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L’Autorité des marchés financiers recommande une épargne de précaution de 2 à 6 mois de revenus, placée sur un support sûr et disponible à tout moment. Au 31 octobre 2026, le Livret A (plafond 22 950 €) et le LDDS (plafond 12 000 €) rapportent 1,7 % par an, sans impôt ni prélèvements sociaux, et le LEP 2,5 %.

L’épargne de précaution est la première brique d’un patrimoine, avant tout investissement. Trop faible, elle oblige à vendre un placement au mauvais moment. Trop élevée, elle immobilise de l’argent à un rendement inférieur à l’inflation. Voici comment fixer le bon montant, où la placer et comment la constituer.

Qu’est-ce que l’épargne de précaution ?

C’est une réserve qui sert à faire face aux imprévus ou à une dépense exceptionnelle : panne de voiture, travaux urgents, baisse de revenus, frais de santé non remboursés. L’AMF la définit comme une épargne sûre et accessible à tout moment. Elle ne cherche pas à rapporter : elle doit être là le jour où vous en avez besoin, au montant exact que vous y avez mis.

Elle se distingue de l’épargne de projet, qui finance un objectif daté : achat immobilier, travaux, études des enfants, capital pour la retraite ou la transmission. L’AMF précise que la précaution se constitue avant ces placements. Sans elle, le premier imprévu vous force à toucher à l’épargne de projet, parfois au pire moment.

Combien d’épargne de précaution faut-il garder ?

La fiche de l’AMF « Se constituer une épargne de précaution » recommande de disposer de 2 à 6 mois de revenus. Le chiffre varie selon la situation (salarié, non-salarié, retraité) et le nombre de personnes au foyer.

Notre lecture : la partie haute de la fourchette s’adresse à ceux dont les revenus peuvent varier, comme un dirigeant ou un travailleur non salarié, ou dont le foyer repose sur un seul revenu. La partie basse convient à un ménage avec deux revenus stables. La méthode est simple : multiplier le revenu mensuel net du foyer par le nombre de mois retenu.

Revenu net mensuel du foyer2 months3 months4 months6 months
€3,000€6,000€9,000€12,000€18,000
€4,500€9,000€13,500€18,000€27,000
€6,000€12,000€18,000€24,000€36,000
€10,000€20,000€30,000€40,000€60,000

Pour choisir la ligne du tableau, posez-vous trois questions. Combien de revenus font vivre le foyer ? Ces revenus sont-ils réguliers ou dépendent-ils d’une activité ? Avez-vous des charges fixes lourdes, comme un crédit ou des études à financer ? Plus vous répondez « un seul revenu », « variable » et « lourdes », plus vous vous rapprochez de 6 mois.

Où placer son épargne de précaution ?

L’AMF présente les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) comme les supports les plus adaptés : ils sont garantis, accessibles à tout moment et sans frais. Les livrets bancaires peuvent offrir des taux plus élevés, mais seulement temporairement, et leurs intérêts sont imposables.

SupportPlafond de dépôtsTaux (depuis le 1er août 2026)Taxation of interest
Savings Account A€22,9501.7%Exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux
LDDS€12,0001.7%Exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux
LEP (sous conditions de revenus)€10,0002.5%Exonérés d’impôt et de cotisations sociales
PassbookVariableVariable, souvent promotionnel et temporaireTaxable

Les taux du Livret A, du LDDS et du LEP découlent de l’arrêté du 28 juillet 2026 (fiches de service-public vérifiées le 1er août 2026). Une fois le plafond atteint, les dépôts ne sont plus possibles, mais les intérêts continuent d’être ajoutés. Pour le détail, voir Savings Account A in 2026: ceiling, rate and operation, LDDS: ceiling, rate and opening conditions and livrets réglementés : plafonds et taux comparés.

Qui peut ouvrir un LEP, et que rapporte-t-il de plus ?

Le LEP est réservé aux foyers modestes. Pour 2026, le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser 23 028 € pour une part, 35 326 € pour deux parts, 47 624 € pour trois parts et 59 922 € pour quatre parts (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 1er août 2026). Chaque contribuable ne peut détenir qu’un seul LEP, et deux époux soumis à imposition commune peuvent chacun en ouvrir un. Notre page sur le LEP: income limits, rates and deposit ceiling détaille les conditions.

