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L’assurance homme clé est un contrat souscrit par l’entreprise, à son profit, sur la tête d’une personne au rôle déterminant, pour compenser la perte d’exploitation en cas de décès ou d’incapacité d’au moins trois mois. Selon le BOFiP (version du 8 avril 2013), les primes sont déductibles à leur échéance et l’indemnité est imposable.

Qu’est-ce que l’assurance homme clé ?

Le BOFiP (BOI-BIC-CHG-40-20-20) la définit ainsi : un contrat conclu par une entreprise, à son profit, sur la tête de ses dirigeants ou de certains collaborateurs, qui compense le préjudice résultant du décès ou de l’incapacité de la personne assurée, par une indemnité calculée sur les seules pertes pécuniaires qui en découlent. Elle peut être assimilée à une assurance pertes d’exploitation.

C’est une assurance de risque. L’entreprise perd définitivement la disposition des primes : sans sinistre, elle ne touche ni capital, ni indemnité, et n’a aucune possibilité de rachat. Ce contrat protège donc l’entreprise, pas la famille du dirigeant.

Quels sont les critères pour que le régime fiscal s’applique ?

De nombreux contrats vendus sous le nom « homme clé » ont en réalité une autre vocation : épargne, prévoyance. Pour bénéficier du régime fiscal, le contrat doit remplir quatre critères cumulatifs (BOFiP, §50 à 90).

CriteriaWhat the BOFiP says
The beneficiaryToujours l’entreprise, avec une désignation irrévocable. Dans une entreprise individuelle, le bénéficiaire ne peut pas être l’exploitant lui-même
La personne assuréeToute personne qui joue un rôle déterminant dans le fonctionnement de l’entreprise
Le risque garantiLa perte pécuniaire due au décès ou à l’incapacité de la personne assurée ; seule l’incapacité d’au moins 3 mois est prise en compte
L’indemnitéFixée en fonction de la perte d’exploitation réellement subie

S’y ajoute une condition de fond : l’entreprise ne doit percevoir ni capital ni indemnité d’aucune sorte en l’absence de sinistre ou à l’expiration du contrat, et ne doit pas pouvoir racheter le contrat.

Qui peut être assuré comme homme clé ?

Le BOFiP donne deux exemples : la ou les personnes qui possèdent ou maîtrisent un art, une science ou une technique directement liée à l’objet social, et les dirigeants effectifs des petites et moyennes entreprises. Il précise qu’il faut apprécier les faits de chaque situation : organisation de l’entreprise, liens juridiques entre l’entreprise et la personne.

Concrètement, pensez au fondateur d’une PME, à l’associé qui porte la relation avec les clients principaux, au responsable technique dont le départ arrêterait la production ou à l’ingénieur d’un bureau d’études.

Comment l’indemnité est-elle calculée ?

Le contrat doit fixer l’indemnisation en fonction de la perte d’exploitation subie. Le BOFiP cite comme exemple l’application d’un taux de marge brute à la baisse du chiffre d’affaires constatée. Pour les entreprises au bénéfice réel simplifié ou au forfait, il est admis que la perte soit évaluée à partir d’éléments objectifs tirés des comptes des exercices précédents.

La formule de base est donc :

Indemnité = chiffre d’affaires annuel × baisse du chiffre d’affaires (en %) × taux de marge brute

Exemple : une entreprise de 1 800 000 € de chiffre d’affaires et de 40 % de marge brute perd 30 % de son chiffre d’affaires pendant un an après la disparition de son associé principal. La perte d’exploitation est de 1 800 000 € × 30 % × 40 % = 216 000 €. Un contrat qui prévoirait un capital fixe de 500 000 € ne répondrait plus à la définition, car l’indemnité ne dépendrait pas de la perte réelle.

Quel montant assurer : que change chaque hypothèse de baisse du chiffre d’affaires ?

Le montant garanti dépend de la baisse de chiffre d’affaires que vous jugez réaliste après la disparition de la personne assurée. Voici l’effet de cette hypothèse pour une entreprise de 1 800 000 € de chiffre d’affaires et de 40 % de marge brute :

Baisse du chiffre d’affairesPerte d’exploitation = indemnité visée
10%€72,000
20%€144,000
30%€216,000
40%€288,000

Chaque tranche de dix points de baisse ajoute 72 000 €. Le bon chiffre n’est ni le plus haut ni le plus bas : c’est celui que vos comptes et votre portefeuille de clients permettent de défendre. Le BOFiP demande une indemnité fixée en fonction de la perte d’exploitation réellement subie : un montant choisi sans lien avec les comptes ne répond pas à cette condition.

