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Investir dans le non coté, c’est prendre une participation dans des entreprises qui ne sont pas admises en Bourse, en direct ou par un fonds (FCPR, FCPI, FIP). Au 30 octobre 2026, ces fonds peuvent bloquer l’argent jusqu’à 10 ans, et l’AMF mesure des rendements annuels médians de −2,4 % pour les FIP et de −1,1 % pour les FCPI ouverts aux particuliers, au 31 décembre 2023.

Qu’appelle-t-on investir dans le non coté ?

Le non coté désigne les sociétés dont les titres ne s’échangent pas sur un marché réglementé : PME, entreprises innovantes, sociétés en croissance. Les particuliers y accèdent de deux façons :

  • en direct, en souscrivant au capital d’une société, ce qui ouvre droit à la réduction d’impôt IR-PME sous conditions ;
  • par un fonds de capital-investissement, qui répartit l’argent entre plusieurs sociétés.

L’AMF définit le capital-investissement comme le fait de « prendre une participation dans une société non cotée en bourse ». Les fonds destinés aux particuliers se répartissent en trois familles, avec un quota minimal en titres non cotés :

FondsQuota minimum non cotéTarget
FCPR50%Entreprises non cotées, tous secteurs
FCPI70%Sociétés innovantes non cotées
FIP70%PME d’une zone régionale choisie par le fonds

Il existe aussi des fonds professionnels de capital-investissement (FPCI, FPS), dont certains sont accessibles aux particuliers avec un ticket plus élevé, et des fonds dits « evergreen », ouverts aux rachats. Nous détaillons le régime fiscal des porteurs de parts de FCPR et FPCI dans une page dédiée.

Quel rendement peut-on attendre du non coté ?

Les chiffres existent, et ils sont moins flatteurs que la promesse commerciale. En janvier 2025, l’AMF a publié sa première étude sur la performance des fonds d’actifs non cotés destinés aux clients non professionnels : 703 fonds vivants (25 milliards d’euros d’encours) et 678 fonds soldés, issus de 48 sociétés de gestion. Les taux de rendement internes (TRI) médians des fonds vivants au 31 décembre 2023 :

CategoryNombre de fondsTRI médian
FIP186−2.4%
FCPI170−1.1%
FCPR non evergreen, investissement direct472.4%
FCPR non evergreen, investissement en parts de fonds107.5%
FCPR evergreen115.0%
FPCI à appel progressif497.5%
FPCI à appel unique432.7%

Pour situer ces niveaux, l’AMF compare : les fonds actions ouverts aux non-professionnels affichent 5,2 % sur 5 ans et 6,2 % sur 10 ans, le CAC 40 dividendes réinvestis 12,9 % sur 5 ans et 9,1 % sur 10 ans. Notre lecture est nette : sur la période mesurée, le non coté accessible au grand public n’a pas compensé son illiquidité. Les fonds à appel progressif des investisseurs professionnels font mieux, mais l’AMF précise que les tickets de moins de 100 000 € passent presque tous par un appel unique : leurs performances ne s’assimilent pas à celles des fonds professionnels.

Combien coûte le non coté ?

Les frais annuels totaux médians relevés par l’AMF : 3,5 % pour les FIP, 3,2 % pour les FCPI, 2,4 % pour les FCPR evergreen, 2,5 % pour les autres FCPR, 2,7 % pour les autres fonds logés en assurance-vie. À cela s’ajoutent les droits d’entrée et, dans une assurance-vie, les frais du contrat, 0,82 % en moyenne en 2023 selon la source citée par l’AMF. Sur huit ans, 3,2 % de frais annuels représentent 25,6 % du montant investi : c’est le rendement des entreprises, et non celui du fonds, qui doit d’abord couvrir cette somme.

Combien de temps l’argent est-il bloqué ?

La durée de vie d’un fonds de capital-investissement peut atteindre 10 ans. Le rachat des parts est en principe impossible pendant cette durée, sauf circonstances exceptionnelles prévues par le règlement (décès, invalidité). La durée médiane des fonds soldés relevée par l’AMF est de 10,2 ans pour les FIP et FCPI et de 10 ans pour les FCPR non evergreen. Les performances baissent souvent à l’approche de la liquidation, faute de pouvoir vendre les dernières participations.

Quel avantage fiscal pour le non coté ?

Au 30 octobre 2026, la réduction d’impôt IR-PME (souscription directe au capital de PME) est de 18 % des versements dans le cas général. Elle est plafonnée à 50 000 € par an pour une personne seule et 100 000 € pour un couple soumis à imposition commune. Les titres doivent être conservés cinq ans. La société doit notamment exercer depuis moins de 10 ans, employer au moins deux salariés et ne pas être cotée. Depuis le 21 février 2026, seuls les FCPI investis en jeunes entreprises innovantes ouvrent encore droit à la réduction, selon le régime propre à ces entreprises (détail sur notre page FIP et FCPI).

