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En résumé…

Un commerçant affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI) qui dégage 45 000 € de bénéfice par an pendant 35 ans touche environ 19 400 € bruts par an (environ 1 620 € par mois) à 67 ans : 13 550 € de retraite de base et 5 850 € de retraite complémentaire, soit 43 % de son revenu. Pour retrouver 70 % de son revenu, il manque environ 12 100 € par an, soit un capital d’environ 211 000 € à constituer, ce qui demande environ 7 100 € d’épargne par an pendant 20 ans. Le plafond de déduction du plan d’épargne retraite (PER) est de 4 710 € en 2026 : c’est le minimum légal, car 10 % de son bénéfice ne font que 4 500 €. Il couvre 67 % de l’effort. Le reste passe par l’assurance-vie et l’immobilier.

1. Les trois étages de la retraite d’un commerçant en 2026

Un commerçant relève du même régime qu’un artisan : la Sécurité sociale des indépendants. Les cotisations sont versées à l’Urssaf et la pension est servie par l’Assurance retraite. Trois étages se calculent chacun à leur façon : la retraite de base (une part du revenu moyen, au prorata des trimestres), la retraite complémentaire des indépendants (des points convertis en pension) et l’invalidité-décès (une prévoyance, sans pension de retraite). Les taux ci-dessous sont ceux de 2026.

ÉtageCotisation 2026Ce qui génère les droits
Retraite de base17,87 % de l’assiette jusqu’au plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 €), puis 0,72 % au-delà. Cotisation minimale : 967 €Quatre trimestres par an au plus. Pension = 50 % × revenu annuel moyen × trimestres validés ÷ durée de référence
Retraite complémentaire8,1 % jusqu’à 44 286 €, puis 9,1 % jusqu’à 192 240 €Des points : cotisation ÷ 21,726 €. Chaque point verse 1,347 € par an
Invalidité-décès1,30 % de l’assiette jusqu’à 48 060 €, puis 0 %Pension d’invalidité de 30 % ou 50 % du revenu annuel moyen des 10 meilleures années, selon la catégorie

L’assiette est le bénéfice industriel et commercial (BIC) moins un abattement forfaitaire de 26 %, sans déduction des cotisations sociales : c’est la réforme de l’assiette sociale, applicable aux cotisations de 2026. Pour 45 000 € de bénéfice, l’assiette est de 33 300 €, sous les seuils de 44 286 € et de 48 060 € : seuls les taux de la première tranche s’appliquent.

Un repère tiré des valeurs officielles : un point de la retraite complémentaire s’acquiert pour 21,726 € de cotisation et verse 1,347 € par an, soit 6,2 % par an du montant cotisé. L’euro cotisé revient donc en pension au bout de 16 ans environ. C’est la mesure à comparer avec un placement libre : le point donne une rente à vie, mais aucun capital à transmettre.

2. Ce qui diffère d’un artisan

Pour la retraite, presque rien : les textes appliquent les mêmes taux, la même durée de référence et la même valeur de point aux deux professions. Les écarts portent sur les droits anciens et sur un forfait annuel.

PointCommerçantArtisan
Taux de retraite de base, de retraite complémentaire et d’invalidité-décès en 2026IdentiquesIdentiques
Indemnités journalières, pension d’invaliditéMêmes règlesMêmes règles
Contribution à la formation professionnelle, forfait de novembre120 € (0,25 % du plafond), versés à l’Agefice139 € (0,29 % du plafond), versés au FAFCEA
Points de retraite complémentaire acquis avant 2013Points de l’ancien régime NRCO (depuis 2004), repris sans conversionPoints de l’ancien régime RCO, convertis avec un coefficient de 0,2778

Depuis 2013, un régime complémentaire unique s’applique aux deux professions, avec les mêmes droits pour les mêmes cotisations. Le cas type commence sa carrière après 2013 : la différence sur les points anciens ne le concerne pas. Un commerçant qui a cotisé avant 2013 doit en revanche la vérifier sur son relevé de carrière.

