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Votre pension française est imposée soit dans votre pays de résidence, soit en France : tout dépend de la convention fiscale signée entre les deux pays et de la nature de la pension. Quand la France garde le droit d’imposer, elle prélève une retenue à la source de 0 %, 12 % ou 20 % après un abattement de 10 %. Une fois votre résidence fiscale à l’étranger, vous ne payez plus de contribution sociale généralisée, mais une cotisation maladie peut subsister.

Dans quel pays votre pension est-elle imposée ?

Trois familles de pensions sont distinguées. Les pensions publiques sont versées par l’État ou une collectivité. Les pensions de la Sécurité sociale comprennent le régime général, les régimes spéciaux et les retraites complémentaires obligatoires des salariés (Agirc-Arrco). Les pensions privées hors Sécurité sociale viennent d’un employeur ou d’un contrat facultatif. Demandez à votre caisse la nature exacte de votre pension, puis lisez la convention : l’administration fiscale en publie un tableau, en annexe de la notice du formulaire 2041-E. Voici quelques lignes de ce tableau.

Country of residencePublic pensionPension privée hors Sécurité socialePension de la Sécurité sociale
SpainFranceCountry of residenceCountry of residence
PortugalFranceCountry of residenceCountry of residence
ItalyFranceCountry of residenceFrance
LuxembourgFranceCountry of residenceFrance
CyprusFranceCountry of residenceFrance
ThailandFranceFranceFrance

Pour certains pays, la règle « France » pour les pensions publiques cède si vous avez la nationalité du pays de résidence. Le tableau complet signale ces exceptions : consultez-le avant de choisir votre destination.

Quelle retenue la France applique-t-elle quand elle garde le droit d’imposer ?

La caisse de retraite prélève une retenue à la source propre aux non-résidents (article 182 A du code général des impôts). Un abattement de 10 % s’applique d’abord. Le barème 2026, publié au bulletin officiel des finances publiques en avril 2026, comporte trois tranches :

  • 0 % jusqu’à 17 275 € ;
  • 12 % de 17 275 € à 50 112 € ;
  • 20 % au-delà de 50 112 €.

Les tranches à 0 % et 12 % sont libératoires : ces revenus n’entrent pas dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Seule la retenue à 20 % s’impute sur l’impôt annuel. Vous déclarez vos pensions en cases 1AL et suivantes de la déclaration 2042, la retenue en case 8TA, et vous détaillez la durée de perception sur le formulaire 2041-E.

Pourquoi la retenue est-elle souvent trop faible ?

Chaque caisse applique le barème seule, sans connaître vos autres pensions. L’article 197 B du code général des impôts impose pourtant de calculer la retenue sur le total des revenus du foyer concernés. L’écart est régularisé à votre déclaration.

Que reste-t-il comme cotisations sociales ?

Si votre résidence fiscale n’est plus en France, la contribution sociale généralisée, la contribution au remboursement de la dette sociale et la contribution additionnelle de solidarité ne sont plus prélevées sur votre pension. Une cotisation d’assurance maladie la remplace si vous relevez encore de l’assurance maladie française : 3,2 % sur la pension de base, 4,2 % sur la pension complémentaire, 7,1 % sur les retraites de travailleurs non salariés, calculés sur le montant brut. Si un autre État de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou la Suisse vous délivre le formulaire S1, aucune cotisation n’est prélevée sur votre retraite française.

Deux autres effets du départ : l’allocation de solidarité aux personnes âgées et l’allocation supplémentaire d’invalidité ne sont versées qu’aux personnes résidant en France, et vous devez renvoyer chaque année votre certificat de vie, faute de quoi le versement peut être suspendu.

Cas type : un ancien cadre qui s’installe en Thaïlande

Situation

Jean, 64 ans, retraité de Lyon, perçoit 20 000 € bruts par an de basic pension et 16 000 € de retraite complémentaire, soit 36 000 €. Il s’installe en Thaïlande, pays dont la convention laisse la France imposer ces pensions. Il reste couvert par l’assurance maladie française.

