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Depuis la France, le Luxembourg est le choix par défaut pour épargner à long terme et transmettre : assurance vie luxembourgeoise, euro, cadre européen. La Suisse répond à un besoin précis : détenir des francs suisses, ou préparer une installation en Suisse. Ne cherchez pas une économie d’impôt dans l’un ou l’autre : un résident français est imposé en France sur ses revenus mondiaux, quel que soit le pays où l’argent est placé.

Ce qui est identique des deux côtés de la frontière

Avant de comparer, il faut éliminer les faux avantages. Pour un résident français, les deux pays offrent exactement la même chose sur quatre points.

PointSwitzerlandLuxembourg
Tax on gainsImposition en France : 31,4 % de prélèvement forfaitaire unique en 2026 sur les intérêts, dividendes et plus-valuesIdentical
StatementFormulaire 3916 (articles 1649 A et 1649 AA), 1 500 € d’amende par compte ou contratIdentical
Échange d’informationsAutomatique depuis 2018 (accord du 27 mai 2015)Automatique depuis 2017 (loi du 18 décembre 2015)
Garantie des dépôts100 000 francs suisses par client et par établissement100 000 € par personne et par banque

Si quelqu’un vous présente l’un des deux pays comme une solution fiscale, posez-lui la question de l’article 4 A du code général des impôts : tous les revenus du contribuable domicilié en France sont imposables en France.

Ce qui change vraiment

La devise

Le Luxembourg est en zone euro. La Suisse offre le franc suisse. Placer en francs suisses a du sens si vous avez des dépenses à venir en Suisse. Sinon, vous ajoutez un risque de change à votre épargne.

The envelope

Le Luxembourg propose un contrat d’assurance vie avec patrimoine distinct et super-privilège : l’article 118 de la loi modifiée du 7 décembre 2015 sur le secteur des assurances affecte en priorité les actifs représentant les provisions techniques au paiement des assurés. Ce n’est pas une garantie en capital, mais c’est une protection juridique réelle. Dans nos dossiers, la solution d’assurance vie que nous étudions pour un résident français est luxembourgeoise ; côté suisse, nous parlons de comptes et de dépôts de titres. Or c’est le contrat qui apporte, en France, les régimes de rachat et de transmission les plus lisibles : abattement annuel de 4 600 € (9 200 € en couple) après huit ans, et abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I).

La retenue à la source

La Suisse prélève un impôt anticipé de 35 % sur les intérêts et dividendes de source suisse. Il est remboursable pour un résident français qui déclare le revenu, dans un délai de trois ans après la fin de l’année du paiement. Le Luxembourg ne retient rien sur les intérêts versés à un non-résident. L’effet final est nul, mais la trésorerie est immobilisée en Suisse le temps du remboursement.

Le projet de vie

Un compte suisse est naturel si vous comptez vous y installer : il a une utilité réelle le jour du déménagement. Un contrat luxembourgeois est naturel si vous restez en France ou si vous partez ailleurs en Europe.

Et si vous quittez la France ?

Après un départ, la personne dont le domicile fiscal est hors de France n’est imposée en France que sur ses revenus de source française (article 4 A du code général des impôts). Encore faut-il que le domicile fiscal ait réellement quitté la France. L’article 4 B retient trois critères : le foyer ou le lieu de séjour principal, l’activité professionnelle principale, le centre des intérêts économiques. Un seul suffit à rester résident, sauf si une convention fiscale en décide autrement. Un compte ouvert en Suisse ne prouve donc rien : ce qui compte, c’est la vie réelle, le travail et les intérêts économiques. C’est pourquoi le compte suisse se prépare avec le projet de départ, et pas à côté.

Lequel choisir selon votre situation ?

