Le Livret B est un livret bancaire ordinaire, non réglementé : la banque fixe librement son taux et son plafond. Selon la Banque de France, les livrets ordinaires des ménages rapportaient en moyenne 0,79 % brut en août 2026. Les intérêts sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) dès le premier euro, soit 31,4 % au total en 2026 : 12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux. Le rendement net moyen tombe ainsi à environ 0,54 % (0,79 × 0,686), contre 1,7 % net et sans impôt sur le Livret A, et face à une inflation de 3,4 % en octobre 2026 selon l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques).
Le Livret B ne convient donc que dans un cas : garder de l’argent disponible quelques semaines ou quelques mois, quand les livrets réglementés sont pleins. Au-delà, d’autres placements rapportent davantage.
Votre situation mérite une réponse chiffrée, pas une réponse générale. Réservez un échange de 30 minutes avec Alexis Sagnier : vous repartez avec les points d’attention de votre dossier.
Livret B : définition, taux et plafond
« Livret B » est le nom courant d’un livret bancaire ordinaire, distinct des livrets réglementés (Livret A, livret de développement durable et solidaire (LDDS), livret d’épargne populaire (LEP)). Ses règles sont celles que chaque banque inscrit dans sa convention de compte. Voici ce qui le distingue du Livret A :
- Le taux est libre. La banque le fixe, peut le modifier et ne le garantit pas. Le taux moyen des livrets ordinaires était de 0,79 % en août 2026, contre 1,7 % pour le Livret A.
- Le plafond est fixé par la banque. Selon l’Institut national de la consommation, il est souvent très élevé, voire inexistant, alors que le plafond du Livret A est de 22 950 €.
- Les intérêts sont imposables dès le premier euro, alors que ceux du Livret A sont exonérés.
- Les sommes restent disponibles à tout moment, et les intérêts sont calculés par quinzaine, comme sur le Livret A.
- La protection est celle des dépôts bancaires : 100 000 € au maximum par déposant et par établissement, quel que soit le nombre de comptes ouverts dans la même banque. Au-delà, il faut répartir les sommes entre plusieurs banques.
Méfiez-vous des « super-livrets », variante du livret bancaire. Ils affichent un taux boosté pendant 3 à 6 mois, parfois 12 mois, ou sur un montant limité, le plus souvent pour les nouveaux clients. Passé ce délai, le taux de base s’applique, et c’est lui qui décide du rendement réel. Avant de souscrire, vérifiez les conditions : domiciliation des revenus, dépôt minimum, durée de détention.
Fiscalité des intérêts du Livret B en 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les intérêts d’un livret bancaire non réglementé sont taxés à 31,4 % avec le PFU, parfois appelé flat tax :
- 12,8 % d’impôt sur le revenu (article 200 A du Code général des impôts) ;
- 18,6 % de prélèvements sociaux : 10,6 % de contribution sociale généralisée (CSG), 0,5 % de contribution pour le remboursement de la dette sociale et 7,5 % de prélèvement de solidarité (articles L. 136-7 et L. 136-8 du Code de la sécurité sociale). La CSG est passée de 9,2 % à 10,6 % par l’article 12 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025.
Avant 2026, le taux global était de 30 % (12,8 % + 17,2 %) : de nombreux documents le mentionnent encore, à tort pour les livrets. Le Livret A, le LDDS et le LEP restent exonérés.
La banque prélève 12,8 % à la source lors du paiement des intérêts (article 125 A du Code général des impôts). Cet acompte n’est pas libératoire : il s’impute sur l’impôt de l’année, et l’excédent est restitué. Les prélèvements sociaux sont, eux, retenus par la banque. Deux leviers existent :
- La dispense d’acompte. Si le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 25 000 € (célibataire, divorcé ou veuf) ou à 50 000 € (couple soumis à imposition commune), vous pouvez demander à la banque de ne pas retenir l’acompte, par attestation sur l’honneur. La demande doit être faite avant le 30 novembre de l’année précédant le paiement : pour les intérêts versés en 2027, avant le 30 novembre 2026. Cela ne supprime pas l’impôt, qui reste calculé à la déclaration ; les prélèvements sociaux sont dus dans tous les cas.
