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Les Émirats arabes unis offrent l’un des régimes fiscaux les plus attractifs au monde pour un résident fiscal personne physique : zéro impôt sur le revenu, zéro taxation des dividendes, zéro taxation des plus-values de cession de titres, absence d’impôt sur la fortune et absence de droits de succession. Cependant, depuis le 1er juin 2023, les EAU appliquent un impôt sur les sociétés de 9 % sur les bénéfices au-delà de 375 000 dirhams (loi fédérale n° 47/2022).

L’établissement de la résidence fiscale exige l’obtention d’un visa de résidence (visa d’investisseur, de propriétaire immobilier ou Golden Visa) et le respect d’une présence physique de 90 jours minimum sur 12 mois consécutifs pour obtenir un certificat de résidence fiscale opposable aux autorités françaises. La convention fiscale France-EAU du 19 juillet 1989 détermine la répartition du droit d’imposer entre les deux États sur les revenus de source française perçus par les résidents émiratis.

Le régime fiscal personnel aux Émirats

Aux Émirats arabes unis, le contribuable personne physique résident bénéficie d’une fiscalité directe quasi nulle :

Type de revenuTaux d’imposition EAUComparaison France
Revenus du travail (salaires, traitements)0 %Barème jusqu’à 45 % + CSG/CRDS
Dividendes0 %PFU 30 % + CEHR éventuelle
Plus-values mobilières (cession titres)0 %PFU 30 %
Plus-values immobilières0 %19 % + 17,2 % prélèvements sociaux
Loyers locaux EAU0 %Sans objet
Impôt sur la fortune (IFI équivalent)AucunIFI au-delà de 1,3 M€ patrimoine immobilier net
Droits de succession et donationAucunJusqu’à 45 % en ligne directe

TVA et taxes indirectes

Les EAU appliquent une TVA de 5 % depuis 2018 (l’une des plus basses au monde) sur la consommation. Les taxes municipales sur les loyers (5 % à Dubaï pour les résidents) et les taxes de séjour sont à signaler comme charges effectives mais marginales par rapport aux taxes directes françaises évitées.

Impôt sur les sociétés (corporate tax) 

Depuis le 1er juin 2023, les sociétés établies aux EAU sont soumises à un impôt sur les sociétés de 9 % sur la fraction de bénéfice annuel dépassant 375 000 AED (environ 94 000 € au taux de change 2026). En deçà, le taux est de 0 %. Les sociétés en zone franche (free zone) bénéficient d’un régime de qualification spécifique : maintien du 0 % sur les revenus dits qualifiés (qualifying income, principalement transactions internationales B2B), 9 % sur les revenus non qualifiés. Les holdings patrimoniales personnelles (single family office) sont en principe soumises au régime général.

Comment obtenir et maintenir la résidence fiscale émiratie

Étape 1 — Obtenir un visa de résidence. 

Trois voies principales pour un Français : visa d’investisseur immobilier (achat d’un bien d’au moins 750 000 AED, environ 188 000 €, pour un visa de 2 ans renouvelable), visa investisseur business (création ou prise de participation dans une société émiratie), Golden Visa (10 ans, conditions élargies depuis 2022 incluant achat immobilier d’au moins 2 millions AED, soit environ 500 000 €, ou compétences professionnelles spécifiques).

Étape 2 — Établir la résidence fiscale effective. 

Le visa permet de résider, mais ne crée pas automatiquement la résidence fiscale. Pour obtenir un certificat de résidence fiscale (Tax Residency Certificate, TRC) émis par la Federal Tax Authority, il faut justifier d’une présence physique d’au moins 183 jours sur 12 mois consécutifs pour les résidents non-nationaux, ou de 90 jours sous condition de résidence permanente, d’activité économique aux EAU, ou de centre des intérêts vitaux. Le TRC est exigible par l’administration française pour caractériser la résidence fiscale émiratie de manière opposable.

Étape 3 — Constituer la substance de résidence. 

L’administration française examine la réalité de la résidence par croisement de critères : logement principal effectif aux EAU, scolarité des enfants, comptes bancaires principaux, abonnements (électricité, internet, téléphone), justificatifs de présence (vols, transactions par carte). La règle pratique : 200 jours minimum aux EAU sur 365 pour sécuriser un dossier face à un contrôle fiscal post-départ.

