La pension moyenne de droit direct des retraités qui vivent en France atteint 1 752 € bruts par mois fin 2024, soit 1 626 € nets, base et complémentaire comprises (Drees, édition 2026). En ajoutant les pensions de réversion, la moyenne nette monte à 1 785 € par mois. Ces chiffres décrivent un pays, pas un dirigeant : le seul chiffre qui compte pour vous est l’écart entre votre retraite estimée et le revenu que vous voulez conserver.
Quels sont les montants moyens de retraite à connaître en 2026 ?
Trois moyennes circulent, et elles ne mesurent pas la même chose. Voici les chiffres de fin 2024, publiés par la Drees (service statistique du ministère de la Santé et des Solidarités) en 2026.
| Measure | Brut par mois | Net par mois |
|---|---|---|
| Pension de droit direct, ensemble des retraités résidant en France | €1,752 | €1,626 |
| Même population, avec les pensions de réversion | €1,920 | €1,785 |
| Nouveaux retraités partis en 2024, droit direct | €1,637 | €1,506 |
Le droit direct est la retraite que vous avez acquise par votre propre activité. La réversion est la part de la pension d’un conjoint décédé. Les montants incluent la basic pension et les retraites complémentaires, ainsi que la majoration pour trois enfants. Hors cette majoration, la moyenne brute de droit direct est de 1 705 € par mois pour 16,4 millions de retraités résidant en France.
Pourquoi les nouveaux retraités sont-ils plus bas ? Parce que beaucoup d’entre eux n’ont pas encore fait valoir tous leurs droits dans les autres régimes. Ce chiffre ne dit donc pas que les retraites baissent.
Pourquoi la moyenne est-elle trompeuse ?
Parce qu’elle mélange des carrières complètes et des carrières hachées. Le meilleur exemple est l’écart entre femmes et hommes : la pension de droit direct des femmes est inférieure de plus d’un tiers à celle des hommes. Avec les réversions, l’écart tombe à environ un quart. Une moyenne qui cache un tel écart ne décrit personne.
L'’âge de départ pèse aussi. Au régime général, l’âge moyen de départ est de 63 ans et 7 mois. L’âge légal est de 62 ans et 9 mois pour les personnes nées entre le 1er janvier 1963 et le 31 mars 1965, et de 63 ans pour celles nées entre le 1er avril et le 31 décembre 1965. Le taux plein exige 170 trimestres pour les premiers, 171 pour les seconds, ou l’âge de 67 ans.
Comment la retraite d’un dirigeant est-elle calculée ?
A président de SASU est assimilé salarié : il relève du régime général et des retraites complémentaires des salariés. Le mécanisme se résume en deux plafonds.
- La retraite de base est calculée sur le salaire moyen de vos meilleures années, limité au plafond annuel de la sécurité sociale. En 2026, ce plafond est de 4 005 € bruts par mois. Au taux plein, la base représente la moitié de ce salaire de référence : l’ordre de grandeur maximal est donc d’environ 2 000 € bruts par mois.
- Les retraites complémentaires fonctionnent par points achetés avec vos cotisations. Elles prolongent la base, mais au-delà de certains niveaux de rémunération, la part qui remplace votre revenu diminue.
Autre repère utile : en 2026, un trimestre est validé à partir de 1 803 € de revenu annuel brut, dans la limite de quatre trimestres par an. Le plafond mensuel de 4 005 € bruts fixe la limite haute des cotisations qui comptent pour la base.
La conséquence est mécanique. Plus votre rémunération dépasse le plafond, plus la part de votre revenu que la retraite remplace s’effondre. Un salarié payé près du plafond est remplacé à une fraction raisonnable. Un dirigeant qui se verse trois fois le plafond ne l’est pas.
Comment savoir où vous vous situez vraiment ?
Ouvrez votre compte retraite et lisez votre relevé de carrière, trimestre par trimestre. À partir de 55 ans, vous pouvez demander la correction d’une période manquante. Demandez la retraite au moins cinq mois avant la date de départ souhaitée. Ensuite, comparez l’estimation à votre revenu net actuel, pas à la moyenne nationale.