Notre position : une réduction de 18 % ne compense pas une perte en capital de 30 %. L’avantage fiscal est un bonus, pas la raison d’investir. Voyez nos pages sur les sociétés éligibles à l’IR-PME et sur la conservation des titres sur cinq ans.

Comment fonctionne le double plafonnement de l’IR-PME

La réduction est limitée deux fois, l’une après l’autre. D’abord, les versements pris en compte sont plafonnés à 50 000 € par an pour une personne seule et à 100 000 € par an pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune ; l’excédent ouvre droit à la réduction au titre des quatre années suivantes, dans les mêmes limites. Ensuite, la réduction obtenue entre dans le plafonnement global des avantages fiscaux, fixé à 10 000 € par an. L’excédent peut être reporté sur l’impôt des années suivantes, jusqu’à la cinquième inclusivement. Le détail des taux figure sur notre page réduction d’impôt IR-PME : principe, taux et plafonds.

SubscriptionRateVersements pris en compte par an (seul / couple)Excédent des versements
SMEs, general case18%€50,000 / €100,000Reporté sur 4 ans
Jeune entreprise innovante (JEI), souscription directe30%€75,000 / €150,000Perdu, sans report

Pour l’IR-PME, une PME emploie moins de 250 salariés et réalise soit moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit moins de 43 millions d’euros de total de bilan. Les entreprises solidaires d’utilité sociale (ESUS) et les sociétés foncières solidaires ouvrent droit à 25 % pour les versements du 22 octobre 2026 au 31 décembre 2027 ; le taux était revenu à 18 % du 1er au 21 octobre 2026. Dernier point : une réduction supérieure à l’impôt dû est perdue pour la part non imputée, sans remboursement ni report.

Que se passe-t-il si vous vendez les titres avant cinq ans

La réduction suppose la conservation des titres pendant cinq ans. Une cession anticipée ne la remet pas en cause si deux conditions sont réunies : vous avez conservé les titres au moins trois ans, et vous réinvestissez la totalité du prix de vente, diminué des impôts et taxes de la cession, dans de nouveaux titres de sociétés éligibles, dans un délai maximal de douze mois. Ces nouveaux titres doivent être conservés jusqu’au terme du délai initial de cinq ans.

Comment investir dans le non coté sans se mettre en difficulté ?

Trois règles de travail :

  • Plafonner la part. Un repère de départ : pas plus de 10 % du patrimoine financier, et uniquement avec de l’argent dont vous n’aurez pas besoin avant dix ans.
  • Étaler les millésimes. Souscrire sur trois années successives plutôt qu’en une fois réduit le risque de tomber sur une mauvaise année de sortie.
  • Lire les frais avant le rendement. Demandez par écrit le total des frais annuels, droits d’entrée compris.

Le PEA-PME est une autre voie vers les petites et moyennes entreprises : voyez les conditions d’éligibilité des sociétés.

Quelles erreurs éviter quand on souscrit au non coté

  • Investir pour la réduction d’impôt. 18 % de réduction ne compensent pas une perte en capital supérieure. L’avantage vient après la qualité de l’investissement.
  • Compter sur 18 % de 100 000 € en un an. Le plafond global de 10 000 € par an étale l’avantage sur plusieurs années.
  • Souscrire sans impôt à imputer. Une réduction qui dépasse l’impôt dû n’est ni remboursée ni reportée pour la part non imputée.
  • Vendre trop tôt. Avant cinq ans, sans les conditions de réinvestissement, la réduction est remise en cause.
  • Oublier l’état individuel. Il est fourni par la société et se joint à la déclaration annuelle de revenus pour bénéficier de la réduction.
  • Tout souscrire la même année. Une seule génération de fonds expose à une seule année de sortie.

Cas concret : 40 000 € de non coté sur un patrimoine financier de 400 000 €

Situation. Un chef d’entreprise lyonnais de 52 ans détient 400 000 € de patrimoine financier. Un conseiller bancaire lui propose de placer 100 000 € dans un fonds de capital-investissement, avec une réduction d’impôt à la clé.

Issue. 100 000 € représentent 25 % de son patrimoine financier, bloqués jusqu’à 10 ans, dans une seule génération de fonds.

Strategy. Limiter l’exposition à 10 %, soit 40 000 €, répartis en trois souscriptions de 13 333 € sur trois années, dans des fonds de nature différente. Demander le total des frais annuels avant de signer.

Result. Perte maximale théorique : 40 000 €, soit 10 % du patrimoine financier, contre 100 000 € (25 %) dans la proposition initiale. À titre d’ordre de grandeur, 13 333 € gardés huit ans au TRI médian d’un FIP (−2,4 %) valent 10 978 € ; au TRI médian d’un FCPI (−1,1 %), 12 204 € ; à 5 % (celui des FCPR evergreen, sur un historique court), 19 699 €. Pour les trois tranches, cela donne 32 935 €, 36 613 € ou 59 098 € contre 40 000 € investis. Au pire de ces trois cas, la perte est de 7 065 €, soit 1,8 % du patrimoine financier ; avec la même hypothèse appliquée aux 100 000 € de départ, elle serait de 17 662 €, soit 4,4 %.

