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30 octobre 2026

Quelle retraite touche un pharmacien titulaire d’officine en 2026 avec 110 000 € de bénéfice : environ 33 400 € par an de la CAVP ?

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Publié le :
30 octobre 2026

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

En résumé…

Un pharmacien titulaire d’officine qui dégage 110 000 € de bénéfice par an pendant 35 ans touche environ 33 400 € bruts par an (environ 2 780 € par mois) de la Caisse d’assurance vieillesse des pharmaciens (CAVP), tous régimes confondus : le régime de base, le régime complémentaire par répartition et le régime complémentaire par capitalisation. C’est 30 % de son revenu. Pour retrouver 70 % de son revenu, il manque environ 43 600 € par an, soit un capital d’environ 760 000 € à constituer en 20 ans. Le plafond de déduction du plan d’épargne retraite (PER) couvre 11 000 € de versements par an à ce niveau de revenu, sur les 25 500 € d’effort annuel : le reste passe par l’assurance-vie et l’immobilier.

1. Les trois régimes de retraite d’un pharmacien titulaire

La CAVP verse trois pensions qui s’additionnent. Elles ne se calculent pas toutes de la même façon : le régime de base compte des points, le régime complémentaire par répartition compte des années cotisées, et le régime complémentaire par capitalisation convertit un capital en rente. Les montants ci-dessous sont ceux de 2026. Le régime de base est appelé sur le revenu de 2024, puis régularisé sur celui de 2025 ; le régime par capitalisation est fixé sur le revenu d’il y a deux ans.

RégimeCotisation 2026Ce qui génère les droitsValeur 2026
Base8,73 % du revenu jusqu’à 1 plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 €), puis 1,87 % jusqu’à 5 plafonds (240 300 €)Jusqu’à 557 points par an sur la première tranche et 25 points sur la seconde, au prorata de la cotisationPoint : 0,6599 €
Complémentaire par répartitionForfait de 7 657 €, identique de la classe 3 à la classe 13, appel de 105,4 % déjà inclus en 2026Une année cotisée = une annuité. La majoration de 5,4 % de l’appel ne génère aucun droit328,80 € par annuité cotisée ; 13 974 € pour 42,5 annuités
Complémentaire par capitalisationDe 2 906 € à 17 436 € selon la classe, fixée sur le revenu d’il y a deux ansUn capital, converti en rente viagère revalorisable au départCotisation de référence : 1 453 €, multipliée par 2 à 12

Un titulaire d’officine n’a pas de quatrième étage. Les prestations complémentaires de vieillesse de la caisse sont réservées aux pharmaciens biologistes médicaux conventionnés. Aucun équivalent ne figure dans les documents 2026 de la caisse pour un titulaire d’officine. S’y ajoute un régime d’invalidité-décès au forfait de 696 € en 2026, qui protège le revenu mais ne génère aucune pension de retraite.

Les classes du régime par capitalisation vont de 3 à 13. Pour un revenu de référence compris entre 103 032 € et 120 694 €, c’est la classe 5 : 5 812 € placés en capitalisation, qui s’ajoutent aux 7 657 € de répartition, soit 13 469 € au total. Toutes les valeurs de cotisation et de point de cet article viennent des documents 2026 de la caisse.

2. À quel âge et après combien de trimestres le taux plein ?

  • Régime de base : taux plein automatique à 67 ans, quelle que soit la durée d’assurance. Avant 67 ans, il faut la durée exigée pour sa génération, jusqu’à 172 trimestres. L’âge légal de départ atteint 64 ans pour les personnes nées en 1969 et après. Chaque trimestre manquant retire 1,25 % de pension, dans la limite de 20 trimestres (25 %), et la réduction est définitive. Un trimestre de surcote ajoute 1,25 %.
  • Régime complémentaire par répartition : taux plein à 67 ans pour toutes les générations. La caisse applique une minoration si l’âge du taux plein n’est pas atteint et une surcote au-delà ; sa page de calcul ne publie pas les taux.
  • Régime complémentaire par capitalisation : la rente dépend de l’âge de départ, des tables de mortalité de votre génération, du taux d’intérêt technique, de l’option de réversion et de l’écart d’âge entre conjoints.
  • Majoration de 10 % de la pension de base et de la pension complémentaire par répartition pour les parents d’au moins trois enfants.
  • Inaptitude au travail : la retraite complémentaire par répartition est versée dès 62 ans, quelle que soit l’année de naissance.

