Au 1er novembre 2026, sur 100 € de bénéfice distribué par une société à l’IS à 25 %, il vous reste 51,45 € au PFU de 31,4 %. L’option barème laisse 56,66 € à 11 % de TMI, 49,08 € à 30 % et 44,69 € à 41 %. Elle ne bat le PFU que sous 24 % de TMI.
Combien reste-t-il de 100 € de bénéfice après l’IS et l’impôt sur les dividendes ?
Un dividende subit deux prélèvements successifs. La société paie d’abord l’impôt sur les sociétés sur son bénéfice. Vous payez ensuite l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux sur ce qu’elle vous distribue. La plupart des dirigeants ne regardent que le second étage, et ils sous-estiment la charge réelle.
Voici le calcul sur 100 € de bénéfice, avec une société qui paie l’IS au taux normal de 25 %. Le dividende brut est donc de 75 €.
| Your choice | Net pour vous | Prélèvement total sur 100 € |
|---|---|---|
| PFU à 31,4 % | €51.45 | €48.55 |
| Barème, TMI à 0 % | €61.05 | €38.95 |
| Barème, TMI à 11 % | €56.66 | €43.34 |
| Barème, TMI à 30 % | €49.08 | €50.92 |
| Barème, TMI à 41 % | €44.69 | €55.31 |
| Barème, TMI à 45 % | €43.09 | €56.91 |
Lecture : au PFU, l’État et les organismes sociaux prennent 48,55 € sur 100 € de bénéfice, soit 25 € d’IS, 9,60 € d’impôt sur le revenu et 13,95 € de prélèvements sociaux. Ces calculs supposent que le dividende reste dans une seule tranche du barème. Nous revenons plus bas sur ce point.
Quels sont les taux de l’impôt sur les sociétés en 2026 ?
Le taux normal de l’IS est de 25 %. Un taux réduit de 15 % s’applique à la part du bénéfice qui va jusqu’à 42 500 €. Il faut remplir deux conditions : un chiffre d’affaires de 10 000 000 € au plus sur l’exercice, et un capital entièrement libéré, détenu à 75 % au moins par des personnes physiques (service-public.gouv.fr, page vérifiée le 17 février 2026).
Pour une petite société, le taux de 15 % change le résultat. Sur 100 € de bénéfice, le dividende brut passe de 75 € à 85 €. Au PFU, le net grimpe de 51,45 € à 58,31 €. Le prélèvement total tombe à 41,69 €.
Combien coûte le PFU sur un dividende en 2026 ?
Le prélèvement forfaitaire unique est de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (service-public.gouv.fr, fiche F32963, vérifiée le 21 février 2026). Depuis le 1er janvier 2026, le taux des prélèvements sociaux sur les revenus de placement est de 18,6 %, contre 17,2 % l’année précédente. Il se décompose en 10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité (fiche F2329, vérifiée le 30 juin 2026).
La hausse de 1,4 point de CSG a un coût précis sur un dividende. Sur 100 € de bénéfice taxé à 25 % d’IS, le dividende de 75 € supporte 1,05 € de prélèvements sociaux en plus. Le net passe de 52,50 € à 51,45 €. C’est modeste par euro, mais cela représente 1 050 € de plus sur 100 000 € de bénéfice distribué.
Le PFU s’applique par défaut. Vous n’avez rien à cocher. Les dividendes se déclarent en case 2DC de la déclaration 2042. Le prélèvement de 12,8 % effectué à la source par l’établissement payeur est un acompte : il s’impute sur l’impôt final, et l’excédent est remboursé. Il peut être évité si votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur à 50 000 € pour une personne seule ou 75 000 € pour un couple. La demande doit être faite avant le 30 novembre de l’année qui précède le paiement. Nous détaillons ce point dans notre page sur la dispense du prélèvement de 12,8 %.
Comment fonctionne l’option pour le barème progressif (case 2OP) ?
Vous pouvez renoncer au PFU et faire imposer vos revenus de capitaux mobiliers au barème progressif de l’impôt sur le revenu. L’option est globale : elle porte sur tous vos revenus de capitaux mobiliers et sur toutes vos plus-values sur valeurs mobilières de l’année, sans choix revenu par revenu. Elle se formule en cochant la case 2OP de la déclaration 2042. Si vous l’avez cochée l’année précédente, elle est précochée et reconduite : pour la quitter, vous devez la décocher (brochure pratique de l’impôt sur le revenu 2026, impots.gouv.fr).
Pour les revenus de 2026, déclarés en 2027, une nouveauté s’applique : vous pouvez renoncer à l’option si elle se révèle défavorable, dans le délai de réclamation ou en cours de contrôle (service-public.gouv.fr, fiche F21618, vérifiée le 15 avril 2026). Vous gagnez donc un droit à l’erreur, mais mieux vaut calculer avant de cocher.
