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La prime de départ à la retraite n’est pas traitée de la même façon selon qui prend l’initiative du départ. Si vous partez de vous-même, elle est imposable en totalité et soumise aux cotisations sociales dès le premier euro. Si l’employeur vous met à la retraite, elle est en partie exonérée. La vraie question n’est pas seulement le montant. C’est l’année où vous la touchez et l’enveloppe où vous la placez.

Combien touche-t-on en prime de départ à la retraite ?

Le code du travail fixe un minimum, que la convention collective ou le contrat peuvent dépasser. Pour un départ volontaire, il faut au moins dix ans d’ancienneté.

Départ à l’initiative du salariéMinimum légal
10 years of seniorityHalf a month's salary
15 yearsOne month
20 yearsUn mois et demi
30 yearsDeux mois

Pour une mise à la retraite par l’employeur, le minimum est celui de l’indemnité de licenciement : un quart de mois de salaire par année d’ancienneté pour les dix premières années, puis un tiers de mois à partir de la onzième.

Le salaire de référence est le plus favorable de deux calculs : un douzième des rémunérations brutes des douze derniers mois, ou un tiers de celles des trois derniers mois, primes annuelles incluses au prorata.

À partir de quel âge l’employeur peut-il vous mettre à la retraite ?

À 70 ans, il peut le faire d’office, sans votre accord. Entre 67 et 69 ans, il peut vous le proposer, et votre accord est nécessaire. Aucune convention collective ne peut prévoir une mise à la retraite d’office avant 67 ans. En dessous de 67 ans, un départ passe donc par votre propre décision : c’est un départ volontaire.

Quelle fiscalité et quelles cotisations en 2026 ?

PointVoluntary retirementEmployer-imposed retirement
Income taxImposable en totalité, hors plan social ; le quotient (article 163-0 A du code général des impôts) peut atténuer la hausseExonération partielle (article 80 duodecies du code général des impôts), jusqu’à cinq fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 240 300 € en 2026
Social security contributionsDès le premier euroFraction exonérée jusqu’à deux plafonds (96 120 €), si l’indemnité totale reste sous dix plafonds (480 600 €) ; au-delà, cotisations dès le premier euro
Contribution spécifique de l’employeurNe vise que la mise à la retraite40 % de la fraction exonérée de cotisations, pour les mises à la retraite à compter du 1er janvier 2026

Le plafond annuel de la Sécurité sociale est de 48 060 € en 2026. La fraction exonérée d’impôt de la mise à la retraite est la plus élevée de trois montants : l’indemnité légale ou conventionnelle, la moitié de l’indemnité totale, ou deux fois la rémunération brute de l’année précédente. Les deux derniers sont plafonnés à cinq fois le plafond annuel.

La contribution de l’employeur est passée de 30 % à 40 % (article L. 137-12 du code de la sécurité sociale, modifié par l’article 15 de la loi du 30 décembre 2025). Elle explique pourquoi un employeur a peu d’intérêt à proposer une mise à la retraite que vous n’avez pas demandée.

Comment placer sa prime de départ à la retraite ?

Trois usages dominent, dans cet ordre.

  • Le plan d’épargne retraite (PER). Un versement volontaire est déductible du revenu imposable, dans la limite d’un plafond égal à 10 % des revenus d’activité de l’année précédente, limités à huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, avec un plancher de 10 % de ce plafond. En 2026, le plafond va de 4 710 € à 37 680 €. L’écart non utilisé des trois années précédentes est reportable. Le chiffre figure sur votre avis d’impôt.
  • L’assurance vie. Après huit ans, les gains bénéficient chaque année d’un abattement de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple. Le taux est ensuite de 7,5 % sur la part des gains rattachée aux primes jusqu’à 150 000 €.
  • Le remboursement d’une dette ou le financement d’un projet immobilier, quand le coût de la dette dépasse le rendement attendu.

La déduction d’un PER vaut surtout si votre tranche marginale d’imposition est plus élevée l’année de la prime qu’à la sortie. C’est souvent le cas : l’année du départ cumule salaire et prime, ensuite il reste une pension.

Et si vous partez vivre à l’étranger à la retraite ?

La date du départ et celle du versement comptent autant que l’enveloppe. Selon la convention fiscale applicable, une indemnité de fin de carrière peut être rattachée à un salaire, imposable là où l’activité a été exercée, ou à une pension, imposable dans le pays de résidence. Cette qualification se vérifie avant de fixer le calendrier, pas après. Le lieu de résidence au moment du retrait d’un PER ou d’une assurance vie change aussi le résultat.