Le Premier ministre a annoncé le 14 octobre 2025 la suspension de la réforme des retraites de 2023. Pour les pensions qui débutent à partir du 1er septembre 2026, la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL) avance de trois mois, et de six mois pour le premier trimestre 1965, l’âge de départ des générations 1964 à 1968, et réduit d’un trimestre la durée exigée pour les générations 1964 et du début de 1965. L’âge moyen de départ à la retraite des pharmaciens libéraux est de 65,39 ans en 2024.

3. Le calcul sur 110 000 € de bénéfice pendant 35 ans

Nous appliquons les valeurs 2026 à chacune des 35 années. Le nombre de points du régime de base (557 par an sur la première tranche) est celui publié à partir de 2025 : l’appliquer à toute la carrière surestime très légèrement la pension de base. La seconde tranche donne 11,4 points par an : la cotisation de 1,87 % sur 110 000 € représente 45,8 % de la cotisation maximale de cette tranche, qui rapporte 25 points.

RégimeCalculPension annuelle brute
Base(557 + 11,4) points × 35 ans × 0,6599 €13 129 €
Complémentaire par répartition35 annuités × 328,80 €11 508 €
Complémentaire par capitalisation5 812 € par an pendant 35 ans, capital de 290 568 € à 67 ans, converti à 3 %8 717 €
Total2 780 € par mois33 354 €

Cas type

Situation. Un pharmacien titulaire d’officine à Lyon, installé à 32 ans, 47 ans aujourd’hui, célibataire, sans enfant, exerçant en nom propre. Son bénéfice est de 110 000 € par an, stable, et il se situe dans la classe 5 du régime par capitalisation sur toute sa carrière. Il partira à 67 ans, après 35 ans de cotisations. Les valeurs 2026 sont figées et les montants sont en euros constants.

Problème. Il compte sur sa caisse pour « l’essentiel » de son niveau de vie. Le calcul donne 33 354 € bruts par an, soit 30,3 % de son bénéfice : 13 129 € du régime de base, 11 508 € du régime par répartition, 8 717 € du régime par capitalisation. Pour cela, il cotise en 2026 environ 20 418 € par an, soit 18,6 % de son bénéfice : 6 253 € au régime de base (4 196 € sur la première tranche, 2 057 € sur la seconde), 7 657 € au régime par répartition (appel de 105,4 % déjà inclus), 5 812 € au régime par capitalisation et 696 € à l’invalidité-décès.

Stratégie. Il vise 70 % de son revenu, soit 77 000 € par an. Il manque 43 646 € par an pendant 25 ans de retraite (de 67 à 92 ans). À un rendement de 3 % pendant la retraite, ce flux demande un capital de 760 012 € à 67 ans. Pour l’atteindre en 20 ans avec un rendement de 4 % par an, il doit épargner 25 523 € par an, soit 2 127 € par mois (23,2 % de son bénéfice). Il verse son plafond sur un PER et place le reste en assurance-vie.

Résultat. Il verse 11 000 € par an sur son PER, soit 10 % de son bénéfice de l’année précédente. Son revenu imposable de 110 000 € se situe au-dessus de 84 577 € : la déduction reste dans la tranche à 41 %, et l’économie d’impôt est de 4 510 €. L’effort réel est de 6 490 €. Il verse les 14 523 € restants en assurance-vie. À 67 ans, ses pensions de 33 354 € restent sous le seuil de 84 577 € de la tranche à 41 % : les sommes qui s’y ajoutent sont imposées à 30 % au plus tant que le total reste sous ce seuil.