L’option ouvre deux avantages qui n’existent pas sous le PFU :
- un abattement de 40 % sur les dividendes, appliqué avant l’imposition (service-public.gouv.fr, fiche F32963) ;
- la déduction d’une partie de la CSG de votre revenu global : la part déductible est de 6,8 % sur une CSG de 10,6 % (fiche F2329).
Le revers est net : les prélèvements sociaux restent dus à 18,6 % sur le dividende brut. L’option ne vous fait économiser que sur l’impôt sur le revenu.
À partir de quelle TMI l’option barème l’emporte-t-elle sur les actions ?
Sous le PFU, l’impôt sur le revenu est de 12,8 % du dividende brut. Sous le barème, il est égal à votre TMI multipliée par 53,2 % du dividende : 100 % moins 40 % d’abattement moins 6,8 % de CSG déductible. Les prélèvements sociaux sont identiques dans les deux cas, donc ils s’annulent dans la comparaison. L’égalité se produit quand TMI × 53,2 % = 12,8 %, soit une TMI de 24,06 %.
Le barème 2026 (revenus 2025) compte cinq tranches, par part de quotient familial (service-public.gouv.fr, fiche F1419, vérifiée le 15 avril 2026) :
| Revenu par part | Rate | Meilleur choix pour un dividende |
|---|---|---|
| Up to €11,600 | 0% | Scale |
| From €11,601 to €29,579 | 11% | Scale |
| From €29,580 to €84,577 | 30% | PFU |
| From €84,578 to €181,917 | 41% | PFU |
| Above €181,917 | 45% | PFU |
La règle est simple. Aucune tranche n’est comprise entre 11 % et 30 %, donc le seuil de 24,06 % tombe dans un trou du barème. Le barème gagne à 0 % et à 11 %. Le PFU gagne dès 30 %. Sur 100 € de bénéfice à 25 % d’IS, l’écart vaut +5,21 € pour le barème à 11 %, mais il vaut -2,37 € à 30 % et -6,76 € à 41 %. À 45 %, le PFU économise 8,35 €.
Les seuils du barème se multiplient par le nombre de parts. Pour un couple avec deux enfants (3 parts), la tranche à 11 % court jusqu’à 88 737 € de revenu imposable. L’option barème peut donc rester gagnante sur des revenus bien plus élevés que pour un célibataire.
Le dividende peut-il vous faire changer de tranche ?
Oui, et c’est l’erreur de calcul la plus fréquente. Vous ne regardez pas votre TMI avant le dividende, mais celle qui s’applique en l’ajoutant. Avec l’option, les dividendes s’ajoutent à vos autres revenus, après l’abattement de 40 % et la déduction de CSG. Un foyer à 11 % de TMI qui reçoit un gros dividende franchit le seuil de 29 579 € par part, et la partie au-dessus est taxée à 30 %.
La méthode fiable consiste à calculer l’impôt total dans les deux scénarios, et non à lire une tranche. Au bas du barème, la décote s’ajoute au calcul : elle réduit l’impôt des foyers dont l’impôt brut est faible, et elle peut modifier le résultat. Faites donc le calcul complet sur votre situation avant de cocher la case 2OP. Notre article sur le barème de l’impôt sur le revenu 2026 détaille les tranches et la décote.
Cas concret : un dirigeant lyonnais distribue 36 125 €
Situation. Un chef d’entreprise lyonnais de 52 ans, célibataire, préside une SASU soumise à l’IS. Elle dégage 42 500 € de bénéfice et remplit les conditions du taux réduit. Il se verse un salaire de 35 000 € de revenu net imposable, soit une part de quotient familial. Il veut distribuer tout le résultat disponible.
Issue. L’IS à 15 % retire 6 375 €. Le dividende brut est de 36 125 €. Faut-il cocher la case 2OP ? Son voisin de bureau lui a dit que l’abattement de 40 % rend le barème toujours avantageux.
Strategy. Nous calculons l’impôt complet dans les deux cas, barème 2026 en main.
- PFU : impôt sur le revenu du salaire 3 603,99 €, plus 12,8 % sur 36 125 €, soit 4 624 €. Total d’impôt sur le revenu : 8 227,99 €.
- Barème : revenu imposable de 35 000 € + 60 % du dividende (21 675 €) − CSG déductible à 6,8 % (2 456,50 €) = 54 218,50 €. Impôt sur le revenu : 9 369,54 €.
- Prélèvements sociaux, identiques dans les deux cas : 18,6 % de 36 125 €, soit 6 719,25 €.
