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In profession libérale, votre caisse de retraite est imposée par votre métier, pas choisie. Dix sections, réunies dans la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL), gèrent une basic pension commune, calculée en points. Chaque section gère ensuite seule son régime complémentaire et sa couverture invalidité-décès. La Cipav couvre les architectes, les ingénieurs-conseils, les géomètres-experts et les ostéopathes ; la Carmf les médecins ; la Carpimko les auxiliaires médicaux.

Quelle caisse pour quelle profession ?

SectionProfessions couvertes
CipavArchitectes, ingénieurs-conseils, géomètres-experts, ostéopathes et de nombreuses autres professions
CarmfMédecins exerçant une activité libérale
CarpimkoAuxiliaires médicaux : infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes, orthoptistes
CarcdsfChirurgiens-dentistes et sages-femmes
CavecExperts-comptables et commissaires aux comptes
CavpPharmaciens
CarpvVétérinaires
CavamacAgents généraux d’assurance
CavomOfficiers ministériels, officiers publics et compagnies judiciaires
CPRNNotaires

Les avocats ont leur propre caisse, la Caisse nationale des barreaux français, qui ne figure pas parmi ces dix sections et gère leur retraite et leur prévoyance.

Comment fonctionne la retraite de base des professions libérales ?

C’est le seul régime de base français qui fonctionne par points. Vos droits sont égaux au nombre de points acquis multiplié par la valeur de service du point, fixée à 0,6599 € depuis le 1er janvier 2026 (0,6540 € en 2025). À revenu égal, la cotisation et les droits sont les mêmes quelle que soit la caisse. Les règles d’âge légal, de durée d’assurance, de taux plein, de surcote et de décote sont celles des autres régimes de base, et les trimestres acquis ailleurs sont comptés.

La cotisation de base comporte deux tranches. La première est de 8,73 % des revenus jusqu’au plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 48 060 € en 2026. La seconde est de 1,87 % des revenus jusqu’à cinq fois ce plafond, soit 240 300 €, dès le premier euro. Les droits sont plafonnés à 557 points pour la première tranche et 25 points pour la seconde. Pendant les deux premières années, la cotisation est provisoire, calculée sur 19 % du plafond, soit 968 € en 2026. La cotisation minimale est de 573 € en 2026 et valide trois trimestres.

Que représentent le régime complémentaire et l’invalidité-décès ?

Chaque section gère son régime complémentaire de façon autonome, selon les règles fixées par son conseil d’administration. Ces régimes représentent environ 70 % des pensions versées aux professionnels libéraux. Les écarts de cotisations et de prestations entre sections sont importants : c’est la raison pour laquelle deux professionnels de même revenu n’ont pas la même pension globale.

Les médecins, dentistes, sages-femmes, auxiliaires médicaux et directeurs de laboratoire conventionnés bénéficient en plus des prestations complémentaires de vieillesse, anciennement allocation supplémentaire de vieillesse : l’Assurance maladie prend en charge une partie de leurs cotisations en contrepartie du respect des tarifs conventionnels. Le régime invalidité-décès est une prévoyance obligatoire dont les prestations dépendent de la section.

Qui appelle les cotisations ?

La Cipav est la seule section dont les cotisations sont recouvrées par l’Urssaf. Les autres sections appellent elles-mêmes les cotisations. À la Carmf, par exemple, l’acompte est appelé en janvier et le solde au printemps ou en début d’été, selon la date de réception de la déclaration de revenus, avec un règlement sous trente jours.

Peut-on racheter des trimestres en profession libérale ?

Oui, dans la limite de 12 trimestres, pour les années d’activité où vous n’avez pas validé quatre trimestres et pour certaines périodes d’études. Le prix suit un barème annuel qui dépend de votre âge et de votre revenu moyen des trois dernières années. Les jeunes professionnels bénéficient d’une réduction de 400 € par trimestre (590 € si l’on rachète aussi des points), à demander dans les dix ans suivant la fin des études ou avant la fin de l’année des 40 ans.

Cas type : un architecte à 90 000 € de bénéfice

Situation

Architecte affilié à la Cipav, 45 ans, bénéfice annuel de 90 000 €, soit 7 500 € par mois.

