L’exécuteur testamentaire veille à l’exécution de vos dernières volontés pendant 2 ans au plus après l’ouverture du testament, prolongeables d’un an par le juge, et sa mission est gratuite (service-public.gouv.fr, fiche vérifiée le 17 novembre 2025, consultée le 31 octobre 2026). Le mandataire à effet posthume administre le patrimoine pendant 2 ans, ou 5 ans dans certains cas, avec un mandat rédigé par un notaire.
Ces deux rôles se confondent souvent. Ils n’ont pourtant ni le même objet, ni la même durée, ni les mêmes pouvoirs. Voici ce que dit la fiche officielle, comment rédiger la désignation et comment choisir.
Qu’est-ce qu’un exécuteur testamentaire ?
C’est la personne que vous désignez pour s’assurer que vos volontés sont respectées après votre décès. Le Code civil encadre sa mission aux articles 1025 à 1034.
La désignation est libre. Vous pouvez nommer un héritier, un ami, un notaire, et même plusieurs personnes. Elle figure dans votre testament ou dans un acte séparé, daté et signé. Pour la rédaction du testament lui-même, voir notre page sur les formes du testament et leur coût.
Quelles missions peut-on lui confier ?
C’est vous qui fixez la mission, du plus léger au plus complet. La fiche officielle distingue trois niveaux :
| Level | Ce que l’exécuteur peut faire |
|---|---|
| Surveillance | Veiller à ce que le testament soit appliqué comme vous l’avez écrit |
| Mesures conservatoires | Faire l’inventaire, vendre des meubles pour payer des dettes urgentes |
| Exécution complète | Placer des capitaux, payer les dettes, procéder au partage, vendre des immeubles |
Plus vos instructions sont précises, moins les héritiers ont de raisons de contester. Un testament qui écrit seulement « je nomme Paul exécuteur testamentaire » laisse des questions ouvertes : Paul peut-il vendre la maison, solder un compte, payer un créancier ? Écrivez la liste des actes autorisés, et celle des actes exclus.
Combien de temps dure sa mission, et est-il payé ?
- Duration : la mission prend fin au plus tard 2 ans après l’ouverture du testament. Le juge peut la prolonger d’un an au maximum.
- Compte rendu : l’exécuteur rend compte aux héritiers dans les 6 mois suivant la fin de sa mission.
- Rémunération : la mission est gratuite. Les héritiers doivent en revanche rembourser les frais engagés, par exemple les frais d’inventaire. Vous pouvez aussi lui donner ou lui léguer un bien en contrepartie.
Quelle différence avec le mandataire à effet posthume ?
Le mandataire à effet posthume ne surveille pas : il administre. Vous le chargez de gérer tout ou partie de votre succession dans l’intérêt d’un ou plusieurs héritiers. Le mandat ne se conçoit que si l’intérêt d’un héritier vulnérable (mineur, majeur sous tutelle) ou la gestion du patrimoine (une entreprise, par exemple) le justifie de manière sérieuse et légitime. Ses règles figurent aux articles 812 à 812-7 du Code civil.
| Point of comparison | Exécuteur testamentaire | Mandataire à effet posthume |
|---|---|---|
| Role | Faire respecter le testament, agir selon vos instructions | Administrer la succession dans l’intérêt d’un héritier |
| Shape | Testament ou acte séparé daté et signé | Mandat rédigé par un notaire |
| Acceptation | Non précisée par la fiche officielle | De votre vivant |
| Term | 2 ans après l’ouverture du testament, plus 1 an maximum sur décision du juge | 2 ans, ou 5 ans si l’âge ou l’incapacité des héritiers, ou la gestion de biens professionnels, le justifie |
| Remuneration | Gratuite | Gratuite, sauf clause du mandat |
| Compte rendu | Dans les 6 mois après la fin de la mission | Every year |
Si vous désignez les deux, les décisions de l’exécuteur testamentaire prévalent sur celles du mandataire. Avant l’acceptation de la succession par les héritiers, le mandataire se limite à des actes conservatoires ou de surveillance, comme régler les dettes et les impôts. Après acceptation, ses pouvoirs s’élargissent : mise en location, travaux d’entretien. Sur ce que signifie accepter, voir notre page accepter ou renoncer à une succession.
