« Alexis, je suis partie travailler à Dublin dans la tech il y a quatre ans. Je commence à me constituer un patrimoine ici. Est-ce que je dois anticiper quelque chose, ou est-ce qu’entre pays européens tout se règle tout seul ? »

L’Irlande accueille 11 932 Français inscrits au registre consulaire au 31 décembre 2025 (+1,53 % sur un an). C’est une communauté jeune, concentrée à Dublin et fortement liée aux sièges européens des grandes entreprises technologiques et pharmaceutiques.

Cette jeunesse explique pourquoi la question patrimoniale y est souvent posée trop tard. À trente ans, la retraite et la transmission semblent lointaines ; pourtant, c’est précisément la période où les choix d’enveloppes et de résidence produisent leurs effets les plus durables — notamment parce que la convention franco-irlandaise date de 1968 et ne couvre que l’impôt sur le revenu.

Chez Balmont Conseil, nous abordons les dossiers irlandais par ce qui se décide tôt et coûte cher plus tard : les enveloppes, les droits à retraite, et la transmission entre deux pays que rien ne lie sur ce terrain.

1. Pourquoi solliciter une expertise en gestion de patrimoine en Irlande ?

Trois avantages européens, une lacune, et une spécificité irlandaise.

  • Les prélèvements sociaux. Un affilié au régime irlandais est exonéré de CSG et de CRDS sur ses revenus du capital de source française : 7,5 % au lieu de 17,2 %.
  • L’exit tax. Le sursis de paiement est automatique et sans garantie pour un départ vers un État membre. La contrainte se réduit à un formalisme.
  • L’absence de convention successorale. Rien ne répartit le droit d’imposer au décès entre la France et l’Irlande. C’est l’angle mort du dossier.
  • La composante « actions d’entreprise ». Les carrières irlandaises dans la technologie s’accompagnent souvent d’attributions d’actions et d’options. Leur traitement fiscal dépend du lieu d’exercice, du calendrier d’acquisition et de la résidence au moment de la cession — trois variables qui se pilotent.

2. Le cadre France ↔ Irlande en cinq points vérifiés

Voici le cadre applicable, vérifié dans les sources officielles au 15 septembre 2026. La convention est ancienne et son champ est étroit.

Français inscrits au registre11 932 au 31 décembre 2025 (+1,53 % sur un an).
Convention sur le revenuOui — convention du 21 mars 1968 (JO du 10 septembre 1971). Elle porte sur l’impôt sur le revenu. C’est l’une des plus anciennes conventions encore en vigueur avec un État membre de l’Union.
Convention sur les successionsAucune. L’Irlande ne figure, dans la liste des conventions conclues par la France, qu’au titre de l’impôt sur le revenu. Rien ne régit les successions ni les donations.
Exit tax — sursis de paiementSursis de paiement automatique, sans garantie. L’Irlande est un État membre de l’Union et dispose avec la France de l’ensemble des clauses d’échange de renseignements et d’assistance au recouvrement.
CSG et CRDS sur les revenus du capital7,5 % seulement. Une personne affiliée à un régime obligatoire irlandais est exonérée de CSG et de CRDS ; seul le prélèvement de solidarité reste dû. Cases 8SH ou 8SI de la déclaration 2042 C.
Sources : liste des conventions fiscales conclues par la France (BOI-ANNX-000306, mise à jour du 29 avril 2026) ; clauses d’échange de renseignements et d’assistance au recouvrement (BOI-ANNX-000508, situation au 8 octobre 2025) ; registre des Français établis hors de France au 31 décembre 2025 (ministère de l’Europe et des Affaires étrangères) ; texte de la convention publié par impots.gouv.fr ; impots.gouv.fr pour les prélèvements sociaux des non-résidents. Situation arrêtée au 15 septembre 2026.

La France n’a conclu de convention successorale qu’avec huit États membres sur vingt-sept — l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la Finlande, l’Italie, le Portugal et la Suède. L’Irlande n’en fait pas partie. L’appartenance commune à l’Union européenne ne change rien à ce terrain, qui reste de compétence nationale.

Conséquence. L’article 750 ter du code général des impôts s’applique sans correctif conventionnel. Son 3° rend imposables en France l’ensemble des biens reçus par un héritier domicilié en France depuis au moins six des dix dernières années. Seul l’article 784 A du CGI permet d’imputer l’impôt étranger acquitté, dans la limite des droits français afférents aux biens situés hors de France.

Ce point concerne particulièrement les expatriés jeunes. Beaucoup hériteront de parents restés en France avant même d’avoir eux-mêmes quelque chose à transmettre. Dans ce sens-là, c’est le 1° de l’article 750 ter qui joue : le défunt étant domicilié en France, la France impose l’ensemble de son patrimoine mondial, quelle que soit la résidence de l’héritier.

3. Nos services : un accompagnement à 360° pour expatriés et investisseurs

Trois chantiers, calibrés pour une expatriation de début ou de milieu de carrière.

Enveloppes, actions d’entreprise et calendrier de cession

Nous examinons vos dispositifs d’actionnariat salarié : nature des instruments, calendrier d’acquisition, lieu d’exercice de l’activité pendant la période de référence, et résidence au moment de la cession. Ces quatre paramètres déterminent l’État qui impose et à quel taux.

Nous regardons ensuite vos enveloppes françaises — assurance-vie, plan d’épargne en actions, épargne salariale — et ce qu’il advient de chacune. Certaines se conservent sans dommage, d’autres perdent leur intérêt et méritent un arbitrage.

  • Analyse des instruments d’actionnariat et de leur calendrier fiscal.
  • Sort de chaque enveloppe française après le départ.
  • Arbitrages à opérer avant la rupture du domicile fiscal.

