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Dirigeants et transmission

Choisir la forme juridique de son entreprise : responsabilité, régime social, fiscalité

Le choix de la forme juridique se fait sur plusieurs éléments. Service-Public cite d’emblée le nombre d’associés et le montant du capital social, puis détaille pour les activités commerciales et artisanales six critères : le mode d’exercice (seul ou à plusieurs), la responsabilité, la gestion, les coûts de création, le régime social et l’imposition des bénéfices. Seul, vous avez le choix entre l’entreprise individuelle, l’EURL et la SASU. À plusieurs, il faut créer une société (SAS, SARL, SA, entre autres). La forme peut être modifiée en cours de vie sociale : le choix de départ n’est pas définitif.

Cette page suit la fiche officielle « Choisir la forme juridique de son entreprise » (vérifiée le 10/04/2026) et les fiches de chaque forme. Elle traite l’activité commerciale ou artisanale. Elle ne détaille ni les professions libérales réglementées (qui ont leurs propres structures, comme les sociétés d’exercice libéral), ni la SNC, ni les sociétés en commandite, ni les taux de cotisations.

Les formes en un tableau

FormeAssociésPart du numéraire à libérer à la créationDirigeant et régime social
Entreprise individuelle (EI)Exercice seulPas de capital socialL’entrepreneur : travailleur non salarié (TNS)
EURL1Au moins 20 %Gérant associé unique : TNS
SASU1Au moins la moitiéPrésident : assimilé salarié
SARL2 à 100Au moins 20 %Gérant majoritaire : TNS ; gérant minoritaire : assimilé salarié
SAS2 au minimumAu moins la moitiéPrésident : assimilé salarié
SA2 actionnaires au minimum (société non cotée)Au moins la moitié ; capital de 37 000 €Président : assimilé salarié

L’entreprise individuelle n’a pas de capital social. Le capital est libre pour l’EURL, la SARL, la SASU et la SAS (1 € minimum en SASU, selon la fiche SASU). Le solde des apports en numéraire est libéré dans les 5 ans de l’immatriculation. Le chiffre de 37 000 € pour la SA est le capital minimum cité par la fiche.

La responsabilité

Dans l’EURL, la SARL, la SASU, la SAS et la SA, la responsabilité des associés est limitée au montant des apports. Cette limite a une exception que les fiches signalent : le gérant associé unique d’une EURL peut voir sa responsabilité engagée en cas de faute de gestion.

Dans l’entreprise individuelle, le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel sont séparés automatiquement. En cas de manquement aux obligations fiscales ou sociales, l’administration fiscale et les organismes sociaux peuvent toutefois obtenir le remboursement de leurs créances sur les deux patrimoines. L’EI ne crée pas de personnalité juridique distincte, et une personne ne peut pas posséder plusieurs entreprises individuelles.

Le régime social du dirigeant

Deux régimes coexistent :

  • TNS : l’entrepreneur individuel, le gérant associé majoritaire de SARL (plus de 50 % des parts), l’associé unique d’EURL. Ils sont affiliés au régime des travailleurs non salariés.
  • Assimilé salarié : le président de SAS, de SASU ou de SA, et le gérant minoritaire de SARL, qui relève du régime général.

Deux ordres de grandeur figurent dans les fiches. Pour l’entrepreneur individuel, les cotisations représentent environ 45 % du revenu d’activité. Pour le président assimilé salarié, les charges sociales représentent environ 60 % de la rémunération brute. Les bases diffèrent : ces pourcentages ne se comparent pas.

Pendant les deux premières années d’une activité indépendante, la fiche indique une assiette forfaitaire égale à 19 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 9 131 € en 2026.

L’imposition des bénéfices

FormeImposition par défautOption
EIImpôt sur le revenuIS, en demandant à être assimilé à une EURL, dans les 3 premiers mois de l’exercice
EURLImpôt sur le revenu si l’associé unique est une personne physiqueIS ; obligatoire si l’associé unique est une personne morale
SASUImpôt sur les sociétésIR, sous conditions (moins de 5 ans, moins de 50 salariés…)
SARLImpôt sur les sociétés en principeIR, sous conditions
SASImpôt sur les sociétésIR (option)
SAImpôt sur les sociétésIR (option)

Service-Public précise que l’impôt sur les sociétés peut s’appliquer à toutes les formes d’entreprise, y compris les entreprises individuelles. Le taux de l’IS indiqué par la fiche SASU est de 25 %, avec un taux réduit de 15 % pour les PME sur la part des bénéfices allant jusqu’à 42 500 €.