Issue

Il paie chaque année une cotisation de base importante et ignore ce qu’elle lui rapportera. Calcul avec les paramètres 2026 : première tranche, 8,73 % × 48 060 € = 4 195,64 € ; seconde tranche, 1,87 % × 90 000 € = 1 683 €. Total : 5 878,64 €, soit 6,5 % de son bénéfice.

Strategy

On mesure d’abord ce que la base rapporte. Au plus 557 points sont acquis au titre de la première tranche. Au prix actuel du point : 557 × 0,6599 € = 367,56 € de pension annuelle par année cotisée. Sur 25 années, hypothèse prudente qui ignore la seconde tranche et toute revalorisation : 25 × 367,56 € = 9 189 € par an, soit 766 € par mois. On demande ensuite à la Cipav son relevé de points pour le régime complémentaire, qui n’entre pas dans ce calcul.

Result

La base seule remplace 766 ÷ 7 500 = 10 % de son revenu mensuel. L’essentiel de sa retraite dépendra donc du régime complémentaire et de son épargne personnelle. Un versement de 9 000 € sur un plan d’retirement savings, soit 10 % de son bénéfice, économise 9 000 € × 30 % = 2 700 € d’impôt dans une tranche marginale à 30 %, avant la majoration dont bénéficient les travailleurs non salariés sur la part de bénéfice comprise entre un et huit plafonds de la Sécurité sociale. Ces chiffres sont des hypothèses de calcul.

Ce que nous constatons dans les dossiers

Les professionnels libéraux connaissent leur caisse mais rarement leur taux de remplacement. Notre position est tranchée : la caisse est un fait, l’écart est un sujet. Une consultation du relevé de points et du régime complémentaire, faite une fois par an, change plus la retraite que n’importe quel produit acheté sans chiffre. Autre constat de méthode : le professionnel qui exerce en société cumule souvent un statut de dirigeant et des revenus libéraux, ce qui multiplie les régimes à additionner.

Comment Balmont Conseil intervient

Pour les professions libérales, nous partons de votre relevé et nous construisons la retraite complémentaire de votre choix : plan d’épargne retraite, épargne salariale et contrats de retraite supplémentaire lorsque vous exercez en société. Quand l’activité est portée par une société, nous étudions la holding et l’apport de titres avec report d’imposition de l’article 150-0 B ter en vue de la cession future. Pour financer l’achat d’un cabinet ou d’une patientèle, nous faisons la mise en relation avec nos partenaires bancaires. Si vous envisagez d’exercer à l’étranger, nous vérifions l’effet sur vos affiliations et sur votre résidence fiscale.

Frequently asked questions

Peut-on choisir sa caisse de retraite ?

Non. L’affiliation suit la profession exercée. Chaque section gère les cotisations et la pension de ses affiliés.

À quel âge peut-on partir ?

L’âge légal et la durée d’assurance sont ceux des autres régimes de base. Pour les nés à partir de 1969, l’âge légal est de 64 ans avec 172 trimestres.

Que se passe-t-il si j’ai été salarié avant d’être libéral ?

Les trimestres acquis dans les autres régimes comptent pour la durée d’assurance totale. Chaque régime verse ensuite sa propre pension.

Quelle est la cotisation minimale de la retraite de base ?

573 € en 2026, qui valident trois trimestres. Certaines situations, comme la perception du revenu de solidarité active ou de la prime d’activité, l’écartent par défaut.

Le complémentaire est-il obligatoire ?

Chaque section gère son propre régime complémentaire, et la Cipav présente la base et le complémentaire comme les deux niveaux de retraite obligatoires. Les règles diffèrent beaucoup d’une section à l’autre.

Conclusion

Votre caisse fixe vos cotisations et une partie de votre pension, pas votre niveau de vie à la retraite. Si vous voulez savoir ce que votre section vous versera et comment combler l’écart, échangeons sur votre situation : nous partirons de votre relevé.

To go further

Une question sur votre situation ? Échangeons-en.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

With nearly 14 years of expertise in financial engineering, Alexis Sagnier assists executives and expatriates in securing their cross-border challenges.
Founder of Balmont Conseil in 2013, he calculates the cost of each recommendation in euros (tax, fees, transfer) before any decision is made.
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