Autre profil : un cabinet de conseil de 900 000 € de chiffre d’affaires et de 55 % de marge brute, qui compte perdre 20 % de son activité après le départ de son associé principal. Le calcul est 900 000 € × 20 % × 55 % = 99 000 €. Avec une prime annuelle supposée de 2 500 €, l’économie d’impôt est de 625 € au taux normal de 25 % (coût net : 1 875 €) et de 375 € dans la tranche à 15 % (coût net : 2 125 €). Les primes sont des hypothèses, le tarif réel dépend de l’assureur et de la personne assurée.

Quelle fiscalité pour les primes et pour l’indemnité ?

ItemTraitement (BOFiP)
PrimesCharges d’exploitation déductibles de l’exercice en cours, à la date de leur échéance
Indemnité reçueComprise dans le résultat fiscal dans les conditions de droit commun (article 38, 2 du CGI)

Les primes réduisent donc le résultat imposable chaque année, et l’indemnité l’augmente l’année où elle est perçue. L’indemnité remplace une marge qui aurait de toute façon été imposée. Au taux normal de l’impôt sur les sociétés de 25 % (entreprendre.service-public.gouv.fr), une prime de 4 800 € fait économiser 1 200 € d’impôt : le coût net est de 3 600 €. Dans la tranche à 15 %, l’économie est de 720 €.

Quels contrats sont exclus de ce régime ?

  • Les contrats à capital forfaitaire. Dès que l’indemnité est un capital prédéterminé, fixé sans lien avec la perte pécuniaire, le contrat sort du régime « homme clé ».
  • Les contrats d’assurance-vie ordinaires. Les contrats en cas de vie, en cas de décès ou mixtes sont regardés comme une opération de placement. Leurs primes ne sont pas déductibles au fil des années : elles se retranchent globalement du résultat à la réalisation du risque ou à l’expiration du contrat.
  • Les contrats annuels reconduits. Le BOFiP demande aux services de vérifier que le caractère annuel d’un contrat d’assurance-vie ne sert pas uniquement à contourner ces règles pour déduire chaque prime.

Pour l’épargne retraite d’un dirigeant, regardez plutôt l’article 83, le PER et les indemnités de fin de carrière.

Homme clé, prévoyance du dirigeant et transmission : quelle différence ?

Les trois se complètent et ne se remplacent pas. Dans un groupe, le contrat doit viser l’entreprise qui subit la perte pécuniaire, puisque la définition du BOFiP repose sur la perte d’exploitation de l’entreprise bénéficiaire. Pour la remontée des dividendes vers une holding, voir le régime mère-fille.

Assurance homme clé ou assurance-vie souscrite par l’entreprise : que change le contrat ?

Le même mot, « décès », recouvre deux logiques fiscales opposées. Le tableau reprend les règles du BOFiP.

PointAssurance homme cléAssurance-vie ordinaire de l’entreprise
NatureCompensation d’une perte d’exploitationOpération de placement
CompensationCalculée sur la perte réelleCapital ou rente prévus au contrat
Rachat possibleNoSelon le contrat
PrimesDéductibles chaque année, à l’échéanceNon déductibles au fil des années ; retranchées à la réalisation du risque ou à l’expiration

Comment mettre en place le contrat, étape par étape ?

  1. Identifier les personnes clés. Listez celles dont l’absence réduirait vraiment le chiffre d’affaires : savoir-faire, portefeuille de clients, direction.
  2. Chiffrer la perte d’exploitation. Estimez la baisse de chiffre d’affaires et la durée de la période de transition, puis appliquez votre taux de marge brute.
  3. Vérifier les quatre critères. Bénéficiaire irrévocable, rôle déterminant, risque de décès ou d’incapacité d’au moins trois mois, indemnité liée à la perte réelle.
  4. Écarter tout mécanisme d’épargne. Pas de rachat, pas de restitution des primes.
  5. Comptabiliser la prime à son échéance en charge d’exploitation.
  6. Réviser le montant chaque année avec le dernier bilan.

Quelles questions poser à l’assureur avant de signer ?

  • Qui est le bénéficiaire, et la désignation est-elle irrévocable ? La réponse doit être l’entreprise, sans exception.
  • Comment l’indemnité est-elle calculée ? Sur la perte d’exploitation réelle, ou sur un capital fixé d’avance ? Dans le second cas, le régime fiscal est perdu.
  • Le contrat prévoit-il un rachat ou une restitution des primes ? Si oui, il ressemble à un placement et sort du régime.
  • À partir de quelle durée l’incapacité est-elle garantie ? Le BOFiP retient l’incapacité d’au moins trois mois.
  • Comment réviser le montant garanti ? Demandez une clause qui permet de l’ajuster chaque année avec le dernier bilan.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes ?