3. À quel âge et avec combien de trimestres le taux plein ?

  • Âge légal : 64 ans pour les personnes nées à partir de 1969. La suspension de la réforme des retraites, à partir du 1er septembre 2026, ne concerne que les générations 1964 à 1968.
  • Taux plein automatique : à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres.
  • Durée de référence : 172 trimestres à partir de la génération 1966. Chaque trimestre manquant retire 1,25 % de pension, dans la limite de 20 trimestres. Un trimestre cotisé au-delà de l’âge légal et de la durée requise ajoute 1,25 % (surcote).
  • Retraite complémentaire : elle est versée en totalité si la retraite de base est au taux plein. Sinon, elle est réduite.
  • Validation des trimestres : en 2026, une cotisation de retraite de base de 1 289 € valide les quatre trimestres de l’année. À 45 000 € de bénéfice, la cotisation de 5 951 € les valide largement.

Le calcul de la retraite de base retient les meilleures années de revenu cotisé, plafonnées chaque année au plafond de la Sécurité sociale (jusqu’à 25 années selon la génération). Dans le cas type, le revenu est constant : le nombre d’années retenues ne change pas le résultat.

4. Le calcul sur 45 000 € de bénéfice pendant 35 ans

ÉtageCalculPension annuelle brute
Retraite de base50 % × 33 300 € × 140 trimestres ÷ 17213 552 €
Retraite complémentaire124 points par an × 35 ans = 4 340 points × 1,347 €5 846 €
Total1 617 € par mois19 398 €

Cas type

Situation. Un commerçant installé à Lyon à 32 ans, 47 ans aujourd’hui, célibataire, sans enfant, en entreprise individuelle. Son bénéfice est de 45 000 € par an, stable. Il partira à 67 ans, après 35 ans de cotisations et 140 trimestres, sans autre carrière et sans trimestre racheté. Les valeurs 2026 sont figées et les montants sont en euros constants.

Problème. Il compte sur sa pension pour « la moitié » de son revenu. Le calcul donne 19 398 € bruts par an, soit 43,1 % de son bénéfice : 13 552 € de retraite de base et 5 846 € de retraite complémentaire. Il cotise pourtant chaque année 9 081 € pour la retraite et l’invalidité-décès : 5 951 € de retraite de base, 2 697 € de retraite complémentaire et 433 € d’invalidité-décès. La retraite de base est amputée du prorata : avec 35 ans de carrière au lieu de 43, soit 172 trimestres, elle serait de 16 650 €, soit 3 098 € de plus par an.

Stratégie. Il vise 70 % de son revenu, soit 31 500 € par an. Il manque 12 102 € par an pendant 25 ans de retraite (de 67 à 92 ans). À un rendement de 3 % pendant la retraite, ce flux demande un capital de 210 729 € à 67 ans. Pour l’atteindre en 20 ans avec un rendement de 4 % par an, il doit épargner 7 077 € par an, soit 590 € par mois (15,7 % de son bénéfice). Il verse son plafond sur un PER et place le reste en assurance-vie.

Résultat. Dix pour cent de son bénéfice de l’année précédente donnent 4 500 € : c’est moins que le minimum légal de 4 710 € (10 % du plafond de la Sécurité sociale 2025). Son plafond de déduction est donc de 4 710 € (BOI-IR-BASE-20-50-20). Nous retenons un revenu imposable de 35 919 € (bénéfice moins les cotisations de retraite et d’invalidité-décès ci-dessus, hypothèse de calcul). Il se situe dans la tranche à 30 % du barème 2026 (de 29 579 € à 84 577 €), et le versement y reste entièrement tant que le revenu imposable dépasse 34 289 €. L’économie d’impôt est de 1 413 €, l’effort réel de 3 297 €. Il verse les 2 367 € restants en assurance-vie. À 67 ans, ses pensions de 19 398 € se situent entre 11 600 € et 29 579 € : elles sont imposées à 11 % au plus, un taux inférieur aux 30 % de la déduction de départ (avant tout abattement sur les pensions, non retenu ici).