La convention fiscale France-EAU

La convention fiscale signée le 19 juillet 1989 entre la France et les Émirats arabes unis, modifiée par avenant, est l’instrument juridique central de la mobilité fiscale entre les deux États. Elle prévoit notamment :

  • Une règle de répartition de la résidence en cas de double résidence (article 4) selon les critères du modèle OCDE : foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, accord à l’amiable.
  • Un droit d’imposer les dividendes versés par une société française à un résident émirati avec retenue à la source, dans les limites prévues par la convention.
  • Une exonération de l’imposition française des plus-values mobilières réalisées par un résident émirati sur cession de titres de sociétés françaises non à prépondérance immobilière, sous conditions prévues par la convention.
  • Un droit d’imposer les plus-values immobilières dans l’État de situation du bien (article 13).

Cas pratique : dirigeant cédant 8 M€ et s’installant à Dubaï

Le profil :

  • Dirigeant fondateur d’une société tech, projet de cession en 2027 pour 8 millions d’euros (prix de revient marginal).
  • Décision d’expatriation aux EAU en 2026 avec apport-cession préalable à holding française.
  • Détention 100 % via holding nouvelle créée en 2026.
ÉtapeEffet patrimonial
2026 — Apport titres à holding françaisePlus-value 7 950 000 € en report 150-0 B ter
2026 — Expatriation EAU avec exit taxSursis sur option, garantie ~3 millions sur titres ou caution bancaire
2026-2030 — Résidence à Dubaï 200+ jours/anStabilisation TRC, pas d’imposition personnelle EAU
2030 — Cession titres opérationnels par holdingPlus-value imposable holding (IS, mais option régime mère-fille N/A pour cession)
2030+ — Distribution dividendes holding vers dirigeant EAURetenue source convention France-EAU [À VALIDER]
Coût caution bancaire sursis exit tax sur 15 ans (estimation)200 000 à 400 000 € cumulés

Avantages et limites de l’option Dubaï

Avantages

  • Fiscalité personnelle nulle sur revenus, dividendes, plus-values.
  • Aucun droit de succession ni de donation.
  • Stabilité institutionnelle remarquable.
  • Banques privées internationales établies (HSBC, UBS, Standard Chartered, BNP Paribas Wealth).
  • Connectivité aérienne mondiale.
  • Climat fiscal favorable aux entrepreneurs et investisseurs.

Limites

  • Sursis exit tax sur option avec garanties exigibles (caution bancaire 0,5 à 1,5 % par an du montant garanti).
  • Substance physique exigée (90 à 200 jours selon configuration).
  • Coût de la vie élevé (logement, scolarité internationale).
  • Convention fiscale plus ancienne et moins protectrice que les conventions européennes récentes.
  • Régime de succession civile anglo-saxon nécessitant une planification testamentaire spécifique.
  • Régulation accrue depuis 2023 (corporate tax 9 %, ESR substance economic regulations).

Quel est le profil idéal ?

  • Dirigeant cédant entre 5 et 30 millions d’euros, en activité opérationnelle ou entrepreneuriale active, mobile physiquement, sans attache familiale forte conservée en France (conjoint et enfants en mesure d’accompagner ou autonomes).
  • Profil non-idéal : retraité dépendant des soins médicaux français, dirigeant attaché à un écosystème local français, profil familial avec scolarisation française non transférable.

L’avis d’Alexis Sagnier

Dubaï n’est pas le paradis fiscal universel pour Français. C’est une destination spécifique, adaptée à un profil précis : dirigeant en activité, célibataire ou couple sans contraintes familiales fortes, capable de construire une présence physique réelle de 200 jours par an.

Pour un retraité ou un cédant cherchant la tranquillité, l’Italie sous régime neo-residenti ou le Portugal sous IFICI offrent une articulation conventionnelle plus protectrice et des droits de succession internationalement neutralisables. La règle empirique du cabinet : sur 10 dossiers candidats à Dubaï, 3 finalisent réellement leur installation, 4 basculent vers une destination européenne en cours d’audit, 3 reportent leur projet. Le choix se construit à partir du profil, jamais à partir du taux.

