Pour percevoir un revenu chaque mois, la solution la plus efficace fiscalement est le rachat partiel programmé sur une assurance vie : vous fixez une somme mensuelle, et seule la part de gains qu’elle contient est imposée. Les loyers et les dividendes donnent un revenu qui ne consomme pas le capital, mais ils sont taxés en totalité. Aucun placement ne verse « un revenu mensuel » par nature : c’est un mode de versement que l’on organise.
D’où vient un revenu mensuel ?
Un revenu régulier n’a que deux sources. Soit le capital produit des fruits : intérêts, loyers, dividendes, coupons. Soit vous le consommez peu à peu en retirant une somme fixe. Les deux se combinent.
La plupart des épargnants cherchent un support « qui verse chaque mois ». C’est une mauvaise question. Un loyer arrive à la périodicité du bail ou de la société, un dividende une ou deux fois par an, un intérêt à l’échéance. Le versement mensuel, lui, se programme sur un contrat dont le capital reste disponible. La bonne question est : quelle enveloppe me permet de me payer chaque mois au moindre coût fiscal ?
Quelles sont les sources de revenu régulier en 2026 ?
| Source | Régularité | Fiscalité 2026 | Effect on capital |
|---|---|---|---|
| Rachats partiels programmés sur assurance vie | Mensuelle, au montant choisi | Seule la part de gains est taxée : 12,8 % avant 8 ans, 7,5 % après, abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) après 8 ans | Capital entamé |
| Loyers d’immobilier français, directement ou via des parts de société civile de placement immobilier | Selon le bail ou la société | Revenus fonciers au barème de l’impôt sur le revenu, plus 17,2 % de prélèvements sociaux | Capital préservé, hors variation de valeur |
| Dividendes et coupons détenus en compte-titres | Annuelle ou semestrielle | Prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) ou barème | Capital préservé, hors variation de valeur |
| Intérêts de comptes à terme | À l’échéance ou périodique | 31,4 %, avec dispense possible du seul acompte de 12,8 % sous conditions de revenu | Capital preserved |
| Life annuity for valuable consideration | Mensuelle, à vie | Seule une fraction, fixée selon l’âge au premier versement, est imposable | Capital abandonné à l’assureur |
| Livret A, livret de développement durable, livret d’épargne populaire | Intérêts capitalisés au 31 décembre | Exempt | Available capital |
Comment fonctionne le rachat partiel programmé ?
Le contrat vous vire chaque mois la somme que vous avez fixée. L’article 125-0 A du code général des impôts n’impose pas cette somme en totalité : il applique à chaque rachat la proportion de gains contenue dans le contrat. Si votre contrat vaut 400 000 € pour 300 000 € de primes versées, les gains représentent 25 % de sa valeur, donc 25 % de chaque retrait sont des gains.
Après 8 ans, ces gains passent d’abord sous l’abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €. Avec 25 % de gains dans le contrat, un couple peut retirer jusqu’à 36 800 € par an (9 200 / 0,25), soit plus de 3 000 € par mois, sans impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux, pour un euro funds, ont déjà été prélevés chaque année à la création des intérêts.
Faut-il privilégier les loyers et les dividendes ?
Seulement si le capital doit durer plus longtemps que vous ou être transmis intact. Un loyer ou un dividende est imposé dès le premier euro. Pour obtenir 18 000 € nets d’un revenu soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, il faut en percevoir 26 239 € bruts (18 000 / 0,686). Le même montant retiré d’un contrat de plus de 8 ans, dont les gains pèsent 25 %, supporte une imposition nulle ou presque.
La contrepartie est claire : le rachat consomme le capital, le loyer non. Les deux outils ne se concurrencent pas, ils se complètent. Le loyer couvre le socle des dépenses fixes, le rachat ajuste.
Cas type : 1 500 € par mois à partir de 64 ans
Situation
Pierre a 64 ans et part à la retraite. Il possède une assurance vie ouverte il y a 12 ans : 300 000 € de primes versées, valeur actuelle 400 000 €. Il veut 1 500 € de plus par mois pour compenser l’écart avec son dernier salaire.
