Le plan d’épargne retraite (PER) bloque votre épargne jusqu’à la retraite en échange d’une déduction fiscale : avant 70 ans, vos versements volontaires viennent en déduction de votre revenu imposable, dans la limite de 10 % de vos revenus d’activité nets de 2025 (maximum 37 680 €, minimum 4 710 € en 2026). Chiffres vérifiés au 30 octobre 2026.
Qu’est-ce qu’un plan d’épargne retraite et comment fonctionne-t-il ?
Le plan d’épargne retraite est une enveloppe d’épargne longue, destinée à préparer un complément de revenus pour la retraite. Vous versez de l’argent quand vous le voulez, il est investi, et vous le récupérez au moment de la retraite sous forme de capital, de rente, ou des deux.
Le PER existe sous deux formes. Le PER bancaire fonctionne comme un compte-titres. Le PER d’assurance est un contrat d’assurance de groupe, avec un fonds en euros et des unités de compte. Dans les deux cas, il est ouvert à partir de 18 ans, sans condition de situation professionnelle et sans limite d’âge.
Votre épargne est rangée dans trois compartiments, selon l’origine de l’argent :
- Compartiment 1 (individuel) : vos versements volontaires, déduits ou non de votre revenu.
- Compartiment 2 (collectif) : l’épargne salariale, c’est-à-dire la participation, l’intéressement et les versements de l’employeur.
- Compartiment 3 (catégoriel) : les versements obligatoires de l’employeur, et ceux du salarié si l’accord d’entreprise le prévoit.
Les anciens produits ouverts avant le 1er octobre 2019, comme le Perp ou les contrats Madelin, peuvent être transférés vers un PER.
Quel est le taux d’un plan d’épargne retraite ?
Un PER n’a pas de taux fixe. Son rendement dépend des supports que vous choisissez : fonds en euros, unités de compte ou titres. Il n’y a donc aucun « taux du PER » officiel à comparer.
À titre de repère, les fonds en euros des contrats individuels d’assurance-vie ont servi en moyenne 2,63 % net de frais de gestion en 2025, selon l’ACPR. C’est un ordre de grandeur, pas une promesse sur votre plan. Ce qui change vraiment le résultat, c’est la tranche d’imposition à laquelle vous déduisez, les frais du contrat et la durée de détention.
Quels sont les avantages fiscaux du PER en 2026 ?
L’avantage principal est la déduction à l’entrée. Avant 70 ans, vos versements volontaires sont déductibles de votre revenu imposable par principe. Vous pouvez y renoncer, mais vous devez le signaler à chaque versement à l’organisme gestionnaire.
| Situation | 2026 Deduction Limit |
|---|---|
| Employee | 10 % des revenus d’activité nets de 2025, plafonné à 37 680 €, avec un minimum de 4 710 € |
| Sans revenus professionnels (inactif, retraité) | €4,710 |
| Non-salarié (TNS) | Règles particulières, à calculer avec votre avis d’impôt |
| Payments starting from age 70 | Not deductible since January 1, 2026 |
Votre plafond personnel figure sur votre avis d’impôt 2026 (revenus 2025). Le plafond que vous n’utilisez pas n’est pas perdu : il se reporte. Depuis la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 10), la durée de report de la fraction inutilisée passe de 3 à 5 ans, pour l’imposition des revenus de l’année 2026. La part non utilisée de 2024 reste utilisable jusqu’en 2027, et celle de 2025 jusqu’en 2028. Les époux peuvent aussi mettre leurs plafonds en commun.
Deuxième changement de 2026 : l’article 9 de la même loi supprime la déduction pour les versements effectués à partir de 70 ans, pour tous les versements réalisés depuis le 1er janvier 2026. Si vous avez 70 ans ou plus, le PER reste possible, mais il n’abaisse plus votre impôt à l’entrée.
Comment est imposé le PER à la sortie ?
La déduction à l’entrée a un prix : l’impôt est payé à la sortie. La règle dépend de ce que vous avez fait à l’entrée.
| Payments | Capital exit | Annuity payout |
|---|---|---|
| Déduits | La part « versements » est imposée au barème de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10 %. La part « gains » subit le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux) | Imposée comme une pension, après abattement de 10 %. Une fraction seulement (70 %, 50 %, 40 % ou 30 % selon l’âge au premier versement) supporte les prélèvements sociaux de 18,6 % |
| Non déduits | La part « versements » est exonérée. Seuls les gains sont taxés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % | Imposée comme une rente viagère à titre onéreux, sur une fraction seulement |
Le prélèvement forfaitaire unique est passé de 30 % à 31,4 % pour les gains perçus à partir du 1er janvier 2026, en raison de la hausse de la CSG sur les revenus du capital. Le taux des prélèvements sociaux est de 18,6 % pour les sommes récupérées depuis cette date.
La conclusion est simple : le PER ne supprime pas l’impôt, il le déplace. Il est intéressant si votre tranche marginale d’imposition à l’entrée est supérieure à celle que vous aurez à la retraite.
Dans quels cas peut-on débloquer son PER avant la retraite ?
Le déblocage anticipé est limité à des cas précis :
- le décès du conjoint ou du partenaire de Pacs ;
- l’invalidité (2e ou 3e catégorie) du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou partenaire ;
- l’affection grave ou le handicap d’un enfant à charge ;
- le surendettement ;
- la fin des droits au chômage, ou la fin d’un mandat social depuis au moins deux ans sans contrat de travail ni pension liquidée ;
- la liquidation judiciaire d’une activité non salariée ;
- l’achat de la résidence principale.