Ce calcul est un ordre de grandeur. Il fige les valeurs de 2026, prend le bénéfice comme assiette des cotisations, ne tient pas compte de l’inflation ni de la majoration de 10 % pour trois enfants, et suppose les rendements indiqués. Il suffit à poser le constat : la CAVP ne remplace pas votre niveau de vie.

Ce que la caisse publie elle-même

Pour le régime par capitalisation, la caisse ne publie ni son coefficient de conversion ni son taux technique. Nous avons donc retenu une rente de 3 % du capital à 67 ans, et un capital revalorisé de 2 % par an, comme dans les exemples de la caisse. Ce taux de conversion reproduit ses exemples de novembre 2025 à quelques dixièmes de point près. Pour 37 ans de cotisation avec un départ à 67 ans, la caisse affiche une pension mensuelle totale, hors prestations complémentaires de vieillesse, de :

Classe de cotisationPension mensuelle (37 ans)Pension annuelle
Classe 3 (revenu jusqu’à 84 042 €)2 492 €29 904 €
Classe 8 (revenu jusqu’à 170 982 €)3 453 €41 436 €
Classe 13 (revenu au-delà de 240 534 €)4 408 €52 896 €

Ces exemples supposent une inflation nulle, des revenus constants et un capital revalorisé de 2 % par an ; ils datent de 2025, dernière année publiée avec ce détail. Le cas ci-dessus, en classe 5 et sur 35 ans, donne 2 780 € par mois : il se place entre la classe 3 et la classe 8.

4. Ce que le PER vous permet de déduire

Le plan d’épargne retraite se déduit du revenu imposable dans la limite d’un plafond. Pour un travailleur non salarié, ce plafond est le plus élevé entre 10 % du bénéfice imposable de l’année précédente (retenu jusqu’à 8 plafonds de la Sécurité sociale) et 10 % du plafond de la Sécurité sociale. Le plafond retenu est celui de l’année précédente (47 100 € en 2025) : pour un versement en 2026, cela donne un plancher de 4 710 € et un maximum de 37 680 €, selon le Bulletin officiel des finances publiques (BOI-IR-BASE-20-50-20). La part du plafond non utilisée se reporte sur les cinq années suivantes ; l’excédent versé au-delà du plafond ne se reporte pas. Le détail de la mécanique figure sur notre page plafond de déduction du PER.

Le barème de l’impôt sur le revenu 2026 applique 41 % entre 84 577 € et 181 917 € par part (loi n° 2026-103, article 4). À 110 000 € de revenu imposable pour une personne seule, chaque euro déduit économise donc 0,41 €. Pour ce pharmacien, le plafond est de 11 000 € : il couvre 43 % de l’effort annuel de 25 523 €. Le PER individuel est l’outil de départ ; il ne suffit pas seul.

5. Les leviers dans le régime lui-même, puis hors du régime

  • Le rachat de cotisations : le régime par capitalisation permet de racheter au plus six années de cotisations.
  • La classe de cotisation : elle suit le revenu d’il y a deux ans. Chaque classe de plus augmente la part capitalisée de 1 453 €.
  • L’assurance-vie : épargne disponible à tout moment, avec une fiscalité allégée après huit ans, utile pour la transmission.
  • L’immobilier locatif : revenus complémentaires, avec le statut de loueur en meublé non professionnel pour limiter l’impôt sur les loyers.
  • Les parts de société civile de placement immobilier : exposition à l’immobilier sans gestion, voir notre page dédiée.
  • La vente de l’officine : le prix de cession peut financer une partie du capital à constituer.

Questions fréquentes

À quel âge un pharmacien touche-t-il sa retraite à taux plein ?

À 67 ans pour le régime de base et pour le régime complémentaire par répartition. Pour le régime de base, le taux plein s’obtient aussi plus tôt si la durée exigée pour sa génération est atteinte (jusqu’à 172 trimestres). Chaque trimestre manquant retire 1,25 % de pension de base, définitivement.