Pour l’entrepreneur individuel, la fiche donne aussi les seuils du régime réel simplifié en 2026 (chiffre d’affaires 2025) : entre 203 100 € et 945 000 € pour la vente de marchandises, entre 83 600 € et 286 000 € pour les prestations de services. Au-delà, le régime réel normal s’applique.

Les coûts de création

La création d’une entreprise individuelle commerciale coûte 21,74 €. Une société coûte 33,83 € de frais d’immatriculation au guichet des formalités des entreprises, plus 19,33 € de déclaration des bénéficiaires effectifs, plus une annonce légale. Le montant de l’annonce légale n’est pas donné par les fiches consultées.

Fonctionnement et cession

  • SARL : le gérant est obligatoirement une personne physique, associée ou non. La cession de parts est en principe libre à un associé ou à un membre de la famille, sauf clause d’agrément des statuts ; elle est soumise à l’agrément des associés si l’acheteur est un tiers. Les droits d’enregistrement sont de 3 % du prix après un abattement de 23 000 €, proportionnel à la part de capital cédée.
  • SASU : le président est nommé dans les statuts ; la cession d’actions supporte 0,1 % de droits.
  • EURL : gérant personne physique, droits de 3 % après abattement de 23 000 € proportionnel au nombre de parts cédées.

Le détail de la comparaison entre SASU et EURL fait l’objet d’une page dédiée.

Choix de la forme juridique : exemple chiffré (profil fictif)

Situation. Nadia démarre seule une activité de conseil. Hypothèses de l’exemple, qui ne sont pas des règles : si elle crée une société, l’apport est de 20 000 €, entièrement en numéraire ; l’annonce légale n’est pas chiffrée.

Problème. Que doit-elle libérer à la création et quels frais de formalité supporte-t-elle selon la forme ?

Stratégie. Appliquer les règles des fiches : 20 % du numéraire pour l’EURL, la moitié pour la SASU ; 33,83 € + 19,33 € pour une société ; 21,74 € pour une EI commerciale.

Résultat.

EIEURLSASU
Capital à libérer à la créationAucun4 000 €10 000 €
Frais de formalité (hors annonce légale)21,74 €53,16 €53,16 €

Les 53,16 € se composent de 33,83 € et de 19,33 €. Contrôle de cohérence : 19 % du plafond annuel de la sécurité sociale de 48 060 € (valeur citée dans la fiche sur la protection sociale du dirigeant) donne 9 131,40 €, soit le chiffre de 9 131 € de la fiche. L’exemple ne dit rien du régime social ni de l’impôt de Nadia. Ces profils sont fictifs et ne présagent pas de votre situation.

Choix de la forme juridique : ce qui change selon votre cas

  • Votre nombre d’associés : seul ou à plusieurs, les formes ne sont pas les mêmes.
  • Votre activité : commerciale, artisanale, libérale non réglementée ou réglementée.
  • Votre besoin de protéger votre patrimoine : l’EI et les sociétés n’offrent pas la même séparation.
  • Votre mode de rémunération : le statut social du dirigeant en dépend.
  • Vos projets d’associés ou de cession : la forme influe sur les formalités de cession.

La règle dépend de votre situation. Aucun résultat n’est promis.

Questions fréquentes

Quelle forme choisir pour créer seul ?

Service-Public cite l’entreprise individuelle (avec option micro-entreprise), l’EURL et la SASU. Le choix se fait sur les critères ci-dessus, avec votre dossier.

Peut-on changer de forme plus tard ?

Oui : la forme juridique peut être modifiée en cours de vie sociale. Les conditions varient selon la forme d’origine et la forme visée ; un entrepreneur individuel doit créer sa société.

L’impôt sur les sociétés est-il réservé aux sociétés ?

Non. Selon la fiche, il peut s’appliquer à toutes les formes d’entreprise, y compris les entreprises individuelles.

Faut-il un capital minimum ?

Pas pour l’EI, l’EURL et la SARL ; 1 € en SASU ; 37 000 € pour une SA.

Faire le point avant de décider

Le choix d’une forme se prépare avec une vision complète de votre projet et de votre patrimoine. Prenez rendez-vous avec Balmont Conseil, cabinet lyonnais installé depuis bientôt 14 ans, pour faire le point.

Alexis SagnierConseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF
Fondateur de Balmont Conseil, Lyon (ORIAS 13003497)

Sources officielles