Activation de l’exonération de CSG et de CRDS

Nous vérifions que votre affiliation irlandaise ouvre bien droit à l’exonération, que les cases 8SH ou 8SI sont servies, et que le justificatif est à jour. Le cas échéant, nous examinons une réclamation sur les années non prescrites.

Beaucoup d’expatriés européens paient 17,2 % au lieu de 7,5 % faute d’avoir accompli cette démarche, qui ne se déclenche pas d’office.

Préparation de la transmission dans les deux sens

Faute de convention, nous modélisons les deux hypothèses : ce que vous recevrez de France, et ce que vous transmettrez depuis l’Irlande. Les alinéas applicables de l’article 750 ter ne sont pas les mêmes.

Nous examinons enfin la portabilité de vos supports. Un contrat d’assurance-vie luxembourgeois relève de la libre prestation de services européenne et accompagne sans rupture un souscripteur qui change d’État membre — un atout quand la carrière est encore mobile.

4. Méthodologie : notre façon de travailler

Nous travaillons en quatre temps, et vous savez à chaque étape où vous en êtes.

  1. Le bilan d’entrée. Nous relevons votre situation réelle : composition du patrimoine, calendrier du projet, situation de chaque membre du foyer, et domicile fiscal de vos héritiers — car c’est le leur qui commande, pas le vôtre.
  2. Le référentiel applicable. Nous établissons, source par source et avec sa date, le cadre qui vous concerne. Ce que nous ne savons pas, nous l’écrivons « à confirmer » — jamais autre chose.
  3. Les arbitrages. Nous vous présentons les options chiffrées, avec leurs conséquences respectives, et vous décidez. L’ingénierie patrimoniale vient après la décision, pas avant.
  4. Le suivi. Une revue annuelle, offerte, qui vérifie que le cadre n’a pas bougé — les conventions sont modifiées, les régimes d’attractivité sont supprimés, les seuils changent.

5. Ce que vous apporte le cabinet

Ce qui distingue concrètement notre intervention.

  • Des sources, pas des affirmations. Chaque élément de votre dossier porte sa référence et sa date. Vous pouvez vérifier. C’est la seule façon de travailler sur un sujet où l’information disponible en ligne est majoritairement périmée.
  • Un interlocuteur unique, en France. Nous coordonnons vos conseils locaux, nous ne les remplaçons pas : la fiscalité interne du pays d’accueil se traite avec un professionnel habilité sur place. Notre rôle est de tenir la cohérence d’ensemble et de défendre le côté français du dossier.
  • Des honoraires lisibles. Honoraires du cabinet : 500 € TTC de l’heure. Le suivi annuel est offert. Pas de rétrocession masquée, pas de facturation à la performance.

Questions fréquentes en Irlande

Y a-t-il une convention sur les successions entre la France et l’Irlande ?

Non. La convention franco-irlandaise du 21 mars 1968 ne porte que sur l’impôt sur le revenu. Aucun texte ne régit les successions ni les donations entre les deux pays.

L’appartenance commune à l’Union européenne n’y change rien : les droits de mutation à titre gratuit relèvent de la compétence des États, et la France n’a conclu de convention successorale qu’avec huit États membres sur vingt-sept.

Si j’hérite de mes parents restés en France, suis-je concerné ?

Oui. Le 1° de l’article 750 ter du code général des impôts rend imposables en France l’ensemble des biens d’un défunt domicilié en France, situés en France comme à l’étranger, quelle que soit la résidence de l’héritier.

Votre installation à Dublin ne modifie donc pas l’imposition française de cette succession. En revanche, elle peut modifier votre propre situation en Irlande, point qui se vérifie avec un conseil habilité sur place.

Mes actions d’entreprise seront-elles imposées en France ou en Irlande ?

Cela dépend de la nature de l’instrument, du lieu où vous avez exercé votre activité pendant la période d’acquisition des droits, et de votre résidence au moment de la cession.

La convention de 1968 fournit le cadre pour la répartition, mais elle est ancienne et ne traite pas explicitement de tous les instruments modernes. C’est typiquement un sujet où une position écrite, argumentée en amont, vaut beaucoup mieux qu’une explication improvisée trois ans plus tard.

Comment obtenir l’exonération de CSG sur mes revenus fonciers français ?

En étant affilié à un régime obligatoire de sécurité sociale irlandais, et en le déclarant : cases 8SH ou 8SI de la déclaration 2042 C, avec un justificatif d’affiliation conservé.

Vos revenus fonciers et plus-values immobilières de source française ne supportent alors que le prélèvement de solidarité de 7,5 %, au lieu de 17,2 %.

À quel moment faut-il s’occuper de tout cela ?

Plus tôt qu’on ne le pense. Les arbitrages d’enveloppes se décident avant la rupture du domicile fiscal, et le traitement des actions d’entreprise se prépare pendant la période d’acquisition, pas au moment de la vente.

Une expatriation de début de carrière est aussi celle où les décisions ont le plus long horizon d’effet. C’est un argument pour s’en occuper, pas pour attendre.


En résumé

L’Irlande offre les avantages européens habituels — exonération de CSG, sursis d’exit tax automatique — et une convention ancienne qui ne couvre que le revenu.

L’essentiel du travail porte donc sur deux sujets que la jeunesse de cette communauté fait souvent négliger : les instruments d’actionnariat, et la transmission dans le sens France vers Irlande.

Honoraires du cabinet : 500 € TTC de l’heure. Le suivi annuel est offert.

Faisons le point sur votre situation

Un échange de trente minutes suffit à vérifier votre exonération de CSG et le traitement de vos actions d’entreprise. Vous pouvez aussi commencer par une radiographie gratuite de vos contrats.


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