Your situationRéflexe
Capital à faire fructifier plus de huit ans et à transmettreLuxembourg assurance-vie
Liquidités à garder sous le plafond de 100 000 €Compte, dans l’un ou l’autre pays
Installation en Suisse dans les années qui viennentCompte suisse, préparé avant le départ
Dépenses régulières en francs suissesCompte suisse en francs suisses, pour la part concernée seulement
Besoin de financer un projet sans vendre ses placementsCrédit adossé au portefeuille, quel que soit le pays

Cas type : 400 000 € et un départ possible en Suisse

Situation

Un couple lyonnais, 52 et 50 ans, dispose de 400 000 € d’épargne. Il envisage de s’installer en Suisse dans trois ans.

Issue

Il hésite entre tout déposer en Suisse « pour être prêt » et tout placer au Luxembourg « pour la sécurité ». Il suppose que l’un des deux fera payer moins d’impôt.

Strategy

300 000 € dans un contrat d’assurance vie luxembourgeois, pour le long terme et la transmission, et 100 000 € sur un compte suisse sous le plafond de garantie, pour les dépenses de l’installation. Les deux sont déclarés chaque année.

Result

Comparons le même placement de 100 000 € rapportant 1,5 % pour l’exemple, soit 1 500 € d’intérêts. En Suisse : 525 € d’impôt anticipé retenus (1 500 € × 35 %), puis 471 € d’impôt français (1 500 € × 31,4 %). Au Luxembourg : aucune retenue, et les mêmes 471 € d’impôt français. Revenu net final dans les deux cas : 1 500 € − 471 € = 1 029 €. La seule différence tient aux 525 € de trésorerie bloqués en Suisse jusqu’au remboursement. Aucun des deux pays n’a fait gagner un euro d’impôt. L’écart se joue ailleurs : enveloppe, devise, utilité le jour du départ.

Ce que nous constatons dans les dossiers

Souvent, le débat « Suisse ou Luxembourg » cache une autre question : à quoi sert cet argent, et quand ? Notre position est tranchée : on choisit l’enveloppe selon l’horizon et la transmission, puis le pays selon le projet de vie. Nous écartons une structure dont la seule justification est que « tout le monde le fait ». Et nous insistons pour que chaque compte et chaque contrat figure dans la déclaration : c’est là que les amendes apparaissent.

Notre approche : assurance vie luxembourgeoise et Suisse

Balmont Conseil traite les deux dimensions. Pour l’épargne durable, nous étudions la souscription d’un contrat d’assurance vie luxembourgeois : choix de l’assureur, du dépositaire, des supports, de la clause bénéficiaire. Pour un projet suisse, nous bâtissons le calendrier : date de départ, comptes à ouvrir avant, contrats à conserver ou à adapter, déclarations à déposer. Les deux se pilotent ensemble, avec le même fil fiscal.

Frequently asked questions

Quel pays est le plus sûr ?

Aucun des deux ne s’impose. Le plafond de garantie des dépôts est le même en valeur nominale : 100 000, en francs suisses d’un côté, en euros de l’autre. Pour un contrat, la protection dépend de l’assureur, du dépositaire et du super-privilège luxembourgeois.

La Suisse est-elle plus discrète que le Luxembourg ?

Non. Les deux échangent automatiquement les informations avec la France.

Peut-on avoir un compte dans les deux pays ?

Oui. Chaque compte et chaque contrat se déclare séparément.

Faut-il choisir avant de déménager ?

Oui, en général. Un compte ouvert avant le départ, avec des fonds dont l’origine est déjà documentée, évite de reconstituer cette preuve à distance.

L’assurance vie luxembourgeoise est-elle imposée plus ou moins qu’une assurance vie française ?

Le régime des gains est le même pour un résident français, avec les mêmes taux et abattements.

Conclusion

Suisse ou Luxembourg, le bon choix découle de votre horizon, de votre devise et de votre projet de vie, pas d’un avantage fiscal qui n’existe pas. Balmont Conseil peut vous aider à trancher en un échange.

To go further

Une question sur votre situation ? Échangeons-en.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

With nearly 14 years of expertise in financial engineering, Alexis Sagnier assists executives and expatriates in securing their cross-border challenges.
Founder of Balmont Conseil in 2013, he calculates the cost of each recommendation in euros (tax, fees, transfer) before any decision is made.
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