Issue

Chaque caisse applique le barème séparément. Retraite de base : 20 000 € − 10 % = 18 000 €, dont 725 € au-delà de 17 275 €, soit 87 € de retenue. Retraite complémentaire : 16 000 € − 10 % = 14 400 €, sous le seuil : 0 €. Retenue totale : 87 €. Mais le barème s’applique au total : 32 400 €, dont 15 125 € au-delà de 17 275 €, soit 1 815 € à 12 %. Il manque 1 728 €.

Strategy

Jean provisionne les 1 728 € de régularisation chaque année et déclare ses retenues sur le formulaire 2041-E. Avant de choisir un pays, il compare la même pension dans un pays où la convention laisse l’impôt à l’État de résidence, comme l’Espagne ou le Portugal, en chiffrant le barème local.

Result

Impôt français : 1 815 € par an, soit 5,0 % de la pension brute. Cotisation maladie : 20 000 × 3,2 % + 16 000 × 4,2 % = 640 + 672 = 1 312 €. Total : 3 127 €, soit 8,7 % de 36 000 €. Sans le calcul préalable, Jean pensait ne devoir que 87 €.

Ce que nous constatons dans les dossiers

La faute la plus fréquente est de choisir son pays de retraite sur le climat avant d’avoir lu la convention. Notre position : la nature de la pension se vérifie auprès de chaque caisse avant la signature d’un bail ou d’un achat à l’étranger. Autre constat de méthode : la pension n’est qu’une partie du sujet. Pour un retraité qui vit aussi de son épargne, l’impôt se joue davantage sur la manière dont cette épargne est détenue et retirée que sur la pension elle-même.

Retraite à l’étranger : le travail du cabinet sur l’expatriation et l’épargne

Balmont Conseil accompagne les futurs retraités expatriés avant le choix du pays. Nous comparons les conventions pays par pays, vérifions la nature de chaque pension avec les caisses et fixons la date de départ qui rompt réellement la résidence fiscale. Pour l’épargne, nous étudions la place d’une assurance vie luxembourgeoise : rachats organisés selon la fiscalité du pays d’accueil, clause bénéficiaire adaptée, choix de la devise. Nous travaillons avec des conseils sur place pour que l’ensemble tienne dans les deux pays.

Frequently asked questions

Ma pension peut-elle être imposée deux fois ?

Elle peut devoir être déclarée dans les deux pays. La convention fiscale répartit alors le droit d’imposer pour éviter la double imposition.

Faut-il encore payer la contribution sociale généralisée à l’étranger ?

Non, dès que votre résidence fiscale n’est plus en France. Une cotisation d’assurance maladie spécifique peut la remplacer.

Ma pension continue-t-elle d’être versée sur mon compte ?

Oui. Vous pouvez la recevoir sur un compte français ou demander un virement sur un compte à l’étranger. Prévenez votre caisse de votre adresse et renvoyez le certificat de vie.

Le taux minimum de 20 % s’applique-t-il à ma pension ?

Non pour les tranches libératoires à 0 % et 12 %. Seule la tranche à 20 % entre dans le calcul de l’impôt annuel.

Ma retraite complémentaire est-elle une pension privée ?

Pour l’administration, les retraites complémentaires obligatoires des salariés comptent comme des pensions de la Sécurité sociale.

Conclusion

Le coût fiscal de votre retraite à l’étranger se chiffre avant le départ. Un échange avec le cabinet permet de comparer vos destinations avec vos chiffres réels.

To go further

Une question sur votre situation ? Échangeons-en.

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

With nearly 14 years of expertise in financial engineering, Alexis Sagnier assists executives and expatriates in securing their cross-border challenges.
Founder of Balmont Conseil in 2013, he calculates the cost of each recommendation in euros (tax, fees, transfer) before any decision is made.
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