  • Désigner un bénéficiaire révocable, ou la personne physique elle-même.
  • Signer un contrat à capital forfaitaire en pensant garder la déduction des primes.
  • Choisir un contrat avec rachat ou restitution des primes : le régime fiscal est alors perdu.
  • Oublier que l’incapacité n’est prise en compte qu’à partir de trois mois.
  • Assurer une personne dont le rôle n’est pas déterminant.
  • Ne jamais réviser le montant garanti quand le chiffre d’affaires change.

Cas concret : un bureau d’études de 12 personnes

Situation. Un bureau d’études lyonnais de 12 personnes réalise 1 800 000 € de chiffre d’affaires avec 40 % de marge brute. Un ingénieur associé apporte la majorité des contrats.

Issue. Son décès ou une incapacité de plus de trois mois ferait chuter l’activité, pendant que les salaires et les loyers continuent. Le dirigeant estime la baisse à 30 % du chiffre d’affaires sur un an.

Strategy. La société souscrit un contrat dont elle est bénéficiaire irrévocable, avec une indemnité fondée sur la perte d’exploitation : 1 800 000 € × 30 % × 40 % = 216 000 €. Elle inscrit la prime en charge d’exploitation à chaque échéance.

Result. En cas de sinistre, l’entreprise reçoit jusqu’à 216 000 € pour absorber la période de transition. Avec une prime annuelle supposée de 4 800 €, l’impôt sur les sociétés au taux de 25 % diminue de 1 200 € chaque année, et le coût net est de 3 600 €. Les chiffres de prime sont des hypothèses : le tarif réel dépend de l’assureur et du profil de la personne assurée.

Variante : l’entreprise individuelle. Le BOFiP précise que le bénéficiaire ne peut pas être l’exploitant lui-même. Un entrepreneur individuel qui veut se protéger doit examiner d’autres garanties, notamment de prévoyance.

Frequently asked questions

Les primes d’une assurance homme clé sont-elles déductibles ?

Oui, si le contrat remplit les critères du BOFiP : entreprise bénéficiaire irrévocable, personne au rôle déterminant, risque de décès ou d’incapacité d’au moins 3 mois, indemnité fondée sur la perte d’exploitation. Elles sont déduites à leur échéance.

L’indemnité est-elle imposable ?

Oui. Elle est comprise dans le résultat fiscal dans les conditions de droit commun, selon l’article 38, 2 du CGI.

Qui est bénéficiaire du contrat ?

Toujours l’entreprise, de manière irrévocable. Dans une entreprise individuelle, l’exploitant ne peut pas être lui-même bénéficiaire (BOFiP).

Que couvre l’assurance homme clé ?

Le décès et l’incapacité de la personne assurée. Seule l’incapacité d’au moins trois mois est prise en compte. L’indemnité compense la perte d’exploitation de l’entreprise.

Peut-on récupérer les primes sans sinistre ?

Non. L’entreprise perd définitivement la disposition des primes : ni capital, ni indemnité, ni rachat. C’est la condition du régime fiscal.

Un contrat à capital fixe est-il un contrat homme clé ?

Non, au sens fiscal. Le BOFiP exclut les contrats à capital prédéterminé : leurs primes ne suivent pas le régime de déduction de l’assurance homme clé.

Qui peut être considéré comme homme clé ?

Toute personne au rôle déterminant : un dirigeant effectif de PME, ou une personne qui maîtrise une technique directement liée à l’activité. Les circonstances de fait de l’entreprise décident.

L’assurance homme clé remplace-t-elle la prévoyance du dirigeant ?

Non. Elle protège l’entreprise, pas les revenus ni la famille du dirigeant. Les deux garanties répondent à des risques différents.

Comment calculer le montant d’une assurance homme clé ?

On multiplie le chiffre d’affaires annuel par la baisse attendue après le sinistre, puis par le taux de marge brute. Avec 1 800 000 € de chiffre d’affaires, 30 % de baisse et 40 % de marge brute, on obtient 216 000 €.

Peut-on assurer plusieurs personnes dans la même entreprise ?

Le BOFiP parle de « la ou les personnes » qui jouent un rôle déterminant. Chaque contrat doit respecter les quatre critères, avec une indemnité liée à la perte que l’absence de chaque personne causerait.

Sources : BOFiP-Impôts, BOI-BIC-CHG-40-20-20 « BIC – Charges d’exploitation externes – Primes d’assurance » (début de publication du 8 avril 2013, §40 à 110) ; article 38 du Code général des impôts ; entreprendre.service-public.gouv.fr (fiche F38553, taux de l’impôt sur les sociétés) ; consultés le 1er novembre 2026.

Ce que fait Balmont Conseil

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Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

With nearly 14 years of expertise in financial engineering, Alexis Sagnier assists executives and expatriates in securing their cross-border challenges.
Founder of Balmont Conseil in 2013, he calculates the cost of each recommendation in euros (tax, fees, transfer) before any decision is made.
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