Alexis Sagnier

Fort de plus de 17 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il a conçu une méthodologie rigoureuse — le Conseil Augmenté — qui fusionne la haute technicité fiscale humaine avec la puissance d'analyse de l'IA.
Les Émirats arabes unis offrent l’un des régimes fiscaux les plus attractifs au monde pour un résident fiscal personne physique : zéro impôt sur le revenu, zéro taxation des dividendes, zéro taxation des plus-values de cession de titres, absence d’impôt sur la fortune et absence de droits de succession. Cependant, depuis le 1er juin 2023, les EAU appliquent un impôt sur les sociétés de 9 % sur les bénéfices au-delà de 375 000 dirhams (loi fédérale n° 47/2022).

L’établissement de la résidence fiscale exige l’obtention d’un visa de résidence (visa d’investisseur, de propriétaire immobilier ou Golden Visa) et le respect d’une présence physique de 90 jours minimum sur 12 mois consécutifs pour obtenir un certificat de résidence fiscale opposable aux autorités françaises. La convention fiscale France-EAU du 19 juillet 1989 détermine la répartition du droit d’imposer entre les deux États sur les revenus de source française perçus par les résidents émiratis.

Le régime fiscal personnel aux Émirats

Aux Émirats arabes unis, le contribuable personne physique résident bénéficie d’une fiscalité directe quasi nulle :

Type de revenuTaux d’imposition EAUComparaison France
Revenus du travail (salaires, traitements)0 %Barème jusqu’à 45 % + CSG/CRDS
Dividendes0 %PFU 30 % + CEHR éventuelle
Plus-values mobilières (cession titres)0 %PFU 30 %
Plus-values immobilières0 %19 % + 17,2 % prélèvements sociaux
Loyers locaux EAU0 %Sans objet
Impôt sur la fortune (IFI équivalent)AucunIFI au-delà de 1,3 M€ patrimoine immobilier net
Droits de succession et donationAucunJusqu’à 45 % en ligne directe

TVA et taxes indirectes

Les EAU appliquent une TVA de 5 % depuis 2018 (l’une des plus basses au monde) sur la consommation. Les taxes municipales sur les loyers (5 % à Dubaï pour les résidents) et les taxes de séjour sont à signaler comme charges effectives mais marginales par rapport aux taxes directes françaises évitées.

Impôt sur les sociétés (corporate tax) 

Depuis le 1er juin 2023, les sociétés établies aux EAU sont soumises à un impôt sur les sociétés de 9 % sur la fraction de bénéfice annuel dépassant 375 000 AED (environ 94 000 € au taux de change 2026). En deçà, le taux est de 0 %. Les sociétés en zone franche (free zone) bénéficient d’un régime de qualification spécifique : maintien du 0 % sur les revenus dits qualifiés (qualifying income, principalement transactions internationales B2B), 9 % sur les revenus non qualifiés. Les holdings patrimoniales personnelles (single family office) sont en principe soumises au régime général.

Comment obtenir et maintenir la résidence fiscale émiratie

Étape 1 — Obtenir un visa de résidence. 

Trois voies principales pour un Français : visa d’investisseur immobilier (achat d’un bien d’au moins 750 000 AED, environ 188 000 €, pour un visa de 2 ans renouvelable), visa investisseur business (création ou prise de participation dans une société émiratie), Golden Visa (10 ans, conditions élargies depuis 2022 incluant achat immobilier d’au moins 2 millions AED, soit environ 500 000 €, ou compétences professionnelles spécifiques).

Étape 2 — Établir la résidence fiscale effective. 

Le visa permet de résider, mais ne crée pas automatiquement la résidence fiscale. Pour obtenir un certificat de résidence fiscale (Tax Residency Certificate, TRC) émis par la Federal Tax Authority, il faut justifier d’une présence physique d’au moins 183 jours sur 12 mois consécutifs pour les résidents non-nationaux, ou de 90 jours sous condition de résidence permanente, d’activité économique aux EAU, ou de centre des intérêts vitaux. Le TRC est exigible par l’administration française pour caractériser la résidence fiscale émiratie de manière opposable.

Étape 3 — Constituer la substance de résidence. 

L’administration française examine la réalité de la résidence par croisement de critères : logement principal effectif aux EAU, scolarité des enfants, comptes bancaires principaux, abonnements (électricité, internet, téléphone), justificatifs de présence (vols, transactions par carte). La règle pratique : 200 jours minimum aux EAU sur 365 pour sécuriser un dossier face à un contrôle fiscal post-départ.

