Un couple de professions libérales de l’Ouest lyonnais à 450 000 euros de revenus laisse chaque année plus de 40 % de ses revenus à l’impôt et aux cotisations. Un poste à Lausanne ou à Genève peut réduire cette part, mais l’écart ne se capte qu’après avoir réglé en France ce qui ne se règle plus de Suisse : la cession des parts, l’épargne retraite et la maison.
Saint-Didier-au-Mont-d’Or affiche 108 819 euros de revenu fiscal moyen par foyer, l’un des plus élevés de France hors Île-de-France. Écully, Charbonnières-les-Bains, Saint-Cyr-au-Mont-d’Or, Limonest et le 6e arrondissement de Lyon concentrent les médecins spécialistes, chirurgiens-dentistes, avocats associés et experts-comptables de la métropole. Lyon est aussi la première ville de province en nombre de redevables de l’IFI (voir la carte de l’IFI 2025). Cette France aisée a un comportement électoral et des inquiétudes fiscales propres (voir comment votent les Français aisés) ; elles se traduisent par des départs discrets, ou par des projets de départ qui ne se concrétisent pas faute de méthode.
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Ce que la France prend, poste par poste
Un chirurgien libéral à 250 000 euros de bénéfice paie d’abord ses cotisations à la CARMF (retraite de base, complémentaire, ASV) et à l’URSSAF (maladie, allocations familiales, CSG-CRDS) : de l’ordre d’un quart du bénéfice. Puis l’impôt sur le revenu au barème, avec un marginal rate de 45 % au-delà d’environ 180 000 euros par part. Puis, pour un couple dont le revenu fiscal de référence dépasse 500 000 euros, la exceptional contribution on high incomes.
Ce qui réduit la note sans quitter la France : le retirement savings plan déductible, pour un travailleur non salarié, dans la limite de 10 % du bénéfice plafonné à huit fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, plus 15 % de la fraction comprise entre un et huit plafonds (article 154 bis du Code général des impôts) ; le passage en société d’exercice libéral avec arbitrage rémunération-dividendes ; l’immobilier professionnel détenu via une SCI louée à la structure d’exercice. Notre article sur les médecins qui travaillent en Suisse détaille le volet retraite.
Ce qu’un poste en Suisse change, et ce qu’il ne change pas
Un médecin hospitalier aux Hôpitaux universitaires de Genève ou au CHUV de Lausanne est salarié : il cotise à l’AVS et à un 2e pilier. S’il réside en Suisse, il y est imposé, à des taux cantonaux et communaux qui varient fortement d’un canton à l’autre. S’il reste résident français et travaille dans le canton de Vaud, son salaire est imposé en France selon l’accord frontalier de 1983. L’installation en libéral en Suisse est soumise à autorisation de pratiquer et, pour certaines spécialités, à une régulation cantonale de l’offre. Un avocat français peut exercer en Suisse sous son titre d’origine, puis demander son inscription au registre cantonal.
Ce qui ne change pas en partant : la retraite CARMF acquise en France sera versée par la France et imposée selon la convention ; les parts de société d’exercice libéral conservées en France restent imposables en France à la revente ; la maison des Monts d’Or reste dans l’assiette de l’IFI (biens français des non-résidents) ; et l’exit tax s’applique aux parts valorisées au-delà de 800 000 euros. Un départ réussi est un départ où ces quatre points ont été traités avant le permis de séjour.
Le point que les libéraux lyonnais oublient : la patientèle et les parts se vendent
Pour un praticien en exercice individuel, la cession de patientèle ou de clientèle est une plus-value professionnelle. L’article 151 septies exonère totalement la plus-value si les recettes annuelles sont inférieures à 90 000 euros et partiellement jusqu’à 126 000 euros, ce qui ne concerne pas les gros cabinets. L’article 151 septies A l’exonère en cas de départ à la retraite dans les deux ans, et l’article 238 quindecies exonère les cessions de branche complète d’activité jusqu’à 500 000 euros de valeur (dégressif jusqu’à 1 million). Pour un associé de société d’exercice libéral à l’impôt sur les sociétés, la cession des parts est une plus-value mobilière, imposée au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %. Dans les deux cas, celui qui part sans avoir vendu emporte une plus-value latente ; celui qui organise la cession avant son départ choisit son régime.
Un cas concret : un couple de Saint-Didier-au-Mont-d’Or
Situation. Nicolas, 47 ans, radiologue associé d’une société d’imagerie à Lyon, 280 000 euros de revenus. Claire, 45 ans, avocate associée en droit des affaires, 190 000 euros. Maison à Saint-Didier 1,9 million d’euros, parts de la société d’imagerie valorisées 1,1 million (prix de revient 320 000 euros), PER 180 000 euros, trois enfants scolarisés. Proposition de poste pour Nicolas au CHUV à Lausanne.
Issue. Le couple paie environ 185 000 euros d’impôt sur le revenu et de contribution exceptionnelle par an, plus l’IFI. Nicolas veut accepter le poste dans huit mois. Claire ne peut pas transférer son activité immédiatement. Ils n’ont rien prévu pour les parts de la société d’imagerie ni pour le PER.
Strategy. Cession des parts de Nicolas à ses associés avant le départ, avec clause d’accompagnement dégressive ; versement exceptionnel sur le PER la dernière année de revenus libéraux, dans la limite des plafonds non utilisés des trois années précédentes ; maison de Saint-Didier conservée tant que Claire et les enfants y vivent ; résidence fiscale du foyer maintenue en France pendant cette période, avec imposition du salaire suisse de Nicolas en France selon l’accord de 1983 (canton de Vaud) ; bascule du foyer à Lausanne à la rentrée scolaire suivante, vente de la maison au plus tard le 31 décembre de l’année suivant ce départ pour garder l’exonération de résidence principale.
Result. Le versement PER de 85 000 euros, plafonds reportés compris, économise 85 000 × 45 % = 38 250 euros d’impôt la dernière année. La cession des parts dégage 780 000 euros de plus-value imposée à 31,4 %, soit 244 920 euros, mais écarte l’exit tax qui aurait porté sur la même base, et libère environ 855 000 euros nets, investis dans un contrat luxembourgeois multidevises avant le changement de résidence. Une fois le foyer installé à Lausanne, le couple compare son imposition vaudoise à la française sur une base connue ; dans nos simulations pour des revenus de ce niveau, l’écart annuel se compte en dizaines de milliers d’euros, au prix d’un coût de la vie et d’une assurance maladie plus élevés. La décision se prend sur ce chiffrage, pas sur une intuition.
Comment Balmont Conseil intervient
Balmont Conseil est installé à Lyon et accompagne depuis 2013 les professions libérales de la métropole sur l’épargne retraite, l’assurance, la défiscalisation et l’immobilier, puis sur la mobilité vers la Suisse quand elle se présente. Nous chiffrons d’abord ce qui se gagne en restant, puis ce qui se gagne en partant, et nous fixons la séquence : cession, PER, immobilier, date de départ. Les médecins et avocats qui nous consultent repartent avec un calendrier, pas avec une liste d’options.
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Sources : Code général des impôts, articles 150-0 A, 151 septies, 151 septies A, 154 bis, 167 bis, 197, 223 sexies, 238 quindecies, 244 bis A ; Accord franco-suisse du 11 avril 1983 (frontaliers, cantons hors Genève) ; Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (prélèvements sociaux à 18,6 %) ; Journal du Net, revenu fiscal moyen par commune (données DGFiP) ; DGFiP, statistiques communales de l’IFI.