Comment rédiger la désignation dans le testament ?
Quelques réflexes évitent l’essentiel des litiges :
- Nommez la personne sans ambiguïté : prénom, nom, date de naissance, adresse. Deux personnes peuvent porter le même nom dans une famille.
- Listez les pouvoirs : inventaire, paiement des dettes, vente de meubles, partage, vente d’immeubles. Ce qui n’est pas écrit reste discutable.
- Précisez la durée utile : la loi plafonne la mission à 2 ans après l’ouverture du testament, plus 1 an sur décision du juge. Inutile d’écrire davantage.
- Prévoyez un legs de remerciement si la mission est lourde, puisqu’elle est gratuite par principe.
- Prévenez la personne désignée et dites-lui où se trouve le testament. La fiche officielle ne précise pas ce qui se passe si elle refuse ou ne peut plus agir : le sujet se règle avec le notaire au moment de la rédaction.
- Faites relire le texte par un notaire et assurez-vous que le testament est confié à un notaire, pour qu’il soit inscrit au fichier central des dispositions de dernières volontés.
Quelles erreurs commet-on le plus souvent ?
- Confondre exécuteur et mandataire. Le premier fait respecter le testament, le second administre des biens. Choisir le mauvais outil laisse le patrimoine sans gestionnaire.
- Désigner l’héritier le plus en conflit avec les autres. Il devient juge et partie.
- Ne rien dire des pouvoirs. Les héritiers contestent ce que le texte n’autorise pas expressément.
- Oublier le compte rendu. Il est dû aux héritiers dans les 6 mois après la fin de la mission.
- Prévoir un mandat posthume sans motif sérieux. Pour que le mandat tienne, l’intérêt d’un héritier ou du patrimoine doit être réel : héritier vulnérable, entreprise à faire tourner.
- Prévoir 5 ans par défaut. La durée de 5 ans n’est possible que si l’âge ou l’incapacité des héritiers, ou la gestion de biens professionnels, le justifie.
Qui choisir ?
Notre position : choisissez la personne qui sera disponible et neutre, pas la plus proche. Un héritier peut être exécuteur, mais il se retrouve juge et partie si les relations sont tendues entre frères et sœurs. Dans une famille recomposée ou en cas de patrimoine professionnel, un tiers de confiance, ou le notaire, limite les conflits.
Pour le mandat à effet posthume, le choix est libre, à une exception : le notaire chargé du règlement de la succession ne peut pas être le mandataire. Choisissez un profil capable de gérer l’actif concerné (une société, un immeuble locatif). Pour une société, voir aussi notre page sur le décès du dirigeant : continuité et démarches.
Si l’un de vos héritiers est mineur ou vulnérable, regardez aussi le mandat de protection future, qui joue de votre vivant, et le sujet de la reserved portion of the estate, à regarder avant de rédiger vos volontés.
Cas concret : une dirigeante avec une fille de 17 ans
Situation. Hélène, 63 ans, dirigeante lyonnaise, est divorcée. Elle a deux enfants : Paul, 31 ans, et Inès, 17 ans. Son patrimoine se compose de parts de sa SAS et d’une maison à Lyon.
Issue. Si Hélène décède demain, Inès est mineure et l’entreprise a besoin d’une direction. Paul et Inès n’ont pas les mêmes intérêts, et la société ne peut pas attendre que tout le monde s’accorde.
Strategy. Hélène rédige un testament qui nomme son frère exécuteur testamentaire, avec des pouvoirs précis : inventaire, paiement des dettes, vente de la voiture et des biens meubles. Chez son notaire, elle signe aussi un mandat à effet posthume confié à son directeur financier, pour une durée de 5 ans, justifiée par la minorité d’Inès et par la gestion de biens professionnels.
Result. Le mandat couvre 60 mois au lieu des 24 mois du cas général, soit 36 mois de gestion encadrée en plus. Pour l’exécuteur, en supposant un testament ouvert le 15 mars 2027, la mission s’achève au plus tard le 15 mars 2029 et, avec une prolongation du juge, le 15 mars 2030, soit 1 096 jours au maximum. Le compte rendu aux héritiers est alors dû avant le 15 septembre 2030.