Cas type : un dirigeant de 50 ans qui veut garder 7 000 € nets par mois
Situation
Président de SASU, 50 ans, il souhaite partir à 64 ans avec 7 000 € nets par mois. Son compte retraite estime sa pension à 3 900 € bruts par mois (hypothèse de départ). En appliquant le rapport net sur brut de la moyenne nationale (1 626 / 1 752, soit 92,8 %), cela donne environ 3 600 € nets.
Issue
Il manque 7 000 − 3 600 = 3 400 € par mois, soit 40 800 € par an, à financer pendant 25 ans.
Strategy
Il faut un capital qui verse 3 400 € par mois sur 300 mois. Avec une hypothèse de calcul de 2 % par an de rendement net, constant, avant inflation et avant impôt, ce capital est de 804 000 €. Ce n’est pas une prévision de performance, c’est une base pour dimensionner l’effort. Il le constitue ensuite par versements mensuels réguliers, répartis entre plusieurs enveloppes, dont une partie peut être financée par la société selon le contrat choisi.
Result
Avec une hypothèse de 3 % par an, il doit épargner environ 3 870 € par mois pendant 14 ans pour atteindre 804 000 €. S’il avait commencé à 44 ans, soit 20 ans d’effort, le montant tomberait à environ 2 460 € par mois. Six ans d’avance réduisent l’effort de plus d’un tiers. Le calendrier pèse plus lourd que la moyenne nationale.
Ce que nous constatons dans les dossiers
Les dirigeants se comparent à la moyenne nationale, trouvent leur retraite estimée « dans la moyenne », et en déduisent qu’ils sont tranquilles. C’est l’erreur de méthode la plus fréquente. Notre position est simple : on ne pilote jamais une retraite sur une moyenne. On part du revenu à maintenir, on retranche la pension estimée, et on traite l’écart comme un objectif d’épargne daté. Le second constat : l’écart se creuse avec la rémunération, parce que les plafonds de cotisation figent la retraite alors que le train de vie, lui, monte.
Comment le cabinet prépare la retraite d’un dirigeant
Notre cabinet part du relevé de carrière et chiffre l’écart année par année. Nous mobilisons ensuite ce que la société peut financer : indemnités de fin de carrière, épargne salariale, contrats collectifs de retraite des articles 82, 83 et 39 du code général des impôts. Nous les combinons avec des enveloppes personnelles : assurance vie, y compris luxembourgeoise, et structures de détention comme la holding quand elle se justifie. Pour les dirigeants qui envisagent de quitter la France, nous vérifions aussi ce que devient la fiscalité de la pension selon la convention applicable.
Frequently asked questions
Quelle est la retraite moyenne nette en France ?
1 626 € nets par mois en droit direct pour les retraités résidant en France fin 2024, et 1 785 € avec les pensions de réversion, selon la Drees.
La retraite moyenne comprend-elle la complémentaire ?
Oui. Les chiffres de la Drees cités ici additionnent la retraite de base et les retraites complémentaires.
Pourquoi la pension des nouveaux retraités est-elle plus basse ?
Parce que beaucoup n’ont pas encore liquidé tous leurs droits dans leurs différents régimes. Le chiffre de 1 506 € nets n’est donc pas comparable à la moyenne de l’ensemble des retraités.
À quel âge peut-on partir sans décote ?
Il faut avoir atteint l’âge légal et justifié de la durée d’assurance requise (170 ou 171 trimestres selon l’année de naissance), ou avoir 67 ans.
Un dirigeant touche-t-il une retraite proportionnelle à sa rémunération ?
Non, car la retraite de base est calculée sur un salaire plafonné. Au-delà du plafond, le complément doit venir de l’épargne.
In summary
La moyenne nationale rassure à tort. Si vous voulez savoir ce que votre retraite remplacera réellement de votre revenu et ce qu’il faut mettre de côté, échangeons ensemble sur votre relevé de carrière.
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