux plein avec le nombre de trimestres requis.
Comment calcule-t-on les points Agirc-Arrco ?
Le salaire est multiplié par 6,20 % jusqu’à 48 060 € et par 17 % au-delà, puis divisé par le prix d’achat du point (20,1877 € en 2026). La pension est le total des points multiplié par la valeur du point.
Le taux de remplacement est-il calculé en brut ou en net ?
Les deux existent. Le calcul de cet article compare des montants bruts. L’OCDE publie des taux nets, après impôts et cotisations, ce qui explique de petits écarts entre les chiffres.
Combien d’épargne faut-il pour compléter sa retraite ?
Cela dépend du manque mensuel, de la durée de versement et du rendement net. Dans notre cas, 1 041 € par mois pendant 20 ans à 2,5 % demandent environ 197 000 € au départ.
Quel taux de remplacement faut-il viser ?
Il n’existe pas de taux officiel à viser. Nos cas retiennent 75 % comme hypothèse de travail. Le bon objectif part de vos dépenses réelles à la retraite : logement, santé, impôts, projets.
Le taux de remplacement varie-t-il beaucoup d’un retraité à l’autre ?
Oui. Pour la génération 1946, la DREES mesure un taux médian proche de 74 %, mais 10 % des retraités sont sous 53,4 % de leur salaire net moyen de fin de carrière et 10 % au-dessus de 92,5 %.
Pourquoi le taux de remplacement est-il plus bas pour les hauts salaires ?
Parce que la retraite de base est calculée sur un salaire plafonné, 48 060 € par an en 2026. Au-delà, seule la retraite complémentaire augmente, et elle ne compense qu’une partie de l’écart.
Sources : « Pensions at a Glance 2025 : taux de remplacement nets des pensions » (oecd.org, consulté le 30 octobre 2026) ; « Retraite complémentaire du secteur privé : Agirc-Arrco » (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 1er janvier 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; « Calcul de la retraite de base » (lassuranceretraite.fr, consulté le 30 octobre 2026) ; « Les retraites complémentaires Agirc-Arrco revalorisées de 1,4 % au 1er novembre 2026 » (info-retraite.fr, consulté le 30 octobre 2026) ; DREES, « Le taux de remplacement du salaire par la retraite diminue au fil des générations », Études et Résultats n° 926, 24 juillet 2015 (drees.solidarites-sante.gouv.fr, consulté le 31 octobre 2026).