Pour un accident de la vie, les versements sont exonérés d’impôt et de prélèvements sociaux, et seuls les gains supportent les prélèvements sociaux. Pour l’achat de la résidence principale, les versements déduits sont imposés au barème sans abattement de 10 %, et les gains au prélèvement forfaitaire unique.
Combien coûte un transfert de PER ?
Le transfert vers un autre PER est gratuit si le plan est détenu depuis au moins cinq ans. Avant cinq ans, les frais sont plafonnés à 1 % de l’épargne. Pour un ancien produit détenu depuis moins de dix ans (Perp, Madelin), le plafond est de 5 %. C’est un critère de choix à examiner dès l’ouverture : un PER qui coûte cher à quitter vous retient.
Que devient le PER en cas de décès ?
Avant la sortie, le plan est clôturé et les sommes vont aux bénéficiaires que vous avez désignés. Pour un PER d’assurance, si le décès intervient avant 70 ans, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 €, puis d’un prélèvement de 20 % jusqu’à 700 000 € de part taxable et de 31,25 % au-delà. Après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s’applique, puis les droits de succession. Un PER bancaire entre dans l’actif successoral. Pour la comparaison avec les droits classiques, voir notre guide des droits de succession en ligne directe.
Cas concret : un chef d’entreprise lyonnais de 52 ans
Situation. Alexandre, 52 ans, célibataire, dirigeant assimilé salarié à Lyon. Ses revenus d’activité nets de 2025 sont de 100 000 € et son revenu net imposable est du même ordre.
Issue. Sa tranche marginale d’imposition est de 41 % (tranche de 84 578 € à 181 917 € par part en 2026). Il ne se constitue aucun complément de retraite.
Strategy. Son plafond de déduction est de 10 % de 100 000 €, soit 10 000 €. Il verse 10 000 € sur un PER d’assurance avant le 31 décembre.
Result. Son impôt passe de 24 800 € à 20 700 €, soit 4 100 € d’économie immédiate. À la retraite, si ces 10 000 € sont repris en capital dans une tranche à 30 %, ils seront imposés 3 000 €. Le gain net est de 1 100 € sur ces 10 000 €, avant le rendement. Si la somme a progressé de 3 % par an pendant 20 ans, elle atteint 18 061 € : les 8 061 € de gains sont taxés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 2 531 €. Cas fictif, calculé avec le barème 2026.
Quand le PER n’est pas le bon outil ?
Le PER est mauvais quand votre tranche d’imposition est faible : à 11 %, la déduction rapporte peu et l’argent reste bloqué. Il est aussi moins adapté si vous pouvez avoir besoin des fonds avant la retraite en dehors des cas de déblocage. Dans ces situations, l’assurance-vie, plus souple, est souvent préférable : voir notre article sur la fiscalité du rachat d’assurance-vie, ou, pour un cas de profession libérale, PER ou assurance-vie pour un médecin libéral. Pour une prime de départ à la retraite, lisez aussi comment réduire l’impôt sur une prime de départ avec le PER.
Ce que fait Balmont Conseil
Nous calculons avec vous votre plafond de déduction, la tranche d’imposition à l’entrée et celle attendue à la sortie, puis nous construisons la répartition entre PER, assurance-vie et autres enveloppes. Notre cabinet, à Lyon depuis bientôt 14 ans, accompagne les chefs d’entreprise, les professions libérales et les familles dont la situation est internationale.
FAQ
Le PER est-il bloqué jusqu’à la retraite ?
Oui, sauf cas de déblocage anticipé : décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin des droits au chômage, liquidation judiciaire d’une activité non salariée, et achat de la résidence principale. Les sommes sont disponibles à l’âge légal de départ ou à la date de la pension.
À partir de quel âge peut-on ouvrir un PER ?
À 18 ans, depuis le 1er janvier 2024. Il n’y a pas de limite d’âge, ni de condition de situation professionnelle. Il faut simplement la capacité juridique : un majeur protégé ne peut pas souscrire seul.
Peut-on verser sur un PER après 70 ans ?
Oui, les versements restent possibles, mais ils ne sont plus déductibles du revenu depuis le 1er janvier 2026. Le régime fiscal de sortie est alors celui des versements pour lesquels la déduction a été écartée.
Vaut-il mieux sortir en capital ou en rente ?
Cela dépend de votre imposition à la retraite et de votre besoin de revenus réguliers. Le capital déduit est imposé au barème sans abattement de 10 %, la rente bénéficie de cet abattement. Le capital peut être versé en plusieurs fois.
Que se passe-t-il si je n’utilise pas mon plafond ?
Il se reporte. La fraction inutilisée peut être reportée pendant 5 ans pour les versements de 2026 et des années suivantes. Le plafond non utilisé de 2024 reste utilisable jusqu’en 2027, celui de 2025 jusqu’en 2028.
Sources: « Plan d’épargne retraite (PER) », fiche F34982 (service-public.gouv.fr, vérifiée le 12 octobre 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; « Plan d’épargne retraite (PER) – PER individuel », fiche F36526 (service-public.gouv.fr, vérifiée le 12 octobre 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; « PER : nouvelles règles fiscales en 2026 » (service-public.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026) ; BOFiP-Impôts, ACTU-2026-00106, loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, articles 9 et 10 (bofip.impots.gouv.fr, consulté le 30 octobre 2026) ; « Quel est le barème de l’impôt sur le revenu ? », fiche F1419 (service-public.gouv.fr, vérifiée le 15 avril 2026, consultée le 30 octobre 2026) ; « Revalorisation 2025 des contrats d’assurance-vie et de capitalisation », Analyses et synthèses n° 180 (acpr.banque-france.fr, consulté le 30 octobre 2026).
Pour savoir combien vous pouvez déduire cette année, prenez rendez-vous avec Balmont Conseil.










