Home › Tax treaties › France–Maroc › Article 25 · Double imposition
Convention France–MarocConvention signée à Paris le 29 mai 1970, modifiée par l’avenant signé à Rabat le 18 août 1989

Imposé en France et au Maroc : comment la convention évite-t-elle de payer deux fois ? L’article 25

La convention combine deux méthodes, valables dans les deux sens. Un revenu imposable exclusivement dans un État est exclu de la base de l’autre, qui peut en tenir compte pour le taux. Pour les dividendes, intérêts et redevances, l’État du domicile impose et déduit l’impôt payé à la source.

Chefchaouen, Maroc
Article 25 · Double impositionChefchaouen, Maroc
In short
  • Un État ne peut pas inclure dans ses bases les revenus exclusivement imposables dans l’autre État, mais conserve le droit de calculer l’impôt au taux correspondant à l’ensemble des revenus (article 25, paragraphe 1).
  • Pour les dividendes, intérêts et redevances, l’État du domicile peut imposer le montant brut et accorde une réduction égale à l’impôt prélevé dans l’autre État, dans la limite de son propre impôt (article 25, paragraphe 2).
  • Pour ce calcul, certains revenus marocains sont réputés imposés au Maroc : dividendes à 25 % (33,33 % dans certains cas), intérêts de certains organismes de développement et redevances de brevets à 10 % (article 25, paragraphe 3).
  • Une personne qui conteste une imposition non conforme à la convention peut saisir les autorités compétentes, puis celles de l’autre État après six mois sans suite (article 31, paragraphe 1).

Quelle méthode pour quel revenu ?

Your situationQui imposeText
Loyers d’un bien au Maroc perçus par une personne domiciliée en FranceExclus de la base française, pris en compte pour le tauxArt. 9 et 25 § 1
Pension perçue par une personne domiciliée au MarocMaroc seulementArt. 17
Dividendes marocains perçus par une personne domiciliée en FranceCrédit d’impôt en France, impôt marocain réputé de 25 %Art. 25 § 2 et 3
Intérêts de source française perçus par une personne domiciliée au MarocCrédit d’impôt au MarocArt. 25 § 2
Redevances de brevets payées par une personne domiciliée au MarocCrédit en France sur un impôt réputé de 10 %Art. 25 § 3, c

Le point d du paragraphe 3 écarte l’impôt réputé de 25 % lorsque le bénéficiaire des dividendes n’est soumis, avant redistribution éventuelle, ni à l’impôt sur le revenu ni à l’impôt sur les sociétés à raison de ces dividendes. Le protocole (point VI) interdit aussi d’imposer en France une personne domiciliée au Maroc sur une base forfaitaire tirée de la valeur locative de ses résidences.

Le texte de la convention

Article 25, paragraphe 1

« Un Etat contractant ne peut pas comprendre dans les bases des impôts sur le revenu visés à l'article 8 les revenus qui sont exclusivement imposables dans l'autre Etat contractant en vertu de la présente Convention, mais chaque Etat conserve le droit de calculer l'impôt au taux correspondant à l'ensemble des revenus imposables d'après sa législation. »

Article 25, paragraphe 2

« En ce qui concerne les revenus visés aux articles 13, 14 et 16 ci-dessus, l'Etat contractant sur le territoire duquel le bénéficiaire a son domicilie fiscal peut, en conformité avec les dispositions de sa législation interne, les comprendre dans les bases des impôts visés à l'article 8 pour leur montant brut ; mais il accorde sur le montant des impôts afférents à ces revenus, et dans la limite de ce montant, une réduction correspondant au montant des impôts prélevés par l'autre Etat sur ces mêmes revenus. »

Article 25, paragraphe 3, b

« Pour l'application du paragraphe 2 ci-dessus, seront considérés comme ayant été imposés au Maroc : […] Au taux de 10 p. cent les intérêts provenant d'emprunts émis par des organismes spécialisés en vue de concourir au développement économique du Maroc ; »

Point d du paragraphe 3 créé par l’article 6 de l’avenant du 18 août 1989. Texte publié par impots.gouv.fr.

Les deux méthodes, en pratique

Pour chaque revenu perçu dans l’autre pays, le raisonnement suit cet ordre :

  1. 1
    Classer le revenuIdentifier l’article de la convention qui le vise : loyers, pension, salaire, dividendes, intérêts…
  2. 2
    Revenu exclusifS’il n’est imposable que dans un État, l’autre l’exclut de sa base mais peut en tenir compte pour le taux.
  3. 3
    Dividendes, intérêts, redevancesL’État du domicile impose le brut et déduit l’impôt prélevé à la source, dans la limite de son propre impôt.
  4. 4
    Impôt réputéPour certains revenus marocains, la réduction se calcule sur un taux fixé par la convention.
  5. 5
    En cas de litigeRéclamation auprès des autorités compétentes, puis de l’autre État après six mois sans suite.

Ce qu’ont jugé les tribunaux

Voir les 19 décisions qui concernent le Maroc →
Ce que cela change pour vous

La méthode dépend de la catégorie du revenu, pas du pays où il est payé. Pour une personne domiciliée en France qui investit au Maroc, l’impôt marocain réputé sur les dividendes, fixé à 25 %, dépasse le plafond de 15 % de la retenue prévue par l’article 13 : le crédit français peut donc être calculé sur un taux supérieur à l’impôt prélevé. Chaque revenu se classe d’abord dans le bon article, puis se documente avec les justificatifs de l’impôt prélevé à la source.

Faire vérifier mes doubles impositionsVisio · 30 min · sans engagement

Les autres sujets de la convention

Frequently asked questions

La France tient-elle compte de mes revenus marocains exclusivement imposables au Maroc ?

Elle ne peut pas les inclure dans la base de son impôt, mais conserve le droit de calculer l’impôt au taux correspondant à l’ensemble des revenus (article 25, paragraphe 1).

Le crédit d’impôt peut-il dépasser l’impôt français ?

Non. La réduction est accordée dans la limite du montant de l’impôt afférent à ces revenus dans l’État du domicile (article 25, paragraphe 2).

Que faire en cas d’imposition contraire à la convention ?

Présenter une réclamation aux autorités compétentes de l’État dont on conteste l’imposition ; sans suite pendant six mois, saisir celles de l’autre État (article 31, paragraphe 1).

Source : Convention signée à Paris le 29 mai 1970, modifiée par l’avenant signé à Rabat le 18 août 1989 — Convention avec le Maroc (impots.gouv.fr). Statut : En vigueur depuis le 1er décembre 1971 ; l’avenant du 18 août 1989 est entré en vigueur le 1er décembre 1990. Ce document ne se substitue pas aux textes qui font foi. Analyse : Balmont Conseil, mise à jour le 8 novembre 2026. Information générale, pas un conseil personnalisé.

Vous partez au Maroc ?Bilan de 30 min