L’écart de rendement est net : sur 10 000 €, le LEP rapporte 250 € par an à 2,5 %, contre 170 € à 1,7 % sur un Livret A, soit 80 € de plus. Pour un couple éligible, deux LEP pleins représentent 20 000 € placés : 500 € d’intérêts par an au lieu de 340 €, soit 160 € de plus, sans impôt. Si vous êtes éligible, le LEP se remplit en premier. L’AMF précise de son côté que les contribuables les plus imposés ont intérêt à remplir en priorité le Livret A et le LDDS.

Quels critères pour choisir le support ?

L’AMF retient quatre critères à vérifier avant de choisir.

  • Disponibilité. Les versements et les retraits doivent être possibles à tout moment.
  • Sécurité. Le produit doit être sans risque. Un support dont la valeur varie n’a pas sa place dans la précaution.
  • Frais. Évitez les produits avec des frais de versement ou de retrait.
  • Taxation. Regardez l’imposition du placement, prélèvements sociaux compris. Un taux affiché de 3 % sur un livret bancaire fiscalisé rapporte moins que son affichage.

Sur la sécurité des dépôts : la garantie des dépôts couvre 100 000 € par déposant et par établissement, tous comptes confondus. Les sommes placées sur le Livret A, le LDDS et le LEP sont garanties par l’État et ne comptent pas dans ce plafond (economie.gouv.fr).

Faut-il garder plus que nécessaire sur un livret ?

Non, et c’est la position que nous prenons. L’Insee prévoit une inflation de 2 % pour 2026, selon La finance pour tous. À 1,7 %, un livret rapporte moins que la hausse des prix : l’argent qui y dort perd un peu de pouvoir d’achat chaque année. Sur 26 000 € qui dépassent la précaution, la perte est de l’ordre de 78 € par an : 520 € d’inflation à 2 % moins 442 € d’intérêts à 1,7 %. La fonction de l’épargne de précaution est la sécurité, pas la performance. Tout ce qui dépasse le montant visé a vocation à être affecté à un projet ou à un horizon plus long, avec des supports adaptés.

Pour savoir si les intérêts de vos livrets sont imposables, la page épargne réglementée : quels intérêts sont exonérés fait le tri.

Comment constituer son épargne de précaution ?

  1. Équilibrer le budget d’abord. L’AMF met en garde contre l’épargne qui met en difficulté : on épargne ce qui reste après les charges, pas ce qui manque.
  2. Calculer la somme épargnable chaque mois. Vous déterminez ainsi la durée de constitution.
  3. Choisir un support qui accepte des versements réguliers. Les livrets réglementés le permettent.
  4. Fixer l’objectif en euros. Revenu mensuel net du foyer multiplié par le nombre de mois retenu.

Pour une cible de 36 000 €, épargner 1 000 € par mois demande 36 mois, et 500 € par mois demande 72 mois, hors intérêts. Une cible atteignable en trois ans se tient ; une cible à six ans décourage. Dans ce cas, partez de la borne basse de la fourchette, puis montez au fil du temps.

Quelles erreurs éviter avec son épargne de précaution ?

  • Laisser l’argent sur le compte courant. Il ne rapporte rien et se dépense sans que vous le décidiez.
  • Courir après un taux promotionnel. L’AMF alerte sur les taux souvent limités à quelques mois, suivis d’une baisse.
  • Choisir un produit à frais. Des frais de versement ou de retrait réduisent la précaution dès le premier jour.
  • Oublier la fiscalité. Les intérêts d’un livret bancaire sont imposables ; ceux du Livret A, du LDDS et du LEP ne le sont pas.
  • Mélanger précaution et projet. Si le même compte porte les deux, la précaution fond à chaque projet.

Quand faut-il revoir son épargne de précaution ?

Le montant n’est pas figé, car il dépend de vos revenus et de votre foyer, deux données qui changent. Faites le calcul à chaque événement qui modifie l’un des deux : naissance, changement de statut, achat immobilier, baisse ou hausse de revenus. Comparez ensuite le résultat à ce que vous détenez réellement sur vos supports disponibles. Un écart vers le bas expose aux imprévus ; un écart vers le haut signale de l’argent qui peut travailler ailleurs.