La convention fiscale France-EAU

La convention fiscale signée le 19 juillet 1989 entre la France et les Émirats arabes unis, modifiée par avenant, est l’instrument juridique central de la mobilité fiscale entre les deux États. Elle prévoit notamment :

  • Une règle de répartition de la résidence en cas de double résidence (article 4) selon les critères du modèle OCDE : foyer permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité, accord à l’amiable.
  • Un droit d’imposer les dividendes versés par une société française à un résident émirati avec retenue à la source, dans les limites prévues par la convention.
  • Une exonération de l’imposition française des plus-values mobilières réalisées par un résident émirati sur cession de titres de sociétés françaises non à prépondérance immobilière, sous conditions prévues par la convention.
  • Un droit d’imposer les plus-values immobilières dans l’État de situation du bien (article 13).

Cas pratique : dirigeant cédant 8 M€ et s’installant à Dubaï

Le profil :

  • Dirigeant fondateur d’une société tech, projet de cession en 2027 pour 8 millions d’euros (prix de revient marginal).
  • Décision d’expatriation aux EAU en 2026 avec apport-cession préalable à holding française.
  • Détention 100 % via holding nouvelle créée en 2026.
ÉtapeEffet patrimonial
2026 — Apport titres à holding françaisePlus-value 7 950 000 € en report 150-0 B ter
2026 — Expatriation EAU avec exit taxSursis sur option, garantie ~3 millions sur titres ou caution bancaire
2026-2030 — Résidence à Dubaï 200+ jours/anStabilisation TRC, pas d’imposition personnelle EAU
2030 — Cession titres opérationnels par holdingPlus-value imposable holding (IS, mais option régime mère-fille N/A pour cession)
2030+ — Distribution dividendes holding vers dirigeant EAURetenue source convention France-EAU [À VALIDER]
Coût caution bancaire sursis exit tax sur 15 ans (estimation)200 000 à 400 000 € cumulés

Avantages et limites de l’option Dubaï

Avantages

  • Fiscalité personnelle nulle sur revenus, dividendes, plus-values.
  • Aucun droit de succession ni de donation.
  • Stabilité institutionnelle remarquable.
  • Banques privées internationales établies (HSBC, UBS, Standard Chartered, BNP Paribas Wealth).
  • Connectivité aérienne mondiale.
  • Climat fiscal favorable aux entrepreneurs et investisseurs.

Limites

  • Sursis exit tax sur option avec garanties exigibles (caution bancaire 0,5 à 1,5 % par an du montant garanti).
  • Substance physique exigée (90 à 200 jours selon configuration).
  • Coût de la vie élevé (logement, scolarité internationale).
  • Convention fiscale plus ancienne et moins protectrice que les conventions européennes récentes.
  • Régime de succession civile anglo-saxon nécessitant une planification testamentaire spécifique.
  • Régulation accrue depuis 2023 (corporate tax 9 %, ESR substance economic regulations).

Quel est le profil idéal ?

  • Dirigeant cédant entre 5 et 30 millions d’euros, en activité opérationnelle ou entrepreneuriale active, mobile physiquement, sans attache familiale forte conservée en France (conjoint et enfants en mesure d’accompagner ou autonomes).
  • Profil non-idéal : retraité dépendant des soins médicaux français, dirigeant attaché à un écosystème local français, profil familial avec scolarisation française non transférable.

L’avis d’Alexis Sagnier

Dubaï n’est pas le paradis fiscal universel pour Français. C’est une destination spécifique, adaptée à un profil précis : dirigeant en activité, célibataire ou couple sans contraintes familiales fortes, capable de construire une présence physique réelle de 200 jours par an.

Pour un retraité ou un cédant cherchant la tranquillité, l’Italie sous régime neo-residenti ou le Portugal sous IFICI offrent une articulation conventionnelle plus protectrice et des droits de succession internationalement neutralisables. La règle empirique du cabinet : sur 10 dossiers candidats à Dubaï, 3 finalisent réellement leur installation, 4 basculent vers une destination européenne en cours d’audit, 3 reportent leur projet. Le choix se construit à partir du profil, jamais à partir du taux.

Alexis Sagnier

Fort de plus de 17 ans d'expertise en ingénierie financière, Alexis Sagnier accompagne les dirigeants et expatriés dans la sécurisation de leurs enjeux transfrontaliers.
Fondateur de Balmont Conseil en 2013, il a conçu une méthodologie rigoureuse — le Conseil Augmenté — qui fusionne la haute technicité fiscale humaine avec la puissance d'analyse de l'IA.