Ce calcul est un ordre de grandeur. Il fige les valeurs de 2026 sur toute la carrière, retient le revenu cotisé en euros constants sans revalorisation, applique l’abattement de 26 % à toute la carrière et arrondit les points à l’entier chaque année. Il suppose les rendements indiqués et ne tient pas compte de l’inflation. Il suffit à poser le constat : la Sécurité sociale des indépendants ne remplace pas votre niveau de vie.

5. L’invalidité-décès : ce qui protège le revenu avant la retraite

Le régime invalidité-décès est obligatoire pour le commerçant. Pour une pension d’invalidité, il faut ne pas avoir atteint l’âge légal de départ, avoir une capacité de travail ou de revenus réduite d’au moins deux tiers, être assuré depuis au moins 12 mois et avoir suffisamment cotisé. La pension se calcule sur le revenu annuel moyen des 10 meilleures années : 30 % en catégorie 1, 50 % en catégorie 2, 50 % majorés pour tierce personne en catégorie 3.

Pour le cas type, la pension d’invalidité est de 9 990 € par an en catégorie 1 et de 16 650 € par an en catégorie 2, soit 37 % du bénéfice au mieux. Pour un arrêt de travail, les indemnités journalières valent 1/730e du revenu annuel moyen, plafonné à 48 060 €, soit au maximum 65,84 € par jour, dans la limite de 360 indemnités sur 3 ans. Une prévoyance complémentaire se compare à ces montants.

6. Ce que le PER vous permet de déduire

Le plan d’épargne retraite se déduit du revenu imposable dans la limite d’un plafond. Pour un travailleur non salarié, ce plafond est le plus élevé entre 10 % du bénéfice imposable de l’année précédente (retenu jusqu’à 8 plafonds de la Sécurité sociale) et 10 % du plafond de la Sécurité sociale. Le plafond retenu est celui de l’année précédente (47 100 € en 2025) : pour un versement en 2026, cela donne un plancher de 4 710 € et un maximum de 37 680 €, selon le Bulletin officiel des finances publiques (BOI-IR-BASE-20-50-20). Le détail de la mécanique figure sur notre page plafond de déduction du PER.

Pour ce commerçant, le plafond est de 4 710 € : il couvre 67 % de l’effort annuel de 7 077 €. Le barème de l’impôt sur le revenu 2026 applique 30 % entre 29 579 € et 84 577 € par part (loi n° 2026-103, article 4). Le PER individuel est l’outil de départ ; il ne suffit pas seul.

7. Où placer le reste de l’effort

  • L’assurance-vie : épargne disponible à tout moment, avec une fiscalité allégée après huit ans, utile pour la transmission.
  • L’immobilier locatif : revenus complémentaires, avec le statut de loueur en meublé non professionnel pour limiter l’impôt sur les loyers.
  • Les parts de société civile de placement immobilier : exposition à l’immobilier sans gestion, voir notre page dédiée.
  • La vente du fonds de commerce à la retraite : le prix de cession peut financer une partie du capital à constituer. Les solutions de défiscalisation se choisissent selon la tranche d’imposition.

Questions fréquentes

À quel âge un commerçant touche-t-il sa retraite à taux plein ?

À 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres. Avant 67 ans, le taux plein s’obtient avec 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1966. Chaque trimestre manquant retire 1,25 % de pension de base, dans la limite de 20 trimestres. L’âge légal de départ est de 64 ans pour les personnes nées à partir de 1969.

Un commerçant et un artisan ont-ils la même retraite ?

Pour une même carrière après 2013, oui : mêmes taux de cotisation, même durée de référence, même valeur du point. Les différences portent sur les points acquis avant 2013 et sur la contribution à la formation professionnelle (120 € pour un commerçant, 139 € pour un artisan).

Comment se calcule la retraite de base d’un commerçant ?