Result. Le PFU coûte 14 947,24 € au total contre 16 088,79 € pour le barème. Le dirigeant garde 24 781,75 € nets de dividende au PFU, contre 23 640,20 € au barème. L’option lui aurait fait perdre 1 141,55 €. Son dividende le place à 30 % de TMI : au-dessus du seuil de 24 %, le PFU l’emporte.
Si le même dividende allait à un associé dont le salaire est de 15 000 €, le raisonnement s’inverse : le barème aurait battu le PFU, car son impôt reste dans les tranches basses. La décote jouerait en plus. C’est pourquoi la même distribution se calcule associé par associé.
Que faire avant de voter la distribution ?
Quatre vérifications font gagner de l’argent avant que l’assemblée ne se réunisse.
- Calculez votre TMI avec le dividende inclus, pas sans lui. Si votre revenu par part reste sous 29 579 € après abattement et déduction de CSG, le barème vaut un test sérieux.
- Arbitrez salaire et dividende en même temps. Un euro de salaire supporte des cotisations ; un euro de dividende supporte le PFU. Notre article Salary or dividends: how to choose in 2026 chiffre cet arbitrage.
- Respectez les conditions de distribution de votre forme sociale. Pour une SASU, voyez notre article sur les conditions pour distribuer des dividendes en SASU. Pour un gérant de SARL ou d’EURL, les cotisations sociales sur la part de dividendes changent le résultat : voyez dividende et imposition selon SARL, EURL ou SAS.
- Demandez la dispense d’acompte avant le 30 novembre si votre revenu fiscal de référence le permet. Elle ne change pas l’impôt final, elle garde votre trésorerie plus longtemps.
Une autre question se pose à partir de 250 000 € de revenu fiscal de référence : la contribution différentielle sur les hauts revenus garantit un taux minimal d’imposition de 20 %. Elle peut alors majorer l’impôt d’un dirigeant qui perçoit surtout des dividendes au PFU. Notre page sur la CEHR et la CDHR l’explique.
Ce que fait Balmont Conseil
Balmont Conseil, cabinet de gestion de patrimoine à Lyon depuis bientôt 14 ans, calcule pour chaque dirigeant et chaque associé le coût réel d’une distribution : IS, impôt sur le revenu, prélèvements sociaux, tranche atteinte avec et sans option. Nous fixons avec vous le bon mélange entre salaire, dividende et mise en réserve avant l’assemblée. Pour faire le point sur votre distribution, prenez rendez-vous avec Alexis Sagnier.
Questions fréquentes sur l’imposition des dividendes
Quel est le taux d’imposition d’un dividende en 2026 ?
Le dividende subit le PFU de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. La société a déjà payé l’IS, à 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice si elle remplit les conditions, puis à 25 %. Sur 100 € de bénéfice à 25 %, le net est de 51,45 €.
L’abattement de 40 % s’applique-t-il avec le PFU ?
Non. L’abattement de 40 % n’existe que si vous optez pour le barème progressif en cochant la case 2OP. Il réduit la base de l’impôt sur le revenu, pas celle des prélèvements sociaux, qui restent dus à 18,6 % sur le dividende brut.
À partir de quelle TMI vaut-il mieux choisir le PFU ?
À partir d’une TMI de 24 % environ, le PFU est plus avantageux. Comme les tranches du barème passent de 11 % à 30 %, la limite pratique est la tranche de 30 % : au-dessus, choisissez le PFU. À 11 % ou moins, le barème donne un meilleur net.
L’option pour le barème est-elle définitive ?
Elle porte sur l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values de l’année. Pour les revenus de 2026, déclarés en 2027, vous pouvez y renoncer dans le délai de réclamation ou en cours de contrôle. Si elle est précochée, décochez la case 2OP pour la quitter.
Où déclare-t-on les dividendes ?
Les dividendes de sociétés soumises à l’IS se déclarent en case 2DC de la déclaration 2042. Le prélèvement de 12,8 % déjà payé se reporte en case 2CK. La case 2OP sert à opter pour le barème.
Sources : service-public.gouv.fr, fiche F32963 (dividendes perçus par un associé personne physique), fiche F2329 (taux de CSG, CRDS et prélèvement de solidarité sur les revenus du patrimoine et de placement), fiche F2613 (revenus d’épargne et de placement), fiche F1419 (barème de l’impôt sur le revenu 2026), fiche F21618 (plus-values sur valeurs mobilières) ; entreprendre.service-public.gouv.fr, fiche F23575 (taux de l’impôt sur les sociétés) ; impots.gouv.fr, brochure pratique de l’impôt sur le revenu 2026 (revenus de capitaux mobiliers et charges à déduire) et question « dispense du prélèvement forfaitaire non libératoire » : consultés le 1er novembre 2026.
Dernière mise à jour des chiffres : 1er novembre 2026.