- L’option pour le barème progressif. En cochant la case 2OP de la déclaration, vous faites imposer vos revenus du capital au barème de l’impôt sur le revenu au lieu des 12,8 %. L’option est globale : elle vise tous les revenus du capital du foyer. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus. Selon la tranche marginale d’imposition (TMI, le taux appliqué au dernier euro de revenu), la charge sur un euro d’intérêt est la suivante : TMI à 0 %, 18,6 % au barème contre 31,4 % au PFU ; TMI à 11 %, 29,6 % contre 31,4 % ; TMI à 30 %, 48,6 % contre 31,4 %. Le barème est donc utile aux foyers non imposables ou imposés à 11 %, le PFU à partir de 30 %.
Exemple sur 10 000 € placés un an à 0,79 % : 10 000 × 0,79 % = 79,00 € d’intérêts bruts ; le prélèvement de 31,4 % retire 24,81 € (79 × 0,314), il reste 54,19 € nets. Le même montant sur un Livret A rapporte 170,00 € (10 000 × 1,7 %). Pour égaler 1,7 % net, un livret fiscalisé doit afficher au moins 2,48 % brut (1,7 ÷ 0,686). Pour égaler le LEP à 2,5 %, il faudrait environ 3,64 % brut (2,5 ÷ 0,686). Ces règles visent les résidents fiscaux français ; la fiscalité d’un non-résident est différente.
Quand choisir autre chose qu’un Livret B
L’ordre de réflexion est simple. D’abord, remplir les livrets exonérés auxquels vous avez droit : Livret A, LDDS, puis LEP si vos revenus le permettent. Ensuite, placer le surplus selon la durée pendant laquelle vous n’en avez pas besoin :
- Le compte à terme bloque l’argent pour une durée choisie, contre un taux connu à l’avance. Pour les nouveaux dépôts des ménages en août 2026, la Banque de France relève une moyenne de 2,38 % jusqu’à 2 ans et de 2,90 % au-delà de 2 ans. Après 31,4 % de prélèvements, cela donne environ 1,63 % net (2,38 × 0,686) et 1,99 % net (2,90 × 0,686). Seule la durée longue dépasse nettement les 1,7 % nets du Livret A. Une sortie avant l’échéance dépend du contrat.
- Le fonds en euros d’un contrat d’assurance-vie a servi en moyenne 2,63 % en 2025 selon l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), bonifications comprises. Les gains de chaque année sont acquis. Les prélèvements sociaux sont de 17,2 % et non de 18,6 % : environ 2,18 % net (2,63 × 0,828). L’impôt sur le revenu n’est dû qu’au retrait, sur la part de gains. Il convient aux horizons de plusieurs années, et le rendement de 2026 n’est pas encore connu.
Le Livret B garde un rôle : recevoir une somme importante en transit (vente d’un bien, succession) pendant quelques semaines ou quelques mois, le temps de décider de son emploi. Au-delà de 100 000 € dans la même banque, répartissez les fonds.
Situation : Claire, architecte de 52 ans, dans la tranche marginale d’imposition à 30 %, vend un appartement hérité et reçoit 80 000 €. Elle les laisse sur un livret B à 0,79 %, le taux moyen relevé par la Banque de France. Son Livret A et son LDDS sont déjà pleins. Elle prévoit 15 000 € de travaux dans l’année et n’aura pas besoin du reste avant 2029.
Issue : les intérêts annuels sont de 80 000 × 0,79 % = 632,00 € bruts. Le prélèvement de 31,4 % en retire 198,45 € (632 × 0,314) : il reste 433,55 € nets, soit 0,54 %. L’inflation à 3,4 % représente 2 720 € de pouvoir d’achat perdu (80 000 × 3,4 %). Au barème à 30 %, elle serait taxée à 48,6 % : l’option n’a pas d’intérêt pour elle.