Elle vaut 50 % du revenu annuel moyen, plafonné chaque année au plafond de la Sécurité sociale, multiplié par le nombre de trimestres validés et divisé par la durée de référence. Avec 140 trimestres sur 172 et un revenu moyen de 33 300 €, elle est de 13 552 € par an.

Combien coûtent les cotisations retraite d’un commerçant en 2026 ?

Pour un bénéfice de 45 000 € et une assiette de 33 300 € : 5 951 € pour la retraite de base (17,87 %), 2 697 € pour la retraite complémentaire (8,1 %) et 433 € pour l’invalidité-décès (1,30 %), soit 9 081 € par an.

Le PER suffit-il à combler l’écart ?

Non. À 45 000 € de bénéfice, le plafond de déduction est de 4 710 € par an (le minimum légal), alors que l’effort nécessaire est d’environ 7 077 € par an. Le PER se combine avec l’assurance-vie et l’immobilier.

Notre position

Nous partons de votre relevé de carrière et de vos avis de cotisations, pas d’une moyenne. Nous ne rédigeons pas d’actes et ne donnons pas de conseil juridique ou comptable : votre expert-comptable valide le bénéfice et la déduction, et nous mesurons l’écart entre votre pension et votre revenu actuel. Nous construisons ensuite la combinaison PER, assurance-vie et immobilier qui le ferme au coût fiscal le plus bas. Nous percevons des commissions sur les contrats souscrits via notre cabinet.

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Alexis Sagnier, conseiller en investissements financiers et immobiliers, courtier en assurances, certifié AMF. ORIAS 13003497. Mis à jour le 28/10/2026.

Sources officielles consultées

  • Service-Public Entreprendre, « Régime de retraite de l’entrepreneur individuel » (artisans et commerçants : taux 2026, calcul de la retraite de base, durée de référence, âge légal, retraite complémentaire) : entreprendre.service-public.gouv.fr
  • Service-Public Entreprendre, « Protection sociale des artisans et commerçants » (invalidité-décès, indemnités journalières 2026, contribution à la formation professionnelle) : entreprendre.service-public.gouv.fr
  • Service-Public Entreprendre, « Réforme de l’assiette sociale des indépendants » (abattement de 26 %, avril 2026) : entreprendre.service-public.gouv.fr
  • Service-Public, « Suspension de la réforme des retraites : qui est concerné ? » : service-public.gouv.fr
  • L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-31 du 22 décembre 2025 (valeur de service 1,347 €, valeur d’achat 21,726 € du point et plafond de cotisation de 44 286 € du régime complémentaire des indépendants) : legislation.lassuranceretraite.fr
  • L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-14 du 4 avril 2025 (réforme de l’assiette, artisans et commerçants, taux de 17,87 % et de 8,1 % / 9,1 %) : legislation.lassuranceretraite.fr
  • L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-33 du 23 décembre 2025 (validation des trimestres des indépendants en 2026) : legislation.lassuranceretraite.fr
  • L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2026-01 du 5 janvier 2026 (plafond de la Sécurité sociale 2026, pension personnelle maximale) : legislation.lassuranceretraite.fr
  • L’Assurance retraite, circulaire Cnav 2026-07 du 5 mars 2026 (âge légal et durée d’assurance par génération) : legislation.lassuranceretraite.fr
  • L’Assurance retraite, circulaire RSI 2013-004 du 17 janvier 2013 (régime complémentaire unique, conversion des points acquis avant 2013, calcul des points à partir des cotisations) : legislation.lassuranceretraite.fr
  • BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20, limites de déduction des cotisations d’épargne retraite : bofip.impots.gouv.fr
  • Loi n° 2026-103 de finances pour 2026, article 4 (barème de l’impôt sur le revenu) ; plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 : 48 060 € ; 2025 : 47 100 €.

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Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

Fort de bientôt 14 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il chiffre chaque recommandation en euros (impôt, frais, transmission) avant toute décision.
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