La France ne perd pas ses fortunes, elle perd leur confiance dans la stabilité de la règle : c’est ce que mesure son passage du top 40 au top 15 des nationalités qui demandent une résidence alternative chez Henley & Partners entre 2024 et 2026. Un dossier de résidence ouvert à Lisbonne ou à Milan n’est pas un départ. C’est une assurance. Quatre causes expliquent que tant de familles françaises en aient souscrit une en deux ans.
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Ce que mesure le score de Henley
L’édition 2026 du Private Wealth Migration Report a remplacé les estimations de flux par un Global Wealth Mobility Framework : un score de 0 à 100 par pays, qui combine fiscalité, stabilité des règles, qualité de vie, accès international et programmes de résidence. En Europe, Chypre obtient 73,5, les Pays-Bas 72,8, le Portugal 72,5, l’Italie 72,3, la Suisse 70,8, la Grèce 70,5. Le groupe des pays « compétitifs mais sous pression » réunit l’Allemagne (69,7), la Norvège (69,0), le Royaume-Uni (68,3) et la France (65,7), dernière des trois grandes économies. Le rapport prévoit par ailleurs 165 000 relocalisations de millionnaires dans le monde en 2026, contre 142 000 en 2025, un record. Le chiffre français de 2025 est détaillé dans combien de millionnaires ont vraiment quitté la France.
Cause 1 : la règle a failli changer, deux fois
En février 2025, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi instaurant un impôt plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, rejetée ensuite par le Sénat ; réintroduite lors du budget 2026, la mesure a de nouveau été écartée. Elle prévoyait de continuer à s’appliquer cinq ans après un départ. En octobre 2025, l’Assemblée a rejeté à une voix près un amendement instaurant une imposition fondée sur la nationalité, qui aurait maintenu l’imposition française de Français installés dans des pays à fiscalité faible. Aucune des deux mesures n’est en vigueur. Les deux ont montré que le périmètre de l’impôt pouvait s’étendre au-delà des frontières par un seul vote. Henley cite explicitement ce vote « à une voix près » dans son analyse de la France.
Cause 2 : les voisins ont construit des portes d’entrée
L’Italie offre depuis 2017 un forfait annuel sur les revenus étrangers (lump sum), porté à 300 000 euros au 1er janvier 2026, pour quinze ans ; Henley note que la demande est restée soutenue après la hausse. La Grèce propose un forfait pour les non-domiciliés et un taux de 7 % pour les pensions étrangères des retraités qui s’y installent. Chypre exonère dividendes et intérêts des non-dom pendant dix-sept ans et accorde la résidence fiscale en 60 days sous conditions. La Suisse maintient le tax package dans la plupart des cantons. Le Portugal a remplacé le RNH par un régime ciblé (IFICI) et ne taxe pas les successions en ligne directe. La Belgique, longtemps sans impôt sur les plus-values, les taxe désormais à 10 %. Voir nos articles sur l’IFICI portugais, la résidence à Chypre, la retraite en Grèce and la nouvelle taxe belge.
Cause 3 : la transmission française est devenue l’écart le plus visible
The barème français atteint 45 % au-delà de 1 805 677 euros par enfant ; l’Italie taxe à 4 % au-delà de 1 million par héritier ; le Portugal ne taxe pas la ligne directe ; la plupart des cantons suisses exonèrent les enfants ; Chypre n’a pas de droits de succession. Pour une famille dont le patrimoine va changer de génération dans les dix ans, cet écart pèse plus que tous les autres impôts réunis. Il ne se neutralise par le départ que si les héritiers quittent aussi la France ou si la famille n’a pas d’immobilier français (article 750 ter du Code général des impôts) : c’est pourquoi les dossiers ouverts concernent souvent toute une famille, parents et enfants adultes ensemble.
Cause 4 : la mobilité est devenue un produit
Henley décrit l’émergence de « portefeuilles souverains » : des familles qui cumulent plusieurs droits de résidence et parfois plusieurs nationalités, comme on diversifie un portefeuille. Les cabinets de citoyenneté par investissement démarchent désormais la clientèle française ; les contrats luxembourgeois multidevises rendent le patrimoine financier portable d’un pays à l’autre sans frottement. Ce qui demandait autrefois un an de démarches se prépare en trois mois, et se garde en réserve. Nous détaillons la méthode dans peut-on préparer un départ sans partir ?
Ce qu’une famille française doit en retenir
Trois choses. Le score de 65,7 décrit la France vue de l’étranger, pas la situation d’une famille donnée : un couple de retraités lyonnais à 3 millions de patrimoine n’est menacé par aucun des textes rejetés. L’option de résidence ne coûte presque rien à ouvrir et beaucoup à improviser : un bail, un compte, un numéro fiscal dans le pays cible se préparent avant d’en avoir besoin. Et la transmission se règle d’abord en France, par donation et assurance-vie, quelle que soit la destination envisagée : c’est la part du patrimoine que le changement de résidence protège le moins.
Comment Balmont Conseil intervient
Balmont Conseil est spécialisé dans la mobilité internationale depuis 2013. Le Bilan Expatriation compare, pour une famille donnée, la France et deux ou trois destinations sur dix ans (revenus, patrimoine, transmission, santé, scolarité), prépare le dossier de résidence sans obligation de déménager, et met en place l’enveloppe financière portable. Le cabinet travaille avec des correspondants dans les principales destinations.
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Sources : Henley & Partners, Private Wealth Migration Report 2026, « Where Wealth Is Moving in 2026 — And Why » (16 juin 2026) ; Euronews, « Which European countries are attracting millionaires », 21 juin 2026 ; Assemblée nationale et Sénat, débats sur l’impôt plancher sur les très hauts patrimoines (2025) et sur le projet de loi de finances pour 2026 ; Agenzia delle Entrate, régime des nouveaux résidents (article 24-bis du TUIR) ; Loi belge du 2 avril 2026 instaurant un impôt sur les plus-values ; Code général des impôts, articles 750 ter, 777.