Combien coûtent les cotisations retraite de la CAVP en 2026 ?

Pour un revenu de 110 000 € et la classe 5, environ 20 418 € : 4 196 € pour la première tranche du régime de base et 2 057 € pour la seconde, 7 657 € pour le régime par répartition (appel de 105,4 % déjà inclus), 5 812 € pour le régime par capitalisation et 696 € pour l’invalidité-décès. La hausse de 5,4 % appelée sur la répartition ne génère aucun droit de retraite.

Un pharmacien titulaire cotise-t-il à l’avantage social vieillesse ?

Non. Les prestations complémentaires de vieillesse de la CAVP sont réservées aux pharmaciens biologistes médicaux conventionnés. Un titulaire d’officine cotise à trois régimes de retraite : base, complémentaire par répartition et complémentaire par capitalisation.

Les pensions de la CAVP sont-elles revalorisées ?

Oui, régime par régime. Au 1er janvier 2026, la pension de base est revalorisée de 0,9 % et la pension complémentaire par répartition de 0,6 %. Pour le régime par capitalisation, la revalorisation est de 3 % au titre de 2025, appliquée en 2026.

Le PER suffit-il à combler l’écart ?

Non. À 110 000 € de bénéfice, le plafond de déduction est de 11 000 € par an, alors que l’effort nécessaire est d’environ 25 523 € par an. Le PER se combine avec l’assurance-vie et l’immobilier.

Notre position

Nous partons de l’extrait de compte de votre caisse, pas d’une moyenne. Avec ce document, nous mesurons l’écart entre votre pension et votre revenu actuel, puis nous construisons la combinaison PER, assurance-vie et immobilier qui le ferme au coût fiscal le plus bas. Nous percevons des commissions sur les contrats souscrits via notre cabinet.

Réserver un échange avec Balmont Conseil

Alexis Sagnier, conseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF. ORIAS 13003497. Mis à jour le 28/10/2026.

Sources officielles consultées

  • CAVP, « Les cotisations du pharmacien libéral en 2026 », notice explicative (régime de base, répartition, capitalisation, classes, taux d’appel) : cavp.fr
  • CAVP, fiche « Montants de référence 2026 » (juillet 2026 : cotisations, valeur du point, annuité de référence, pension à taux plein) : cavp.fr
  • CAVP, « Comment votre retraite de pharmacien libéral est-elle calculée ? » : cavp.fr
  • CAVP, « Le fonctionnement des régimes auxquels vous cotisez » (prestations complémentaires de vieillesse réservées aux biologistes) : cavp.fr
  • CAVP, « Vos cotisations au régime complémentaire » (rachat, réduction de la classe 3) : cavp.fr
  • CAVP, « La revalorisation de vos pensions de retraite » (taux 2026) : cavp.fr
  • CAVP, « L’assurance vieillesse des pharmaciens », diaporama de novembre 2025 (assiette, exemples de pensions, âge et trimestres) : cavp.fr
  • CAVP, « Les chiffres clés », édition de septembre 2025 (âge moyen de départ, valeurs 2025) : cavp.fr
  • CAVP, « Les conditions pour percevoir une retraite de base à taux plein » (fiche pratique 2024) : cavp.fr
  • Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales, « Comprendre sa retraite » (points, valeur du point, décote, surcote, âge) : cnavpl.fr
  • Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales, « Cotiser pour sa retraite » (taux et plafonds 2026) : cnavpl.fr
  • Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales, « Loi de financement de la Sécurité sociale 2026 : ce qui change » (suspension de la réforme) : cnavpl.fr
  • BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20, limites de déduction des cotisations d’épargne retraite : bofip.impots.gouv.fr
  • Loi n° 2026-103 de finances pour 2026, article 4 (barème de l’impôt sur le revenu) ; plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 : 48 060 € ; 2025 : 47 100 €.

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Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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