Second cas : un veuf, deux enfants en désaccord et un immeuble loué
Situation. Marc, 72 ans, est veuf. Ses deux enfants, adultes, ne s’entendent plus. Son patrimoine principal est un immeuble de trois lots loué 18 000 € par an (hypothèse). Marc a choisi un ami, ancien expert-comptable, pour exécuter son testament.
Issue. Entre le décès et l’accord des enfants sur le partage, l’immeuble doit continuer à être loué, les charges payées et les loyers encaissés. Sans responsable désigné, chaque enfant peut bloquer l’autre.
Strategy. Marc confie à son ami la mission d’exécuteur, avec le pouvoir de faire l’inventaire, de payer les dettes et de procéder au partage. Chez son notaire, il fait aussi rédiger un mandat à effet posthume de 2 ans pour la gestion de l’immeuble, à condition que l’intérêt (gestion d’un bien locatif entre héritiers en désaccord) soit sérieux et légitime. Le notaire chargé de la succession ne peut pas être le mandataire : Marc désigne une autre personne.
Result. Sur 24 mois, 36 000 € de loyers (2 × 18 000 €) passent par une gestion encadrée au lieu d’une gestion bloquée par le désaccord. Si le testament est ouvert le 12 janvier 2028, la mission de l’exécuteur s’achève au plus tard le 12 janvier 2030 (12 janvier 2031 après prolongation du juge), et le compte rendu est dû avant le 12 juillet 2030 (12 juillet 2031 en cas de prolongation). Les montants sont des hypothèses de calcul.
FAQ
Un héritier peut-il être exécuteur testamentaire ?
Oui. La fiche officielle cite un héritier, un ami ou un notaire, seul ou à plusieurs. Quand les relations familiales sont tendues, un tiers évite que l’exécuteur soit à la fois chargé de l’exécution et partie au partage.
L’exécuteur testamentaire est-il rémunéré ?
Non, sa mission est gratuite. Les héritiers lui remboursent les frais engagés, comme les frais d’inventaire. Le testament peut lui donner ou lui léguer un bien en contrepartie de sa mission.
Combien de temps dure la mission ?
Elle prend fin au plus tard 2 ans après l’ouverture du testament. Le juge peut la prolonger d’un an au maximum, et l’exécuteur rend compte aux héritiers dans les 6 mois suivant la fin de sa mission.
Peut-on désigner plusieurs exécuteurs ?
Oui, la désignation peut porter sur une ou plusieurs personnes. Si vous en nommez plusieurs, écrivez dans le testament qui fait quoi, pour éviter qu’elles se bloquent mutuellement.
Où trouve-t-on la désignation de l’exécuteur ?
Dans le testament lui-même, ou dans un acte séparé daté et signé. Les articles 1025 à 1034 du Code civil encadrent la mission.
Peut-on cumuler un exécuteur et un mandataire à effet posthume ?
Oui. En cas de désaccord, les décisions de l’exécuteur testamentaire prévalent sur celles du mandataire. Il vaut mieux répartir clairement les rôles dans le testament et dans le mandat.
Le mandataire à effet posthume doit-il être notaire ?
Non, le choix est libre, sauf le notaire chargé du règlement de la succession. En revanche, le mandat lui-même doit être rédigé par un notaire, et le mandataire doit l’accepter de votre vivant.
L’exécuteur doit-il faire la déclaration de succession ?
La fiche officielle consultée ne lui attribue pas cette mission : elle dépend des pouvoirs que vous lui donnez et du notaire chargé de la succession. Les délais et formulaires sont décrits dans notre page sur la inheritance declaration.
Ce que fait Balmont Conseil
Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, aide les dirigeants et les familles à organiser leur transmission : état du patrimoine, articulation entre testament, assurance-vie et société, choix de la personne qui aura la main le moment venu. Nous préparons le dossier avec vous avant le rendez-vous chez le notaire. Prenez rendez-vous avec notre cabinet.
Sources: « Peut-on désigner une personne pour gérer sa future succession ? » (service-public.gouv.fr, fiche F16271 vérifiée le 17 novembre 2025, consultée le 31 octobre 2026) ; Code civil, articles 1025 à 1034 et 812 à 812-7, tels que cités par cette fiche (consultée le 31 octobre 2026). Calculs de dates et de durées : arithmétique simple, hypothèses indiquées dans les cas.