Strategy : 15 000 € restent sur le livret B pour les travaux. Les 65 000 € restants (80 000 − 15 000) vont en compte à terme de deux ans, au taux supposé de 2,38 %, la moyenne relevée en août 2026 pour les dépôts à terme jusqu’à 2 ans.
Result : le livret B donne 15 000 × 0,79 % = 118,50 € et le compte à terme 65 000 × 2,38 % = 1 547,00 €, soit 1 665,50 € bruts. Le prélèvement de 31,4 % retire 522,97 € (1 665,50 × 0,314), il reste 1 142,53 € nets par an, soit 1,43 % de 80 000 €. Le gain par rapport au point de départ est de 1 142,53 − 433,55 = 708,98 € par an. Ce rendement reste sous l’inflation de 3,4 %, et 65 000 € sont immobilisés deux ans : la stratégie limite la perte de pouvoir d’achat, elle ne l’efface pas.
Comment Balmont Conseil intervient
Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon, aide ses clients à répartir leur trésorerie entre livrets, placements à terme et contrats d’assurance-vie, selon leur horizon et leur situation fiscale. Le cabinet intervient en particulier auprès des personnes qui partent s’installer à l’étranger ou qui reviennent en France, dont la fiscalité des intérêts change avec la résidence. Chaque situation est analysée avant toute proposition.
Read also
- Taux du Livret A en 2026 : combien rapporte-t-il vraiment ?
- Compte à terme : fonctionnement, taux et fiscalité en 2026
- Livret A ou LDDS : que choisir quand le plafond est atteint
- Rendement des fonds en euros en 2026
- CSG sur les revenus du capital en 2026
- Simulateur Livret A, LDDS et LEP
Votre situation mérite une réponse chiffrée, pas une réponse générale. Réservez un échange de 30 minutes avec Alexis Sagnier : vous repartez avec les points d’attention de votre dossier.
Sources : Banque de France — Stat Info, Taux de rémunération des dépôts bancaires, données d'août 2026 (publié le 1er octobre 2026) : livrets ordinaires 0,79 %, Livret A 1,70 %, dépôts à terme nouveaux ménages 2,38 % (jusqu'à 2 ans) et 2,90 % (plus de 2 ans); Institut national de la consommation (INC) — Fiche pratique « Le livret bancaire » (édition 2018) : taux libre, plafond fixé par la banque, super-livrets, taux de base; La finance pour tous (Banque de France) — La garantie des dépôts en cas de faillite bancaire (mise à jour du 23 juillet 2026) : 100 000 € par déposant et par établissement; La finance pour tous (Banque de France) — Le Livret A (mise à jour du 15 juillet 2026) : calcul par quinzaine; impots.gouv.fr — Les revenus mobiliers : intérêts de comptes sur livret et comptes à terme, PFU 12,8 %, prélèvements sociaux 18,6 % depuis le 1er janvier 2026, dispense d'acompte (RFR < 25 000 € / 50 000 €), case 2OP; Service-public.gouv.fr — Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine et de placement (fiche F2329, vérifiée le 30 juin 2026) : 18,6 % = CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 % ; art. L. 136-6 à L. 136-8 CSS ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, art. 12 ; assurance-vie à 17,2 %; Service-public.gouv.fr — Impôt sur le revenu : revenus d'épargne et de placement, revenus 2026 (fiche F34913) : choix PFU/barème selon la tranche, prélèvements sociaux 18,6 %; LégiFiscal — Dispense du prélèvement forfaitaire non libératoire (intérêts : RFR N-2 < 25 000 € / 50 000 €, demande avant le 30 novembre ; renvoi à l'article 125 A du CGI); LégiFiscal — Flat tax (PFU) : champ d'application et taux applicables en 2026 (31,4 %, option barème, case 2OP); Advizexperts (CGI commenté) — Article 125 A du CGI : prélèvement de 12,8 % sur les intérêts, non libératoire, lien avec l'article 200 A