Deuxième cas chiffré : un couple qui souscrit 120 000 € au capital d’une PME

Situation. Un couple marié, soumis à imposition commune, souscrit 120 000 € au capital d’une PME éligible, au taux de 18 %.

Issue. Il attend 21 600 € de réduction dès l’année de la souscription. Or les versements pris en compte sont limités à 100 000 € par an, et la réduction à 10 000 € par an avec le plafonnement global.

Strategy. Planifier l’imputation sur trois années, en vérifiant que l’impôt dû suffit chaque année et qu’aucun autre avantage fiscal ne consomme déjà le plafond.

Result.

  • Année N : 100 000 € x 18 % = 18 000 €, limités à 10 000 €. Excédent reporté : 8 000 €.
  • Année N+1 : 20 000 € restants x 18 % = 3 600 €, plus 8 000 € reportés = 11 600 €, limités à 10 000 €. Excédent reporté : 1 600 €.
  • Année N+2 : 1 600 €.
  • Total : 10 000 € + 10 000 € + 1 600 € = 21 600 €, soit 18 % de 120 000 €, mais étalé sur trois ans.

La réduction ne diminue jamais le risque : si la société perd sa valeur, le couple perd son capital et ne conserve que l’économie d’impôt.

Ce que fait Balmont Conseil

Nous commençons par votre horizon, vos besoins de liquidité et la part de patrimoine qui peut rester immobilisée dix ans, puis nous comparons les véhicules (souscription directe, fonds, enveloppe) sur leurs frais et leurs conditions de sortie. Notre cabinet, à Lyon depuis bientôt 14 ans, vous aide à décider si le non coté a une place dans votre stratégie, et laquelle. Notre page private equity présente les véhicules que nous étudions. Book an appointment pour en parler.

Les questions fréquentes

Le non coté est-il plus rentable que la Bourse ?

Pas dans les chiffres de l’AMF pour les fonds ouverts aux particuliers : TRI médians de −2,4 % (FIP) et −1,1 % (FCPI) au 31 décembre 2023, contre 5,2 % sur 5 ans pour les fonds actions ouverts aux non-professionnels.

Peut-on récupérer son argent avant la fin d’un FCPR ?

En principe non : le rachat est impossible pendant la durée de vie du fonds, sauf circonstances exceptionnelles prévues au règlement comme le décès ou l’invalidité. Les fonds evergreen sont ouverts aux rachats, selon leurs conditions.

Quelle est la réduction d’impôt pour une souscription au capital d’une PME ?

18 % des versements dans le cas général, dans la limite de 50 000 € par an pour une personne seule et 100 000 € pour un couple, avec une conservation des titres de cinq ans. Des taux plus élevés existent pour certaines catégories d’entreprises.

Quels sont les risques du non coté ?

Perte partielle ou totale du capital, illiquidité pendant la durée de vie du fonds, et valorisation incertaine : la valeur des participations n’est qu’une indication à un instant donné.

Quelle part du patrimoine consacrer au non coté ?

Aucune règle légale. Notre repère de départ : 10 % du patrimoine financier au plus, en argent immobilisable dix ans, souscrit en plusieurs années.

Existe-t-il un taux de réduction supérieur à 18 %

Oui. La souscription directe au capital d’une jeune entreprise innovante ouvre droit à 30 %. Les entreprises solidaires d’utilité sociale et les sociétés foncières solidaires ouvrent droit à 25 % pour les versements du 22 octobre 2026 au 31 décembre 2027.

Que devient la réduction si je vends mes titres avant cinq ans

Elle n’est pas remise en cause si vous avez conservé les titres au moins trois ans et réinvesti la totalité du prix net d’impôts dans de nouveaux titres éligibles sous douze mois, conservés jusqu’au terme des cinq ans.

Qu’est-ce qu’une PME pour l’IR-PME

Une entreprise de moins de 250 salariés, avec moins de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires ou moins de 43 millions d’euros de total de bilan. Un dépassement de seuil n’a d’effet qu’après deux exercices consécutifs.

Sources: « Étude de la performance des fonds d’actifs financiers non cotés destinés aux clients non professionnels » (amf-france.org, publiée le 29 janvier 2025, consultée le 31 octobre 2026) ; « Les fonds de capital investissement (FCPR, FCPI, FIP) », guide « S’informer sur » (amf-france.org, consulté le 31 octobre 2026) ; « Réduction d’impôt IR-PME pour souscription au capital d’une entreprise » (entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche F37091, vérifiée le 22 octobre 2026, consultée le 31 octobre 2026).

Alexis Sagnier, fondateur de Balmont Conseil, conseil en gestion de patrimoine à Lyon

Alexis Sagnier

With nearly 14 years of expertise in financial engineering, Alexis Sagnier assists executives and expatriates in securing their cross-border challenges.
Founder of Balmont Conseil in 2013, he calculates the cost of each recommendation in euros (tax, fees, transfer) before any decision is made.
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