Cas type : un salarié de 63 ans qui part volontairement

Situation

Marc, 63 ans, a 32 ans d’ancienneté et un salaire de référence de 4 800 € bruts par mois. Il part de lui-même. Le minimum légal est de deux mois, soit 9 600 €. Sa convention collective prévoit quatre mois : 4 800 × 4 = 19 200 € bruts. Son foyer est dans la tranche marginale de 30 %.

Issue

Cette prime s’ajoute à son salaire de l’année. Sans action, elle est imposée à 30 % dans sa partie marginale, puis versée sur le compte courant, où elle se dilue dans les dépenses.

Strategy

L’avis d’impôt de Marc indique 5 800 € de plafond pour l’année (10 % de revenus de 58 000 €) et 8 900 € de plafonds non utilisés sur trois ans, soit 14 700 € de capacité. Il verse 12 000 € sur un plan d’retirement savings avant le 31 décembre. Il place les 7 200 € restants en assurance vie. Les chiffres du plafond sont des hypothèses de calcul.

Result

Le versement de 12 000 € reste sous les 14 700 € de capacité : il est entièrement déductible. Économie d’impôt : 12 000 × 30 % = 3 600 €. Les 19 200 € de prime sont répartis ainsi : 12 000 € en retraite (soit 62,5 %), 7 200 € en assurance vie (37,5 %). À la sortie, les sommes issues du versement déduit seront imposées au barème de l’époque, probablement dans une tranche plus basse.

Ce que nous constatons dans les dossiers

La prime se négocie avant le départ et se place avant le 31 décembre. Beaucoup de salariés découvrent l’impôt de la prime au printemps suivant, quand le versement déductible n’est plus possible pour l’année concernée.

Notre position : ne versez pas systématiquement sur un PER. Si votre tranche marginale est de 11 % ou de 0 %, la déduction rapporte peu. L’assurance vie convient mieux. Et si vous atteignez 67 ans, demandez-vous si une mise à la retraite est possible : pour Marc, 36 ans d’ancienneté à 67 ans donneraient, à salaire inchangé, un minimum légal de 53 600 € en cas de mise à la retraite, contre 19 200 € aujourd’hui. Il faut que l’employeur la propose et que Marc l’accepte. Cet écart justifie de regarder le calendrier de départ avant de signer quoi que ce soit.

De la prime à la stratégie de retraite

La prime de départ est le premier capital libre de votre retraite. Chez Balmont Conseil, nous la rattachons à l’ensemble : le calendrier du départ, le plan d’épargne retraite avec le plafond qui vous reste, l’assurance vie avec ses règles de transmission, et le projet de vivre une partie de l’année ou toute l’année à l’étranger. Pour les expatriations à la retraite, nous vérifions la résidence fiscale, la convention applicable et le calendrier de sortie des enveloppes avant la date de départ.

Frequently asked questions

La prime de départ à la retraite est-elle imposable ?

Oui en cas de départ volontaire hors plan social, en totalité. En cas de mise à la retraite par l’employeur, une partie est exonérée, jusqu’à 240 300 € en 2026.

Y a-t-il des cotisations sociales sur la prime ?

Oui. Pour un départ volontaire, dès le premier euro. Pour une mise à la retraite, la fraction jusqu’à 96 120 € en est exonérée, si l’indemnité totale est inférieure à 480 600 €.

La convention collective peut-elle prévoir plus que la loi ?

Oui. Le code du travail fixe un minimum. Votre convention collective ou votre contrat peuvent prévoir davantage. Vérifiez-les avant de calculer.

Peut-on verser la prime sur un plan d’épargne retraite ?

Oui, comme tout versement volontaire. Il est déductible dans la limite du plafond qui figure sur votre avis d’impôt. Vous pouvez aussi choisir de ne pas le déduire, avec une fiscalité différente à la sortie.

Faut-il avoir dix ans d’ancienneté pour toucher la prime ?

Pour un départ volontaire, oui : le minimum légal commence à dix ans. Pour une mise à la retraite par l’employeur, l’indemnité se calcule par année d’ancienneté.

En conclusion

La prime de départ peut se placer de trois façons très différentes. Si vous voulez comparer les scénarios avant votre date de départ, échangeons-en.

To go further

Une question sur votre situation ? Échangeons-en.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

With nearly 14 years of expertise in financial engineering, Alexis Sagnier assists executives and expatriates in securing their cross-border challenges.
Founder of Balmont Conseil in 2013, he calculates the cost of each recommendation in euros (tax, fees, transfer) before any decision is made.
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