Cas concret : 36 000 euros à garder, 26 000 euros à placer

  • Situation. Bruno, 48 ans, chef d’entreprise lyonnais, marié, deux enfants. Les revenus nets du foyer sont de 6 000 € par mois. Il détient 62 000 € de liquidités : 34 950 € sur un Livret A et un LDDS pleins, et 27 050 € sur un compte courant non rémunéré.
  • Issue. Il ne sait pas quelle part de ces 62 000 € est de la précaution et quelle part est disponible pour investir. Son revenu dépend de son entreprise et le foyer repose sur ce seul revenu.
  • Strategy. Il retient la borne haute de la recommandation AMF : 6 mois × 6 000 € = 36 000 €. Les livrets pleins en couvrent 34 950 € (22 950 + 12 000). Il garde 1 050 € de plus en compte courant et considère le reste comme disponible.
  • Result. Sa précaution est de 36 000 €. Les livrets lui rapportent 34 950 € × 1,7 % = 594,15 € par an, sans impôt. Les 62 000 − 36 000 = 26 000 € restants sont libres de tout usage : projet immobilier, investissement à long terme, versement sur un contrat. À 2 mois de revenus au lieu de 6, la cible serait de 12 000 €, et 50 000 € seraient disponibles.

Cas concret : un couple éligible au LEP

  • Situation. Nadia et Karim, 41 et 43 ans, deux enfants, un revenu fiscal de référence de 33 000 € pour 2 parts, soit sous le plafond de 35 326 €. Ils ont 20 000 € d’épargne de précaution sur un Livret A et un LDDS.
  • Issue. Ils ignorent qu’ils peuvent chacun ouvrir un LEP.
  • Strategy. Ils ouvrent chacun un LEP et y placent 10 000 €, en reprenant les sommes des deux autres livrets.
  • Result. Les 20 000 € rapportent 500 € par an à 2,5 %, contre 340 € à 1,7 %, soit 160 € de plus, sans impôt, avec la même disponibilité. Chiffres d’école, hors évolution des taux.

Ce que fait Balmont Conseil

Notre cabinet, à Lyon depuis bientôt 14 ans, aide les chefs d’entreprise et les familles à fixer la part de leur patrimoine qui doit rester disponible, et à affecter le reste selon leurs projets et leur horizon. Nous vous aidons à passer de l’épargne qui dort à une stratégie construite. Prenez rendez-vous avec Alexis Sagnier.

FAQ

Combien de mois de salaire faut-il avoir en épargne de précaution ?

L’AMF recommande de 2 à 6 mois de revenus, selon la situation : salarié, non-salarié ou retraité, et nombre de personnes au foyer.

Quel est le meilleur placement pour l’épargne de précaution ?

Les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP), selon l’AMF : garantis, disponibles à tout moment et sans frais. Les intérêts du Livret A et du LDDS sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux.

Quel est le taux du Livret A en 2026 ?

1,7 % par an depuis le 1er août 2026 (arrêté du 28 juillet 2026), contre 1,5 % du 1er février au 31 juillet 2026. Le plafond de dépôts est de 22 950 € pour une personne physique.

Que faire quand le Livret A est plein ?

On peut compléter avec le LDDS (plafond 12 000 €) ou, selon les conditions de revenus, le LEP (plafond 10 000 €). Au-delà de la précaution, le surplus relève d’un autre horizon de placement.

Un livret bancaire rapporte-t-il plus qu’un Livret A ?

Il peut offrir un taux plus élevé, mais seulement temporairement, et ses intérêts sont imposables, d’après l’AMF.

Mon épargne de précaution est-elle garantie si ma banque fait faillite ?

La garantie des dépôts couvre 100 000 € par déposant et par établissement. Le Livret A, le LDDS et le LEP sont garantis par l’État et ne comptent pas dans ce plafond.

Peut-on avoir un LEP en plus d’un Livret A ?

Oui. Les trois livrets se cumulent, chacun avec son plafond. Le LEP exige un revenu fiscal de référence sous un plafond, et chaque contribuable ne peut en détenir qu’un.

Sources: « Se constituer une épargne de précaution » (amf-france.org, consultée le 31 octobre 2026) ; « Livret A » (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 1er août 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Livret de développement durable et solidaire (LDDS) » (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 1er août 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Livret d’épargne populaire (LEP) » (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 1er août 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; actualité sur les taux de l’épargne réglementée au 1er août 2026 (service-public.gouv.fr, mise à jour du 31 juillet 2026, consultée le 31 octobre 2026) ; « Garantie des dépôts et des titres » (economie.gouv.fr, consultée le 31 octobre 2026) ; « Retraites complémentaires Agirc-Arrco : hausse de 1,4 % au 1er novembre 2026 » (lafinancepourtous.com, article du 19 octobre 2026, consulté le 31 octobre 2026, pour la prévision d’inflation de l’Insee).

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

With nearly 14 years of expertise in financial engineering, Alexis Sagnier assists executives and expatriates in securing their cross-border challenges.
Founder of Balmont Conseil in 2013, he calculates the cost of each recommendation in euros (tax, fees, transfer) before any decision is made.
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