Issue
Il pense vendre un placement et payer le prélèvement forfaitaire de 31,4 % sur la plus-value. Il pense aussi qu’un revenu mensuel suppose d’acheter un produit de rente. Dans les deux cas, il paie trop d’impôt ou abandonne son capital.
Strategy
Un rachat partiel programmé de 1 500 € par mois, soit 18 000 € par an, sur le contrat de 12 ans. Les gains représentent 100 000 / 400 000 = 25 % de la valeur du contrat.
Result
La première année, la part de gains contenue dans les rachats est de 18 000 x 25 % = 4 500 €. Elle est inférieure à l’abattement de 4 600 € : l’impôt sur le revenu est nul, 18 000 € nets arrivent sur son compte. La même somme obtenue en dividendes aurait demandé 26 239 € bruts.
Combien de temps cela dure-t-il ? À titre d’hypothèse de calcul, non de promesse, si le fonds en euros crédite 2,6 % par an, comme la moyenne de 2025, et si l’on retire 17,2 % de prélèvements sociaux, le contrat progresse de 2,15 % net par an. Avec 1 500 € retirés chaque mois, il est épuisé au bout d’environ 30 ans, soit à 94 ans. À mesure que les gains pèsent plus lourd dans le contrat, l’impôt réapparaît : le calendrier des retraits se règle chaque année.
Ce que nous constatons dans les dossiers
Les épargnants qui cherchent « un produit qui verse chaque mois » finissent le plus souvent avec un support de rendement mal choisi, uniquement parce que le versement est régulier. Notre position est inverse : on choisit le placement pour sa qualité et son enveloppe, on organise ensuite le versement. Un fonds distribuant beaucoup n’est pas meilleur qu’un fonds capitalisant dont on retire une somme fixe. Il est seulement plus taxé.
Deuxième constat : le revenu mensuel se prépare cinq à dix ans avant la retraite. Un contrat ouvert à 60 ans n’a pas encore ses 8 ans à 64 ans. L’abattement ne se rattrape pas.
Quand le revenu doit venir de l’étranger ou d’un portefeuille important
Pour un chef d’entreprise qui a constitué un portefeuille, la vente des titres déclenche l’impôt sur les plus-values. Chez Balmont Conseil, nous organisons deux solutions. D’une part le crédit lombard : nous le mettons en relation avec nos partenaires bancaires, il permet de se verser un revenu en gageant les titres sans les vendre. D’autre part l’assurance vie luxembourgeoise, dans laquelle le portefeuille peut être logé avant la retraite et sur laquelle des rachats programmés sont ensuite mis en place. Pour une retraite hors de France, nous vérifions avant le départ ce que devient chaque revenu : la résidence fiscale détermine qui taxe, et à quel taux.
Frequently asked questions
Un revenu mensuel peut-il être garanti à vie ?
Seule la life annuity le garantit, au prix de l’abandon du capital à l’assureur. Tous les autres supports versent un revenu qui dépend du marché ou du capital restant.
Les intérêts du Livret A peuvent-ils servir de revenu mensuel ?
Ils sont exonérés d’impôt, mais ils sont crédités une fois par an, au 31 décembre. Avec 22 950 € à 1,7 %, ils représentent environ 390 € par an. On peut s’en servir de complément, pas de revenu.
Faut-il attendre 8 ans pour retirer de l’assurance vie ?
Non. Le retrait est possible à tout moment. Avant 8 ans, la part de gains est taxée à 12,8 % sans abattement. Après 8 ans, elle est taxée à 7,5 % jusqu’à 150 000 € de primes versées, après abattement.
Un plan d’épargne retraite peut-il servir de revenu mensuel ?
Oui. À la retraite, il peut être converti en rente viagère ou sorti en capital, selon le contrat. La fiscalité dépend de ce qui a été déduit à l’entrée : elle se calcule avant de choisir la forme de sortie.
To go further
Construire un revenu mensuel durable commence par le calcul du besoin, de l’enveloppe et du calendrier. Si vous préparez votre retraite ou celle de votre entreprise, échangeons-en avec le cabinet.
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